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mardi 19 avril 2011

Les paquebots Flandre de la Transat

Le paquebot Flandre, construit par les chantiers de Penhoët à Saint-Nazaire, a été lancé le 31 octobre 1913 pour le compte de la Compagnie générale transatlantique. Sa première carrière "civile" est très courte puisqu'il effectue son voyage inaugural à destination de Vera Cruz (Mexique) le 21 mai 1914 mais est mobilisé comme navire auxiliaire le 4 août de la même année. Dès le 6, il est en patrouille dans l'ouest de la Manche pour protéger l'acheminement du corps expéditionnaire anglais vers notre pays. Cette première mission prendra fin le 21 août…
… Il lui faudra attendre le 13 janvier 1917 pour être de nouveau réquisitionné, mais cette fois pour le transport sanitaire. Il restera inscrit sur la liste des navires-hôpitaux jusqu'à l'Armistice. Il sera aménagé à Penhoët pour recevoir 35 grands blessés dans le salon, 80 dans les salles à manger de première et seconde classes et 70 sur le pont promenade. Le fumoir de seconde classe et la salle à manger de troisième sont affectés aux contagieux (une vingtaine de places). Blessés légers et malades ordinaires sont répartis dans les locaux de luxe et de première classe (220 places), les secondes (40), les troisièmes (70) et les locaux d'émigrants (280). Le navire, basé à Lorient, est commandé par le capitaine au long-cours Boissson, la cinquantaine d'infirmiers est sous les ordres du médecin principal Barrau. Le 24 mars 1917, il quitte Saint-Nazaire et arrive à Oran pour y charbonner quatre jours plus tard. Il se dirige ensuite vers la Méditerranée orientale en soutien de l'armée d'Orient et des troupes serbes. Il effectue des trajets entre Salonique et Toulon et escale à Corfou, Bizerte et Bône.
Le 20 mai 1917, il est abordé par accident par le vapeur portugais Madeira à Milo et il doit subir des réparations à La Seyne sur Mer. En juillet 1918, il est commandé par Marius Amic.
A l'armistice, il reste en service pour rapatrier Français et Serbes. Le 18 décembre 1918, à Corfou, c'est le croiseur cuirassé Victor Hugo qui lui cause des dégâts, réparés ensuite à Toulon.
Pour rapatrier des troupes sénégalaises, il entreprend un voyage du 15 au 26 février 1919, de Marseille à Dakar. Avant d'être rendu à la CGT fin juillet 1919, il effectuera un dernier voyage à Bizerte et Alger pour rapatrier sur Marseille des soldats démobilisés ainsi qu'une délégation qui doit participer aux fêtes de la Victoire. (Source Les Navires-hôpitaux français au XXe siècle de Gilles Barnichon)


Flandre est de retour sur la ligne du Mexique en 1919 puis est affecté à la ligne de Colon (à l'entrée du canal de Panama). En 1933, est transformé pour la chauffe au mazout. En 1935, est placé sur la ligne de Saint-Nazaire et Bordeaux aux Antilles et à la Côte ferme, qu’il desservira jusqu’en 1939.
En avril 1940, il transporte des troupes pendant l’expédition de Norvège.
Après la défaite, il est réquisitionné par les Allemands en vue de l'invasion de l’Angleterre. Le 14 septembre 1940, il heurte une mine magnétique dans l’embouchure de la Gironde et coule.

Flandre II (1952-1995) de la Compagnie générale transatlantique (CGT)
Sister-ship d’Antilles, il est affecté à la ligne Le Havre-Southampton-New York en remplacement du paquebot De Grasse jusqu’à l’entrée en service de France en 1962. Repeint en blanc, il servira sur la ligne des Antilles et de l’Amérique centrale. Il est vendu à Costa fin 1967. Voir notre blog.

mercredi 2 septembre 2009

Les beaux navires du port de Nantes

C'est à l'office de tourisme du Syndicat d'initiative de la ville de Nantes que l'on doit une série de planches dans le style des images d'Epinal, dessinées par Jean Bruneau en 1982. Celle-ci rappelle les bateaux célèbres qui ont fréquenté le port de la ville.

La Pénitence de Dieu, nef construite en 1248 pour la Septième croisade de Saint-Louis

Grand Caraquin et Non pareille, trois-mâts du XVIe siècle

Françoise de Nantes

Le Duc de Bourgogne

Jean Crabosse, originaire du « diocèse de Saint-Médart, en Chalosse, Gascongne », devint tout à fait Nantais par son mariage avec Renée Peignon, paroissienne de Saint-Nicolas, en 1691, et les divers commandements qu'il obtint. Il mourut le 3 juillet 1705, âgé de 46 ans, par suite des fatigues de ses rudes croisières. Le 8 juillet 1694, il mettait en mer avec le Saint- Philippe,
frégate de 60 tonneaux, 12 canons et 74 hommes d'équipage, parmi lesquels se trouvaient dix flibustiers, armée par le sieur Guinebaud. Le Sans-Pareil, L'Espérance et la Friponne venaient y déposer les marchandises anglaises entassées dans leur cale et prouver que le corsaire ne perdait pas son temps à jeter sa poudre aux moineaux. Le 16 mai 1696, Crabosse repartait avec le Duc de Bourgogne, frégate de 50 tonneaux et 8 canons, armateur Meslier et consorts, et rentrait le 6 novembre pour repartir le 2 août 1697. Nous n'avons aucun détail sur ces deux campagnes,
dont la dernière dut être fort courte, la paix ayant été signée le 21 septembre de la même année.

La Boudeuse

Liber navigator

En juillet 1781, Yves-Joseph de Kerguelen de Trémarec arma Liber Navigator en vue de faire un nouveau voyage d'exploration, mais fut pris par les Anglais au large de Paimbœuf le lendemain de sa sortie!

Sans-culotte nantais, 100 tx, armé de douze canons de 4, cent hommes d'équipage.

Pierre-Edouard Plucket (et non Plumkett), dans son livre Mémoires, dédiés à la marine française, paru en 1843, évoque, entre autres (il parle également de la guerre d'indépendance américaine), l'armement du corsaire Sans-culotte nantais et dresse un état de ses prises.

Saint-Michel III de Victor Hugo, par ailleurs, grand défenseur du Mont.

Jules Verne a eu trois voiliers : les Saint-Michel I, II et III (steam-yacht en métal de 35 mètres de longueur) à bord desquels il a navigué de la mer du Nord à la Méditerranée. Il a gardé pendant deux ans le Saint-Michel II (cotre de 13,27 mètres construit au Havre en 1868 par les chantiers Abel Lemarchand). Le voilier était conçu comme un bateau-pilote, c'est-à-dire un bateau rapide utilisé pour transporter le capitaine à bord de ses navires (une navette, en quelque sorte). Le bateau a ensuite continué son existence de bateau-pilote dans l'estuaire de la Loire sous le nom de Loire I avant de terminer sa vie comme bateau de fret au pénitencier de Belle-Ile où il sera détruit en 1911. (voir reconstruction du Saint-Michel II)

Belem

Très cher au cœur des Nantais, Belem est le dernier témoin français de l'époque de la marine à voile. Ce fameux trois-mâts barque de 58 mètres de long et 8,80 mètres de large, fût lancé le 16 juin 1896 pour l'armement Denis Crouan fils. Cinq mois et dix jours ont été nécessaires pour bâtir la coque en fer assemblée par des rivets et 50 jours pour mettre en place le gréement et armer le navire. Le bateau mettait un mois pour rejoindre la ville de Bélem au Brésil ou il chargeait du cacao.
Entre 1896 et 1914, Belem effectue 33 campages sous les pavillons successifs de trois armateurs. L'exploitation des petits voiliers antillais comme le Belem devenant difficile, les vapeurs ayant repris le trafic, il est racheté en 1914 par le Duc de Westminster et transformé en yacht de plaisance. Il sera même rebaptisé Fantôme II et fera le tour du monde. En 1952, une fondation de Venise en fait un navire-école pour des jeunes orphelins de marins. En 1979, la Caisse d'épargne aidée de la Marine Nationale ramène Belem en France et le restaure. Il est ensuite cédé à la Fondation Belem à partir du 11 Mars 1980. C'est aujourd'hui un navire-école civil basé à… Nantes!