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lundi 23 décembre 2013

Le cuirassé d'escadre de premier rang Saint-Louis de la classe Charlemagne

Le cuirassé d'escadre Saint-Louis. Collection agence Adhémar
Le cuirassé d'escadre de premier rang Saint-Louis a déjà fait l'objet d'articles sur ce blog (cliquez ici) mais, une fois encore, nous avons voulu vous faire profiter de la qualité des photos de A. Bougault.
Saint-Louis est malheureusement connu pour avoir envoyer par le fond le sous-marin Vendémiaire (cliquez ici).
Une fois ses essais terminés, Saint-Louis effectue des manœuvres en Méditerranée, puis est affecté à l'escadre du Nord et enfin dans la 1re division de la 3e escadre. C'est lors d'un exercice avec d'autres bâtiments, qu'il éperonne et coule accidentellement le sous-marin français Vendémiaire le 8 juin 1912, tragédie qui coûte la vie aux 24 membres d'équipage du submersible. Par la suite, Saint-Louis est mobilisé lors de la Première Guerre mondiale, et participe à la bataille des Dardanelles en 1915, en bombardant les côtes de l'Empire ottoman. 
Après la guerre, le navire est mis en réserve puis désarmé à Bizerte, avant d'être ramené en France pour servir à l'entraînement des mécaniciens et chauffeurs de l'armée à Toulon. Condamné en 1920, il sert par la suite de ponton-caserne, puis est finalement vendu pour ferraille en 1932.

 Les sisters-ships de la classe Charlemagne, dessinés par Jules Thibaudier, directeur des Constructions navales de l'Arsenal de Brest.
La classe Charlemagne
Les trois cuirassés Pré-Dreadnought de la classe Charlemagne de la Marine nationale française furent le Charlemagne, lancé en 1894 et entré en service en 1895, le Gaulois et le Saint-Louis entrés en service en 1896. Ils furent les premiers cuirassés français à adopter l'agencement de deux grosses pièces de chasse et deux de retraite de calibre 305 mm Modèle 1893/96, que préféraient les Britanniques depuis une décennie, et une artillerie navale secondaire plus rationnelle, les canons étant séparés par des pare-éclats. Jusqu'au Bouvet inclus, qui fut le dernier vaisseau à être lancé avant les Charlemagnes, les cuirassés français étaient facilement reconnaissables à leur grosse pièce unique à chaque extrémité d'un pont supérieur court pour minimiser l'effet de souffle. Ils étaient dotés de deux larges cheminées.
Comme sur tous les navires français, la ceinture cuirassée était étroite, mais ne manquait pas de s'étirer sur tout la longueur de la coque. Toutefois, entre les bords inférieurs et supérieurs du cuirassage de la batterie, le renflement de la rentrée de muraille n'avait aucune protection. C'est à ce niveau que l'on trouvait un pont-abri au-dessus d'un pont pare-éclats. 
L'espace qui sépare les deux ponts était cloisonné cellulairement en vue d'éviter les risques d'inondation en cas de dégâts.

vendredi 22 octobre 2010

La catastrophe du Vendémiaire (8 juin 1912)

Cherbourg : catastrophe du 8 juin 1912. Sur la plage avant du cuirassé La Gloire, Monsieur Delcassé, ministre de la Marine à la passerelle de la chambre des cartes avant le salut aux morts du Vendémiaire.
Dans notre article précédent sur le sous-marin Pluviôse, notre ami Alain évoquait la catastrophe du Vendémiaire. En voici le détail.
Vendémiaire est un sous-marin de haute-mer de type Pluviôse. En cale à Cherbourg le 8 octobre 1905, il est lancé le 7 juillet 1910. Le 7 juin 1912, la 3e escadre, attachée au port de Brest, doit rejoindre Cherbourg pour de grandes manœuvres. Six cuirassés et trois croiseurs sous le commandement du Saint-Louis (voir notre blog) qui se dirigent vers le nord Cotentin. Ils ont pour cible amicale les sous-marins de la base de Cherbourg dont trois éléments quittent la grande rade le 8 juin à 4h du matin. Vendémiaire, commandé par le lieutenant de vaisseau Prioul, Méssidor et Floréal se rendent dans l’ouest du Cap de la Hague. A 5h, l’escadre passe la pointe nord-est d’Aurigny mais la brume est épaisse et la visibilité très réduite. Vendémiaire en immersion périscopique croit être dans l'alignement du Saint-Louis. Il n’en est rien. A bord du cuirassé, les hommes de quart voient le Vendémiaire surgir à l'avant de leur étrave. Sa manœuvre d’évitement est inutile, le sous-marin est littéralement coupé en deux au niveau du kiosque. L'avant coule aussitôt, l'arrière rague tout le coté bâbord du cuirassé avant de s'enfoncer. Le submersible emporte avec lui vingt-quatre marins par 53m de fond, interdisant toute opération de sauvetage.
Longueur 51,12m - largeur 4,97m - tirant d'eau 3,04m, déplacement 398tx en surface, 550tx en plongée - deux chaudières de 360 ch, deux moteurs électriques de 225ch - 5 nœuds en surface, 7,5 nœuds en plongée - Autonomie de 2000 miles nautiques - Equipage de 22 hommes et 2 officiers.

The Saint Louis was a pre-dreadnought capital battleship of the French Navy. She was laid down in 1893, launched in 1896, and completed in 1900 as the third battleship of her class, the Charlemagne class. The ship saw service in the First World War, and was scrapped in 1933. She accidentally rammed the French submarine Vendémiaire, killing 24.
French submarines of the Pluviôse Class including Ampère, Berthelot, Cugnot, Floréal, Fresnel, Fructidor, Gay-Lussac, Germinal, Giffard, Messidor, Monge, Papin, Pluviôse, Prairial, Thermidor, Vendémiaire, Ventose and Watt.

mardi 19 octobre 2010

Le submersible Pluviôse, perdu corps et biens devant Calais le 26 mai 1910

Le submersible Pluviôse, commandant Callot, commandant en second Engel, perdu corps et biens devant Calais le 26 mai 1910. 27 victimes dont le capitaine de frégate Prat, commandant de la station de sous-marins de Calais. (coll agence Adhémar)

Pluviôse, sous-marin français, premier de sa classe, fut construit par les chantiers de Cherbourg. Lancé le 27 mai 1905, il coula le 26 mai 1910 au large du port de Calais, percuté par le trans-Manche à aubes Pas-de-Calais*.
Dérivé du Narval, Pluviôse mesurait 51 mètres de long, possédait sept tubes lance-torpilles et pouvait atteindre dix nœuds en plongée et quinze en surface.
Le 26 mai 1910 à 13 heures 36, les Pluviôse et Ventôse se livrent à des exercices de plongée au large de leur base. Le sous-marin commence à faire surface lorsque le paquebot Pas-de-Calais l’atteint à l’arrière et éventre les caisses à eau et les réservoirs de naphte. La coque déchirée, l’eau s’engouffre très rapidement, faisant basculer le submersible qui ne tardera pas à couler malgré les efforts de l'équipage du trans-Manche. Des funérailles nationales sont organisées pour les victimes le 22 juin, des trains spéciaux amènent à Calais quatre-vingt députés et sénateurs, le président de la République Armand Fallières, le président du Conseil Aristide Briand, le ministre de la Guerre le général Jean Brun, le ministre de la Marine l’amiral Boué de Lapeyrère, des consuls, des officiers anglais, allemands, japonais, américains, etc. Après avoir été traîné de cale en cale, le Pluviôse est réparé à Cherbourg le 4 août 1910. Rendu à la navigation en janvier 1911, il est réaffecté à la première escadrille de sous-marins de la Manche. Pendant la guerre de 1914-1918, il patrouille le long du littoral français et au sud des côtes anglaises.
Désarmé le 12 novembre 1919, sa coque est utilisée à Cherbourg pour des essais de décompression puis est vendue à la casse le 4 septembre 1925.

Commentaire d'Alain: "Les 18 sous-marins du type Pluviôse ont été dessinés par l'ingénieur Maxime Laubeuf, inventeur du submersible à double coque. 
Le Vendémiaire a coulé suite à un abordage par le cuirassé Saint Louis le 8 juin 1912, dans le Raz Blanchart. Les 17 autres (Pluviôse, Germinal, Prairial, Thermidor, Fresnel, Ventose, Floréal, Messidor, Fructidor, Papin, Berthelot, Monge, Gay-Lussac, Cugnot, Ampére, Watt et Giffard) après quelques infortunes – outre le Pluviôse, le Fresnel en 1908 a aussi été coulé accidentellement et renfloué, ce qui a nécessité la suppression du tube lance torpilles d'étrave, cause de l' accident sur tous ces navires) – ont été condamnés en 1919.
Ils avaient une très bonne tenue à la mer mais leur propulsion à vapeur rendait la prise de plongée trop longue. Il a été remédié à cet inconvénient sur la série suivante des 16 Brumaire de même caractéristiques mais dotés de diesels."

Maquette du Pas de Calais réalisé par le club Modélisme naval du Calaisis.

*Le Pas-de-Calais fut mis à l'eau à Saint-Nazaire en novembre 1897 aux Ateliers et chantiers de la Loire, quelques semaines après son jumeau Nord. D'une portée en lourd de 1662 tonneaux, ces deux navires entamèrent leur carrière sur la ligne Calais-Douvres, entre décembre 1898 et février 1899, pour une longue suite de traversées quotidiennes du détroit au service de la Compagnie du Nord, puis après la Grande guerre, pour la Saga (Société anonyme de gérance et d'armement), simple correspondant maritime du chemin de fer. La carrière des deux derniers paquebots français à roues de haute mer s'acheva par leur démolition en 1923 pour le Pas-de-Calais et en 1925 pour le Nord.

mercredi 21 juillet 2010

Le cuirassé à tourelles Saint-Louis (1896)

Le cuirassé à tourelles Saint-Louis (1896)

Construit à Lorient, lancé en 1896, terminé en 1898, il sera retiré du service en 1932. Cuirassé d'escadre du type Charlemagne.
Caractéristiques: 11 200t, 14 500cv, 117,7 x 20,3 x 8,4m, plans Thibaudier, 20 chaudières Belleville, 3 machines, 3 hélices, 2 cheminées, 18 nds, 730 h.
Armement : quatre de 305, dix de 138, 8 de 100, 20 (divers), 2 TLT. (source pages 14-18)


De 1898 à 1908, Saint-Louis est en Méditerranée. Il rejoint l'escadre du Nord en 1909. Il est rattaché à la 1re division de la 3e escadre le 1er avril 1912. Le 8 juin, il coule accidentellement le sous-marin Vendémiaire. A partir du 2 août 1914, campagnes de guerre, particulièrement aux Dardanelles, bombardant au passage El Arish et Gaza. Mis en réserve spéciale et désarmé à Bizerte le 2 mars 1917. De janvier 1919 à 1931, il sert d'école des mécaniciens-chauffeurs. Bien que condamné depuis 1920, il sert toujours de ponton-caserne jusqu'au 29 juin 1931. Il est vendu pour démolition en 1932.

Alain a écrit :
Les cuirassés du type CHARLEMAGNE étaient trois pratiquement semblables,ce qui est rare dans la marine française de l'époque. - CHARLEMAGNE construit à Brest,lancé le 17octobre 1895,en service en 1897,comdamné en juin 1920. - GAULOIS construit à Brest,lancé le 6 octobre 1896,en service en 1898,participe également à la campagne des Dardanelles ou il est touché à plusieurs reprises par des tirs turcs et avarié par mines,il est torpillé et coulé le 27 décembre 1916 par le sous marin allemand UB47 en mer Egéé; les survivants sont sauvés par le patrouilleur ROCHEBONNE. - SAINT LOUIS fort bien décrit sur lequel il n'est pas nécessaire de revenir.