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samedi 24 mai 2014

Le 24 mai 1941 le croiseur de bataille Hood était détruit par le cuirassé allemand Bismarck

                                                   Le croiseur de bataille britannique  Hood .

                                                        Le cuirassé allemand Bismarck

                        Le 24 mai 1941 le croiseur de bataille britannique Hood était détruit par le cuirassé allemand Bismarck; trois jours après, le Bismarck traqué par la Royal Navy était détruit à son tour ; voir l'article rappelant ces événements majeurs de la guerre navale au cours de la Seconde guerre mondiale.

Alain

mardi 18 février 2014

15 février 1898 Explosion du cuirassé Maine

Travaux autour de l'épave du USS Maine vers 1911. 
Le soir du 15 février 1898, vers 21h40, le cuirassé américain Maine est victime d'une violente explosion dans la rade de la Havane, à Cuba. La détonation est si violente qu'elle souffle les vitres des maisons de la ville. Le navire sombre presque immédiatement et malgré les secours qui arrivent des autres navires, 252 hommes périssent dans l'accident, 8 autres allaient mourir de leurs blessures.
Immédiatement, la presse américaine accuse les Espagnols, qui gouvernent Cuba, d'avoir placé une mine sous la coque du navire, lequel était en visite de courtoisie. Dans les faits, une commission d'enquête concluera - mais en 1911 seulement - à une explosion accidentelle dans la salle des machines.

L'épave du USS Maine après qu'il ait coulé.
Pressé de partout, le président William McKinley déclare la guerre à Madrid le 25 avril 1898. 
Entre-temps, la campagne de presse contre l'Espagne aura entraîné les États-Unis dans la guerre et débouché sur rien moins que l'occupation de Cuba, Guam, Hawaï, Porto-Rico et les Philippines ! (source Hérodote)


USS Maine vers 1897. (© Lib of congress)
USS Maine Longueur 98,9m - Maître-bau 17,4m - Tirant d'eau 6,9m - Déplacement 6789 tonnes - Propulsion 2 machines à vapeur 8 chaudières Puissance 9 293 hp (6,9 MW) - Vitesse 16,45 nœuds 
Caractéristiques militaires Blindage Ceinture 305mm Pont 51-76mm Tourelles 203mm Château 254 mm - Armement 2 × 2 canons de 254mm 6 × 1 canons de 152mm 7 × 1 canon de 57mm 8 × 1 canon de 37mm 4 × tubes lance-torpilles de 457mm - Rayon d'action 6670km à 10 nœuds - Équipage 374 
Construit au chantier naval Brooklyn Navy Yard, New York - Lancement le 18 novembre 1889 - Armé le 17 septembre 1895.

L'USS Maine était le second cuirassé de l'United States Navy à son lancement en 1895. Avec son presque jumeau, l'USS Texas, ils reflétaient les derniers développements de la construction navale européenne et la disposition de leur armement principal ressemblait à celle du cuirassé britannique HMS Inflexible. Les deux tourelles étaient disposées en échelon sur un sponson (élément en saillie) de chaque coté du navire avec des ouvertures dans la superstructure pour permettre les tirs en travers du pont.
Malgré ces innovations, l'USS Maine était déjà obsolète à son entrée en service du fait de sa longue construction et des évolutions dans la technologie et les tactiques navales. L'emploi généralisé de l'acier dans la construction navale rendait l'utilisation de l'éperon de plus en plus dangereuse pour le navire attaquant et les dégâts causés par le souffle des canons tirant à proximité des structures du navire découragèrent le placement des tourelles en échelon. L'évolution du rôle du croiseur cuirassé d'un substitut plus léger et lourdement protégé du cuirassé vers un navire rapide destiné à l'assaut de convoi hâta également son obsolescence. Malgré ses limitations, l'USS Maine était considéré comme un progrès dans la construction navale militaire américaine.

samedi 25 janvier 2014

Essais de blindage à tir réel sur le cuirassé Suffren en 1903


Au début du XXe siècle on ne plaisantait pas avec les essais de blindage!

La photo ci-dessus, signée du photographe maritime A. Bougault, nous montre les effets d'un tir réel du cuirassé Masséna effectué en août 1903 sur une plaque de blindage de 2,50m de haut sur 95cm de largeur et 55cm d'épaisseur pesant 30 tonnes adossée à la tourelle de chasse du cuirassé Suffren.
                  
Explication: ce tir avait été demandé par le ministre de la Marine de l'époque, Camille Pelletan, farouche opposant aux cuirassés, qui voulait démontrer ainsi que le tir empêcherait la tourelle de fonctionner ensuite. Il s'opposait à la construction prévue des six cuirassés de la classe Patrie, la tourelle résista, et le ministre à cours d'arguments fut obligé d'autoriser la construction des cuirassés. 

Alain

jeudi 26 décembre 2013

26 décembre 1943; la bataille du Cap Nord; la fin du cuirassé Scharnhorst

                                         Le cuirassé allemand Scharnhorst en 1943

Le 22 décembre 1943, l'aviation allemande repère le convoi britannique JW55B en route de Loch Ewe vers Mourmansk, mais par suite des conditions atmosphériques détestables et du manque de visibilité en ces latitudes à cette saison, les aviateurs ne voient que l'escorte rapprochée du convoi composée de trois croiseurs et neuf destroyers, insuffisante pour dissuader le Scharnhorst d'attaquer. Ils n'ont pas repéré le cuirassé britannique de 35000t  Duke of York, quatre autres croiseurs et quatre destroyers qui sont plus loin en couverture.
Le 25 décembre le cuirassé allemand Scharnhorst et cinq destroyers quittent leur base malgré la tempête pour attaquer le convoi britannique.

Le 26 décembre le Scharnhorst est découvert par les radars du croiseur Belfast et attaqué par les croiseurs britanniques Norfolk, Belfast et Sheffield. Les destroyers allemands, après avoir vainement recherché le convoi, font route vers la Norvège. Cependant les radars du Duke of York ont maintenant repérés le Scharnhorst. Le cuirassé britannique l'attaque dès qu'il se trouve à portée de ses canons de 356 mm, 13 obus atteignent le Scharnhorst. Les croiseurs Jamaica et Belfast tirent sans discontinuer sur le Scharnhorst puis les croiseurs et les destroyers lancent leurs torpilles sur le cuirassé allemand qui finit par couler.
Sur un équipage de 1968 hommes seul 36 survivent.

Le Scharnhorst a été victime de l'absence de couverture aérienne et de la supériorité des radars des Britanniques qui dans les conditions de visibilité quasi inexistante ont permis à ceux-ci de prendre des le début le contrôle de la situation.

Alain

lundi 23 décembre 2013

Le cuirassé d'escadre de premier rang Saint-Louis de la classe Charlemagne

Le cuirassé d'escadre Saint-Louis. Collection agence Adhémar
Le cuirassé d'escadre de premier rang Saint-Louis a déjà fait l'objet d'articles sur ce blog (cliquez ici) mais, une fois encore, nous avons voulu vous faire profiter de la qualité des photos de A. Bougault.
Saint-Louis est malheureusement connu pour avoir envoyer par le fond le sous-marin Vendémiaire (cliquez ici).
Une fois ses essais terminés, Saint-Louis effectue des manœuvres en Méditerranée, puis est affecté à l'escadre du Nord et enfin dans la 1re division de la 3e escadre. C'est lors d'un exercice avec d'autres bâtiments, qu'il éperonne et coule accidentellement le sous-marin français Vendémiaire le 8 juin 1912, tragédie qui coûte la vie aux 24 membres d'équipage du submersible. Par la suite, Saint-Louis est mobilisé lors de la Première Guerre mondiale, et participe à la bataille des Dardanelles en 1915, en bombardant les côtes de l'Empire ottoman. 
Après la guerre, le navire est mis en réserve puis désarmé à Bizerte, avant d'être ramené en France pour servir à l'entraînement des mécaniciens et chauffeurs de l'armée à Toulon. Condamné en 1920, il sert par la suite de ponton-caserne, puis est finalement vendu pour ferraille en 1932.

 Les sisters-ships de la classe Charlemagne, dessinés par Jules Thibaudier, directeur des Constructions navales de l'Arsenal de Brest.
La classe Charlemagne
Les trois cuirassés Pré-Dreadnought de la classe Charlemagne de la Marine nationale française furent le Charlemagne, lancé en 1894 et entré en service en 1895, le Gaulois et le Saint-Louis entrés en service en 1896. Ils furent les premiers cuirassés français à adopter l'agencement de deux grosses pièces de chasse et deux de retraite de calibre 305 mm Modèle 1893/96, que préféraient les Britanniques depuis une décennie, et une artillerie navale secondaire plus rationnelle, les canons étant séparés par des pare-éclats. Jusqu'au Bouvet inclus, qui fut le dernier vaisseau à être lancé avant les Charlemagnes, les cuirassés français étaient facilement reconnaissables à leur grosse pièce unique à chaque extrémité d'un pont supérieur court pour minimiser l'effet de souffle. Ils étaient dotés de deux larges cheminées.
Comme sur tous les navires français, la ceinture cuirassée était étroite, mais ne manquait pas de s'étirer sur tout la longueur de la coque. Toutefois, entre les bords inférieurs et supérieurs du cuirassage de la batterie, le renflement de la rentrée de muraille n'avait aucune protection. C'est à ce niveau que l'on trouvait un pont-abri au-dessus d'un pont pare-éclats. 
L'espace qui sépare les deux ponts était cloisonné cellulairement en vue d'éviter les risques d'inondation en cas de dégâts.

mercredi 25 septembre 2013

25 septembre 1911, le cuirassé Liberté explosait en rade de Toulon

Le 25 septembre, il y aura 102 ans, survenait une des plus grandes catastrophe de notre Marine nationale en temps de paix, l'explosion en rade de Toulon du cuirassé Liberté par suite de l'incendie de ses soutes à munitions. Il en a été question sur ce blog à plusieurs reprises (cliquez ici), aussi je n'y reviendrais que pour vous montrer quelques documents sur cette tragédie.
Voici une photo du cuirassé Liberté avant la catastrophe.


L'épave du cuirassé Liberté après l'explosion, en arrière-plan, on distingue le cuirassé Justice du même type que la Liberté, participant à la recherche et au sauvetage des survivants. 



                 L' état de l'épave de Liberté est tel que ce schéma n'est pas inutile pour comprendre ce qui s'est passé. On voit que toute la partie avant à disparue, et que la partie centrale arrachée s'est retournée sur l'arrière du navire.   

Alain

mardi 11 juin 2013

Le croiseur-cuirassé Latouche-Treville, fin de parcours

Marcel Henri nous a dit que le 26 février 1920, le Latouche-Tréville est désarmé et qu'il sera démoli en 1926.
Pour compléter son excellent article, j'ajouterai que de 1920 à 1925, la coque du Latouche-Tréville désarmé sera utilisée par l'entreprise chargée du renflouement de l'épave du cuirassé Liberté (voir sur ce blog, cliquez ici) coulé par l'explosion de ses soutes à munitions en rade de Toulon le 25 septembre 1911.

Sur cette photo de 1922 on voit à gauche l'ancien croiseur-cuirassé Latouche-Tréville et à droite l'épave du cuirassé Liberté en cours de renflouement. (le Latouche-Tréville a perdu ses mâts militaires depuis 1907 pour l'alléger)


Alain

lundi 10 juin 2013

Le croiseur-cuirassé Latouche-Tréville dans la série "Flotte de guerre française" du chocolat Klaus

Le croiseur-cuirassé Latouche-Tréville dans la série "Flotte de guerre française" du chocolat Klaus. Coll agence Adhémar
Le croiseur-cuirassé* Latouche-Tréville, de la classe Amiral-Charner, est en service dans la Marine française de 1895 à 1920. Il porte le nom du vice-amiral Latouche-Tréville (1745-1804). Construit aux forges et chantiers de la Méditerranée à Graville-Sainte-Honorine, près du Havre de 1890 à 1892, il faisait 110 mètres, avait un maître-bau de 14 mètres et un tirant d'eau de 6,2 mètres. Ce deux-cheminées était propulsé par deux machines Creusot à 16 chaudières Belleville. Il avait deux hélices et filait ses 17 nœuds. Son équipage était de 410 hommes. Son armement se composait de 16 canons (2 de 194mm, 6 de 138mm, 4 de 65mm, 4 de 47 mm) et de 6 canons revolver de 37 mm et 4 TLT de 450 mm.
Commandé le 18 décembre 1889, il est lancé le 8 octobre 1892 et armé le 6 mai 1895. Il est retiré du service actif le 21 juin 1920. La Classe Amiral Charner (1894)  comprenait Amiral Charner, Bruix, Chanzy et Latouche-Tréville
*Le croiseur cuirassé, ou croiseur blindé, est un type de navire de guerre essentiellement développé entre 1875 et 1910. Il prend la suite du croiseur protégé des années 1875 à 1890, qu'il surclassera très vite. Son évolution aménera le croiseur de bataille. Les croiseurs cuirassés firent la différence dans la bataille d'Ulsan (1904), la guerre russo-japonaise (1904-1905) et la bataille de Tsushima (1905). Mais dès 1907, quand la Royal Navy commença à engager les croiseurs de bataille de classe Invincible puis les cuirassés de classe Dreadnought, leur obsolescence devint évidente. La bataille de Coronel (entre Royal Navy et marine impériale allemande au large du Chili) au début de la Première Guerre mondiale fut la dernière où les croiseurs-cuirassés furent victorieux.

En 1895, Latouche-Tréville appartient à la division navale de l'École supérieure de guerre et en 1897, à l'escadre de la Méditerranée (au Levant).
En juin 1897, il est mis en réserve à Toulon puis, en octobre et jusqu'à 1899, il revient à l'escadre de la Méditerranée. En février 1905, il est de nouveau mis en réserve à Toulon. En février 1907, il sert d'annexe pour des exercices de canonnage. 
Lors d'un exercice de tir aux Salins-d'Hyères, le 22 septembre 1908, se produit un accident qui tue quatorze marins au total. C'était la goutte d'eau qui fit déborder le vase… Elle coûta son poste au ministre de la Marine, Gaston Thomson, du gouvernement de G. Clemenceau qui résume ainsi la situation ; « La Chambre ne nous fait aucun cadeau. Il faut dire qu'il y a de quoi. Naufrages des croiseurs Sully, Jean Bart et Chanzy, des sous-marins Lutin et Farfadet, explosion du cuirassé Iéna... et maintenant, cet accident lamentable sur le Latouche-Tréville. Mon rival Delcassé … ne cesse de se répandre dans la presse ou dans les couloirs du parlement sur le fait que mon gouvernement est "incapable de préparer le pays au combat".» 
Le ministre de la Marine tente de se justifier : " Les explosions sont largement dues à la poudre B qui remplace la célèbre poudre noire et produit beaucoup moins de fumée. L'utilisation de cet explosif n'est pas encore totalement maîtrisée par les marins et les risques restent importants." 
G. Clemenceau conclut fermement : " Ecoutez, Thomson, sur les navires allemands ou britanniques, on trouve aussi de la poudre B et rien ne saute. Non, la vérité, c'est que c'est le foutoir dans votre marine. Le rapport de la commission d'enquête le montre : entretien défectueux du matériel, absence de consignes de sécurité précises, personnel mal formé, investissements mal suivis et inefficaces... J'ai été patient avec vous, j'ai accepté les augmentations de crédits que vous me demandiez avec insistance mais les résultats ne sont pas au rendez-vous. Je souhaite que vous retrouviez rapidement votre siège de député de Constantine, vous y êtes plus à l'aise. " 
Source Blog Le Monde
En décembre 1912 : Le croiseur-cuirassé Latouche-Tréville est réarmé puis il participe aux combats de la Première Guerre mondiale à Bizerte et Casablanca et au blocus du canal d'Otrante en 1914. En 1915, il est d ans la bataille des Dardanelles où il subit une avarie le 4 juin 1916 lors d'un bombardement. De 1916 à 1918, il accompagne l'expédition de Salonique, puis participe au blocus de la Grèce.
En décembre 1918, il achemine le corps du contre-amiral Victor Sénès, mort lors du torpillage le 27 avril 1915 du Léon Gambetta à 5 miles nautiques des côtes italiennes, naufrage qui aurait fait 684 morts.
Le 26 février 1920, il est désarmé et sera démoli en 1926.


jeudi 30 mai 2013

Le cuirassé d'escadre Brennus dans la série "Flotte de guerre française" du chocolat Klaus

Nous avons déjà vu ce cuirassé sur ce blog (cliquez ici) et son existence avait été largement commentée : « Le Brennus était un navire parfaitement raté, complètement périmé à son entrée en fonction, et qui rendit peu de service en escadre…»
En voici une carte postale publicitaire que la chocolaterie mortuacienne Klaus a publié dans sa série "Flotte de guerre française".

vendredi 24 mai 2013

24 mai 1941 : destruction du croiseur de bataille britannique Hood par le Bismarck


24 mai 1941 destruction du croiseur de bataille britannique Hood par le Bismarck

Le Hood
27 mai 1941 destruction du cuirassé Bismarck par la flotte britannique

                                                                    Le Bismarck

Il s'agit d'un simple rappel tant l'affaire est connue.
En trois jours, les deux plus grandes unités des marines britannique et allemande sont détruites.

Cela commence par la décision de l'amirauté allemande d'engager le cuirassé de 41700 tonnes Bismarck et le croiseur lourd Prinz Eugen dans une guerre de course destinées à détruire les flottes marchandes alliées dans l'Atlantique ; l'opération baptisée «Rheinubung» commence le 18 mai 1941 ; les deux navires quittent le port de Gotenhafen, le 21 mai ils entrent dans le fjord norvégien de Grimstadt pres de Bergen. Là, ils sont repérés par un Spitfire britannique, c'en est fait du secret de l'opération. Ils quittent le lendemain les eaux norvégiennes pour remonter le détroit du Danemark entre le Groenland et l'Islande à la limite des glaces ou ils espères échapper à la surveillance des Britanniques, peine perdue le croiseur anglais Suffolk les repèrent, et les suit de loin, il est rejoint par le croiseur Norfolk; le même jour, les Britanniques envoient le croiseur de bataille Hood de 42600 tonnes et leur cuirassé Prince of Wales à peine terminé et pas encore totalement au point à la recherche des navires allemands. Les navires britanniques rejoignent le 24 mai les allemands; le Hood ouvre le feu le premier sur le Prinz Eugen qu'il a pris pour le Bismarck, le Prince of Wales engage directement le Bismarck; à la cinquième salve du Bismarck, un coup au but dans une soute à munitions des 102mm provoque l'explosion du Hood qui, coupé en deux, coule immédiatement entraînant dans la mort 1418 hommes; il n'y aura que trois survivants.
Le Prince of Wales manquant d’entraînement se replie prudemment.

Le choc est profond en Grande Bretagne, le Hood fierté de la Royal Navy coulé, l'affront doit être vengé, l'ordre est alors donné; il faut couler le Bismarck.
L'amiral Lutjens, à bord du Bismarck, décide de séparer les deux navires; le croiseur Prinz Eugen continuera la guerre de course dans l'atlantique, alors que le Bismarck qui a subi quelques avaries de combat rejoindra le port de Brest pour réparer, mais pour cela il faut semer les Britanniques qui gardent le contact;. Profitant du brouillard, le Bismarck change brusquement de direction; les Britanniques perdent alors le contact.
                              Carte de l'opération "Rheinubung" et de la traque du Bismarck  

Le 26 mai un hydravion Catalina retrouve le Bismarck, les avions torpilleurs du porte-avions britannique Ark Royal qui participe maintenant à la chasse attaquent le cuirassé allemand; à la deuxième attaque des Swordfish, une torpille touche le gouvernail du Bismarck le rendant ingouvernable, c'est inespéré car cela donne du temps au gros des forces britanniques de l'amiral Tovey pour converger vers le Bismarck. Une attaque de destroyers britanniques est repoussée; les cuirassés britanniques Rodney et King Georges V engagent à leur tour le Bismarck. Sous le feu des cuirassés et des croiseurs britanniques des incendies ravagent le cuirassé allemand, le croiseur Dorsetshire lance trois torpilles et donne le coup de grâce, le Bismarck coule, il y eut 115 survivants, recueillis par les Anglais, sur un équipage de 2092 hommes. Ils déclareront par la suite que le cuirassé allemand s'est en réalité sabordé. L’état de l'épave lors de sa découverte le 14 juin 1989 reposant par 4700 mètres de profondeur, et son exploration, donne un certain crédit à cette affirmation.
Alain

mardi 30 avril 2013

La sieste sur le pont d'un cuirassé anglais… avant l'exercice de tir


Pendant la Première Guerre mondiale, la flotte britannique était sur le pied de guerre mais l'ennemi tardait à venir… Les reportages sur la vie à bord se multipliaient.

La sieste sur le pont d'un cuirassé anglais.
Le pont du cuirassé anglais HMS Shannon.


Pointage d'un canon du pont d'un cuirassé anglais.
Tir de grosses pièces d'un cuirassé anglais.

mercredi 11 avril 2012

Le 11 avril 1945, un avion kamikaze japonais vient frapper la coque du cuirassé Missouri

Le 11 avril 1945, au large d'Okinawa, le Zéro A6M, avion kamikaze japonais, vient frapper la coque du cuirassé USS Missouri, juste en dessous du pont principal, ne provoquant qu'une pluie de débris sur celui-ci. Dégâts mineurs et pas de victime pour cette attaque impressionnante.
Photo tirée de l'attaque filmée du Missouri.
 © US Naval Historical Center, collection agence Adhémar
USS Missouri, navire-amiral de la 3e flotte américaine, fut celui sur lequel furent signés l'acte de capitulation du Japon dans la baie de Tokyo. Cela mettait fin à la Seconde Guerre mondiale. Il est aujourd'hui devenu navire-musée dans la port de Pearl Harbour.

samedi 8 octobre 2011

La carrière éclair du cuirassé italien Leonardo da Vinci


Le cuirassé Leonardo da Vinci à son entrée en service en 1914




En 1919 la coque retournée du Leonardo da Vinci




En 1921 le retournement de la coque du Leonardo da Vinci




Le Leonardo da Vinci à l'endroit, les superstructures ont été rasées lors du renflouement.


Le dreadnought Leonardo da Vinci appartenait à une série de trois cuirassés italiens, le Conte di Cavour, le Giulio Cesare et le Leonardo da Vinci. Ce dernier est mis sur cale en juillet 1910, aux chantiers navals Odero de Gênes, lancé le 14 octobre 1911, il entre en service le 17 mai 1914. Basé sur Tarente à partir de 1915, il explose dans la nuit du 2 août 1916. La soute avant des 305 mm vient de sauter, provoquant une série d'explosions et d'incendies, et le chavirage du navire, tuant 249 marins; l’enquête conclut à un sabotage d'agents autrichiens. Deux personnes seront arrêtées et condamnées à la prison à vie.
La question du relevage de l'épave se posa rapidement pour des raisons militaires, c'était le plus récent des cuirassés italiens, de plus il encombrait le port de Tarente, ses munitions constituaient un danger pour les autres navires.
Des experts britanniques et américains conclurent que le relevage n'était pas possible.
Le général Ferrati eut l'idée d'envoyer de l'air comprimé dans la coque retournée; les travaux démarrèrent au printemps 1917; les plongeurs récupérèrent les munitions dans des conditions particulièrement difficiles; 1000 obus de 305 mm; 3000 de 120 mm ainsi que des torpilles furent ainsi remontées; ensuite ils fallut colmater les brèches et ouvertures pour rendre la coque étanche, avant d'insuffler l'air comprimé, qui fit remonter le navire retourné à la surface, on put alors accéder aux soutes à charbon ce qui permit de l'alléger d'avantage.
Il fallait maintenant relever le navire; les superstructures et cheminées furent découpées; 8 pontons capables de lever chacun 350 tonnes furent utilisés; le 17 septembre 1919 la coque toujours quille en l'air fut enfin amenée dans un bassin; puis en janvier 1921 elle fut redressée. Il fut un moment question de le réparer et de le remettre en service en supprimant la tourelle centrale, mais la crise économique et le traité naval de Washington du 6 février 1922 portant réduction du tonnage des principales Marines eurent raison de ce projet, et finalement le cuirassé fut vendu à la démolition le 22 mars 1923.
Les techniques mises au point pour le Leonardo da Vinci fut cependant utilisées par la suite, lors du renflouement des cuirassés allemands sabordés à Scapa Flow.
Alain

mercredi 7 septembre 2011

L'arsenal de Bizerte en 1904.



Le cuirassé russe Oslyabya dans le canal de Bizerte en 1904.

Dans ma série rétrospective de nos grands ports de guerre au début du siècle passé, je vous ai présenté jadis Rochefort en 1902, je n'y reviens pas; je vais donc vous présenter un arsenal situé de l'autre coté de la Méditerranée, Bizerte ou plutôt Sidi Abdallah dans le quartier de ferryville sur les bords du lac de Bizerte. La France rendra Bizerte à la Tunisie en 1963, après une crise politique de deux ans avec le gouvernement tunisien.
L'arsenal de Bizerte a été construit par la France à partir de 1890; en 1904 Bizerte est une base importante; un pont transbordeur relie les deux rives du canal reliant la mer au lac de bizerte, mais l'élargissement de ce canal pour accueillir les navires les plus grands, et l'hostilité de la Marine à cet ouvrage jugé dangereux; un coup au but pouvant bloquer l’accès de l'arsenal, font que le pont transbordeur est démonté pour être transporté à Brest.
Sur cette photo prise en 1904, on voit le cuirassé russe Oslyabya dans le canal de Bizerte, suivi par le remorqueur français Cyclope. Les navires russes font assez souvent escale à Bizerte; mais la, il est en route vers son destin, en effet sous le commandement de l'amiral Felkerzam, il s’apprête à quitter la Méditerranée pour rejoindre l'escadre de l'amiral Rodjestvensky en passant par le canal de Suez, et participer après un long périple de 20 000 km à la bataille de Tsoushima le 27 mai 1905; l'amiral Felkerzam mourra d'un cancer à bord, deux jours avant la bataille; la nouvelle fut tenue secrète par l'amiral Rodjestvensky, probablement pour ne pas saper le moral des marins; l'Oslyabya fut gravement endommagé au cours du combat; atteint de nombreuses fois il finit par chavirer; des torpilleurs russes procèdent au sauvetage de marins; l'Oslyabya fut le premier navire de guerre russe à couler au cours de cette mémorable bataille de Tsoushima, et sa perte affecta le moral et l'esprit combatif des forces russes. L'Oslyabya appartenait à une série de trois cuirassés pré-dreadnought construits à Saint-Pétersbourg, de 12674 tonnes, entrés en service en 1901: Peresviet; Oslyabya et Pobieda; Peresviet et Pobieda furent coulés à Port Arthur le 2 novembre 1904 sous le feu des japonais; renfloués par ceux ci et réarmés; le Peresviet prenant le nom de Sagami et le Pobieda, celui de Suwo; le Suwo fut démoli au Japon en 1923.
Le Sagami fut rendu par les japonais aux russes en 1915; et il repris alors son ancien nom de Peresviet; il devait couler sous pavillon russe le janvier 1917, sur un champ de mines que des dragueurs de mines britanniques étaient pourtant en train de draguer, près de Port Saïd, entraînant dans la mort, 6 officiers et 110 marins.




Alain

dimanche 4 septembre 2011

Une autre vue de Brest en 1903.

J'ai envie de répéter pour Brest ce qui je disais hier pour Toulon. C'est avec un brin de nostalgie que je vous présente cette photo. Pourquoi faut il que nos ports de guerre aient perdu à la fois ce qui faisait leur âme et qu'ils aient subi la double peine en étant reconstruits de manière aussi vilaine?

Voici à nouveau la Penfeld vers 1903, ( une autre vue vous a déjà été présentée sur ce blog).
Le cuirassé Formidable vient de passer sous le pont national inauguré en 1861. Ce pont sera détruit en 1944 et remplacé par le pont levant de Recouvrance actuel inauguré en 1954. A droite, Brest même. A gauche, le quartier de Recouvrance et, au milieu, la Penfeld qui grouille de vie et de navires. Heureux temps! Le voilier sur la droite pourrait être l'aviso transport La Saône, école des gabiers; derrière l’hôpital maritime; à gauche les garde-côtes cuirassés Tonnerre et Fulminant, l'aviso torpilleur Fleurus, les bâtiments du 2e dépôt des équipages qui ont disparu pendant la guerre dominent Recouvrance, et au fond les ateliers du plateau des Capucins dominant la courbe de la Penfeld à cet endroit. Il ne reste pratiquement rien des bâtiments magnifiques en apparence, qui bordaient les rives de la Penfeld mais il faut mettre un bémol à mon enthousiasme, puisqu'il est dit, par ailleurs, qu'ils étaient insalubres.
Comme quoi, le pittoresque ne rime pas forcément avec le fonctionnel.

Caractéristique du cuirassé Formidable que l'on voit au premier plan:
Lancé à Lorient en 1885; en service en 1888; il sera comdamné en 1911.
Déplacement: 11910 t
dimensions: 102m x 21,24 m x 7,98 m
3 canons de 370 mm en barbettes
12anons de 140 mm en batteries
8 canons revolvers
6 tubes lance torpilles
ceinture cuirassée de 550mm
2 machines compound 3 cylindres; 12 chaudières; 8 320 cv; vitesse 15,2 n
Sister-ship à la mode du XIXe, c'est-à-dire mêmes caractéristiques générales mais silhouette assez différente: l'Amiral Baudin

Alain

samedi 13 août 2011

La Marine espagnole pendant la guerre civile 2/4


Le cuirassé républicain Jaime I. L'Espana nationaliste était semblable. Tous les deux disparaitront en 1937.


Le croiseur lourd Baléares qui seront coulé le 6 mai 1938. Le Canarias était du même type, ce dernier ne sera rayé qu'en 1975.


L'Almirante Cervera nationaliste était du même type que les républicains Libertad, ex-Principe Alfonso et Miguel de Cervantes. Il sera rayé en 1965. (photos collection Alain V)

Caractéristiques des principaux navires espagnols ayant participés aux opérations:
(N)=nationaliste - (R)=républicain.
2-Les cuirassés et les croiseurs:
Cuirassés
Espana (ex-Alfonso XIII) et Jaime I sont les survivants d'une série de trois. Un premier Espana ayant fait naufrage sur les cotes du Riff en août 1923.
-(N) Espana (ex-Alfonso XIII) est mis sur cale en 1909 au chantier du Ferrol, lancé en 1913, en service en 1915, il est coulé par mine le 30 avril 1937.
-(R) Jaime I est mis sur cale en 1909 au chantier du Ferrol, lancé en 1914, en service en 1921, il est coulé par explosion interne, le 27 juin 1937.
Construits sur des plans britanniques, comme la plupart des navires construits à l'époque dans les chantiers espagnols, la construction a été très lente.
Déplacement 14 224 tw
dimensions: L. 140 m; l. 24 m; tirant d'eau 8,08 m
puissance 20 000 cv; vitesse 20 nœuds, turbines Parsons; 4 hélices; 12 chaudières Yarrow
protection: ceinture cuirassée 230mm au centre, 100mm à l'avant et 75mm à l'arrière; tourelles 254mm; ponts blindés de 48 mm et 25 mm.
armement:
8 canons de 305 mm en 4 tourelles doubles
20 canons de 102 mm en casemates
2 x 76 mmAA
2 x 47 mmAA
10 mitrailleuses de 7 mm
équipage: 854 h
Croiseurs lourds
-(N) Canarias et Baléares sont des sister-ships, mis sur cale en 1928 au chantier du Ferrol, ils sont dérivés du type Kent britannique, lancés en 1931et 1932 respectivement, ils sont entrés en service en octobre 1936
Canarias est rayé en 1975
Baléares est coulé le 6 mai 1938, par des torpilles du destroyer Lepanto
Déplacement 10 000 tw; 12 230 tonnes en pleine charge
dimensions L.193,90 m; l. 19,51 m; tirant d'eau 6,32 m
puissance 90 000 cv; vitesse 34 nœuds, turbines à en grenages Parsons; 8 chaudières Yarrow; 2 hélices, rayon d'action 8 000 miles à 15 nœuds.
protection: ceinture de 51 à 38 mm; ponts blindés de 62,5 mm; soutes à munitions 102 mm; tourelles 25 mm
armement
8 canons de 203 mm en 4 tourelles doubles
8 canons de 120 mm en affuts simples
8 x 40 mmAA
12 tubes lance-torpilles
1 catapulte et 2 avions étaient prévus, mais n'on jamais été installés
équipage 765 h
Croiseurs légers
-type Principe Alfonso
Libertad
(ex-Principe Alfonso), Almirante Cervera et Miguel de Cervantes étaient semblables. Construits au chantier du Ferrol sur plans anglais, ils sont dérivés de la classe E britannique.
-(R) Libertad (ex-Principe Alfonso) est mis sur cale en août 1922, lancé le 3 janvier 1925 et entre en service en décembre 1925, renommé Galicia en 1939, il est rayé en 1970.

-(N) Almirante Cervera est mis sur cale en novembre 1922, lancé le 16 octobre 1925 et entre en service en mai 1927, il est rayé en 1965.
-(R) Miguel de Cervantes est mis sur cale en avril 1926, lancé le 19 mai 1928 et entre en service fin 1930, il est rayé en 1964.
Déplacement 7 475 tw; 9 240 tonnes en pleine charge
dimensions L.176,62 m, l.16,6 m, tirant d'eau 5,03 m
puissance 83 000 cv; vitesse 34 nœuds, turbines à en grenages Parsons; 8 chaudières Yarrow; 4 hélices, rayon d'action 5 000 miles à 15 nœuds
protection ceinture 76 à 38 mm; pont blindé 25 mm; masques 25mm
armement
8 canons de 152 mm(3x2 + 2x1)
4 canons de 102 mmAA
2 x 47 mmAA
3 x 20 mmAA
12 tubes lance-torpilles
équipage 566 h
-type Mendez Nunez
-(R) Mendez Nunez appartenait à une série de deux. Le Blas de Lezo du même type a coulé au Cap Finisterre le 11 juillet 1932, construit sur plans anglais, il s'apparente aux séries C et D des programmes de guerre britanniques, construit au Ferrol mis sur cale en septembre 1917, lancé le 3 mars 1923, il entre en service en 1924, il est rayé en 1964.
Déplacement 4 509 tw; 6 045 tonnes en pleine charge
dimensions L.140,80 m, l.14,02 m, tirant d'eau 4,72 m
puissance 45 000 cv; vitesse 29 nœuds, turbines à engrenages Parsons, 12 chaudières Yarrow, 4 hélices, rayon d'action 5 000 miles à 13 nœuds
protection ceinture 76 mm au plus fort
armement
6 canons de 152 mm en affuts simples
4 x 47 mm
4 mitrailleuses
12 tubes lance-torpilles
équipage 320 h
-type Reina Victoria Eugenia
-(N) Republica (ex-Reina Victoria Eugenia) seul de son type, est indiqué ici pour mémoire, car en refonte pendant la guerre civile jusqu'en 1938, il n'a pratiquement pas participé aux événements, c’était un croiseur construit sur plans anglais, dérivé des town britannique de la période 1910/1914, construit au Ferrol, mis sur cale en 1915, lancé en avril 1920, entré en service en janvier 1923, il est renommé Navarra en 1938, il est rayé en 1955.
Déplacement 4 857 tw, 6 348 tonnes en pleine charge
dimensions L.140,80 m, l.15,22 m, tirant d'eau 5,60 m
puissance 25 500 cv; vitesse 25,5 noeuds, turbines Parsons,12 chaudières Yarrow, 2 hélices
armement après refonte:
6 canons de 152 mm
4 canons de 88 mmAA
4 x 20 mm
4 tubes lance torpilles
Alain

jeudi 11 août 2011

Le cuirassé Flandre non terminé à Landevennec.


Le cuirassé Flandre du type Normandie, non terminé à Landevennec entre 1921 et 1924.



Le cuirassé Normandie en 1921; sur cette photo on distingue les embases des tourelles quadruples de 340mm; à l'avant, au centre, et à l'arrière du navire. La silhouette aurait été complétée par deux cheminées et un mat central, disposés entre les tourelles quadruples avant et centrale. (photos collection Alain V)


Vous avez pu voir sur ce blog des photos montrant des navires de la Royale dans l'anse de Penforn à Landevennec en 1909 et en 1936.
Aujourd'hui, je vais vous présenter un navire qui n'a jamais été terminé; le cuirassé Flandre du type Normandie; qui a rejoint Landevennec lorsqu’il a été décidé en 1921 d'en abandonner la construction, il y est resté jusqu'en 1924, date à laquelle il a été remorqué à Toulon pour y être démoli. Toutefois, comme je vous ai déjà présenté les cinq navires du type Normandie, à propos du premier porte-avions français le Béarn, construit sur la coque d'un cuirassé de ce type, je n'y reviendrai pas.
J'ajoute une photo du Normandie lui-même, prise en 1921, vue de coté, ce qui permet de mieux se rendre compte ce qu'aurait été la disposition de l'artillerie principale de ce type de navires; soit 12 canons de 340 mm en trois tourelles quadruples; les tourelles quadruples que les cuirassés du type Normandie auraient été les premiers au monde à porter, et dont la disposition sera reprise sur les cuirassés suivants, des types Dunkerque et Richelieu, lesquels disposeront de deux tourelles quadruples à l'avant; de 330 mm sur les Dunkerque; et de 380 mm sur les Richelieu.
Alain

samedi 30 juillet 2011

Au-delà de la légende, le cuirassé Potemkine

Le Kniaz Potemkin Tavricheskey en 1905, tel qu'il se présentait lors de la mutinerie en mer Noire.
Le Panteleimon ex-Kniaz Potemkin Tavricheskey en 1912. (photos collection Alain V)

Je vais vous décrire un navire trop; mais mal connu; le cuirassé Potemkine, le nom véritable de ce navire était le Kniaz Potemkin Tavricheskey; je laisse à la nombreuse littérature et au célèbre film de Serguei Eisenstein de 1925, le soin de vous faire connaître l'épopée de la mutinerie et la ville d'Odessa; pour ma part je vais vous décrire le navire et son histoire; ce cuirassé, porte le nom d'un homme d'Etat russe de l'époque de l'Impératrice Catherine II, célèbre pour avoir le premier organisé la flotte de la mer Noire.
Le Kniaz Potemkin Tavricheskey est mis sur cale en 1898, à l'arsenal de Nikolaiev, il devait être le premier d'une nouvelle série de cuirassés pré-dreadnought; deux sister-ships retardés par la guerre russo-japonaise; les Ioann Zlatoust et Evstafey seront lancés en 1906 et entreront en service en 1910.
Le Kniaz Potemkin Tavricheskey est lancé en octobre 1900, et entre en service en 1903 dans la flotte de la mer Noire. En 1904, débute la guerre russo-japonaise; la flotte de la mer Noire n'est pas impliquée directement, cependant elle est affectée par les revers de la flotte russe; dont il faut rechercher la cause principalement dans l'incompétence de ses chefs; le désastre de la bataille de Tsoushima, les 27 et 28 mai 1905, affecte le moral des marins, l'impopularité des officiers; tout cela crée les conditions de la mutinerie du Kniaz Potemkin Tavricheskey, qui débute le 27 juin 1905, le facteur déclenchant étant un problème de viande avariée servie à l'équipage, ainsi qu'a celui du torpilleur n° 267; la mutinerie dont je vous passe donc les détails se termine à Constanza en Roumanie, le 8 juillet 1905.
Le 9 août 1905, ( le 27 juillet du calendrier russe), un nouvel équipage ramène le cuirassé de Roumanie à Sébastopol, ce jour la, les russes célèbrent la mémoire de Saint Panteleimon et fêtent la victoire de Gangout, le 27 juillet 1714 sur la flotte Suédoise; aussi le cuirassé est rebaptisé Panteleimon, pour faire oublier le nom de Potemkin.
Il participe aux opérations en mer Noire durant la Première Guerre mondiale, dont le bombardement du Bosphore et l'attaque du croiseur de bataille Goeben alors devenu le Yavuz sous pavillon turc (voir l'histoire du Yavuz sur le blog Adhemar) par la flotte russe.
Avec la révolution russe, les choses se compliquent; en effet le 13 avril 1917, notre cuirassé est rebaptisé Potemkin par le gouvernement Kerensky; puis Boretz za Svobodou, le 11 mai 1917 avant d’être pris par les Soviétiques; puis repris par les Britanniques; en avril 1919, le commandant du croiseur britannique Calypso ordonne la destruction des machines des cuirassés russes de Sébastopol; dont celles du Boretz za Svobodou ex Panteleimon ; du Ioann Zlatoust et de l'Evstafey pour les immobiliser; début 1920 ils sont recapturés par les russes blancs; les cuirassés toujours immobilisés sont repris par l'armée Rouge, lors de la prise de Sébastopol, en novembre 1920. En 1921/1922 Boretz za Svobodou ex Panteleimon ex Kniaz Potemkin Tavricheskey, est utilisé pour des séquences du film d'Eisenstein, retraçant la mutinerie de 1905. Non réparé, il sera démoli en 1924, en même temps que ses deux sister-ships.
Caractéristiques du Kniaz Potemkin Tavricheskey:
déplacement: 12480 tonnes; 12600 tonnes en pleine charge
dimensions: 115,3 m x 22,3 m x 8,2 m
2 machines à triple expansion de 10600 cv; 22 chaudières Belleville; vitesse 17 nœuds
protection: ceinture cuirassée de 227mm; tourelles 254 mm
armement: 4 canons de 305mm
16 x 152mm
14 x 75 mm
5 tubes lance torpilles dont 3 sous-marins
équipage: 54 officiers et 819 hommes

Alain

lundi 14 mars 2011

Le Henri IV, cuirassé ou garde-côte cuirassé


Henri IV vu de l'arrière montrant la tourelle de retraite et la plage arrière particulièrement basse.



Henri IV en route, la plage arrière est pratiquement sous l'eau.



Henri IV dans l'arsenal de Cherbourg. Ici, il est abusivement nommé croiseur cuirassé. 

(photos collection Alain V)


Le Henri IV est parfois nommé cuirassé d'escadre, garde-côte cuirassé ou cuirassé garde-côte… c'est dire la difficulté pour situer ce navire, le plus grand et aussi le dernier garde-côte cuirassé construit en France.
Le Henri IV a été construit sur les plans de l’ingénieur du génie maritime Emile Bertin, directeur des constructions navales depuis 1896, et selon ses conceptions. Ce navire original, dans sa silhouette, se distinguait par une très grande stabilité latérale, par contre sa plage arrière est pratiquement sous les eaux.

Le Henri IV est mis sur cale à Cherbourg le 15 juillet 1897. Il est lancé le 23 août 1899. Terminé en 1902, il est en essais le 19 février 1903 et entre en service le 21 septembre 1903.
Il est affecté à l'Escadre du Nord à son entrée en service. En janvier 1907, il est placé en réserve à Cherbourg. Reclassé cuirassé d'escadre en 1909, il est affecté à la Division navale de Tunisie, et rallie Bizerte.
Le 13 décembre 1909, il éperonne le contre-torpilleur Dard et lui tranche l'avant jusqu'à la passerelle.
Du 11 janvier 1913 au 1er mars 1915, il est en refonte à Bizerte. Le 22 mars 1915, il est envoyé aux Dardanelles, après être passé par Port Saïd, il participe aux opérations de soutien du débarquement à Gallipoli. Le 14 mai 1915, il est affecté à la 2e division de la 4e escadre, en compagnie du cuirassé Saint Louis. Le 18 avril 1916, cette division prend le nom de Division d'Orient.
Le 7 août 1917, il devient bâtiment-base des transports à Tarente, une partie de son armement est débarquée pour être utilisée à terre.
Le 10 août 1918, il rentre à Bizerte ou il est placé en réserve. Il est affecté à la division des écoles le 20 septembre 1919.
En 1920 il est école de TSF à Toulon. Il est rayé le 15 janvier 1921, et vendu le 22 juin 1921 à la démolition.
Caractéristiques: déplacement 9 000 tonnes dimensions: L. 108 m; l. 22,2 m; tirant d'eau 7,5 m
machines à triple expansions; puissance 11500 cv;12 chaudières Niclausse;3 hélices; vitesse 17,5 nœuds
protection: ceinture cuirassée de 280 mm, pont blindé de 80 mm.
Armement: 2 canons de 274mm, (en tourelles aux extrémités), 7 canons de 138 mm, (6 en casemates+ 1 tourelle en retraite), 12 x 47 mm, 2 tubes lance-torpilles sous-marins
Equipage 460 h.
Alain

samedi 12 mars 2011

Le 12 mars 1907, le cuirassé Iéna explosait à Toulon

Le cuirassé Iéna

12 mars 1907, l'explosion à bord de l'Iéna

Après l'explosion, les personnalités viennent constater l'étendue des dégâts à bord de l'Iéna

1909 l'épave de l'Iéna utilisée comme but de tir par la marine (Photos collection Alain V)

Iéna était un cuirassé d'escadre pré-Dreadnought de 12 750 tonnes, mis en chantier le 3 avril 1897 à Brest, lancé en septembre1898, il entre en service le 14 avril 1902, c'est une modification du type Charlemagne.

Ses dimensions:
L. 122,15 m; l. 20,80 m; tirant d'eau 7,95 m
ses machines de 16 500 cv, ses 20 chaudières Belleville timbrées à 18 kg, et ses 3 hélices lui permettent une vitesse de 18 noeuds
protection:une ceinture cuirassée de 320mm au plus fort à 230mm
un pont blindé de 80mm; protection des tourelles 318 mm.
Armement:
4 canons de 305 mm en 2 tourelles doubles
8 canons de 164,7mm en réduit
8 canons de 100mm avec masques
16 x 47 mm
4 x 37 mm
4 tubes lance torpilles

Il n'a pas de sister-ship. Dès son entrée en service, il est affecté à l'escadre de Méditerranée. En 1906, il est envoyé à Naples pour porter secours aux victimes de l'éruption du Vésuve.
Le 12 mars 1907, l'Iéna se trouve à Toulon en carénage, dans un bassin de la darse de Missiessy pour une visite de routine de la coque; les travaux sont presque terminés, les hommes d'équipage regagnent leur poste, les ouvriers ne sont pas encore revenus à bord après la pause de midi, lorsque une explosion se produit vers 13h 30. Une grande flamme jaillit de la cheminée et du monte charge de la soute tribord des 100mm, et gagne la soute à munitions des 305 mm arrières. L'incendie gagne ensuite les autres soutes, et les torpilles; les explosions se succèdent.
Les toitures des ateliers sont soufflées. Des éclats sont projetés à des centaines de mètres, blessant des passants. Les dégâts sont considérables. Des débris humains sont dispersés dans un rayon de 200 mètres.
Sur un équipage de 630 hommes, 118 sont morts, et 33 sont blessés.
Le ministre de la Marine, Gaston Thomson est à Toulon dés le lendemain, les messages de sympathie affluent du monde entier. Le roi d'Angleterre, et l'Infant d'Espagne se rendent sur les lieux.
Les obsèques nationales eurent lieu le 23 mars 1907 sur la place d'armes à Toulon, en présence du président de la République, Armand Fallières.

Un enquête parlementaire sur l'origine de la catastrophe fut immédiatement ouverte. La commission scientifique mis en cause la poudre B qui était utilisée par la marine parce qu'elle ne produisait pas de fumée gênant la cadence et la conduite du tir; mais qui en vieillissant devenait instable et s'auto-enflammait; en 1911 dans l'explosion du cuirassé Liberté, c'est encore cette poudre qui sera mise en cause. D'autre part le navire étant en cale sèche, le noyage des soutes n'a pu être effectué; suite à cette catastrophe, il a été prescrit de débarquer les munitions d'un bâtiment entrant au bassin.
Le bassin ou se trouvait l'Iéna a été noyé par un tir effectué par le cuirassé Patrie pour détruire le bateau-porte.
Les explosions, et l'incendie ont rendu le navire irrécupérable, il est condamné le 3 juillet 1907.
En 1909, l'épave du Iéna servit de cible de tir pour la marine à Porquerolles, en baie d'Alycastre, elle fut utilisée pour la mise au point d'obus perforants, devant exploser après avoir traversé le blindage de la cible. Ce qui restait de l'Iéna fut par la suite vendu en 1912 à la démolition.

Alain