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mardi 21 février 2012

Le vapeur Keraudren devant l'hôpital de Saint-Mandrier

Le vapeur Keraudren devant l'hôpital de Saint-Mandrier. (Collection agence Adhémar)
Nous avions déjà publié un cliché semblable d'un vapeur devant l'hôpital de Saint-Mandrier (voir notre blog) sans identifier le bateau. Sur cette carte nous savons qu'il s'agit de la canonnière  Keraudren, la plus célèbre des navettes assurant le service de la rade de Toulon pour se rendre à l'hôpital de Saint-Mandrier.
«Pendant longtemps, des embarcations armées par une douzaine de condamnés et pilotées par un patron souvent ivre, assurèrent la traversée de la rade, soit mille six cents mètres, au plus court. La traversée durait environ une heure, sans aucun confort et à la merci de tous les aléas imaginables. Ne raconte-t-on pas ces histoires de naufrages et ces expéditions durant lesquelles un équipage révolté débarquait en presqu’île de Giens après avoir jeté à la mer les autres passagers ? À partir de 1862, la situation avait été améliorée par la mise en service de petits bateaux à vapeur dont le plus célèbre fut le Kéraudren, baptisé du nom du premier inspecteur général du service de santé de la Marine du XIXe siècle. Cette navette fonctionnait dans la journée mais, la nuit, le problème demeurait : c’est ainsi qu’en 1934, quelques mois avant la fermeture de l’hôpital, le médecin de 2e classe Jean Brisou, qui suivait alors les cours de l’école d’application, eut une des peurs de sa vie en traversant la rade, par ce moyen rudimentaire et nuitamment, pour évacuer un malade de psychiatrie sur l’hôpital Sainte-Anne ; le problème ne venait plus des rameurs, les bagnards ayant disparu, mais bien du patient aux réactions imprévisibles.
Tout au long de la seconde moitié du XIXe siècle et au début du XXe, l’hôpital de Saint-Mandrier continua à rendre d’éminents services. Il accueillit les blessés de la guerre de 1870 et ceux des catastrophes maritimes comme l’explosion de la Revanche en 1877, du Iéna en 1905, du Liberté en 1911 (
Keraudren transportera le président Fallières sur les lieux du drame).  Dès les débuts de la Première Guerre mondiale, les victimes affluèrent, nécessitant l’ouverture de nombreux établissements annexes. C’est ainsi qu’arrivèrent, en 1916, quelques soldats serbes évacués de Salonique, tandis que le gros des malades et blessés de ce pays partait vers la Tunisie et Sidi-Abdallah, dont l’hôpital maritime avait été établi en 1905, non loin de l’arsenal, au fond du lac de Bizerte.
Mais, dès 1910, un nouvel édifice, moderne et pavillonnaire, avait vu le jour sur les pentes du mont Faron, dans le quartier de Sainte-Anne. Il était destiné à remplacer, enfin !, l’établissement vétuste du centre ville. Agrandi en 1932, l’hôpital Sainte-Anne avait bientôt la capacité d’accueillir les patients de celui qui restait isolé sur sa presqu’île. Le 20 juin 1935, empruntant le Kéraudren et des autos-ambulances, les derniers malades quittèrent le vieil hôpital de Saint-Mandrier. Cet édifice, réaménagé pour les besoins de la cause, recevait alors le Groupe des écoles des mécaniciens de la Marine.»

Le Keraudren continuera à transporter les élèves mécaniciens comme il l'avait fait des malades à travers la baie jusqu'à sa mise à la réforme en 1939 et à son remplacement par deux bâtiments de 27 mètres, le Pipady et le Cavalas.

jeudi 18 mars 2010

Hôpital maritime de Saint-Mandrier, Circé, Calypso et Goliath

Un vapeur d'excursion passe devant l'entrée de l'hôpital maritime de Saint-Mandrier (collection Adhémar)

En 1909, Charles écrit de Toulon à sa sœur Louise Gilguy, en poste à la mission navale française de Varna en Bulgarie : «depuis hier soir, je suis en subsistance à bord d'un remorqueur, Goliath, mais je vais débarquer d'un jour à l'autre. Nous devions appareiller lundi ou mardi pour accompagner les sous-marins Calipso et Circé jusqu'à Bizerte mais le Calipso étant avarié, notre départ est retardé.» La date exacte de ce courrier est difficilement lisible mais cela pourrait être le 26 juin puisque le sous-marin Calypso a été mis en service le 5 août 1909. Il est apparemment né sous une mauvaise étoile puisque le 7 juillet 1914 à 16h35, au Sud du Cap Lardier, à la suite d'une panne brusque de gouvernail, le sous-marin Circé Q 047 aborde et coule le Calypso Q 048.
Le sous-marin appartenait à la 2e escadrille de sous-marins de la 1re armée navale basée à Bizerte.
Goliath est un remorqueur de 1903, en service jusqu'à 1940.

vendredi 29 mai 2009

ND de Salut en Terre sainte

Rade de Jaffa : le port de Jaffa est un bassin entouré d'écueils qui émergent en partie et rendent l'approche dangereuse. La jetée du premier plan est provisoire et a servi au débarquement du matériel de chemin de fer.

ND de salut en rade de Jaffa (fin du XIXe siècle ?)

Les religieux augustins de l'Assomption créèrent l'œuvre des grands pèlerinages français au lendemain de la guerre de 1870. le premier pèlerinage en Terre sainte eu lieu en 1882. Les pèlerinages avaient lieu sous la protection de Notre-Dame de Salut et sous les auspices du journal Le Pèlerin créé pour l'occasion. Rien d'étonnant donc à apprendre que le beau navire qui conduit les pèlerins français au «pays du peuple de Dieu» à partir de 1893 s'appelait ND de Salut. «Il possède, à l'arrière, une chapelle fixe où réside le Saint Sacrement. Il a aussi de nombreuses cabines et tout y est aménagé en vue de faciliter les exercices communs au Pèlerinage(source : Album de Terre Sainte, 492 photographies, publié par la maison de la Bonne Presse, sans date)

Les bateaux transportant les pèlerins s’améliorèrent, avec la Bourgogne en 1885, le Poitou en 1887 et le Notre-Dame de Salut en 1894. « On résolut de se mettre dans ses meubles et d’avoir une hôtellerie flottante, comme il y en avait une sur le roc là-bas », racontera le P. Bailly à propos de ce bateau de 107 mètres acheté un bon prix à Glasgow et bien sûr baptisé du nom de l’œuvre fondatrice. Il portera les pèlerins, y compris ceux de l’Amérique du sud, pendant une dizaine d’années, mais aussi des missionnaires au Sénégal et en diverses destinations, des troupes françaises à Madagascar, d’où il rapatriera des soldats blessés en 1895. Il ramènera aussi des soldats espagnols défaits par les Américains à Cuba en 1898 et, navire-hôpital, des blessés français de la guerre des Boxers en Chine, en 1900. Les parcours des pèlerinages évoluent ; on est encore loin des croisières, mais on prend peu à peu l’habitude d’escales. On s’arrête en 1886 à Hippone, sur les traces de saint Augustin, puis en 1887 à Carthage, en 1888 à Rome, pour le jubilé sacerdotal de Léon XIII. Escale en Egypte de 1890 à 1892, puis l’habitude est prise : on passe, selon les années, à Smyrne, Ephèse, Constantinople, Athènes, Patras, Beyrouth, Damas, Baalbeck, Malte, Naples et Rome, bien sûr.
En 1891, la vie des pèlerins est changée : un chemin de fer relie désormais Jaffa à Jérusalem. Un autre les emmènera en 1907 jusqu’au lac de Tibériade. De nouveau, deux bateaux et 800 pèlerins en 1893 : c’est qu’un congrès eucharistique se déroule en même temps à Jérusalem. Le cardinal Langénieux, archevêque de Reims, y participe comme légat du Pape. On l’a vu, il était déjà venu en 1853 avec le premier petit groupe de pèlerins français venu à Jérusalem depuis bien longtemps. En 1897, on frise la catastrophe. Le Notre-Dame de Salut, obligé à une manoeuvre rapide pour éviter un autre navire sorti de sa route dans le détroit de Messine, s’échoue sur un banc de sable sicilien. Il faudra quatre jours pour le dégager, pendant lequel les pèlerins feront du tourisme dans l’île. La mafia locale rackette les entreprises chargées de dégager le navire. (source : Adveniat)

vendredi 13 mars 2009

Sur votre agenda : à Rochefort le 24e congrès de marcophilie navale se tiendra les 25 et 26 avril

Sur votre agenda
25 et 26 avril 2009 à Rochefort (17)

La section Atlantique sud-ouest de la Marcophilie Navale organise son 24e congrès national et les 20e Philatéliques de Mer au palais des congrès de Rochefort (17).

Le thème en est : Le Plongeur, premier sous-marin français construit en 1863 à l'arsenal de Rochefort.


Comme chaque année : exposition philatélique - bureau temporaire de la Poste - souvenirs philatéliques - présence de la maison d'édition La Découvrance et de ses auteurs - l'association ASTUM (uniformes anciens de la marine)- le musée national de la Marine
Renseignements au 05 46 44 73 46 Courriel : marco.aso@orange.fr.
Notre ami Pierre Berrue — que vous pouvez retrouver sur le blog www.navires-hopitaux.blogspot.com – exposera à cette occasion sa collection de navires-hôpitaux et de marcophilie afférente.