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mardi 27 novembre 2012

La flotte de Wrangel, la fin du torpilleur Jivoyi

Torpilleur russe Burnyi identique au Jivoyi disparu en novembre 1920

J' ai eu l'occasion à plusieurs reprises d'évoquer ici la flotte du Général Wrangel évacuant de Crimée à Bizerte via Constantinople les russes blancs fuyant les bolcheviques en novembre et décembre 1920; en particulier; en vous parlant du navire atelier Vulcain, et du remorqueur Iroise.
La traversée de la flotte de Wrangel ne s'est pas fait sans perte par suite des conditions météorologiques épouvantables rencontrées par une flotte hétérogène de 126 navires dont une trentaine de navires de guerre navigant dans des conditions matérielles et humaines très difficiles, les navires en meilleur état remorquant les autres; les 130 000 réfugiés étant entassés sur les navires; une escadre française escortait cette flotte dans des conditions également très difficiles, un aviso français se perdit d'ailleurs sur les cotes de Lesbos. Aujourd'hui j'évoque la perte du torpilleur russe Jivoyi transportant 350 personnes à bord, équipage et réfugiés compris.

Le Jivoyi était un torpilleur du type Boikyi de 350 tonnes, lancé en 1904, semblable aux Jarky, Zorky et Zvonky qui seront internés à Bizerte; il avait quitté le port de Kertch sur la Mer Noire en remorque d'un autre bâtiment parce qu'il manquait de combustible; l'aussière de la remorque ayant cassée au cours de son remorquage par suite de l'état de la mer, il est parti à la dérive et n'a pas été retrouvé en dépit de recherches des avisos français Toul et Duchaffault, du charbonnier russe Dolland, et des torpilleurs russes Bespokoiny et Pilky; le 28 novembre l'aviso français Suippe reprend les recherches sur la cote ouest de la mer Noire également sans résultat; le Jivoyi ne sera jamais retrouvé, il a été déclaré coulé le 16 novembre 1920, jour de sa disparition.

Alain

mercredi 15 août 2012

Iroise, un remorqueur célèbre aux vies multiples

 Le remorqueur Iroise à Brest 
Le remorqueur Iroise s'appelait à l'origine Tchernomore.
Le Tchernomore est construit en 1911 à Odessa pour la Flotte de la mer Noire de la Marine Impériale russe. Il est mis en service le 7 juin 1912. Il participe en juin 1915 au sauvetage du croiseur protégé turc Medjidieh,(voir ce nom sur le blog) coulé par une mine lors d'un raid sur Odessa le 3 avril 1915. Le Tchernomore est saisi par les Soviétiques le 16 décembre 1917. Le 1er mai 1918, il est saisi par les Allemands, en novembre, c'est au tour des Russes blancs de s'en saisir, puis il est capturé en décembre par les Alliés. Il est utilisé en 1919 dans les opérations de renflouement du cuirassé français Mirabeau, échoué le 7 février 1919. Le 6 avril 1919, il le  remorque au bassin avec le remorqueur Coq de la Marine nationale. Le remorqueur repasse aux mains des Russes blancs le même mois. Il fait partie de la flotte du Général Wrangel; il évacue Sébastopol le 14 novembre 1920, avec des réfugiés à bord. Il s'échoue au cours du trajet à la pointe Attanasio, le 17 décembre, en convoi avec l'aviso français Tahure en serre-file. Il est interné à son arrivée à Bizerte le 26 décembre 1920. Acheté en 1924 par l'Union française maritime, il est remorqué en avril à Belle-Ile par le mouilleur de mines Pollux, lui aussi un ex de la flotte Wrangel. Remis en état à Saint-Nazaire, il entre en service le 1er octobre 1924 sous le nom d'Iroise; il est commandé successivement par les capitaines Leroy puis Dousset et enfin Malbert le 6 décembre 1924. Il déplaçait 1100 tonnes, longueur de 57 m pour 9,35 m de large. Sa machine alternative à triple expansion de 1550cv lui donnait une vitesse de 12,6 nœuds. Désarmé en 1933, après 81 sorties et 38 navires sauvés, il s'est rendu célèbre par ses sauvetages; (son histoire adaptée au cinéma inspirera le film Remorques); il est racheté en 1935 par la Société algérienne de sauvetage qui l'arme pendant un an à Brest, avant de l'envoyer à Alger en Juin 1936, où il retrouve le Coq, devenu le Saint Charles, remorqueur et yacht personnel de Charles Schiaffino. Pas pour longtemps puisque l'Iroise est revendu la même année aux Grecs et devient l'Irini Vernicos. En 1939, il passe sous pavillon panaméen et prend le nom d'Atrato, de la Cia Panamena de Remolcadores. Il sert au transport d'émigrants juifs vers la Palestine jusqu'à sa saisie par les Britanniques. Il est coulé en avril 1941 en Crète, laissé à l'abandon, il ne sera démoli qu'en 1951. C'était un navire polyvalent, très bien équipé pour l'assistance, doté de surcroit de deux daviers à l'avant qui lui donne un aspect caractéristique; daviers qui étaient destinés à servir pour les deux câbles télégraphiques existants en Mer noire.

Alain

vendredi 3 février 2012

Le navire atelier français Vulcain ex-Kronstadt russe.

Le navire-atelier Vulcain vers 1925, sa silhouette caractéristique est bien celle d'un paquebot de la fin du XIXe, début du XXe.
Tout récemment, un de nos lecteurs Monsieur Bruno G, dans un commentaire à propos des navires russes de Bizerte nous donnait l'information suivante, sur le navire atelier Vulcain " L’Iconostase de sa chapelle a été démontée en 1921 et installée dans l'école d'officiers de marine russe à Bizerte jusqu'en 1925, puis est arrivée à Ugine en Savoie ou elle est toujours dans l'Eglise Saint -Nicolas"; je le remercie de ces renseignements, que j'ignorais.
Je n'ai pas de photo de la chapelle à bord du Kronstadt, au temps de la marine impériale, voici les informations dont je dispose sur ce navire, que notre lecteur me donne l'occasion de vous faire connaître.
Il a eu trois vies, sous trois nationalités:
-Phoenicia, allemand de 1894 à 1904
-Kronstadt, russe de 1904 à 1923
-Vulcain, français de 1923 à 1938
Il s'agit à l'origine d'un paquebot de la Hamburg America Line, lancé le 15 septembre 1894, au chantier Blom et Voss de Hambourg sous le nom de Phoenicia, il entre en service en 1895, sur la ligne Hambourg-Le Havre-New York, il navigue ainsi jusqu'en 1904, cette année la, il est vendu à la Russie qui le transforme en navire atelier. De 1904 à 1920, sous le nom de Kronstadt, il est le navire-atelier de la flotte russe de la mer Noire, le 14 novembre 1920, il quitte Sébastopol pour Bizerte, via Constantinople, avec la flotte des Russes blancs du général Wrangel, il transportait pour la traversée 860 hommes d'équipage et 217 civils. Il est ensuite interné à Bizerte. Dés le mois de décembre 1920, il intéressait les autorités françaises qui l'estimait bien équipé en rechanges et en matériel de réparations. En juillet 1921, il est envoyé à Toulon ou il est inventorié. Il contenait en effet les archives et les valeurs emmenées de Crimée; certains parlaient même du "trésor" du gouvernement Wrangel. Il est officiellement acheté en 1923, pour 3 millions de francs, armé par la Marine nationale sous le nom de Vulcain, il prend armement définitif le 1er mai 1924, il est utilisé comme navire-atelier jusqu'en 1933. A partir de 1933, il est affecté à l'école des apprentis mécaniciens et chauffeurs à Toulon, ou on peut apercevoir sa silhouette particulière à l'angle Robert, à l'entrée de la vieille darse. Il est désarmé en 1937 et vendu pour la démolition en 1938.
Caractéristiques du Vulcain ex-Kronstadt ex-Phoenicia
déplacement: 10 590 tonnes
longueur: 145 m; largeur: 15,84m: tirant d'eau: 7 m
puissance 6 000 cv; vitesse 13, 2 nœuds; 1 000 tonnes de charbon
armement sous pavillon français: 6x 75mm (dont 2x 75 mm AA) et 2 x37 mmAA.
équipage: 13 off, 393 h

Alain