Blog consacré à la mer et aux navires, du plus beau paquebot à la plus modeste barque et plus généralement à tout ce qui flotte sur océans, fleuves ou lacs… Histoire de la marine et des compagnies de navigation, histoire des hommes, marins et explorateurs, histoire des représentations de la mer, philatélie et marcophilie maritimes…
mercredi 17 décembre 2014
mardi 1 octobre 2013
Le cargo Anadyr, troisième du nom, des Messageries maritimes
![]() |
| Anadyr, ex-Pierre de Saurel (coll. agence Adhémar) Longueur 130,47m largeur 18m - Jauge brute 4512tx port en lourd 7337t déplacement 10900t - mMoteur Sulzer deux temps d'une puissance de 6500cv permettant 16 noeuds. |
Ce cargo est lancé le 6 septembre 1947 aux chantiers de Sorel (Canada) pour la compagnie Cyprien Fabre sous le nom de Pierre de Saurel. Racheté par les Messageries Maritimes en août 1953, il prend le nom d'Anadyr, troisième du nom. Il prend le nom de Malagasy quand il est vendu en mars 1965 à la Société malgache de transports maritimes. Il passe ensuite à un armement libérien en 1968. Désarmé en 1971, il est démoli en 1978.
vendredi 22 février 2013
22 décembre 1952 : échouement du Champollion au sud de Beyrouth
![]() |
| Le paquebot Champollion des Messageries maritimes. |
![]() |
| Le paquebot Champollion après la modification de 1951. Il a perdu deux cheminées. |
Il s'échoue et est brisé en deux le 22 décembre 1952, à 5h45, sur les récifs de la plage de Khaldeh, au sud de Beyrouth. L'accident est dû à une erreur de navigation, l'officier de quart ayant confondu le phare de l'aéroport nouvellement installé avec celui de Beyrouth. Le bilan fut de dix-sept morts, noyés, tués contre les brisants ou asphyxiés dans le mazout. Trois Libanais, les frères Baltagi : Radwan, Mahmoud et Salah, réussirent à faire la navette avec leur petit bateau et à sauver le reste des passagers.
![]() |
| 22 décembre 1952 : échouement du Champollion au sud de Beyrouth. coll agence Adhémar |
mercredi 21 novembre 2012
Voyager avec Champollion
![]() |
| Champollion, des Messageries maritimes. |
Champollion a aussi été à l'affiche grâce à Sandy-Hook et Marin Marie.
![]() |
| Champollion d'avant 1951 (trois cheminées) vu par Sandy-Hook. |
vendredi 18 mai 2012
Le paquebot Cambodge des Messageries maritimes par Albert Brenet
![]() |
| Le paquebot Cambodge des Messageries maritimes. Carte postale d'après l'œuvre du peintre de la Marine Albert Brenet (coll agence adhémar) |
En juin 1962, Cambodge participe au rapatriement des pieds-noirs depuis Alger et Bône. Le 13 juillet, il est abordé par le pétrolier hollandais Krebsia en entrant à Singapour et réparé sur place.
![]() |
Il y eut un temps des plaisirs simples: course de chevaux à bord du paquebot Cambodge. (coll French Lines) |
jeudi 23 février 2012
Le paquebot Cambodge des Messageries maritimes
![]() |
| Le paquebot Cambodge des Messageries maritimes. (Coll agence Adhémar) |
jeudi 9 février 2012
Embarquement sur L'Atlantique à Bordeaux
![]() |
| Embarquement à bord de l'Atlantique. (Coll agence Adhémar) |
Merci à tous nos amis et lecteurs (en particulier Alain et Franck) qui nous ont signalé cette grossière erreur.
mercredi 4 mai 2011
Cargo mixte Oregon de la CGT et des Messageries maritimes, navire-hôpital vers l'Orient
Oregon est le premier d’une série de quatre cargos mixtes construits en Allemagne au titre des réparations de guerre. Nous avons parlé récemment de son sister-ship Wisconsin, les autres étant Washington (devenu Sagittaire pour les Messageries maritimes en 1938) et Wyoming, mis en service en 1930.
jeudi 7 avril 2011
Une autre vision de l'André Lebon des Messageries maritimes
![]() |
| Les jetées de Yokohama - The piers of Yokohama (collection agence Adhémar) |
Mais le paquebot s'était aussi illustré dans la campagne d'Orient de 1914-1917 comme navire-hôpital français de première classe. Voir le blog Navires-hôpitaux. En fait, toute la vie de ce paquebot des Messageries maritimes semble sous le signe du contretemps.
Lancé le 27 octobre 1913 aux chantiers de La Ciotat, l'André Lebon (du nom d'un ancien ministre, président de la compagnie) fit un seul voyage pour les Messageries maritimes en 1915 vers le Japon. La même année, il fait un aller-retour entre Toulon et Salonique et en décembre, devenu transport de troupe, il effectue quelques rotations avec l'Afrique du Nord. Il est réquisitionné en août 1916 et transformé en navire-hôpital de 816 lits (portés à 1200 début 1917). L'équipe médicale est dirigée par le médecin principal Hervé. L'équipage volontaire reste sous le contrôle des Messageries maritimes. André Lebon est affecté à l'armée d'Orient le 19 septembre 1916 et c'est le commandant Vallat qui mène son premier voyage vers Salonique. Il reçoit un nouveau bloc opératoire en novembre de la même année. Il effectuera dix voyages jusqu'au 22 août 1917. Il est rendu à la compagnie en décembre 1917.
![]() | |
André Lebon - 19260t, 11000cv, 161,3m de long, 15 nœuds en service. 200 passagers en 1re, 184 en seconde, 109 en 3e, 564 en entrepont. Il reprendra enfin un service vers l'Extrême-Orient en 1919 (Marseilles, Port Said, Suez, Djibouti, Colombo, Singapore, Saigon, Hong Kong, Shanghai, Kobe, Yokohama). En 1922, il rapatrie des réfugiés polonais depuis la Chine. En septembre 1923, c'est le tremblement de terre de la baie de Tokyo dont nous avons parlé hier sur ce blog. Jusqu'à 1939, il continue des rotations tranquilles avec l'Extrême Orient, la dernière année en alternance avec le service du Levant. Il est alors de nouveau réquisitionné comme transport de troupe et emporte en décembre 900 soldats de Shangai à Saigon. En 1940-1941, il rapatrie nos troupes de Syrie. Il est saisi par les Allemands en 1943 et utilisé comme caserne. Bombardé par les Alliés, il coule au droit du quai Milhaud à Toulon. En mai 1945, il est renfloué, réparé et transformé aux chantiers de La Seyne-sur-mer pour recevoir 287 passagers en 1re, 171 en seconde et 107 en 3e et est placé sur la ligne d'Extrême Orient en octobre 1946. Il dessert le Japon jusqu'à 1952 quand il est vendu pour démolition. ![]() Voir aussi Les navires hôpitaux français au xxe siècle de Gilles Barnichon |
mercredi 6 avril 2011
Tsunami et séisme à Tokyo en septembre 1923: l'André-Lebon des Messageries maritimes y était!
Curiosité parallèle, jusqu'au 11 septembre, le paquebot fut le haut-lieu de la France au Japon, accueillant, entre autres l'ambassadeur-écrivain Paul Claudel.

Dans l'hebdomadaire L'illustration du 27 octobre 1923 était relatés le tremblement de terre et le tsunami qui avaient dévastés la baie de Tokyo. Évènement dans lequel l'André-Lebon des Messageries maritimes joua un rôle important dans les secours.
mercredi 30 mars 2011
Batavia, le bateau boche inconnu des Messageries maritimes

Batavia, ex-navire boche!
Le premier SOS de l'histoire fut lancé le 10 Juin 1909 par le paquebot SS Slavonia de la Cunard Line, qui faisait route de New York vers Trieste et fit naufrage au large de l'île de Flores, dans l'archipel des Açores. Ses signaux de détresse furent entendus par deux autres paquebots: le Batavia, de la Hamburg America Line (Hapag), qui sauva 300 passagers, et le Prinzess Irene, de Norddeutscher Lloyd, qui sauva 110 passagers. Il n'y eut pas de pertes humaines.
vendredi 28 janvier 2011
Marseille port marchand par Hugo d'Alesi

"Les immenses paquebots des Messageries maritimes partent de Marseille pour tout l'Orient et l'extrême Orient, vapeurs hauts comme des maisons, aux doubles cheminées rouges, et qui transportent la poste à raison de 1000 kilomètres par jour. Mais d'innombrables voiliers viennent aussi à Marseille et y dressent leurs grands mats croisés de longues vergues. Fondée par des Grecs dans l'Antiquité, Marseille avait beaucoup grandi sous les Romains et au Moyen Âge; la découverte de l'Amérique lui porta préjudice en favorisant les ports de l'Atlantique; mais le percement de l'isthme de Suez lui a rendu l'immense commerce de l'Asie et de l'Océanie."
lundi 24 janvier 2011
La Guienne de la compagnie des Messageries impériales sur la ligne de Bordeaux à Rio de Janeiro de 1860 à 1869
Caractéristiques: 101,7 mètres par 11,63 mètres, jauge brute: 2132tx, déplacement: 3036tonnes, 83 passagers de première, 60 en seconde, 31 en troisième. Propulsion: une machine verticale oscillante à fourreau - propulsion par roues à aubes, puissance: 500cv, vitesse: 10 noeuds en service.
La régularité des services postaux doit beaucoup à la révolution de la vapeur, au XIXe siècle. Un des premiers navires mi-vapeur, mi-voilier, Le Paris, appartenait aux frères Pereire, fondateurs de la Compagnie générale maritime en 1855. Une convention signée avec l'Etat en 1860 permit à la Compagnie de desservir pendant 20 ans les lignes transatlantiques du Havre à New York et de Saint-Nazaire aux Antilles. En échange, la compagnie s'engagea à construire tous les trois ans, les 14 paquebots nécessaires à l'exploitation des lignes postales. En 1861, elle changea de noms et devint la Compagnie générale transatlantique. Soucieux de maintenir son influence en Afrique du Nord et en Orient, le gouvernement de Louis-Napoléon fit appel en 1851 à une compagnie privée, Les Messageries nationales dénommées à partir de 1853 Messageries impériales. En 1857, un paquebot-poste est lancé pour naviguer entre la France et l'Amérique du Sud, La Guienne. En 1861, la flotte des Messageries comportait seize navires. Les liaisons des Messageries continuèrent jusqu'en 1972.
![]() |
| A l'occasion de la journée du timbre de 1965, un timbre représentant le paquebot-poste La Guienne a été émis, Dessiné et gravé par Robert Cami d´après Charles Leduc. |
lundi 20 décembre 2010
La voilà la Grande Hermine…
![]() |
| La Grande Hermine, nef amirale de Jacques Cartier, faisant route vers le Canada pour la deuxième fois. Composition de Mathurin Méheut*, peintre de la Marine. |
*Peintre officiel de la marine en 1921, académicien de la Marine en 1956, Mathurin Méheut (1882-1958) est surtout connu pour ses peintures bretonnes dont la série des vieux métiers. Illustrateur de nombreux livres, notamment ceux de Maurice Genevoix, Colette, Pierre Loti ou Roger Vercel, il enseigne aussi à l’école des Beaux-Arts. Artiste pluridisciplinaire, il sera chargé de la décoration du paquebot Normandie. il décorera finalement une douzaine de paquebots (Aramis, Champollion, Paul Doumer... pour la compagnie des Messageries maritimes, Ile-de-France, Flandre, Ville de Marseille, Liberté (ex-Europa)... pour la Compagnie générale transatlantique) et sera présent à titre postume sur France de 1962 car la CGT achète à sa veuve un panneau décoratif destiné à la suite de luxe Bretagne. En 1957, il illustre un dernier livre, avec Brenet et Marin-Marie, c'est Pêcheurs des quatre mers de Roger Vercel.
mardi 2 novembre 2010
Publicités dans la presse pour les croisières de 1934 de la CGT et des Messageries maritimes
lundi 20 septembre 2010
Athos et Porthos des Messageries maritimes

Athos et Porthos des Messageries maritimesLancé le 25 janvier 1914 à Bordeaux, Porthos assure un service postal sans problème pendant la guerre. Il sert ensuite sur la ligne d'Extrême-Orient jusqu'en 1939. Il assure quelques rotations avec Madagascar jusqu’en 1940. Le 23 septembre 1940, touché par un obus de 155 mm pendant le bombardement de Dakar, il est finalement coulé au canon le 8 novembre 1942 à Casablanca, par une salve de 406 mm du Massachussets, faisant 26 victimes. Les Messageries maritimes compléteront leurs quatre mousquetaires par D’Artagnan (lancé le 23 avril 1924 aux chantiers de Gironde à Bordeaux) et Aramis (lancé à La Seyne le 30 juin 1931). Ces deux navires, saisis par les Japonais à Saïgon deviendront Teia Maru et Teiko Maru et furent coulés tous les deux par des sous-marins américains.
Athos et Porthos: paquebots mixtes - Longueur: 161,7 mètres largeur, 18,83 mètres jauge brute, 12698 tx port en lourd, 9400 tonnes déplacement, 18570 tonnes - Passagers: 112 de première, 96 de seconde, 90 de troisième, 390 à 1000 rationnaires - Motorisation: Deux alternatives à triple expansion chauffées par neuf chaudières à charbon développant 9000 CV et permettant 17,5 nœuds - 2 hélices, double cheminée.
*la convention du 11 juillet 1911 pour l’exploitation des services maritimes postaux et d’intérêt général sur l’Extrême-Orient, l’Australie et la Nouvelle-Calédonie, la Côte orientale d’Afrique et la Méditerranée orientale.
mercredi 15 septembre 2010
Le navire de charge Anadyr des Messageries maritimes
Le navire de charge Anadyr des Messageries maritimes (coll agence Adhémar)vendredi 27 août 2010
Vercors et Vire, deux "Liberty" français de l'après-guerre
Le Liberty français Vercors des Messageries maritimes et, ci-dessous, le nouveau Liberty français Vire de la Compagnie générale transatlantique après la Seconde Guerre mondiale.
Les Liberty ships français Durant la Seconde Guerre mondiale, de l'entrée en guerre des Etats-Unis (1941) à la fin du conflit, les chantiers américains construisent 2710 cargos type EC2 surnommés Liberty ship.
Quand vient la paix, les moyens de transport maritime français sont en grande partie détruits ou indisponibles. Les Américains, encombrés de tous ces navires devenus inutiles et qui dorment dans les ports de la côte Est, décident d'en vendre un certain nombre aux pays européens au titre de la loi Prêt-bail signée le 11 mars 1941. Les accords Blum-Byrnes de 1946 octroient à l'Etat Français 75 cargos* type Liberty. A fin 1947, ils étaient répartis ainsi : 31 à la Compagnie générale transatlantique (Argentan, Auray, Avranches, Bayeux, Beauvais, Bernières, Brest, Cherbourg, Courseulles, Coutances, Dieppe, Domfront, Falaise, Isigny, Lisieux, Mortain, Plouharnel, Pont-Audemer, Pont-l'Eveque, Port-en-Bessin, Rouen, Saint-Lô, Saint-Malo, Saint-Marcouf, Saint-Valéry, Sainte-Mére-l'Eglise, Sein, Troarn, Trun, Valognes, Vire), 11 aux Chargeurs Réunis (Abbeville, Baccarat, Belfort, Boulogne sur Mer, Calais, Cernay, Gérarmerd, Montbéliard, Robert-Espagne, Saint-Dié, Turckheim), 6 aux Messageries maritimes (Briançon, Grenoble, Les-Glières, Nantes, Saint-Nazaire, Vercors), 5 à Delmas-Vieljeux (La Pallice, La Rochelle, Le Verdon, Rochefort, Royan), 3 à la Sté générale des transports maritimes à vapeur (Cavalaire, Hyéres, Le Lavandou) et à la Cie Cyprien Fabre (Bastia, Marseille, Saint-Tropez), 2 à la Compagnie nantaise des chargeurs de l’Ouest (Granville, Lorient), à Louis-Dreyfus et Cie (Gien, Orléans), à la SNCF, gérés par la SNA (Colmar, Strasbourg) et à la Société navale caennaise (Caen, Ouistreham), un à la Société navale de l’Ouest (Les Andelys), à la Nouvelle compagnie havraise péninsulaire (Le Havre), à la Compagnie Fraissinet (Sète), à la Compagnie d’Orbigny (Lyon), à l’Union industrielle et maritime (Oradour), à la Société nationale d’affrètement (Epinal) et à la Société maritime nationale (Toulon). Tous ces cargos de la liberté portent le nom de villes françaises martyres lors de la Seconde Guerre mondiale. (source maquettes-marmar.net)
*En fait, il y eut 76 Liberty ships français car en remplacement du Grandcamp, perdu par accident à Texas-City le 16 avril 1947 (voir l'excellent Le drame du Grandcamp de Jean-Yves Brouard). Il fut remplacé au sein de la flotte française par le Wilbur O. Atwater livré en avril 1948 à la Compagnie des messageries maritimes qui prit le nom d'Oyonnax.
The Liberty ships were cargo ships built in the United States during World War II. They were cheap and quick to build, and came to symbolize U.S. wartime industrial output. Based on vessels ordered by Britain to replace ships torpedoed by German U-boats, they were purchased for the U.S. fleet and for lend-lease provision to Britain. Sixteen American shipyards built 2,751 Liberties between 1941 and 1945, easily the largest number of ships produced to a single design. The US Maritime Commission Contract strictly limited 75 Liberty Ships to France in accordance to the law of 1946 on the US ship sales.
jeudi 15 juillet 2010
Le navire de desserte des Terres australes et antarctiques française Marion-Dufresne
jeudi 8 juillet 2010
Les grands paquebots au tournant du XXe siècle 2/2 : L'intervention des Etats
Suite de l'article du 7 juillet 2010
"Quelle est la situation de la France vis-à-vis de ces entreprenantes rivales? Nous allons le voir…
Des six principales compagnies de navigation reliant l'Europe aux Etats-Unis, deux, la Cunard et la White Star sont anglaises; deux autres, la Hamburg-Amerika et la Norddeutscher Lloyd sont allemandes; la cinquième est l'American Line; la sixième notre Compagnie transatlantique. La ligne belge Red Star et la ligne hollandaise, Netherland, qui complètent la liste, n'ont que des bateaux de faible vitesse et n'attirent les passagers que par leur bon marché.
Voici, par ordre de vitesse, la liste des principaux paquebots appartenant aux six premières compagnies:
Par la vitesse moyenne de ses navires et par leurs dimensions, l'unique Compagnie française, qui, de 1886 à 1888, grâce à la construction simultanée de quatre paquebots de 9,000 chevaux, avait occupé le premier rang, est reléguée aujourd'hui au sixième et dernier, avec près de trois nœuds d'infériorité sur la Cunard Line.La Touraine, orgueil du Havre, perle de notre marine marchande, n'a droit qu'au quinzième rang parmi les paquebots concurrents. Par quelque bout que nous prenions les statistiques, les conclusions sont humiliantes pour le pavillon français. Il ne lui reste qu'une supériorité, fort appréciée à vrai dire par les passagers peu pressés, celle de la table .
Si chère que soit la vitesse, les compagnies anglaises et allemandes ne la considèrent donc pas comme un luxe trop onéreux, bien au contraire. Qui la paye? Qui doit la payer? Evidemment ceux qui la demandent et en profitent: les voyageurs et l'Etat.
La clientèle des transatlantiques, comme celle des trains rapides de luxe, est aussi avide de vitesse que de confort. Quelques heures gagnées sur une traversée l'enthousiasment. La mode et le sport s'en mêlent, et le snobisme cosmopolite n'admet plus qu'on passe l'Atlantique autrement qu'à bord de la Campania, de la Lucania ou du Kaiser Wilhelm. Cependant, il paraît difficile de faire payer aux amateurs, ce qu'il coûte, le quart de nœud qui bat le record de la vitesse. Bien au contraire la concurrence oblige les compagnies à réduire de plus en plus le prix des passages. L'augmentation du nombre des passagers (Lucania et Campania en peuvent recevoir 1,800 et La Touraine seulement 1,068 ne suffit certainement pas pour rétablir l'équilibre. Le fret étant insuffisant, c'est le second intéressé, l'Etat, qui fournit sa part contributive.
Pas plus en Angleterre qu'en Allemagne, pas plus aux Etats-Unis qu'en France, l'Etat n'abandonne à elle même l'initiative privée en matière de transports maritimes. Les gouvernements ont intérêt à encourager des entreprises qui assurent les services postaux en temps de paix et dont les navires, transformés en transports ou en croiseurs, peuvent fournir, en cas de guerre, un précieux concours à la flotte militaire.
Les six lignes transatlantiques sont donc largement subventionnées.
L'American Line reçoit, par voyage, 70,000 francs, c'est-à-dire pour cinquante-deux voyages 3,640,000 francs à titre de subvention purement postale. En Angleterre, la subvention est de deux sortes: pour le service postaI, la Cunard et la White Star sont rétribuées au prorata du poids de chaque courrier; d'autre part, chaque paquebot, construit suivant un programme déterminé de manière à permettre sa transformation en croiseur, devient, du jour de sa mise en service, un véritable rentier, pensionné de l'Etat. La Campania reçoit annuellement 187,500 francs, la Lucania 109,375, le Teutonic 181,575, le Majestic 184,900. L'Allemagne subventionne également la Hamburg-Amerika et la Norddeutscher, mais ces deux compagnies, dans leurs rapports annuels, ne publient aucun renseignement précis sur les sommes qui leur sont allouées.
Quant à la Compagnie transatlantique, elle reçoit annuellement, en vertu d'une convention approuvée par les Chambres en 1883, et qui a pris effet en 1886, une subvention fixe de 5 millions 480 mille francs, à laquelle s'ajoutent 1 million 200 mille francs à titre de primes à la vitesse. En 1883, on ne soupçonnait guère de quels progrès subits était susceptible la navigation à vapeur. Le minimum de 15 nœuds, imposé pour autant d'années à la Transatlantique, pouvait être considéré à cette époque comme une vitesse moyenne satisfaisante. C'est au-dessus de 15 nœuds que la Compagnie devait toucher, pour chaque dixième de nœud d'accélération, les douze cent mille francs de surprimes. Quand elle eut construit en même temps La Champagne, La Bretagne, La Bourgogne et La Gascogne, cette flotte homogène suffit pendant trois ans à assurer sa supériorité sur les lignes concurrentes, à attirer la clientèle et à lui faire encaisser la totalité des primes.
... Mais, tandis que la Compagnie transatlantique demeurait ensuite stationnaire, ou à peu près, son traité ne l'obligeant pas à de nouveaux efforts, les lignes anglaises, allemandes et américaines se transformèrent brusquement. Nous venons d'exposer la situation actuelle: avec son matériel démodé, sa moyenne inférieure à 17 nœuds, la Transatlantique continue à encaisser chaque année douze cent mille francs de primes à la vitesse ... "Primes à la vitesse" est, dans ces conditions, d'une ironie délicieuse!
Contre prolongation jusqu'en 1911 de cette subvention, un peu modifiée dans le détail des attributions, la Compagnie transatlantique propose de construire de nouveaux paquebots, filant 22 nœuds aux essais, c'est-à-dire 20 nœuds et demi en service. Pourquoi 20 nœuds et demi seulement? demandera-t-on. Parce que, nous l'avons vu, pour aller plus vite, il faudrait dépasser les dimensions de la Campania qui a 189 mètres de long et arriver à celles du Kaiser-Wilhem qui a 196 mètres, et que le port du Havre n'a ni le tirant d'eau, ni les formes de radoub, ni même les bassins à flot nécessaires pour recevoir de pareils navires.
Hélas! c'est là qu'en est la France après avoir consacré, depuis vingt ans, des sommes énormes à l'amélioration de ses ports. Comme toujours, on a réparti ces dépenses sur un grand nombre de points pour donner satisfaction à des intérêts locaux. Et l'on a sacrifié l'intérêt national qui exigeait -qui exige plus que jamais- un grand port adapté aux nécessités modernes."
Un nouveau paquebot italien - Sur les lignes de l'Amérique Centrale et de l'Amérique du Sud, les diverses compagnies de navigation ne se livrent pas il la même course au clocher que sur la ligne de New-York. Les escales sont nombreuses, et les services s'appliquent surtout à être réguliers. Les paquebots des Messageries maritimes et ceux de la Royal Mail n'ont jamais engagé de luttes de vitesse. Et les Messageries estiment n'avoir aucun intérêt à demander au Brésil ni à La Plata une marche supérieure à 15 nœuds 49 ou 15 nœuds 55, moyennes respectives de ces deux navires en 1896.Il est intéressant cependant de constater les efforts que fait, dans l'Atlantique sud, le pavillon italien pour se placer sur le rang des pavillons français et anglais. La compagnie de navigation La Veloce, qui acheta jadis l'America, alors que ce paquebot avait obtenu les traversées les plus rapides entre New York et l'Europe, a procédé cette année, dans le port de Gênes, au lancement de deux nouveaux navires destinés au service des Antilles et de La Plata, nommés le Centro-America et la Savoia.
Le dernier en date, la Savoia, a été lancé à Gênes le 26 septemhre dernier. Sa longueur totale est de 113,8 m et il jauge 6,760 tonneaux. Ses deux machines à triple expansion ont une force de 5,800 chevaux avec laquelle on espère obtenir une vitesse de 16 nœuds et demi. 80 passagers de première classe, 40 de deuxième et 800 de troisième peuvent trouver place à bord de la Savoia.





















