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vendredi 17 mai 2013

Le paquebot Gouverneur-général Cambon à Port-Vendres

Gouverneur-général Cambon à Port-Vendres. Collection agence Adhémar
Nous avons déjà vu le paquebot Gouverneur-général Cambon de la Compagnie de navigation mixte sur ce blog (cliquez ici), en voici une photo, prises à Port-Vendres. C'est près de ce lieu qu'il échouera le 27 avril 1930.


Louis Arnaud, Touache frères et Cie (LATF), connue sous le nom de Compagnie Touache et devenue Compagnie de Navigation Mixte en 1855

Entrepôt de la CNM à Alger au début du XXe siècle.
En 1850 est fondée la société Louis Arnaud, Touache frères et Cie (LATF) qui veut construire des «bâtiments mixtes, à voiles et à machine à hélice». Ces navires dit «mixtes» donneront en 1855 le nom de Compagnie de navigation mixte (CNM) à la société. Le but était de relier Marseille à l'Afrique du Nord avec des passagers et des marchandises. Ce fut l'une des premières compagnies maritimes à utiliser, pour la propulsion de ses navires, à la fois la voile et la vapeur. 
Leur premier navire, Du Trembley, effectua son voyage inaugural pour Alger en 1852. En 1856, elle mit de nouveaux bateaux en service pour l'Algérie, et en possédait dix en 1864 dont Spahis (1864-1874), Marabout (1857-1880) et Oasis (1857-1880). Pami les navires suivants, notons Africaine (1866-1887), Oran (1867-1895) et Seybouse (1877-1888). En 1880, elle inaugura la série Tell, Emir et Isly, et, en 1888, la série Félix Touache, Rhône, Kabyle et Tafna. Fin 1904, la compagnie possédait quatorze navires sur huit itinéraires différents dont Cette (Sète)-Alger (escale à Port-Vendres), Marseille-Bône (escale à Philippeville), Cette-Oran (escale à Port-Vendres), Marseille-Nemours (escales à Oran et Béni-Saf), Marseille-Alger…


Avec l'achat, en 1912, du Mascara et du Mansoura — ex Kotzikos et ex-Margiora, deux sister-ships de l’armement Cozzika et C° établi au Pirée (Grèce) – la compagnie prit la suite de la Compagnie des vapeurs de charge français avec ses quatre cargos Aster, Mira, Vega et Rigel, chacun pouvant transporter de 10 à 15 passagers. Ces cargos-mixtes, qui allaient chercher du frêt en Algérie, seront cédés à la SGTM en 1915 et 1916. Après la Grande Guerre, elle réorganisa ses services avec le peu de navires dont elle disposait encore, Marseille-Bône-Philippeville, hebdomadaire avec le Tafna, et Marseille-Port-Vendres-Oran, hebdomadaire avec Mustapha II
En 1923, elle reçut de l'Etat ses trois « Gouverneurs-généraux» (Tirman, Cambon, Lépine). En effet, la CNM, avec la CGT et la SGTM, fit partie des trois compagnies subventionnées pour assurer les lignes entre la Métropole et l'Algérie (voir ce blog).
En 1928, elle prend l'initiative de créer une ligne Alger-Palma-de-Majorque avec grand succès. 

En 1937, la flotte de la compagnie se compose de six paquebots et quatre cargos.
Après la Seconde Guerre mondiale, sur les onze navires que possédait la compagnie, il ne reste qu'un paquebot, le vieux Gouverneur-général Lépine. En 1947, elle commande en Angleterre le Président de Cazalet (voir ce blog), lance en 1951 le El-Djezaïr II et met enfin en service, en 1952, le Kairouan. Ses navires participèrent largement au rapatriement des Français d'Algérie, jusqu'en 1963, dépassant souvent leur capacité réglementaire. La grande aventure de la CNM se termina le 1er juillet 1969.

Source: Diar-es-Saâda, ma cité d'Alger

lundi 13 mai 2013

La paquebot Lamoricière de la CGT rencontre Gouverneur-général Cambon de la CNM à Alger

Le paquebot Lamoricière de la CGT à Alger. Coll agence Adhémar
Nous avons déjà rencontré le paquebot Lamoricière sur ce blog (cliquez ici), le voici à Alger qu'il desservira jusqu'à sa fin tragique. Il y rencontrera, entre autres, Gouverneur-général Cambon de la compagnie CNM concurrente.
Lamoricière de la CGT et Gouverneur-général Cambon de la CNM à Alger. Coll agence Adhémar
Gouverneur-général Cambon (3509 tonnes de jauge brute) est un paquebot de la Compagnie de navigation mixte de Marseille. Comme ses sister-ships Gouverneur-général Tirman, Gouverneur-général Lépine et Gouverneur-général Laferrière, il a été construit aux Forges et chantiers de la Méditerranée de La Seyne sur Mer en 1922-1923. 
Entre 1918 et 1922, dans le cadre des conventions, l'Etat subventionna les huit «Gouverneurs-généraux» destinés à la ligne d'Afrique du Nord qu'elle donna en gérance à la CGT (Chanzy, Gueydon, Grévy et Jonnart), à la Compagnie de navigation Mixte CNM (Cambon, Tirman et Lépine) et à la SGTM (Laferrière). 
Gouverneur-général Cambon échouera le 27 avril 1930 à proximité de Port-Vendres.
Pendant la guerre, reconverti au charbon, il continue ses traversées. Saisi par les Italiens à Marseille en 1942, il est rebaptisé Urbino. Il est ensuite repris par les Allemands en 1943 pour être transformé en caserne puis navire-hôpital (13 mars 1944) sous le nom d’Erlangen. Il est coulé à Gênes lors d'un bombardement des Alliés le 19 septembre 1944.


Gouverneur-général Cambon de la CNM, caserne puis navire-hôpital allemand sous le nom d'Erlangen, n'a pas été épargné par les avions alliés qui le toucheront à deux reprises à Gênes (Italie). Source Encyclopédie navale de Lemaire.



mardi 14 juin 2011

Le paquebot El Mansour de la CNM vu par Roger Chapelet

Le paquebot El Mansour vu par le peintre de la Marine Roger Chapelet
Plus d'informations sur El Mansour et la Compagnie de navigation mixte sur Notre blog

mardi 1 février 2011

Cartes thématiques maritimes de la collection Hugo d'Alési

La semaine dernière, nous avons montré les cartes thématiques d'Hugo d'Alési qui avaient été présentées à l'occasion de l'Exposition universelle de 1900. Un lecteur nous a fait parvenir cette copie d'une belle carte décrivant un autre port méditerranéen, Toulon. Un de nos lecteurs spécialistes de La Royale pourra sans doute identifier le cuirassé.

Alain a dit… je pense reconnaitre le cuirassé Marceau mais il est difficile d'identifier formellement un navire sur un tableau. Un torpilleur de haute mer passe entre le cuirassé et la chaloupe et au fond, derrière le cuirassé, on aperçoit le croiseur de troisième classe Linois, paradoxalement c'est le plus facilement identifiable, sa silhouette étant tres caractéristique.
Nous avions également précisé que Hugo d'Alési avait travaillé pour des compagnies de navigation. En voici un bel exemple avec la Compagnie de navigation mixte en collaboration avec les chemins de fer PLM.


Le paquebot montré dans le cercle est peu-être La Marsa. Lancé le 29 Octobre 1891 au chantier Napier de Govan (Grande-Bretagne), pour le compte de la Khedivial Administration d’Alexandrie, il s’appelait alors Tewfik Rabbani.
Il fut acheté en 1900 par la Compagnie de navigation mixte (NM), compagnie créée en 1850 par Louis Arnaud et les frères Touache (un nom qui apparaîtra longtemps à côté de celui de la compagnie). Il était destiné au trafic avec l’Afrique du Nord et rebaptisé La Marsa.
Navire à une hélice, de 91 m de longueur et 2027 tx.
En 1923, il sera vendu en Italie (rebaptisé Miliana) et démoli à Savone en 1931.

vendredi 3 septembre 2010

Le paquebot Président de Cazalet de la Cie de navigation mixte (CNM)

Le paquebot Président de Cazalet de la Cie de navigation mixte (CNM) en service sur l'Afrique du Nord (collection agence Adhémar)

Mis sur cale sous le nom d’El Kantara pour la Compagnie de navigation mixte, il sera lancé sous le nom de Président de Cazalet et mis en service sur les lignes d'Afrique du Nord en août 1948. Il sera victime d'un attentat en septembre 1958. Pour le compte de la Défense nationale, il servira en 1962 au rapatriement des troupes et de leur matériel. Il est affrété par la Transat en mai 1964 pour la desserte de la Corse. En janvier 1967, il remplace Ville de Tunis et est renommé Méditerranée en mai. La Transat le revendra pour la croisière en 1971 à un groupe grec qui le rebaptisera Arcadi. Il est démoli en 1985.

mercredi 1 septembre 2010

Paquebot El Mansour de la Compagnie de navigation mixte (CNM)



Paquebot El Mansour de la Compagnie de navigation mixte (CNM) en service sur l'Algérie et la Tunisie pour la compagnie de 1933 à 1963. Il finira ses jours sous le nom de Maine pour la Royale en 1974 sous les coups de canon de l'aviso Doudart de Lagrée. (collection agence Adhémar)

Après la commande de l'El Kantara, à la fin de l'année 1931, la Compagnie de navigation mixte annonce un bénéfice de 3821335,53 francs, dû à sa bonne gestion. Continuant son programme de constructions, elle fait construire par des chantiers français, deux nouveaux paquebots afin de compléter la remarquable série des El. El Mansour et El Djezair seront construits par les Forges & chantiers de la Méditerranée à La Seyne-sur-Mer.
El Mansour est lancé le 22 octobre 1932. Il a une jauge brute de 5 835 tonneaux et un port en lourd de 1 555 tonnes. Sa longueur hors tout est de 121,70 m pour une largeur de 16,47 m et un creux de 7,25 m. C'est le plus important bâtiment construit pour la CNM à ce jour. Il est équipé de deux groupes de turbines Parsons à engrenage simple réduction, d'une puissance de 12 000 chevaux à 180 tours-minute. Sa vitesse de service est de 20 nœuds pour une puissance correspondant à 8 500 chevaux et à une allure de 160 tours-minute avec une consommation de 5 050 kilos de mazout par heure.
Il sera livré par les chantiers navals de La Seyne le 29 avril 1933 et sera mis en service, le 21 mai de la même année, sur la ligne de Port-Vendres, Alger, Port- Vendres-Oran, effectuant avant cela sa première croisière sur les ports d'Italie. Ce navire et son frère El Djezair représentent des réalisations véritablement en avance sur leur temps. On le comprendra aisément, lorsque l'on verra trente ans plus tard El Mansour être, par ses dispositions intérieures et sa vitesse, un des meilleurs navires français desservant les lignes d'Afrique du Nord. Pour en savoir plus, lire Bernard Bernadac.

vendredi 9 juillet 2010

La renaissance du Kairouan après la Seconde Guerre mondiale

Cols bleus, hebdomadaire de la marine française dirigé par Paul-Jean Lucas, dans son numéro du 14 mars 1947, publiait un article signé Jean Daval sur la réhabilitation du Kairouan de la Compagnie de navigation mixte. En voici le texte.

"Dans quelques semaines, au début d'avril, le paquebot Kairouan coulé à Boulon ou il demeurait inachevé, pourra être conduit au bassin afin que les travaux puissent être poursuivis à son bord.
Pour faire suite aux El Kantara, El Mansour et El Djesair, agréables paquebots du temps de paix avant de devenir les représentants de cette 1re division de croiseurs auxiliaires qui s'illustra sur les côtes de Norvège en 1940, la Compagnie de Navigation Mixte commandait durant le cours du mois d'avril 1939, aux Forges et Chantiers de la Méditerranée à La Seyne, le paquebot
Kairouan. Au mois de mai de la même année, la première tôle de ce futur courrier rapide était posée sur la cale N° 4.
Ce navire était le mille deux cent quarante septième bâtiment dont la construction était entreprise par des chantiers fondés 87 années auparavant. Le premier navire par eux construit, l'avait été en 1852: il s'appelait le Du-Tremblay et était réservé tout comme le
Kairouan à la Compagnie de Navigation Mixte laquelle portait déjà son nom actuel tandis que les Forges et Atelier de la Méditerranée à La Seyne étaient alors les chantiers Taylor.
Les caractéristiques de ce nouveau paquebot s'établissaient comme suit: Jauge brute totale 8.800t. Jauge nette 4.500t. Longueur 142,2m. Largeur 18,3m. Creux du pont B 9m. Tirant d'eau 6,3m. Capacité cubique 4.260 m3. Dimension du plus grand pan 6,80X4. Nombre du turbines 2. Puissance 24.000 chev. Vitesse 24 nœuds. Passagers 541. Effectifs 118h.
Les 541 passagers seront répartis en deux classes seulement et, tandis que les premières recevront 151 personnes, 390 autres trouveront place en 2e classe. Toutefois, près de 1.000 passagers de pont pourront être accueillis à bord.
Depuis le Du-Tremblay jusqu'au navire commandé à la veille de la guerre, d'impressionnants progrès ont été accomplis en matière de constructions navales et, il n'est pas exagéré de dire qu'avec le Kairouan, nous nous trouvons en présence d'une fort belle unité susceptible d'être considérée comme une image capable de présenter toute l'ampleur de ces progrès.
Nous avons dit tout à l'heure que ce navire serait un courrier rapide et, pour cela ses formes furent sérieusement définies, pour une vitesse de 24 nœuds quelles que puissent être les circonstances d'exploitation.
L'appareil de propulsion, d'une puissance de 24.000 chevaux effectifs, constituera l'ensemble le plus moderne réalisé jusqu'ici dans la marine marchande de notre pays. Quatre chaudières à haute pression (40 kg) et à forte surchauffe, du type La Mont, alimenteront deux groupes turbo-alternateurs de 9.020 kw sous 3.300 volts tournant à 3400 tours en liaison synchrone avec les deux moteurs d'hélice tournant à 191 tours.
Nous retrouvons donc ici une disposition semblable à celle adoptée sur Normandie et réalisée déjà par la société Alsthom de Belfort qui réservera au Kairouan un ensemble aux possibilités une fois encore remarquables car nous ne devons pas perdre de vue que Normandie obtint en 1937 au cours d'une de ses traversées, une vitesse moyenne de 31,2 nœuds avec 160.000 CV tandis que Queen Mary avait eu besoin de 200.000 CV pour atteindre 31,69 nœuds et conquérir le Blue Ribbon.
Revenons au Kairouan pour dire que, dès avant la guerre, La Compagnie de Navigation Mixte avait pensé accorder un confort notable non seulement aux passagers mais également à l'équipage, lequel pourrait disposer de coquets dortoirs à quatre, installés dans une partie plaisante du navire.
La question du transport des marchandises avait été de son côté étudiée très sérieusement.
D'un volume total supérieur à 4.000 m3, les cales à marchandises permettront de transporter à chaque voyage 1.500 tonnes de denrées, c'est-à-dire par exemple 80.000 colis de primeurs ou bien 15 millions d'oranges. Six portières de chaque bord placées dans la muraille même du navire, rendront facile la manutention des colis de primeurs tandis que les autres pourront être directement embarqués.
Le Kairouan ne transportera pas d'ailleurs que des denrées de ce genre, il comportera en outre une tranche réfrigérée laquelle, en 1939, avait été prévue pour deux chambres froides de 300 m3 chacune. Signalons également que les autres tranches du navire posséderont dans leur totalité une ventilation mécanique poussée afin d'assurer une conservation parfaite des primeurs embarqués.
Notons enfin que des élévateurs mécaniques sont prévus afin de desservir les entreponts inférieurs comme les chambres frigorifiques. Tous les appareils auxiliaires de la coque et de la machine sont commandés par courant alternatif et, afin d'éviter les dangers d'incendie, on a décidé de réaliser l'éclairage en courant alternatif à basse tension (42/24 volts).

La photographie que nous reproduisons permet d'apprécier les lignes élégantes du Kairouan qui sera un beau paquebot doté d'un appareil de propulsion remarquable à tous les points de vue et apte à donner au navire le privilège d'un fonctionnement absolument silencieux.
Lors de la libération de Toulon et, bien que n'ayant jamais quitté les lieux qui l'avaient vu naître, le Kairouan avait eu déjà l'occasion de connaître plus d'une aventure dont j'avais été parfois le témoin. Au moment de la libération de notre grand port de guerre, le 17 août 1944, étant coulé dans la passe, il chavira de 70° sur tribord, l'avant reposant sur un fond de 30 mètres et l'arrière sur le paquebot Virgilio. Une telle situation rendait son renflouement difficile comme l'avait été, déjà à Marseille, celui de l'El Mansour, coulé par les Allemands en août 1944 après qu'il eût été chargé de 2.360 tonnes de pierres et déblais et qui allait être redressé moins de deux ans plus tard après avoir reposé sur des fonds de douze mètres, gîté à 85°.
Pour le Kairouan, il fallut dix-huit mois d'efforts afin de redresser l'épave puis de l'amener sur de petits fonds.
Mais juste récompense, le navire portant le nom de la ville des mosquées de notre Tunisie, sera au bassin dans quelques jours, tandis qu'au printemps de 1948, il pourra prendre son service sur les lignes de l'Afrique du Nord, avec beaucoup de passagers et les cales emplies de marchandises tant à l'aller qu'au retour."