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mardi 12 février 2013

15 août 1931 Lancement du Champlain de la CGT



"La Société des chantiers et ateliers de Saint-Nazaire-Penhoët a lancé, le 15 de ce mois (août 1931, ndlr), le paquebot-poste Champlain, construit pour la Compagnie générale transatlantique qui le destine à sa ligne du Havre à New York. Ce beau navire a 195,7 m de longueur, 26,10 m de largeur et 28627 tonnes de déplacement. L'appareil moteur est constitué par deux groupes de turbines actionnant chacun une hélice donnant 24 000 cv de puissance totale. La vapeur sera fournie par six chaudières chauffant au mazout. Le navire est aménagé pour recevoir 1053 passagers de cabine. L'équipage comprendra 575 officiers, matelots, mécaniciens et agents du service général. Tous les locaux, ceux des passagers comme ceux du personnel, ont été installés de la façon la plus confortable; l'éclairage par la lumière du jour et l'aération par l'air extérieur, dans toutes les parties du bateau, ont été l'objet d'études spéciales qui ont abouti à de très heureuses réalisations. 
En ce qui concerne le sauvetage des passagers, la conduite du navire et la sécurité de la navigation, toutes les dispositions ont été prises pour protéger la flottabilité du paquebot et faciliter son évacuation, s'il en était besoin. Sur toute sa longueur, la coque est munie d'un double fond cellulaire et divisée en compartiments par des cloisons étanches transversales. L'épuisement de l'eau est assuré par des pompes électriques à grand débit. Contre l'incendie, le navire est pourvu d'un système du type le plus perfectionné extrêmement puissant. Enfin, vingt-six embarcations de sauvetage, dont deux à moteur munies de télégraphie sans fil et destinées à remorquer les autres, permettraient aux passagers et à l'équipage de quitter le bord. 
La timonerie est pourvue d'un compas gyroscopique à six répétiteurs, d'un gyropilote pour la conduite automatique, d'un radiogoniomètre permettant de prendre des relèvements à une distance de 360 kilomètres environ, avec une approximation suffisante pour éviter tout retard, même par temps de brume. Pour la signalisation, le paquebot est muni d'appareils à ondes amorties et à ondes entretenues d'une portée pouvant dépasser 1800 à 2700 kilomètres de jour et 3600 à 5400 kilomètres de nuit. Il dispose en outre de cinq postes auxiliaires dont l'un spécialement affecté à la réception des nouvelles de presse. 
Comme le Colombie, de la même compagnie, dont nous avons annoncé le lancement le mois dernier, aux chantiers de France, à Dunkerque, le Champlain fera honneur au pavillon français et se classera avantageusement dans le trafic transatlantique. - R. LEST. 

Source : L'Illustration du 22 août 1931. Coll agence Adhémar
Plus sur Champlain (voir notre blog)…

mardi 25 août 2009

Gloires et déboires de la Compagnie de navigation Sud-Atlantique

Affiche du peintre de la marine Albert Sebille
pour les paquebots express à 4 hélices Gallia et Lutetia
de la Compagnie de navigation Sud-Atlantique.


Dans le groupe, somme toute restreint, des grands armements français, la Compagnie de navigation Sud-Atlantique est sans doute celle qui a le plus joué de malchance. Cinq des dix-neuf navires de sa flotte furent envoyés par le fond durant la Première Guerre mondiale, dont Gallia et Lutetia, transformés en transports de troupes russes. Un sixième, le prestigieux Atlantique, fut détruit par un incendie au large de Cherbourg en 1933, deux ans seulement après sa mise en service.
C’est à Georges Clemenceau – étonné, lors d'une tournée en Amérique du Sud, de la médiocrité de nos navires comparés aux anglais, allemands et italiens –, que l’on doit la création de la compagnie destinée à relier l’Amérique du Sud à Bordeaux.
Financée par un groupe de banquiers et d’armateurs, dès sa naissance en 1912, elle se voit dotée de la concession de la ligne Brésil-La Plata. Quatre paquebots naviguant à 18 nœuds et six mixtes sont prévus pour faire le voyage deux fois par mois avec des escales à Lisbonne, Dalkar, Rio de Janeiro et Montévidéo. En attendant la livraison des premières unités, la compagnie s’équipe de bateaux anciens. Parmi eux, Burdigala, gros consommateur de charbon, appareille de Bordeaux le 5 octobre 1912 et rallie Buenos Aire à la vitesse de 17 nœuds de moyenne. Ce sera son seul voyage, à son retour à Bordeaux, trop coûteux à réparer, il est désarmé. La même poisse atteindra Divonna (problèmes de gouvernail à Dakar), La Champagne (immobilisé après un abordage à Lisbonne), La Gascogne (échouage) et Lutetia qui aborde un cargo grec à son premier voyage.
La Grande Guerre est une autre épreuve, dans les cinq navires coulés, Burdigala, porte-poisse légendaire, saute sur une mine après avoir été réarmé en croiseur auxiliaire.
Après la guerre de nouveaux bateaux ne sont pas plus chanceux, Meduana est renfloué après un incendie et le luxueux L'Atlantique ne durera que deux ans.
En 1934, ne restait en service sur la ligne que le vieux Massilia.
Dernier sursaut de la compagnie, la construction de Pasteur, réquisitionné comme transport de troupe pendant huit ans, et les mixtes Laënnec et Charles-Tellier, lancés en 1952. C’était le chant du cygne de Sud-Atlantique, en 1962, elle vend son dernier navire, Charles-Tellier, et son pavillon au cercle rouge (le coq rouge avait été remplacé dès 1931, source site Pavillons) disparaît à jamais de l’Atlantique.

lundi 22 juin 2009

Trois aquarelles d'Albert Sebille

Voici trois aquarelles d'Albert Sebille (nommé peintre officiel de la marine en 1907). Ces aquarelles ont fait l'objet de cartes postales éditées par le Comité National de l'Enfance.

Soleil Royal - Epoque Louis XIV

Grand Voilier, 1840 - XIXe siècle

Galère de Malte - Epoque Louis XIV

jeudi 29 janvier 2009

Normandie par Albert Sebille

Normandie par Albert Sebille, daté 19 mars 1935
Peintre de la marine (depuis le 1er juillet 1907), comme l'atteste l'ancre qui suit sa signature, Albert Sebille est né à Marseille le 26 juillet 1874 et mort à Paris le 9 juin 1953.
Pour avoir une idée de l'étendue de l’œuvre d’Albert Sebille, reportez-vous au site de historic-marine-france.com.

jeudi 13 novembre 2008

Voilier Bordes du XIXe siècle par A. Sebille

Cette aquarelle d’Albert Sebille représente un voilier de la compagnie Bordes*. Cette série de cartes postales des œuvres du peintre de la marine a été éditée pour le compte du Comité national de l’enfance.

*A 18 ans, Antoine-Dominique Bordes s'embarque vers l’Amérique du Sud afin de travailler dans une agence maritime. A 30 ans, en 1847, il passe un accord avec le capitaine Le Quellec pour commercer entre le Chili et la France. En 1849, une ligne est crée par les deux associés entre Valparaiso et Bordeaux (170 jours de mer). A la formation, la société possédait un voilier en fer Blanche et Louise de 800 tx et neuf bâtiments en bois. En 1869, Le Quellec meurt. Bordes se rend à Bordeaux et rachète sa part à son fils. Il s’établit à Paris, rue du conservatoire jusqu’à sa mort en 1881. En 1869, la compagnie Bordes commande aux chantiers écossais de la Clyde, 14 trois-mâts en fer, des trois-mâts barques et trois-mâts carrées de 1200 tx. En 1870, la compagnie Bordes transporte également les nitrates chiliens sur Liverpool et Glasgow. En 1880, une crise grave met des voiliers sur le marché, Bordes rachète 11 navires. A la mort du fondateur, la compagnie possédera 41 navires, ses fils Adolphe, Alexandre et Antonin reprendront la suite. En 1905, avec ses 33 voiliers, l’armement Bordes était placé premier mondial. En 1914, ses 46 navires transportant du nitrate furent primordiaux pour l’effort de guerre, le nitrate entrant dans la composition de la poudre. Pendant le conflit, 122 voyages approvisionnèrent les ports français et 18 voiliers seront coulés. En 1925, la compagnie Bordes abandonna le transport par voiliers. De 1848 à 1925, la compagnie Bordes employa 127 navires. (source François Del Boca)

mercredi 23 juillet 2008

Chella, Lyautey et Céline


Le paquebot Chella de la compagnie de navigation Paquet dans un bassin du port de la Joliette. (Collection des Archives du musée d’histoire de Marseille). Paquebot en acier de 130 mètres de long, construit aux Forges et chantiers de la Méditerranée à La Seyne en 1933.

Chella et remorqueur, illustration d’Albert Sebille (1874-1953), peintre de la marine en 1906.

Curieux paquebot que ce Chella qui croisa à deux reprises (au moins) le chemin de célébrités.
Dans l’entre-deux-guerres, la Compagnie Paquet exploitait une ligne de Marseille à Dakar avec escales à Tanger et Casablanca avec les paquebots Maréchal-Lyautey, Médie II, Chella, Koutoubia et Iréméthie II.
En 1935, pour ramener, selon ses derniers souhaits, les cendres du maréchal Lyautey au Maroc, on embarqua son cercueil sur le croiseur Dupleix, escorté de deux contre-torpilleurs. Une équipe de ses derniers officiers, Keller, du Souzy, Durosoy, Pélier, Boisboissel, l’accompagnait pendant que sa famille autour de la maréchale, ses autres collaborateurs et amis et des personnalités de haut rang remplirent le paquebot Chella de la Compagnie Paquet, spécialement affrêté pour l’occasion. (source : Henry de Boisboissel)

Céline et Chella


Après la déclaration de guerre de 1939, Louis-Ferdinand Céline «va vivre un épisode bouffon, très célinien. En septembre, il devient médecin maritime pour la compagnie Paquet. Il embarque donc sur le Chella, qui assure la ligne vers le Maroc. Mais dans la nuit du 5 au 6 janvier 1940 devant Gibraltar, le navire éperonne par mégarde un aviso britannique. Il y a vingt-sept morts du côté anglais et le docteur Destouches (vrai nom de Céline) soigne les victimes. Le Chella rallie tant bien que mal Marseille.» (François Gibautlt, dans Lire hors-série n°7).
Céline est en fait volontaire mais trop vieux pour aller au front et invalide à 75% depuis la Première Guerre mondiale après des faits d’arme qui lui valurent des médailles et la quatrième de couverture en couleur de L’Illustré national. Il devient donc médecin de bord sur le Chella, réquisitionné pour des transports d’armes : «Militaire comme tu me connais, tu ne seras pas surpris de me voir devenu médecin de la marine de guerre et embarqué à bord d’un paquebot armé » écrit-il à un de ses amis, le docteur Camus.
Il écrit aussi à René Arnold : «Gibraltar 11 janvier [1940] À peine venais-je de vous écrire que nous faisions naufrage devant ce port. Heureusement (si l’on peut dire) sauf, mais ayant expédié au fond 24 vaillants anglais. Collision de détroit ! avec explosion - et blessés partout. Quelle nuit ! Quelle longue nuit ! Nous rejoindrons Marseille plus tard et puis je rechercherai un embarquement. Comme la vie est aléatoire!». Enfin il précise, toujours professionnel : «Les médicaments font merveille! après cette nuit dans l’eau que de bronchites guéries, prévenues!»