mercredi 1 décembre 2010

1955, année du renouveau de la Marine française

Le porte-avions Clemenceau en 1960 en essais
Le croiseur Colbert en 1962 au Havre dans son état d'origine

Achèvements à flot à l'arsenal de Lorient le 25 novembre 1954 de l'escorteur d'escadre Surcouf (à gauche) et de l'escorteur rapide Le Corse (à droite) respectivement premier escorteur d'escadre et premier escorteur rapide construits.

L'année 1955 marque le début du renouveau de la flotte française, avec la mise sur cale et la construction de navires de tout type pour remplacer la flotte hétéroclite issue de la guerre et de l'après-guerre immédiat. C'est ainsi qu'entre 1955 et 1960, toute notre flotte aura été totalement reconstituée, avec des navires de conception entièrement nationale, constituant des escadres homogènes, qui auront tous une longue carrière après avoir été modernisés à demi-vie. A l'exception toutefois du Surcouf, abordé et coupé en deux le 6 juin 1970 et donc condamné prématurément et des sous-marins Minerve, perdu corps et biens le 27 janvier 1968, et Eurydice, perdu le 4 mars 1970.
Tous ces navires font honneur à la construction navale française.
Deux portes-avions
Cette année-là était mis sur cale le porte-avions Clemenceau, premier porte-avions de construction française spécialement conçu comme tel. En effet, le Béarn n'était que la transformation en porte-avions d'une coque de cuirassé et ne fut jamais un bon porte-avions parce que trop lent. La même année était inscrit au budget le second porte-avions du même type que le Clemenceau, qui deviendra le Foch.
Un croiseur
Le croiseur Colbert était en construction, il sera lancé en mars 1956.
Dix-huit escorteurs d'escadres
Et surtout, c'est l'année de l'entrée en service du Surcouf, premier de nos 18 escorteurs d'escadres déclinés en trois versions (le chiffre après la lettre T étant l'année d'étude des bâtiments):
12 T47: Surcouf, Kersaint, Cassard, Bouvet, Dupetit Thouars, Chevalier Paul, Maillé Brézé, Vauquelin, D'Estrées, Du Chayla,Casabianca et Guépratte.
5 T53: Duperré, La Bourdonnais, Forbin,Tartu et Jauréguiberry.
1 T56: La Galissonnière.
Dix-huit escorteurs rapides
C'était aussi l'année de l'entrée en service du Le Corse, premier de nos escorteurs rapides qui se déclinera également en trois versions:
4 E50: Le Corse, Le Brestois, Le Boulonnais et Le Bordelais.
11 E52A: Le Normand, Le Picard, Le Gascon, Le Lorrain, Le Bourguignon, Le Champenois, LeSavoyard, Le Breton, Le Basque, L'Agenais et Le Béarnais.
3 E52B: L'Alsacien, Le Provençal et Le Vendéen.
Neuf avisos-escorteurs
Toujours en 1955, année faste pour notre marine, était commandé le Commandant Rivière, premier de nos 9 avisos-escorteurs conçu pour l'outre mer: Commandant Rivière, Victor Schoelcher, Commandant Bory, Amiral Charner, Doudart de La Grée, Balny, Commandant Bourdais, Protet et Enseigne Henry.
Vingt-et-un sous-marins
Enfin, toujours en 1955, trois de nos 6 sous-marins du type Narval, premier sous-marins français conçus depuis la fin de la guerre, étaient lancés: Narval, Marsouin, Dauphin, Requin, Espadon et Morse.
alors que les 4 sous-marins chasseurs de sous-marins du type Aréthuse étaient lancés: Aréthuse, Argonaute, Amazone, Ariane.
Et les deux premiers des 11 sous-marins du type Daphné étaient commandés: Daphné, Diane, Doris, Eurydice, Flore, Galatée, Minerve, Junon, Venus, Psyché et Sirène.

A tout ceux-là, il faut ajouter la construction de quatorze escorteurs côtiers, trente-quatre dragueurs de mines, douze vedettes de surveillance côtièrs et cinq gabares


Les premières unités en service subiront leur baptême du feu l'année suivante, lors de l'expédition de Suez. Citons notamment l'escorteur d'escadre Kersaint qui, par son tir, le 30 octobre 1956, a endommagé l'escorteur égyptien Ibrahim el Ewal qui se rendra aux israéliens.
Alain