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mardi 15 janvier 2013

25 décembre 1120 : Naufrage de la Blanche Nef

À la Noël 1120, un navire, la Blanche Nef, fait naufrage en sortant du port de Barfleur, en Normandie, du fait d'un pilote ivre. Parmi les victimes figurent les fils du roi Henri 1er Beauclerc, ainsi surnommé parce qu'il avait fait des études, chose rare à l'époque parmi les chevaliers.


Voilà l'histoire racontée par Vytas Kraujelis.
«Il est étrange de constater à quel point un bateau peut être lié au destin des hommes et des pays. Surtout lorsqu'il s'agit du Duc de Normandie, Guillaume le bâtard, qui grâce à sa flotte a pu débarquer sur les côtes d'Angleterre en 1066, et après la bataille de Hastings, s'emparer de la couronne royale. Ainsi, le bâtard est devenu Le conquérant.

La duchesse de Normandie, son épouse, traversa la mer pour se faire couronner reine. Elle portait en elle le quatrième prince, Henri 1er, qui sera le seul enfant de la nombreuse descendance de Guillaume Le Conquérant à naître dans "la pourpre", c'est à dire de parents sacrés et régnants.
Le fondateur de l'Abbaye de Mortemer Henri 1er (des siècles plus tard il sera surnommé Beauclerc, car il était savant) monte sur le trône d'Angleterre en l'an 1100, après la mort de ses deux frères, et en usurpant le droit de son frère Robert Courteheuse (la chausse courte).
Je ne saurais vous dire combien de fois il prit le bateau, qui était à l'époque l'unique lien possible entre la Normandie et l'Angleterre. Ses sujets demandaient sans cesse sa présence pour les secourir, pour mater les révoltes, pour négocier la paix, alors, en ce jour du 25 Novembre 1120, se préparant à embarquer du port de Barfleur, Henri 1er s'apprêtait à accomplir une action tout à fait banale, aussi banale pour lui qu'une chasse à cheval dans les forêts de Lyons. Le roi Henri allait entrer, triomphant, sur les terres de son royaume après avoir rétabli la paix en Normandie.
Le moine chroniqueur, Orderic Vidal, donne un récit tout a fait plausible des évênements qu'il relate en ces termes :
Thomas, fils d'Etienne, s'approcha du roi en lui disant que son père avait naguère eu l'honneur de guider le bateau qui transportait Guillaume Le Conquérant à travers la Manche. Il suggèra que le roi Henri essaye son bateau fraichement rénové : "la blanche nef". Henri refusa, mais en guise de reconnaissance pour d'anciens services rendus autrefois par son père, il proposa à Thomas de transporter ses fils, Guillaume Adelin et Richard.
Afin d'éclaircir la situation, je vous précise que Guillaume Adelin était le seul fils "légitime" du roi.
Sur la "blanche nef" s'embarquèrent également la fille naturelle du roi, Mathilde, contesse du Perche, ainsi que beaucoup de jeunes nobles du duché et du royaume.
L'équipage du bateau était ivre... non seulement de la joie d'embarquer l'héritier du trône, mais aussi du vin qu'ils avaient bu sans modération avec la jeune noblesse. Lorsque "la blanche nef" quitta le port de Barfleur, tous se mirent à inciter les marins à naviguer le plus vite possible pour dépasser le bateau royal qui majestueusement, fendait déjà les vagues.
La "blanche nef" heurta un récif. Le bateau coula, emportant avec lui la jeune noblesse, l'héritier du trône Guillaume Adelin, et tous les espoirs d'une paix conclue grâce au mariage du fils du roi avec Mathilde d'Anjou. Seul le boucher de Rouen, Burold survécut à cette tragédie. C'est de lui que nous savons que le capitaine, Thomas, apprenant que le prince s'était noyé, après avoir lâché les débris de son bateau, préféra se donner la mort en s'abandonnant dans les eaux glacées plutôt que d'affronter la colère du roi.
Le roi n'apprit la mort de son héritier et des ses enfants naturels que deux jours après son débarquement sur le sol d'Angleterre. Il tomba à terre. Une des nombreuses légendes qui courent à son sujet dit que le sourire quitta à jamais ses lèvres... C'est ce roi au visage triste qui fonda l'Abbaye de Mortemer aux alentours des années 1130.
Henri 1er Beauclerc mourut le 1er Décembre 1135 au château de Lyons. Ses entrailles sont enterrées à Notre Dame du pré à Rouen. Son corps embaumé traversa la Manche pour la dernière fois après Noël où il fût enterré dans l'Abbaye de Reading en Angleterre le 4 Janvier 1136. Dans le cortège funèbre, se trouvait Etienne de Blois, nouveau roi d'Angleterre et neveu d'Henri 1er.
Détail curieux... Etienne de Blois se trouvait à Barfleur le 25 Novembre 1120. Il aurait dû lui aussi embarquer sur la "blanche nef" mais préféra le bateau royal, plus calme, à la joyeuse compagnie de la jeunesse noble. Pourquoi ? Certains chroniqueurs affirment qu'il souffrait ce jour là d'une diarrhée aiguë ...

mercredi 8 août 2012

mercredi 1 septembre 2010

Il y a cent ans… Coubet, le premier dreadnought français

1911 Courbet en achèvement à Lorient

Courbet à son entrée en service en 1913

Courbet aprés sa première refonte en 1924



Juin 1944 Courbet sabordé sur les plages du débarquement en normandie 
(photos collection Alain V)

Il y a 100 ans était mis sur cale le Courbet, premier dreadnought français.
Le premier septembre 1910 était, enfin, mis sur cale le premier dreadnought français; enfin car c'était 5 ans après le Dreadnought britannique, prototype d'une nouvelle classe de cuirassés qui surclassait et rendait obsolète toutes les constructions antérieures. Le Dreadnought se distinguait par l'unité de calibre de l'artillerie principale permettant un tir groupé facilitant le réglage du tir; une bordée nettement plus conséquente; une vitesse de 20 nœuds minimum pour engager le combat dans les meilleures condition. En France, on ne suivit pas tout de suite cette voie, en 1906 soit alors même que le Dreadnought entrait en service, on mis sur cale une série de cuirassés de 18 000 t mais avec dualité de calibre: 4 canons de 305mm ,et 12 canons de 240 mm, qui atteignirent péniblement 20 nœuds aux essais, ce fut les six Danton qui lorsqu'ils entrèrent en service en 1911 étaient dejà dépassés.
L'ingénieur en chef H. Lyasse dés son arrivée à la direction des constructions navales en 1910 jeta les bases d'un programme de cuirassés de 23 500 t soit un accroissement de 30% par rapport aux Danton armés de 12 canons de 305mm ; ce fut les Courbet premiers dreadnought français.

Caractéristiques des Courbet :
-Longueur 166 mètres, largeur 27 mètres, tirant d'eau moyen arrière 9,04 mètres
-protection: ceinture cuirassée de 270 mm à 180 mm aux extrémités; tourelles blindées à 320 mm
-propulsion 24 chaudières chauffant au charbon alimentant 4 turbines développant 28 000 cv 4 hélices,vitesse 21 nœuds
-Armement 12 canons de 305mm portée 13 500 m, 22 canons de 138,6 mm en casemates, 4 canons de 47mm, 4 tubes lance-torpilles sous marins. Équipage 1115 hommes

Les Courbet seront construits en quatre exemplaires:
Courbet construit par l'arsenal de Lorient; sur cale le 1er septembre 1910; lancé le 23 septembre 1911; en service le 19 novembre 1913.
Jean-Bart construit par l'arsenal de Brest; sur cale le 15 novembre 1910;lancé le 22 septembre 1911;en service le 19 novembre 1913
Paris construit par FCM à La Seyne sur Mer;sur cale le 10 novembre 1911;lancé le 28 septembre 1912;en service le 1er aout 1914
France, construit par ACL à Saint-Nazaire;sur cale le 30 novembre 1911;lancé le 7 novembre 1912;en service le 10 octobre 1914

A l'exception du France disparu prématurément ces cuirassés feront l'objet de deux refontes qui modifieront considérablement leur aspect.
Courbet refonte de 1923/1924: chauffe au mazout; 305 mm accroissement de la portée à 26 000 m;installation d'un tripode et d'une direction de tir; les deux cheminées sont réunies en une seul haute et plus grosse; et refonte de 1927/1931 appareil propulsif rénové;direction de tir modernisée
Paris refonte de 1922/1923:chauffe au mazout partielle;305 mm portée à 26 000 m;installation d'un tripode et d'une direction de tir;première cheminée reculée;cheminées plus hautes;et refonte de 1927/1929 conduite de tir modernisée
Jean Bart refonte de1923/1925 ;et refonte de 1929/1931 identiques au COURBET

HISTOIRE DES COURBET

Pendant la Première Guerre mondiale, les COURBET sont affectés en méditerranée à la première armée navale commandée par l'amiral Boué de Lapeyrère,à l'exception en juillet 1914 d'une visite en Russie du Président de la République, Raymond Poincaré sur FRANCE, escorté par le JEAN BART.
En 1919 JEAN BART et FRANCE sont en mer noire
une mutinerie éclate à bord du FRANCE à Sébastopol le 19 avril 1919,le 25 juillet il rentre à Toulon ou un conseil de guerre juge les mutins.
Le 26 aout 1922 le FRANCE est perdue par accident de navigation au large de Quiberon il s'échoue sur une roche inconnue et chavire.
1923 COURBET est école de canonnage
A partir de 1934 les trois cuirassés sont affectés aux écoles en méditerranée:
-COURBET toujours école de canonnage
-PARIS école de timonerie et des chauffeurs
-JEAN BART école des électriciens et torpilleurs
1937 le JEAN BART est rebaptisé OCEAN;le nom de JEAN BART étant réservé au nouveau cuirassé de 35 000 t mis sur cale;il est désarmé en décembre 1937 est utilisé comme caserne à Toulon.
En juillet 1939. COURBET et PARIS toujours écoles rallient Brest
En mai 1940, COURBET et PARIS sont réarmés à effectif de guerre
Avec l'invasion allemande le 18 juin 1940 les deux cuirassé se réfugient en Angleterre
-COURBET à Portsmouth
-PARIS à Plymouth
Les deux cuirassés sont saisis par les britanniques le 3 juillet 1940 lors de l'opération Catapult
PARIS est utilisé par les britanniques comme base pour les patrouilleurs de Plymouth
COURBET est remis aux Forces Navales Françaises Libres le 10 juillet,est utilisé comme dépôt des équipages et participe à la défense anti- aérienne de Porsmouth
1942 le COURBET est désarmé
1942 L'OCEAN ex JEAN BART est à Toulon lors du sabordage de la flotte le 27 novembre 1942,il n'est pas sabordé mais remorqué à Saint- Mandier, il est touché par les bombardements américains de 1944 précédant la libération de Toulon.
l'épave sera démolie en 1945
1944 le 9 juin 1944, le COURBET remorqué depuis Portsmouth est sabordé comme bockship du port artificiel à Hermanville;lors du débarquement de normandie,l'épave sera démolie après la guerre.
1945, le PARIS est restitué à la France et remorqué à Brest, ou il sert de bâtiment base pour la flotte de la IIèm région maritime jusqu'en 1955.
Il sera démoli en 1956 à la Seyne sur Mer ou il a été remorqué.

Alain

mardi 19 mai 2009

Normandie

Quelques photos de Fécamp et d'Yport, lors de l'escapade normande au musée des terre-neuvas de l'équipe de Maîtres du Vent :