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mardi 14 décembre 2010

Les torpilleurs numérotés en France.

N°1 torpilleur expérimental en cale sèche à Cherbourg

N°86 (35 m,N° 75 à 125) surnommés dos de chameau

N°126 (126 Normand, n° 126 à 129) prototype, construit par Normand, des torpilleurs de défense mobile lancés postérieurement.

N°137 à Saint Malo (130 Normand, n° 130 à 144) surnommés Ventre-à-terre


N°154 à Morlaix (Normand modifié, n°152 à 171)

N°187 à Royan (Normand modifié, n°172 à 200), certains ont deux cheminées, parce que celle d'origine a été remplacée par deux chaudières.

N°209 (type 37 m, n°201 à 292)

N°319 en 1908 au Havre (type 38 m, N°295 à 369)

N°362 à Bizerte(type 38 m, N°295 à 369) (photos collection Alain V)

Les torpilleurs numérotés en France

Il n'est pas de cartes postales de port vers 1900, ou l'on n'observe ces petits navires de guerre surnommés le plus souvent "la défense mobile", il s'agit des torpilleurs numérotés, leur origine se trouve dans l'exploitation d'une nouvelle arme, qui a obtenu des résultats inattendus lors de la guerre de Sécession, la torpille, la marine est intéressée par cette arme du pauvre, puisque des petits bâtiments semblaient pouvoir tenir tête aux gros, il y eut au début deux modèles de torpilles; les torpilles portées au bout d'un espar devant être amenées au contact du vaisseau ennemi, qui furent bien vite abandonnées pour les torpilles automobiles, inventées en 1872 par M. Whitehead , qui se révélèrent nettement plus utilisables; en France, les essais se firent sur plusieurs bâtiments expérimentaux, les torpilleurs N°1 à 7, tous différents, commandés en 1875 à divers chantiers pour comparer les performances, et plus ou moins réussis; et on commanda les N°8 à 19 au chantier britannique Thornycroft, qui avait fourni l'un des plus réussis de ces prototypes; jusqu'en 1908 il fut construits 370 torpilleurs, dont 294 de 1885 à 1904 pendant la période faste de la "Jeune Ecole"farouche partisan des torpilleurs; les meilleurs furent à partir du N°126, les torpilleurs sortant des chantiers Augustin Normand au Havre, qui furent reproduits à de nombreux exemplaires, et servirent de modèles à de nombreux autres chantiers y compris à l'exportation;beaucoup de marines eurent alors leurs torpilleurs Normand.
On retrouve au début du XXéme siècle des torpilleurs issus des chantiers Normand, ou construits sur leurs plans dans les marines suivantes: Espagne; Danemark; Gréce; Turquie; Russie; Roumanie; Suède; Bulgarie; Japon; un des torpilleur Normand bulgare; le DERZKI existe toujours, conservé comme navire musée à Varna.

En 1914, il existait encore 37 torpilleurs de la série 201 à 291, et 74 de la série 295 à 369; le dernier exemplaire le N°369, ne disparut, qu' en 1942 démoli à Bizerte.

Ci dessous détail des 370 torpilleurs numérotés:(369 + 9S construit pour la flottille de Saigon).



Alain

lundi 6 décembre 2010

La Foudre, croiseur porte-torpilleurs

La Foudre en 1904 transporte les sous-marins Lynx et Protée à Saigon.

La Foudre en 1911, devenu transport d'avions, un hangar est installé derrière les cheminées

La Foudre en 1914, les cheminées ont été rehaussées, des mâts de charges permettent de mettre à l'eau les hydravions (photos collection Alain V)

La Foudre était un navire original, inspiré des théories fallacieuses de la "Jeune École". Il s'agit d'un bâtiment conçu pour transporter et amener au contact de l'ennemi, huit petits torpilleurs de 14 tonnes, 17 nœuds, un tube lance-torpilles de 380mm. Des ponts roulants permettaient la mise à l'eau des torpilleurs.
Construit aux chantiers de la Gironde à Bordeaux, il fut mis sur cale en juin 1892 et lancé le 20 octobre 1895. Il est entré en service en 1897. 
Caractéristiques de la Foudre: déplacement: 5 971 tonnes; 6089 tonnes en pleine charge. Longueur 118,70 mètres, largeur 17,20 mètres, tirant d'eau 7,20 mètres. Ses turbines de 11 800 cv lui permettaient une vitesse de 19,6 nœuds avec ses 2 hélices. Ses soutes contenaient 798 tonnes de charbon qui donnaient un rayon d'action de 7500 miles à 10 nœuds. Il s'agissait d'un croiseur protégé par cofferdam et par un pont de 105mm. Armement: 8 canons de 100mm; 4 x 65mm, et 4 x 47 mm; 4 tubes lance-torpilles. Équipage: 22 officiers et 409 hommes
Il semble que la Marine eut beaucoup de mal à lui trouver un usage. Ses capacités de porte-torpilleurs étaient illusoires, il fut à plusieurs reprises modifié, devenant un croiseur à tout faire!
Jusqu'en 1907, il est porte-torpilleurs bien qu'il était pratiquement impossible de mettre à l'eau les torpilleurs par mer un peu formée. Le concept se révèla complètement utopique.
En 1896, il est affecté à l'escadre de Méditerranée. Le 15 septembre 1898, il transporte des troupes en Crête à la place du Bien-Hoa en avarie. Il est en réserve de 1902 à 1904.
Le 23 mars 1904, il transporte les sous-marins Protée et Lynx de Cherbourg à Saïgon.
D'août à octobre 1905, il transporte les sous-marins Perle et Esturgeon, de Toulon à Saïgon.
En 1907, il est aménagé en navire-atelier. En 1910, il devient mouilleur de mines. 80 mines sont embarquées. En 1911, il est aménagé en transport d'aviation, un hangar est installé, ainsi qu'une grue pour manœuvrer les avions. En 1913, il devient ravitailleur pour 4 à 8 hydravions. En avril 1914, une plate-forme d'envol est installée à l'avant permettant le décollage d'un Caudron G3.
En décembre 1914, il est utilisé comme base des chalutiers armés aux Dardanelles. De 1915 à 1916, il fut utilisé comme ravitailleur de sous-marins à Milo. De janvier à mars 1916, il est navire de commandement en Méditerranée orientale. De 1916 à 1917, il est à Argostoli.
La Foudre est condamnée le 27 juillet 1921 et vendue le 27 mai 1922 à un chantier de démolition.
Il s'agit là d'une des idées fumeuses de la "Jeune École" ayant comme soutien le ministre de la Marine de l'époque, l'amiral Aube et le journaliste Gabriel Charmes. C'est cette politique qui est reprise également par Camille Pelletan, à la fin du XIXe siècle et au début du XXe qui encombra notre marine d'unités sans réelle valeur militaire et donc pratiquement inutilisables. Citons notamment les centaines de torpilleurs numérotés (369 ont été construits, dont 294 entre 1885 et 1904). Il est à noter que cette profusion de torpilleurs n'a pas torpillé un seul navire pendant la guerre. Citons aussi le bateau-canon, une étrangeté munie d'un canon fixe de 138,6mm – le pointage en direction étant fait par le bateau! –, installé sur un torpilleur de 76 tonnes en pleine charge. De même, les mini-sous-marins surnommés ironiquement "les fritures". Ajoutons le retard apporté à la construction des cuirassés de la flotte dite "d'échantillons" qui furent en chantiers pendant près de dix ans pour certains. L'idée était alors que l'avenir est au torpilleur contre le cuirassé, le microbe contre le géant. C'est avec de telles idées que l'on est arrivé à la Première Guerre mondiale sans aucune préparation, avec des unités qui étaient dépassées avant d'entrer en service et une poussière navale totalement inutilisable. Les premiers programmes sérieux, ceux de 1910 (les Courbet, premier dreadnoughts français) et surtout de 1912, prévoyant 28 cuirassés à l'horizon 1920, arrivant trop tard.
Alain