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mercredi 11 décembre 2013

Le croiseur cuirassé Desaix, de la classe Dupleix de 1900-1902

Le croiseur cuirassé Desaix. Collection agence Adhémar

A l’instar du Kléber et du Dupleix, le Desaix était un croiseur cuirassé mis en service dans la marine française au début du XXe siècle. 
Ingénieur de Marine : Emile Bertin
Kléber - CAG de Bordeaux - mise sur cale : 1898 - lancement : 1902 
Desaix - Ateliers et chantiers de la Loire (ACL de Saint-Nazaire - mise sur cale : 1899 - lancement : 1901
Dupleix - Arsenal de Rochefort - mise sur cale : 1899 - lancement : 1900  (cliquez ici)
Appellations diverses : croiseur-cuirassé pour station lointaine (Desaix), croiseur-cuirassé de station (Dupleix) ...croiseur-cuirassé de 7,700 tonneaux (Kléber

DES CROISEURS-CUIRASSES DE 7700t

Le Kléber, le Dupleix et le Desaix étaient des croiseurs cuirassés de 7 700t caractérisés par une protection consistant en une ceinture de 38 à 102 mm d’épaisseur allant de l’avant jusqu’à la mâture arrière, avec une hauteur de 1,20 m au-dessous de la flottaison et de 1 m au-dessus. Ces bâtiments, doublés en bois, disposaient également d’un cofferdam* et d’un double fond sur toute la longueur et d’un pont cuirassé dépourvu de pare-éclats, d’une épaisseur variant de 65 à 90 mm. Leurs tourelles avaient une protection arrière de 50 mm, une protection avant de 100 mm et un toit de 24 mm.

LA CARRIERE DU DESAIX

Mis sur cale à Saint-Nazaire en janvier 1899, le Desaix fut lancé en mars 1901. Propulsé par trois machines développant une puissance totale de 17 000 ch., ce bâtiment fut achevé en 1904. Affichant une vitesse de 21 nœuds, il pouvait franchir une distance de 6400 milles marins à la vitesse de 10 nœuds ou de 8800 milles marins en surcharge. Assez peu armé, le Desaix, tout comme le Kléber et le Dupleix, était dépassé et quelque peu usé à la veille de la guerre de 1914-1918.
En 1914, il est en réserve de la 2e escadre légère à Brest qu’il intègre dès le 2 août 1914 et avec laquelle il opère en Manche. En fin d'année, il est envoyé en croisière en Extrême-Orient mais il est rappelé pour être affecté à la division française placée sous les ordres de l’amiral anglais Peirse. Il atteint Suez le 16 février 1915 et se joint au Bruix et au Requin. Renforcée à partir du 18 mars du Montcalm (bâtiment amiral), la division, commandée par le contre-amiral Huguet, contribue à la défense du canal et surveille la côte d’Arabie jusqu’à Djedhad. Le 23 juin 1915, le Desaix est affecté à la 3e escadre, créée en février 1915, et chargée des opérations sur la côte de Syrie. L’activité de cette escadre consiste dans un premier temps en des bombardements et des saisies de bâtiments suspects. A partir du 25 août, elle est chargée d’appliquer le blocus des côtes d’Asie Mineure et de Syrie. Elle est amenée, les 12 et 13 septembre 1915, à évacuer 3000 Arméniens fuyant les Turcs et réfugiés sur le Djebel Moussa (Mont Moïse). Le 8 mai 1916, le Desaix rallie la 6e division légère basée à Dakar pour la surveillance de l’Atlantique sud et y restera jusqu’à la fin de la guerre.
Il est retiré en juillet 1921.




CARACTERISTIQUES 
Type: croiseur cuirassé - Propulsion: 3 machines totalisant 17000 ch - Dimensions: longueur, 130 m ; largeur, 17,75 m -Tirant d’eau: 7,40 m - Vitesse: 21 nœuds
L’armement du Desaix consistait en 8 canons de 164 mm répartis en 4 tourelles doubles (1 avant, 1 arrière, 2 au centre). 4 canons de 100 mm situés sous les superstructures à hauteur des tourelles centrales. 10 canons de 47 mm (2 de chaque bord dans la batterie, 2 par passerelle et 2 par spardeck) et 2 tubes lance-torpilles.
Source http://laroyale.forum0.net/

* Un cofferdam ou maille sèche est un espace de séparation entre deux parties de la coque d'un navire. Il est délimité par deux cloisons étanches de part et d'autre. Le dictionnaire Quillet de la langue française et mentionne, pour un navire de guerre qu'il est «bourré d'une matière spongieuse, qui obture les voies d'eau» en se gonflant, lorsque le navire est atteint par un tir de missile.

mardi 6 septembre 2011

Le bassin Napoléon III de l'arsenal de Cherbourg en 1904.


Le bassin Napoléon III de l'arsenal de Cherbourg en 1904

Dans ma série rétrospective de nos grands ports de guerre au début du siècle passé, je vous présente maintenant une photo du bassin Napoléon III de l'arsenal de Cherbourg en 1904. On distingue de gauche à droite: le croiseur protégé Chateaurenault entré en service en 1900 reconnaissable à ses quatre cheminées qui lui donne une allure de paquebot, il a été conçu comme croiseur corsaire tout comme le Guichen que les lecteurs de ce blog connaissent bien, il a les mêmes caractéristiques, bien que sa silhouette soit très différente, le Chateaurenault terminera sa carrière torpillé par le sous-marin allemand UC38 le 14 décembre 1917, en mer Ionienne. Devant lui, le croiseur cuirassé Dupleix du type Kléber en service depuis 1903 qui sera condamné en 1923. A droite face au Dupleix, la silhouette trapue du cuirassé Neptune entré en service en 1892, rayé en 1908 et qui finira coulé comme cible en 1913. On peut également voir à couple du Chateaurenault, en regardant attentivement parce qu'il est très peu visible, l'aviso torpilleur Epervier du type Condor datant de 1888 qui sera démoli en 1911 à Cherbourg.
Alain

jeudi 23 décembre 2010

L'arsenal de Rochefort en 1902

Rochefort-sur-Mer, le port militaire. Le Davout, croiseur en armement (photo collection Alain V)
Je vous parle d'un temps... celui ou Rochefort sur Mer était un arsenal actif de la Royale. Construit sur la Charente en 1666 sur ordre de Louis XIV et sous l'impulsion de Colbert pour abriter la flotte du Ponant, mais aussi une construction navale très importante, le port est très bien protégé mais la faible profondeur et l'envasement exigent des dragages constants. L'accroissement de la taille des navires le rend de moins en moins pratique, il est définitivement fermé en 1926.
La carte postale ci-dessus, montrant cet arsenal en pleine activité, doit dater de 1902.
On distingue au premier plan, le croiseur protégé Davout, de 3031 tonnes, 9000 cv , armement: 6 canons de 160 mm, 4 de 100 mm et 8 x 47 mm,vitesse 20,7 nœuds. Il a un presque sister-ship le Suchet. Le Davout est lancé à Toulon en 1889 et est entré en service en 1892. Sur la photo, il vient d'être remotorisé, il a gagné une cheminée dans l'opération, il en avait seulement deux avant cette refonte, mais il ne s'est guère amélioré et finira sa carrière à Landévennec des 1909 avant d'être démoli en 1913
Derrière lui se trouve le croiseur cuirassé Dupleix en achèvement à flot, c'est le plus grand et le dernier grand bâtiment de guerre construit à Rochefort. Du type Kléber, il appartient à une série de trois navires: Kléber, Dupleix et Desaix, de 7 700 tonnes, dimensions: 130 mètres de longueur, 17,75 mètres de largeur et 7,40 mètres de tirant d'eau, 17 000 cv, vitesse 21 noeuds, armement 8 canons de 164 mm, 4 de 100mm, 10 x 47mm, 4 x 37mm. Il a été lancé en 1900 et entrera en service en 1903. Sa construction nécessita en 1900, l'allongement de la forme Napoléon III, construite entre 1853 et 1861, la plus récente des trois formes de radoub de l'arsenal de Rochefort.
En 1917, le Dupleix est chargé de la protection du canal de Suez, il est rayé en septembre 1919, il rejoint lui aussi Landévennec, ou il restera jusqu'en 1923, année ou il est démoli à Brest.
Alain