Le cuirassé russe Borodino.
Les quatre cuirassés de cette classe constituaient la force principale de la flotte russe à Tsoushima, trois furent coulés et le quatrième se rendit aux Japonais.
En août 1904, les Japonais entament le
siège de Port Arthur (Mandchourie) que les Russes avaient conquis, le gouvernement russe décide alors d'envoyer
la flotte de la Baltique, dont les quatre cuirassés récents de la
classe Borodino pour tenter de rompre le siège. La flotte, commandée
par l'amiral Rojesvensky et forte de 45 navires au total appareille à
l’automne 1904.
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| L'attaque de Port-Arthur par les Japonais. |
S'en suit un long périple de huit mois,
en contournant l'Afrique. La flotte russe est en effet obligée de passer
par le cap de Bonne Espérance, les Anglais, alliés des Japonais ayant
fermés le canal de Suez. La flotte russe doit aussi, avec difficultés, se
ravitailler en charbon et ses navires qui ne peuvent caréner nulle part ont les
coques salies par les algues et les coquillages, ce qui ralenti
l'allure.
En janvier 1905, Port Arthur capitule,
la flotte russe décide donc de rallier Vladivostok en passant par
le détroit de Tsoushima entre la Corée et le Japon.
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| L'amiral Heihashiro Togo sur le pont du Mikasa avec son état-major. |
La flotte japonaise, sous les ordres de
l'amiral Togo, appareille pour intercepter la flotte russe. En début
d’après midi le 27 mai 1905, les deux flottes sont en contact
visuel, l'amiral Togo vire en contremarche pour barrer la route à la
flotte russe, cette manœuvre audacieuse puisqu'il présente un
moment le flanc aux russes, est payante. En effet les Japonais sont
plus rapides que les Russes dont les coques salies ralentissent la
vitesse, ils ouvrent le feu; leur tir est plus précis que celui des
Russes, l'artillerie secondaire à tir rapide japonaise fait des
ravages dans la flotte russe, par deux fois Togo barre le T aux
russes, ce qui a pour effet de désorganiser leur flotte, qui devient
ainsi la proie des torpilleurs japonais qui prennent le relais à la
nuit tombante et coulent ou achèvent plusieurs cuirassés russes.
L'amiral Rojesvensky blessé sur le cuirassé Souvorof est remplacé
par l'amiral Nebogatof qui se rend aux Japonais.
Sur la flotte russe de la Baltique, 26
navires ont été coulés, six pris par les japonais, six autres se
réfugièrent dans les ports neutres, seuls trois navires parvinrent
à rejoindre la flotte du Pacifique à Vladivostok. Les Japonais
n'ont perdus que trois torpilleurs, leur victoire à Tsoushima est
totale.
Les russes n'ont des lors d'autre choix
que de signer le traité de paix de Portsmouth, le 5 septembre 1905.
Plan de la bataille de Tsoushima
La tactique de l'amiral Togo a été
payante, les Japonais ont été plus réactifs, plus compétents, en
outre ils étaient prés de leur base. Ils ont eut de bout en bout la
maîtrise de la situation, alors que les russes, arrivant au combat
avec des équipages fatigués et des navires à la coque sale qui ralentissait leur vitesse ont
subi cette situation. Rojesvensky a commis des erreurs, en outre les
munitions japonaises étaient de meilleure qualité, les équipages
plus expérimentés. (Lire sur ce blog, le rôle à contre-emploi du navire-hôpital russe Orel dans cette bataille)
La bataille de Tsoushima a mis en
évidence aussi l'efficacité plus grande d'une artillerie de gros
calibre homogène plutôt que les batteries de différents calibres,
la Grande Bretagne qui a étudié de très près le déroulement de
la bataille en tira des enseignements, et accéléra la mise sur cale
secrète des le mois d'octobre 1905 du cuirassé Dreadnought, qui
surclassa immédiatement tous les cuirassés existant de par le
monde, et fit date dans la construction navale.
Alain











