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lundi 20 mai 2013

Le navire-hôpital Sainte Jeanne d'Arc sur les grands bancs

Sainte-Jehanne, rebaptisé Sainte Jeanne d’Arc sur les grands bancs de Terre-Neuve. Collection agence Adhémar
Goélette mixte construite aux ateliers et chantiers de Bretagne, Nantes sous le nom de Sainte-Jehanne.
Lancé le 2 mars 1914 et mis en service en mai.
Déplacement 841t , longueur HT 52,80m, vitesse 11 nœuds, machine à vapeur triple expansion, puissance 650cv. Il a une capacité de 32 lits.

Voilà ce qu'en disait Ouest-Éclair, éd. de Rennes, du mercredi 4 mars 1914, sous le titre Le nouveau navire-hôpital pour Terre-Neuve.
«On a lancé aux chantiers de Bretagne, à Nantes, le bateau-hôpital Ste-Jehanne, construit pour la Société des Œuvres de Mer. Le nouveau navire remplacera le Saint-François-d’Assises, maintenant désaffecté.
Le Sainte-Jehanne est un bateau uniquement à vapeur. Il sera pourvu d’une machine d’une puissance de 650 chevaux. Ses caractéristiques sont : longueur totale, 56 mètres ; largeur, 8 m. 50 ; creux, 4 m. 70 ; tirant d’eau, 4 m. 25. Le bateau-hôpital sera muni d’antennes de télégraphie sans fil. 
La Sainte-Jehanne est parfaitement aménagée. A l’arrière du bateau se trouve la "dunette" renfermant les logements des officiers, du docteur, de l’aumônier et des chefs mécaniciens et le salon des officiers. 
Dans le "roof" se trouvent le salon du capitaine, deux chambres d’officiers, une chambre de consultation, un local destiné à la poste et les cuisines. A l’avant, sous le gaillard, on aperçoit la salle de désinfection et les magasins divers. 
Dans l’entrepont : à l’arrière sont situés le logement des chauffeurs et les chambres des deuxièmes mécaniciens, les cuisines et le "carré" (salle à manger) des maîtres, les lavabos des chauffeurs et les ateliers des machines.
A l’avant, on trouve le grand hôpital qui contiendra vingt lits, la pharmacie, la lingerie et la chambre de l’infirmier ; plus avant sont : l’hôpital des convalescents qui aura douze lits, l’hôpital d’isolement pour maladies infectieuses (2 lits) ; enfin, à l’extrême avant se trouvent les postes de l’équipage et des naufragés. Dans la cale sont installées les soutes à charbon et à provision et les caisses à eau. 
La Sainte-Jehanne entrera en service dans deux mois.»  

Le navire aura le temps d'un première campagne (écourtée par la guerre qui menace) avant d'être réquisitionné le 27 août 1914 comme patrouilleur par la Marine nationale.
Voilà ce qu'en disait Navigazette Hebdomadaire du jeudi 25 juin 1914, en rubrique « Chronique maritime – Navigation » :
 « Société des Œuvres de Mer. ― Le nouveau navire-hôpital Sainte-Jehanne, qui avait quitté Arcachon le 18 mai, est parvenu sur les bancs de Terre-Neuve huit jours après et a immédiatement commencé l’assistance aux bâtiments de pêche ; en 10 jours, 112 d’entre eux ont été assistés, 80 consultations données, 2.755 lettres distribuées et 2.853 reçues ; quatre hommes ont été remis à leurs navires, un doris en dérive recueilli avec deux hommes qui le montaient, enfin sept malades ont été hospitalisés à bord et déposés à l’hôpital de la colonie à l’arrivée à Saint-Pierre le 8 juin. Tout va bien à bord  du Sainte-Jehanne qui va incessamment de rendre à Sydney (Cap Breton), pour y faire son plein de charbon, puis reprendra sur les lieux de pêche les croisières habituelles précédemment effectuées par le Saint-François d’Assise.» 
Puis le Jeudi 16 juillet 1914 :
« Les Œuvres de Mer. ― Le navire-hôpital Sainte-Jehanne après avoir charbonné à Sydney, Cap-Breton, avait quitté ce port le 14 juin pour sa seconde croisière sur les bancs de Terre-Neuve. Il a parcouru les lieux de pêche pendant quinze jours, communiquant avec 208 navires, donnant une centaine de consultation, distribuant 7.500 lettres. En rentrant à Saint-Pierre, le 29, il a déposé à l’hôpital dix malades recueillis en mer et remis à la poste 4.678 lettres reçues des pêcheurs pour leurs familles. Le Sainte-Jehanne repartira incessamment pour les bancs.  

Il est chef de file de la première escadrille de patrouilleurs formée à Boulogne en février 1915. Le 30 mars 1915, à 30 milles au large entre Dieppe et Fécamp, la Sainte-Jehanne passe par-dessus le sous-marin allemand U 37. Voici le résumé de cette affaire par le site pages14-18 à qui nous devons nombre d'informations :
«Mars 1915 : Le navire croise le sous-marin U 37 et le « coule ». 
Des journaux français publièrent que le patrouilleur Sainte-Jehanne était passé au-dessus d’un sous-marin le 30 mars 1915 au voisinage de la côte française entre Fécamp et Dieppe alors que celui-ci cherchait à lui échapper en plongeant. Mais le Ministère de la Marine française questionné, a répondu le 13 Novembre 1928 en donnant tous les détails de la rencontre. Il en résulte que le patrouilleur Sainte-Jehanne a bien aperçu à 30 milles dans le NE de Dieppe le 30 mars 1915 un sous-marin qui ne peut-être que l’U 37. Celui-ci plongea à son approche avec une gêne très apparente et le patrouilleur français essaya de l’aborder. Mais le navire français ne ressentit aucun choc en passant à l’endroit de la plongée… La Sainte-Jehanne n’a pas coulé l’U 37. 
Cette destruction de l’U 37 par un patrouilleur français, si elle faisait du bien au moral des troupes chez qui, en temps de guerre, on a vite fait de claironner des victoires, est donc aujourd’hui à passer au compte profits et pertes !


Le navire-hôpital Sainte-Jehanne à Saint-Malo.
Source Les Navires-hôpitaux français au XXe siècle du docteur Gilles Barnichon (éditions MDV Maîtres du Vent).
French hospital ships during the XXth century 
(éditions MDV Maîtres du Vent)
En mai 1918, il est remis en état à l'arsenal de Brest. Rebaptisé Sainte Jeanne d’Arc le 17 mars 1921, il reprend ses activités de navire-hôpital et navire postal des œuvres de la Mer sur les bancs de terre-Neuve.
«En 1925, le Notre-Dame d’Uronéa, armateur la société des Armements Français et Coloniaux de Bayonne, enregistré à Saint-Pierre et Miquelon et commandé par le capitaine François Varlet, est armé à Fécamp pour Terre-Neuve en consignation par La Morue Française et Sécheries de Fécamp. Il quitte Fécamp le 19 mars. En 1929, le 26 mai, alors qu'il est en pêche, le navire-hôpital Sainte-Jeanne-d'Arc des Œuvres de Mer, l'aborde lui faisant des avaries et le remorque jusqu'à Saint-Pierre et Miquelon. 
Le 8 mai 1933, en pêche sur les bancs, le Notre-Dame d’Uronéa sombre, une voie d'eau s'étant déclarée à bord ; l’équipage est heureusement recueilli par le voilier anglais Chesleyr, de St. John (Saint-Jean de Terre-Neuve). Ce dernier, à court de vivre, remet l’équipage au quatre-mâts Zazpiakbat lui aussi en pêche, le capitaine Aristide Ollivier note : le 9 mai 1933, à 12 heures 30 le trois-mâts Chesleyr de St John passe près de nous ayant à bord l’équipage du Notre-Dame d’Uronéa. Le capitaine vient à bord et, après échange de radio avec la Sainte-Jeanne (le navire-hôpital), transbordé l’équipage en vue de son rapatriement sur Saint-Pierre. »(source association Fécamp Terre-Neuve)
En 1925, il est modifié afin de permettre des campagnes plus longues.
En 1934, pour des raisons financières, la société des Œuvres de Mer ne fut plus en mesure de réarmer le Sainte-Jeanne-d'Arc, ex-Sainte-Jehanne, il est vendu le 29 octobre 1935 a la démolition en Angleterre (d'autres photos sur le blog Navires-hôpitaux, cliquez ici).

vendredi 18 janvier 2013

Village de pêcheurs sur le Tonle Sap, près de Phnom Penh




La descente du Tonle Sap d'Angkor à Phnom Penh au Cambodge est l'une des plus belles croisières qu'il m'ait été donné de faire. Ce bras du Mékong qui inverse son cours en fonction des crues est habité par tout un peuple de pêcheurs vivant souvent sur de véritables villages flottants ou dans des maisons sur pillotis. Près de Phnom Penh, ces villageois-marins installent des barrages composé de roseaux et de barques entre lesquelles ils tendent leurs filets. La pêche est remontée par des cabestans à main ou couplés avec des moteurs de barques. (photos © Christian Mouquet)









  














A suivre

vendredi 17 juin 2011

Société de secours aux familles des marins naufragés

Société de secours aux familles des marins naufragés - Fête de charité de 1890
Société de secours aux familles des marins naufragés - Fête de charité de 1893

En 1879, Alfred de Courcy, président du Comité des assureurs maritimes de Paris, fonde la Société de secours aux familles des marins naufragés, reconnue d'utilité publique, le 12 mars 1880. Très nombreux et fréquents étaient les naufrages qui endeuillaient les familles de marins à cette époque. Depuis, la situation a heureusement évolué, la Société de secours s'est adaptée et est surtout sollicitée pour venir en aide aux familles de marins de la pêche.

En 1999, la Société absorbe l'Office des Pupilles de la Marine marchande et reprend les missions de celle-ci.
Grâce à une étroite collaboration avec l'Union sociale maritime et le Service social des pêches maritimes, elle distribue ses aides selon deux grandes orientations : les secours d'urgence et les secours scolaires. Elle siège à l'Enim.

vendredi 28 janvier 2011

Nouveau participant à notre blog

Comme nos lecteurs l'auront constaté, nous accueillons depuis hier un nouveau participant sur notre blog, le photographe ArNo Baltazar qui connait bien les choses de la mer comme en témoigne sa biographie.


Né à Reims le 25 août 1963, à l’âge de 18 ans, il entre en stage chez le photographe Robert Meule.

Déjà la passion de la photographie, le conduit à saisir tous les aspects de la cathédrale Notre-Dame de Reims, véritable joyau de l’Occident chrétien. Il expose pour la première fois dans une brasserie de la place Drouet d’Erlon, cœur vibrant de la jeunesse rémoise puis ArNo embrasse le métier d’antiquaire sans jamais abandonner son travail de photographe. Les hasards de la vie l’on conduit en Aquitaine, d’abord en Dordogne puis en Lot-et-Garonne. Il voue une passion dévorante à la mer, à l’océan, à la maîtrise de vieux gréements à l’amour de la vie tout simplement !

Après avoir navigué sur les eaux tumultueuses de Bretagne, c’est à bord de son voilier « Xavy », corsaire des années 1960, qu’il navigue depuis plusieurs années sur le bassin d’Arcachon découvrant sans cesse des sites, des rivages souvent ignorés des vacanciers qui foulent la presqu’île, qui foulent le bassin…

Membre actif depuis quelques années de l’Association «Voiles d’Antan du Bassin d’Arcachon», il milite avec tous les amoureux de bateaux traditionnels pour la sauvegarde, la restauration et l’entretien de ce patrimoine maritime qui a tendance à disparaître petit à petit et qui fait la gloire du bassin. Il n’oublie pas tout le patrimoine bâti comme les anciens chais ostréicoles qu’il faut défendre et sauver de la destruction. Son association en a sauvé quatre !

Il est de toutes les manifestations maritimes, de toutes les régates pour saisir l’instant magique des vieux gréements en action

Aujourd’hui, ArNo s’est pris de passion pour l’Algarve, terre de contrastes, baignée de soleil, balayée par les vents de l’océan, aux confins de l’Europe. Il y retrouve la mer, les bateaux traditionnels comme les « moliceiros » ou les « traineira » ainsi que des paysages grandioses à couper le souffle. Son projet, à très court terme, est de s’y installer, d’y vivre et d’y poursuivre son travail photographique, le regard inlassablement tourné vers les autres.


ArNo travaille avec un Nikon D 700 grippé. Un AF-S NIKKOR 24-70 mm f : 2.8G et un AF–R NIKKOR 70-200 mm f : 2.8G.

mercredi 8 juillet 2009

Pêcheur de cinéma, problèmes éternels

La Terra Trema (La Terre tremble) de Luchino Visconti, Italie (1948), tourné avec les pêcheurs de Aci Trezza (Sicile).
Rentré au pays après la guerre, Toni, fils aîné d'une famille sicilienne de pêcheurs fort pauvres, a des idées qu'il a ramenées de son séjour sur le continent. Il courtise Nedda, mais les parents de la jeune fille, relativement aisés, ne veulent pas d'un homme de sa classe, la dernière. Toni, après une première révolte qui échoue, décide de devenir propriétaire de sa barque et de ses outils de travail : il hypothèque la maison de ses parents, leur seul bien, et monte une affaire indépendante des grossistes qui exploitent les autres pêcheurs. Le défi ne fait que commencer...
Dans ce deuxième long métrage de Visconti, la fibre néo-réaliste met en avant la volonté des personnages confrontés à plus fort qu'eux et à de pesantes traditions, en marge des idéologies. Cela nous vaut cette affiche magnifique et le rappel que les problèmes de la pêche ne datent pas d'aujourd'hui !