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mercredi 19 octobre 2011

Le croiseur néerlandais De Ruyter

Etrave du croiseur De Ruyter

Le croiseur De Ruyter, vue arrière

En 1925, les Pays Bas mettaient en service deux croiseurs de 6700 tonnes, Java et Sumatra. Le coût de construction de ces navires fit que le troisième prévu, Celebes, fut retardé d'année en année puis finalement annulé. Mais la Marine hollandaise avait besoin de trois croiseurs afin que deux soient toujours opérationnels. Il fallait donc réduire le coût pour faire accepter le budget nécessaire pendant la grande dépression. Pour ce faire, il fut prévu de construire un croiseur plus petit. Un premier projet d'un navire de 5 250 tonnes armé de 6 canons de 150 mm fut étudié, mais il fut jugé trop petit pour les besoins de la Marine. Un nouveau projet d'un croiseur de 6000 tonnes, armé de 7 canons de 150 mm, fut en fin accepté non sans mal et les crédits inscrits au budget 1932. Ce croiseur fut nommé De Ruyter et mis sur cale au chantier Wilton Fijenoord de Rotterdam en novembre 1933. Il est lancé le 11 mai 1935 et entre en service en juin 1936.
Caractéristiques du De Ruyter
Déplacement: 6 000 tw; 6442 t normal; 7548 t en pleine charge
dimensions: L.170,80 m; l.15,60 m; tirant d'eau 4,90 m
machines: 2 turbines à engrenage Parsons; 6 chaudières; 2 hélices
puissance 73 000 cv; vitesse 32 nœuds
mazout: 1000 t; rayon d'action: 5000 M à 12 nœuds
protection: ceinture 50 à 60 mm; pont blindé de 35 mm; blockhaus de 25 mm
armement: 7 canons de 150 mm pouvant être utilisés en canons AA, 10 x 40 mmAA, 8 x 12,7 mmAA, 1 catapulte et 2 avions. Equipage: 435 h
Il est stationné dans les Indes Néerlandaises, ou il devient navire amiral de la flotte le 25 octobre 1937.
Au début de la guerre, il patrouille à la recherche des navires marchands allemands réfugiés dans les eaux Indonésiennes. Après l'attaque japonaise sur Pearl Harbour, l'amiral Karel Doorman, commandant la flotte hollandaise, organise avec l'amiral américain Glassford la coopération entre les deux pays dans la sphère d'influence hollandaise.
Le De Ruyter participe à la protection des convois britanniques vers Singapour.
Il intègre la force combinée ABDA COM (américaine-britannique-hollandaise-australienne) qui est placée sous le commandement de l'amiral hollandais Karel Doorman.
Le 4 février 1942, cette flotte est attaquée par des bombardiers japonais près de Surabaya sans dommages pour le De Ruyter. Les 19 et 20 février, nouvelle attaque japonaise dans le détroit de Badung toujours sans dommages mais la chance ne devait pas durer. Le De Ruyter est coulé à la bataille de la mer de Java, victime des torpilles lancée par le croiseur lourd japonais Haguro, le 27 février 1942, entraînant la mort de 79 % de l'équipage, dont l'amiral Karel Doorman.
Alain

jeudi 8 septembre 2011

L'Arsenal de Saïgon en 1905.

Dans ma série rétrospective de nos grands ports de guerre au début du siècle passé, je vais vous présenter un arsenal situé bien loin de la métropole; celui de Saïgon.
La conquête de l'Indochine commence en 1859 par la prise de Saigon par l'amiral Rigault de Genouilly; en 1862 Saigon devient capitale de la Cochinchine française, et principal port d'Indochine,suite à l’expansion coloniale. L'escadre d’Extrême Orient y séjourne régulièrement.
Sur cette photo de 1905, on voit au milieu du chenal une canonnière de rivière, puis plus loin sur la gauche, la canonnière cuirassée Styx; elle se trouve depuis 1902 en disponibilité armée et est stationnaire à Saigon; elle sera désarmée et démolie sur place en 1919. Sur la rive en face, il y a trois croiseurs de l'escadre d’Extrême Orient; le plus proche derrière la canonnière de rivière est le croiseur Descartes reconnaissable à ses deux cheminées trapues; construit à Nantes,entré en service en 1897, il a été affecté à l'escadre d’Extrême Orient en 1904 en remplacement de son sister-ship le Pascal; il rentrera à Toulon en 1907. Derrière le Descartes une vieille connaissance des lecteurs de ce blog, le croiseur protégé Guichen,reconnaissable à ses quatre cheminées par groupes de deux et ses trois mats; il perdra son mat central en 1906; je rappelle qu'il a été construit à Saint- Nazaire, lancé en mai 1898, et qu'il est entré en service en 1902, après des essais assez difficiles. En janvier 1905, il a quitté Brest, il est arrivé à Saigon en mars 1905; il regagnera Brest en septembre 1907. Le troisième croiseur que l'on aperçoit derrière le Styx et le croiseur cuirassé Montcalm du type Gueydon, construit à la Seyne, entré en service en 1901, il est affecté à l'escadre d'Extrême Orient de février 1903 à 1906, il sera rayé en 1926, mais continuera à servir; en 1931 il devient annexe de l'école des apprentis; de septembre 1934 à juin 1940, il est caserne de l'école des mousses à Brest, prenant en octobre 1934 le nom de Tremintin, il sera détruit en 1942/1943 par les allemands occupant Brest.


Remarquez la couleur presque blanche des croiseurs affectés dans les colonies, alors qu'à la même époque les navires en service en métropole ont la coque noire.



Alain

mardi 6 septembre 2011

Le bassin Napoléon III de l'arsenal de Cherbourg en 1904.


Le bassin Napoléon III de l'arsenal de Cherbourg en 1904

Dans ma série rétrospective de nos grands ports de guerre au début du siècle passé, je vous présente maintenant une photo du bassin Napoléon III de l'arsenal de Cherbourg en 1904. On distingue de gauche à droite: le croiseur protégé Chateaurenault entré en service en 1900 reconnaissable à ses quatre cheminées qui lui donne une allure de paquebot, il a été conçu comme croiseur corsaire tout comme le Guichen que les lecteurs de ce blog connaissent bien, il a les mêmes caractéristiques, bien que sa silhouette soit très différente, le Chateaurenault terminera sa carrière torpillé par le sous-marin allemand UC38 le 14 décembre 1917, en mer Ionienne. Devant lui, le croiseur cuirassé Dupleix du type Kléber en service depuis 1903 qui sera condamné en 1923. A droite face au Dupleix, la silhouette trapue du cuirassé Neptune entré en service en 1892, rayé en 1908 et qui finira coulé comme cible en 1913. On peut également voir à couple du Chateaurenault, en regardant attentivement parce qu'il est très peu visible, l'aviso torpilleur Epervier du type Condor datant de 1888 qui sera démoli en 1911 à Cherbourg.
Alain

samedi 13 août 2011

La Marine espagnole pendant la guerre civile 2/4


Le cuirassé républicain Jaime I. L'Espana nationaliste était semblable. Tous les deux disparaitront en 1937.


Le croiseur lourd Baléares qui seront coulé le 6 mai 1938. Le Canarias était du même type, ce dernier ne sera rayé qu'en 1975.


L'Almirante Cervera nationaliste était du même type que les républicains Libertad, ex-Principe Alfonso et Miguel de Cervantes. Il sera rayé en 1965. (photos collection Alain V)

Caractéristiques des principaux navires espagnols ayant participés aux opérations:
(N)=nationaliste - (R)=républicain.
2-Les cuirassés et les croiseurs:
Cuirassés
Espana (ex-Alfonso XIII) et Jaime I sont les survivants d'une série de trois. Un premier Espana ayant fait naufrage sur les cotes du Riff en août 1923.
-(N) Espana (ex-Alfonso XIII) est mis sur cale en 1909 au chantier du Ferrol, lancé en 1913, en service en 1915, il est coulé par mine le 30 avril 1937.
-(R) Jaime I est mis sur cale en 1909 au chantier du Ferrol, lancé en 1914, en service en 1921, il est coulé par explosion interne, le 27 juin 1937.
Construits sur des plans britanniques, comme la plupart des navires construits à l'époque dans les chantiers espagnols, la construction a été très lente.
Déplacement 14 224 tw
dimensions: L. 140 m; l. 24 m; tirant d'eau 8,08 m
puissance 20 000 cv; vitesse 20 nœuds, turbines Parsons; 4 hélices; 12 chaudières Yarrow
protection: ceinture cuirassée 230mm au centre, 100mm à l'avant et 75mm à l'arrière; tourelles 254mm; ponts blindés de 48 mm et 25 mm.
armement:
8 canons de 305 mm en 4 tourelles doubles
20 canons de 102 mm en casemates
2 x 76 mmAA
2 x 47 mmAA
10 mitrailleuses de 7 mm
équipage: 854 h
Croiseurs lourds
-(N) Canarias et Baléares sont des sister-ships, mis sur cale en 1928 au chantier du Ferrol, ils sont dérivés du type Kent britannique, lancés en 1931et 1932 respectivement, ils sont entrés en service en octobre 1936
Canarias est rayé en 1975
Baléares est coulé le 6 mai 1938, par des torpilles du destroyer Lepanto
Déplacement 10 000 tw; 12 230 tonnes en pleine charge
dimensions L.193,90 m; l. 19,51 m; tirant d'eau 6,32 m
puissance 90 000 cv; vitesse 34 nœuds, turbines à en grenages Parsons; 8 chaudières Yarrow; 2 hélices, rayon d'action 8 000 miles à 15 nœuds.
protection: ceinture de 51 à 38 mm; ponts blindés de 62,5 mm; soutes à munitions 102 mm; tourelles 25 mm
armement
8 canons de 203 mm en 4 tourelles doubles
8 canons de 120 mm en affuts simples
8 x 40 mmAA
12 tubes lance-torpilles
1 catapulte et 2 avions étaient prévus, mais n'on jamais été installés
équipage 765 h
Croiseurs légers
-type Principe Alfonso
Libertad
(ex-Principe Alfonso), Almirante Cervera et Miguel de Cervantes étaient semblables. Construits au chantier du Ferrol sur plans anglais, ils sont dérivés de la classe E britannique.
-(R) Libertad (ex-Principe Alfonso) est mis sur cale en août 1922, lancé le 3 janvier 1925 et entre en service en décembre 1925, renommé Galicia en 1939, il est rayé en 1970.

-(N) Almirante Cervera est mis sur cale en novembre 1922, lancé le 16 octobre 1925 et entre en service en mai 1927, il est rayé en 1965.
-(R) Miguel de Cervantes est mis sur cale en avril 1926, lancé le 19 mai 1928 et entre en service fin 1930, il est rayé en 1964.
Déplacement 7 475 tw; 9 240 tonnes en pleine charge
dimensions L.176,62 m, l.16,6 m, tirant d'eau 5,03 m
puissance 83 000 cv; vitesse 34 nœuds, turbines à en grenages Parsons; 8 chaudières Yarrow; 4 hélices, rayon d'action 5 000 miles à 15 nœuds
protection ceinture 76 à 38 mm; pont blindé 25 mm; masques 25mm
armement
8 canons de 152 mm(3x2 + 2x1)
4 canons de 102 mmAA
2 x 47 mmAA
3 x 20 mmAA
12 tubes lance-torpilles
équipage 566 h
-type Mendez Nunez
-(R) Mendez Nunez appartenait à une série de deux. Le Blas de Lezo du même type a coulé au Cap Finisterre le 11 juillet 1932, construit sur plans anglais, il s'apparente aux séries C et D des programmes de guerre britanniques, construit au Ferrol mis sur cale en septembre 1917, lancé le 3 mars 1923, il entre en service en 1924, il est rayé en 1964.
Déplacement 4 509 tw; 6 045 tonnes en pleine charge
dimensions L.140,80 m, l.14,02 m, tirant d'eau 4,72 m
puissance 45 000 cv; vitesse 29 nœuds, turbines à engrenages Parsons, 12 chaudières Yarrow, 4 hélices, rayon d'action 5 000 miles à 13 nœuds
protection ceinture 76 mm au plus fort
armement
6 canons de 152 mm en affuts simples
4 x 47 mm
4 mitrailleuses
12 tubes lance-torpilles
équipage 320 h
-type Reina Victoria Eugenia
-(N) Republica (ex-Reina Victoria Eugenia) seul de son type, est indiqué ici pour mémoire, car en refonte pendant la guerre civile jusqu'en 1938, il n'a pratiquement pas participé aux événements, c’était un croiseur construit sur plans anglais, dérivé des town britannique de la période 1910/1914, construit au Ferrol, mis sur cale en 1915, lancé en avril 1920, entré en service en janvier 1923, il est renommé Navarra en 1938, il est rayé en 1955.
Déplacement 4 857 tw, 6 348 tonnes en pleine charge
dimensions L.140,80 m, l.15,22 m, tirant d'eau 5,60 m
puissance 25 500 cv; vitesse 25,5 noeuds, turbines Parsons,12 chaudières Yarrow, 2 hélices
armement après refonte:
6 canons de 152 mm
4 canons de 88 mmAA
4 x 20 mm
4 tubes lance torpilles
Alain

mercredi 20 juillet 2011

Le croiseur de troisième classe Infernet, en réserve à Rochefort-sur-Mer au début du XXe siècle

L'Infernet à Rochefort-sur-Mer (coll. agence Adhémar)
Dans un article précédent, signé de notre ami Alain, nous abordions le sujet de l'échouement de l'Infernet aux Sables d'Olonne. Il était précisé qu'il avait été d'abord placé en réserve en janvier 1906 à Rochefort-sur-Mer, en voici une image.

mardi 5 juillet 2011

Primauguet et les croiseurs du type Duguay-Trouin


Le croiseur Duguay-Trouin en 1947, à son départ pour l'Indochine, il présente les transformations effectuées pendant la guerre, notamment la suppression du mât arrière, des installations pour aviation et le renforcement de la DCA.


Le croiseur Lamotte-Picquet en 1938 à Haiphong.


Le croiseur Primauguet en 1929, qui présente encore la silhouette d'origine de ces navires.
(photos collection Alain V)

Suite à mon article sur le renflouement à Casablanca, du croiseur Primauguet, du type Duguay-Trouin, je vais vous rappeler les caractéristiques de ces navires, au nombre de trois: Duguay-Trouin, Lamotte Picquet et Primauguet et vous raconter succinctement leur histoire. Toutefois, celle-ci recoupant plusieurs articles de ce blog, je vous invite à vous y reporter, pour éviter les redites.
Ces croiseurs appartenaient au programme naval de 1922, le premier voté après la Première Guerre mondiale et l'un des plus importants puisqu'il comprenait, outre ces trois croiseurs, 6 contre-torpilleurs, 12 torpilleurs, 12 sous-marins et la transformation de l'ex-cuirassé Béarn en porte-avions.
-Le Duguay-Trouin est mis sur cale à l'arsenal de Brest le 4 août 1922. Lancé le 14 août 1923, il entre en service le 2 novembre 1926.
-Le Lamotte Picquet est mis sur cale à l'arsenal de Lorient le 17 janvier 1923. Lancé le 21 mars 1924, il entre en service le 5 mars 1927.
-Le Primauguet est mis sur cale à l'arsenal de Brest le 16 août 1923. Lancé le 21 mai 1924, il entre en service le 1er avril 1927.
Caractéristiques de ces croiseurs:
Déplacement: 7249 tw; 8 760 tonnes en pleine charge
dimensions: 181,3m x 17,5m x 6,14 m
puissance: 102 000 cv; vitesse 34 nœuds
machines: turbines à engrenages Parsons; 4 hélices; 8 chaudières Guyot
mazout: 1500 tonnes; rayon d'action: 4 000 miles à 15 nœuds
effectif: 27 officiers et 551 hommes
armement: 8 canons de 155 mm en 4 tourelles doubles portant à 26 000 m
4 canons de 75 mm AA
12 tubes lance-torpilles en 4 affûts triples
1 catapulte et 2 avions.

Les faits marquants de l'histoire de ces navires:
-Le Duguay-Trouin est à Alexandrie en juin 1940 avec la Force X (voir le blog ). En septembre 1943, il reprend le combat après une première modernisation effectuée à Casablanca. En août 1944, il participe aux opération de soutien du débarquement en Provence (voir le blog), en avril 1945, il est affecté à la Flank Force qui combat les forces allemandes et italiennes le long de la Riviera italienne; il est en grand carénage de novembre 1945 à avril 1947; en mai 1947, il est envoyé à Madagascar, ou il y a des troubles pour participer au retour de l'ordre; en novembre 1947 il arrive à Saigon; il restera en Indochine jusqu'en septembre 1951, il rentre alors à Toulon pour être désarmé; il est condamné en 1952, et vendu à la démolition en 1953, à l'issue d'une belle et longue carrière.
-Le Lamotte Picquet est affecté fin 1935 à la flotte d’Extrême Orient, où il restera jusqu’à la fin de sa carrière. En janvier 1941, il se distingue à la bataille de Koh Chang ou avec 4 avisos il défait la flotte thailandaise (voir détail sur le blog Adhemar); en 1942 il est désarmé à Saigon, isolé de la métropole, ne pouvant être entretenu, surveillé par les japonais, ne pouvant même être ravitaillé en mazout, il est coulé le 12 janvier 1945 par la Task Force 38 américaine, l'épave était toujours présente en 1954 dans le Donnai, lorsque la France quitta l'Indochine.
-Le Primauguet effectue en 1927 les essais de catapulte orientable installés pour la première fois à bord d'un navire de guerre français; en avril 1932 le Primauguet est affecté à la flotte d’Extrême Orient, jusqu’à la fin de 1935; puis de septembre 1937 à juillet 1939; en juin 1940 lors de l'armistice, le Primauguet se trouve au Maroc, il y restera jusqu’à la fin de sa carrière. En décembre 1941, il entre en carénage à Casablanca, celui ci se poursuivra lentement faute de moyens. Le 8 novembre 1942, le Primauguet appareille sans que les travaux en cours aient été terminés, pour tenter de s'opposer au débarquement des Alliés en Afrique du Nord, il est bombardé par l'aviation américaine de la Task Force 34, et s'échoue en feu à la sortie du Port de Casablanca, faisant 90 morts dont son commandant et 200 blessés. Nous avons vu que son épave restera sur place jusqu’à nos jours.
Alain

lundi 4 juillet 2011

L'épave du croiseur Primauguet...suite.

Pour la bonne compréhension,voici le plan des épaves dans le port de Casablanca, après l'opération Torch au soir du 8 novembre 1942, l'épave du Primauguet se trouve à droite près de la jetée transversale.

Une vue aérienne récente du port de Casablanca, on voit qu'un grand terre- plein a été gagné sur la mer;au milieu de ce terre- plein à droite, l'espèce de lac rectangulaire est l'emplacement de l'épave du Primauguet.
Comme suite à mon article sur le renflouement de l'épave du croiseur Primauguet, sur la foi d'une information trouvée sur internet, mais intrigué par le fait que cette affaire ressorte presque 70 ans après le naufrage, j'ai voulu en savoir plus sur cette épave; et je vous livre le résultat de mes recherches.
Le 9 mai 1951 l'administration française des Domaines a mis en vente les restes du croiseur; il semble que les superstructures aient été arasées à ce moment la; seule subsiste la partie submergée de la coque.
Dans un article intitulé" Ignorance,Epaves et Ports du Maroc", Monsieur Najib Cherfaoui, Ingénieur des Ponts et Chaussées, expert maritime, donne une réponse à mes interrogations. Voici quelques extraits de son article, relatifs à l'épave du Primauguet .
L'épave se trouve à 150 mètres du trait de cote par des fonds de 4 mètres.
Les responsables du port de Casablanca croient" naïvement" selon Monsieur Cherfaoui, qu'il s'agit "d'un bateau plein de munitions",d'où cette épave qui va pendant 60 ans contrarier le développement du port.
Un terminal est construit de 1991 à 1997 sur un terre plein, qui englobe l'épave du Primauguet; mais craignant toujours de toucher celle ci, l'épave est laissée dans un "étang intouchable de 10 ha" au milieu du terre plein .
Cette" tombe" comme l'appelle Monsieur Cherfaoui, n'aurait été comblée qu'en 2008.
Ne me demandez pas pourquoi cette affaire, ressort en 2011, il est bien évident que ces assertions n'engagent que Monsieur Cherfaoui.
Alain

vendredi 1 juillet 2011

L'épave du croiseur Primauguet renflouée à Casablanca


Le croiseur Primauguet en 1937



Scène pathétique le 8 novembre 1942, le Primauguet tente d'échapper aux attaques de la Task Force 34, mais succombera à des forces infiniment supérieures. (photos collection Alain V)


Une information qui interpelle les amateurs d'histoire maritime de la Seconde Guerre mondiale.
Le renflouement de l'épave du croiseur Primauguet a été annoncé ce 29 juin 2011 sur internet, suite aux travaux d'aménagement du quai à conteneurs du port de Casablanca.
Cette nouvelle qui est passée inaperçue intéressera certainement les passionnés d'histoire. Ce croiseur de 8000 tonnes du type Duguay-Trouin (voir sur notre blog) avait été coulé par la Task Force 34 de l'US Navy lors de l'opération Torch le 8 novembre 1942, comptant 90 morts dont son commandant et 200 blessés.
Vu l'état de l'épave et le temps passé, je pense qu'il ne doit plus rester grand-chose de notre ancien croiseur, il serait intéressant de trouver des photos de ce renflouement, si un lecteur de Casablanca nous lit, merci d'avance pour toute collaboration.
Alain

samedi 9 avril 2011

Le croiseur Colmar était, lui aussi à Tokyo en septembre 1923


Le croiseur Colmar en 1922

A propos du séisme de septembre 1923 au Japon et de la présence sur place du paquebot André Lebon (voir notre blog), il est aussi question du croiseur Colmar de la division navale d'Extrême-Orient. Je vais vous présenter ce navire assez peu connu, qui nous a été cédé en 1920, en application du traité de paix.
Le Colmar était l'ex-croiseur léger allemand Kolberg, appartenant à une série de quatre; Kolberg, Mainz, Koln et Augsburg. Le Mainz et le Koln ont été coulés à la bataille d'Héligoland le 28 aout 1914 et l'Augsburg a été démoli en 1922 .
Caractéristiques du Colmar: déplacement 4 350 tonnes - dimensions:L.130 m l. 14 m; tirant d'eau 5,1 m machines: turbines de 30 000cv; vitesse 26 noeuds; équipage 366 h.
Le Kolberg est mis sur cale en 1907. Il est lancé le 14 novembre 1908 aux chantiers Schichau de Danzig. Il est terminé en 1910, en 1916-1917 il est refondu à Kiel, les 12 canons de 105mm d'origine sont alors remplacés par 6 canons de 150 mm; son armement comprend également 2 canons de 75 mm et 2 tubes lance-torpilles.
Il se rend le 5 novembre 1919 et est intégré dans la marine française le 29 avril 1920 à Cherbourg ou il prend le nom de Colmar. Il est affecté à la division d'Extrême-Orient en mer de Chine et du Japon. Le 21 juillet 1927, il est rayé et est démoli en 1929 à Brest.
Alain

mardi 29 mars 2011

29 mars 1941, la bataille du cap Matapan


Fiume (au 1er plan), Zara et Pola, les trois croiseurs coulés à la bataille du cap Matapan



Les croiseurs Fiume, Zara et Pola, côte à côte à Naples en 1938



Le porte-avions britannique Formidable dont les avions ont permis la victoire du cap Matapan
(photos collection Alain V)

La bataille du cap Matapan, qui s'est déroulée les 28 et 29 mars 1941, mit aux prises la Marine italienne et la Royal Navy, au large du cap Matapan, au sud du Péloponnèse. Les Italiens font le siège de Malte, base navale et aérienne britannique, d'où ceux-ci peuvent facilement attaquer les convois de l'Axe vers la Libye. Les Britanniques soutiennent la résistance grecque face à l'attaque italienne commencée en octobre 1940, en envoyant des convois au départ d'Alexandrie leur base principale en Méditerranée vers Le Pirée. Les Italiens décident donc d'envoyer leur flotte attaquer les convois britanniques.
Sur le papier, la flotte italienne est largement supérieure à l'escadre britannique en Méditerranée. Les Italiens disposent de deux cuirassés modernes de 35 000 tonnes, de 7 croiseurs lourds, de nombreux croiseurs légers et destroyers plus rapides que les britanniques, et tous des bâtiments modernes.
Les Britanniques ne peuvent aligner qu'un porte-avions le Formidable, 3 cuirassés anciens le Barham, le Valiant et le Warspite du type Queen Elizabeth, datant de la Première Guerre mondiale mais modernisés (sauf le Barham), et 9 destroyers.
Toutefois lors de l'affrontement qui a lieu le 28 mars entre les deux flottes, le porte-avions Formidable va faire la différence. L'amiral Cunningham qui commande la flotte britannique envoie les avions torpilleurs du Formidable à l'attaque du cuirassé Vittorio Veneto, qui échappe de peu aux torpilles et l'amiral Iachino qui commande la flotte italienne se replie. Les bombardiers-torpilleurs britanniques les poursuivent et le cuirassé Vittorio Veneto est atteint par une torpille qui l'oblige à ralentir à 12 noeuds; le croiseur lourd Pola est stoppé par une torpille dont l'explosion a noyé ses machines. L'amiral italien détache alors la 1ère division de croiseurs pour soutenir le Pola en détresse.
La suite de la bataille va se passer dans la nuit du 28 au 29 mars 1941. Les croiseurs lourds Zara et Fiume attendent le Pola pour lui venir en aide. Démunis de radars, ils n'ont pas vu venir les cuirassés de l'amiral Cunningham. Le Warspite, le Valiant et le Barham les surprennent en pleine nuit, les projecteurs des batiments britanniques les illuminent brusquement et les croiseurs sont proprement exécutés à coups de 380 mm. Le Pola, toujours immobilisé, et les contre-torpilleurs de l'escorte, Alfieri et Carducci, sont coulés par les torpilles des destroyers britanniques Jervis et Nubian. Le cuirassé Vittorio Veneto sera, lui, sauvé par la nuit, les avions du Formidable ne le retrouvant pas. L'amiral Iachino, arrivé à Tarente, apprit par la radio la perte de cinq de ses navires.
Cette victoire totale des Britanniques, alors que la supériorité navale semblait acquise aux Italiens, est à mettre à l'actif de leur unique porte-avions et de leurs radars. L'un et les autres manqueront aux Italiens pratiquement jusqu'à la fin de la guerre, un essai de radar sera bien tenté par ces derniers en 1942 mais il est déjà trop tard.

Caractéristiques des croiseurs du type Zara
11500 tonnes à 11900 tonnes; 14200 tonnes à 14600 tonnes en pleine charge
(10 000 tonnes déclarés officiellement)
dimensions: L 182,82 m; l. 20,62 m; tirant d'eau 6,15 m
puissance : 95 000 cv; vitesse 32 noeuds - machines turbines à en grenages Parsons; 8 chaudières Yarrow; 2 hélices; mazout 2 200 tonnes
effectif: 30 officiers et 800 hommes
protection: ceinture cuirassée de 150 mm au plus fort; pont blindé de 70 mm; tourelles 150 mm
Armement: 8 canons de 203 mm 12 canons de 100 mm 8 x 37 mmAA 8 x 13,2 mmAA 1 catapulte; 2 avions

Zara est mis sur cale en 1929 à La Spezia; lancé le 27 avril 1930; en service en octobre 1931
Fiume est mis sur cale en 1929 à Trieste; lancé le le 27 avril 1930; en service en novembre 1931
Pola est mis sur cale en 1931 à Livourne; lancé le 5 décembre 1931; en service en décembre 1932
Un quatrième croiseur, le Gorizia dû à des travaux d'entretien à la Spezia de ne pas participer à la bataille du cap Matapan. (Voir également "Les croiseurs lourds italiens" sur le blog Adhémar).

Alain

samedi 19 mars 2011

Gotland, croiseur suédois porte-hydravions

Le croiseur porte hydravions Gotland à son entrée en service, la longue plage arrière permet de stocker 8 hydravions Osprey Hawker.

Cette vue aérienne du Gotland permet de voir le détail des installations aviation: a partir de la poupe, on distingue successivement: la grue de hissage des hydravions; les Osprey ailes repliées; la catapulte de lancement, et la tourelle arrière de 152mm.


Le Gotland après refonte, les installations aviation et les hydravions ont été débarqués, et remplacés par une DCA renforcée.(photos collection Alain V)

La marine suédoise présente un intérêt certain, parce qu'elle fait construire des navires originaux et intéressants à plus d'un titre; qui ne sont pas comme souvent dans les petites marines, des copies des unités conçues par les grandes nations maritimes, mais au contraire sont bien adaptés aux spécificités et aux besoins locaux, tout en ayant une silhouette agréable et équilibrée; il en est ainsi du croiseur porte-hydravions Gotland.

Les études pour un navire porte- hydravions ont commencée en Suède en 1926; un premier projet d'un navire de 5 000 tonnes présenté en 1927, est rejeté comme trop coûteux, il est remplacé en 1930 par un projet moins ambitieux, qui est accepté; le Gotland est construit à Gotaverken, il est lancé le 14 septembre 1933, et mis en service le 14 décembre 1934. Il transportait sur une longue plage arrière, 6 hydravions Osprey Hawker, sa capacité était de 8, mais la marine Suédoise n'a pu s'en procurer que 6, le modèle n'étant plus produit.
Les hydravions étaient exposés au mauvais temps, ce obligeait souvent le navire à rentrer au port.

Au cours de la seconde guerre mondiale, le Gotland a aperçut le cuirassé allemand Bismarck s’échappant de la mer Baltique, son message adressé à l’Amirauté Suédoise a été intercepté par les britanniques, qui ont ainsi été informés de sa présence dans l'Atlantique, et ont entrepris sa poursuite.
En 1944, le Gotland subit une importante refonte, l'absence d'hydravions modernes, susceptibles de remplacer les vieux Osprey, conduit à faire du Gotland un croiseur anti aérien, il est réarmé après refonte en 1946. Au cours de celle ci, les installations aviations sont remplacés par une artillerie anti aérienne de 4 x 40 mmAA et de 2 x 20 mmAA.

Après la seconde guerre mondiale, il est utilisé comme navire- école. En 1953/1954, il est modifié pour servir de navire de commandement en temps de guerre, et d'entraînement en temps de paix; à cette occasion, les 2 canons de 152 mm en casemates, de chaque coté de la passerelle, sont supprimés, des affûts de 40 mmAA supplémentaires sont ajoutés, et les tubes lance torpilles débarqués en 1946 sont rétablis.
Le Gotland est mis en réserve en 1956, il est rayé en 1960; vendu en 1962, et démoli en 1963.

Caractéristiques:
déplacement: 4 600 tonnes
dimensions: 134,75 m; l.15,43 m; tirant d'eau 4,50 m
machines: turbines à engrenages Laval; 4 chaudières Penhoet timbrées à 20 kg
puissance: 33 000 cv; vitesse 27,5 nœuds; 2 hélices
protection: ceinture 28 mm; artillerie 51mm.

Armement à l'origine:
6 canons de 152 mm, (2tourelles doubles + 2 en casemates à l'avant)
4 x 75 mmAA
4 x 25 mmAA
4 x 8 mmAA
6 tubes lance torpilles
100 mines
1 catapulte, 8 hydravions (6 embarqués effectivement)
équipage 454 h

Armement en 1946
6 canons de 152 mm
4 x 75 mmAA
8 x 40 mmAA
12 x 25 mmAA
2 x 20 mmAA
(les tubes lance torpilles, et hydravions sont débarqués)

Armement en 1955
4 canons de 152 mm (les casemates sont supprimées)
13 x 40 mmAA
2 x 25 mmAA
6 tubes lance torpilles (rétablis)

Alain

jeudi 3 mars 2011

Les "Jeanne d'Arc" 2/3 Le croiseur léger

Le croiseur léger Jeanne d'Arc en 1931

Le croiseur léger Jeanne d'Arc en 1952, comparer avec la photo en 1931, le mât arrière à disparu, à la place se trouve des pièces de 40 mmAA, installées en 1943. (photos collection Alain V)



Les "Jeanne d'Arc", navires-écoles d'application. 1931/1964: Le croiseur léger
Un croiseur spécialement conçu comme navire école, mais susceptible en temps de guerre de remplir les missions dévolues à un croiseur léger est inscrit au programme naval de l'année 1926, il est destiné à remplacer le vieux croiseur cuirassé à bout de bord; d'abord nommé E1; M.Raymond Poincaré, Président du Conseil, a demandé que le nom de Jeanne d'Arc soit donné au nouveau croiseur école. Il est mis sur cale le 31 aout 1928, au chantier de Saint Nazaire-Penhoet. Lancé le 14 février 1930, armé pour essais le 15 décembre 1930, et admis au service actif le 6 octobre 1931.

Ecole d'application de 1931 à 1939 et de 1946 à 1964.
Il effectue 8 campagnes de 1931 à 1939.
Le 24 aout 1939, la Jeanne d'Arc prend l'effectif de guerre; des le 14 septembre la Jeanne affectée au théâtre d'opération de l'Atlantique Ouest, arrive à Fort de France, elle porte la marque de l'amiral Robert, qui est nommé le 2octobre 1939, haut commissaire de la République aux Antilles et Guyane française; jusqu'au 12 avril 1940, elle effectue des missions d'escorte dans les eaux antillaises. Elle passe par Casablanca pour rentrer sur Brest, ou elle arrive le 26 avril 1940; elle est en carénage jusquau 20 mai 1940; des le 21 mai, elle appareille en compagnie du croiseur Emile Bertin pour des transports d'or de la Banque de France, à destination d'Halifax au Canada, le 16 juin elle appareille en compagnie du Béarn pour Brest, mais est détournée sur Casablanca, et finalement sur Fort de France, ou elle se trouve immobilisée par l'armistice franco-allemand, en compagnie du Béarn et de l'Emile Bertin, jusqu'en juillet 1943.(cette période est détaillée sur ce blog, voir à Jeanne d'Arc)
Le 31 juillet 1943, la Jeanne d'Arc appareille pour Porto Rico, puis les Bermudes, le 1er septembre 1943, elle fait route vers Casablanca, puis Alger, ou sa DCA est renforcée, elle est placée à couple du navire atelier américain Vulcan; en deux jours, les installations aviation, la DCA d'origine, sont débarqués et remplacés par une DCA moderne de 6 x 40 mm Bofors, et 20 x 20 mm Oerlikon. Le 19 septembre 1943, les travaux a peine achevés, la Jeanne appareille pour Ajaccio avec 1 200 hommes de troupes, et 110 tonnes de matériel; jusqu'au 15 novembre 1943, elle effectue des mission de transport de troupes, et de matériel sur la Corse, participant activement à la libération de l'ile.
En début 1944, la Jeanne d'Arc effectue des missions de transport de troupes britanniques en Méditerranée occidentale; du 16 au 27 mai, elle est en réparations sur dock, le mat arrière est supprimé, la DCA est encore renforcée; puis elle reprend ses missions de transport de troupes; le 1er septembre, améne des membres du gouvernement à Cherbourg; nouvelles rotations Alger-Cherbourg, jusqu'au 24 septembre;du 1er au 20 octobre 1944, elle est en réparations à Alger; le 22 octobre, elle arrive à Toulon, et est affectée à la Flank Force, et effectue des missions de bombardement sur la cote ligure: 305 coups sur Camporosso; 84 sur Pietra Ligure;120 sur une batterie cotière. Apres un transport de troupes d'Oran à Toulon, elle reprend ses tirs sur la cote italienne; sa dernière mission de bombardement à lieu le 13 mars 1945; elle passe au bassin à Bizerte, y laisse sa ligne d'arbre bâbord fêlée; naviguant sur un arbre; la réparation est effectuée le 2 mai 1945.
Du 13 mai au 15 octobre 1945, elle effectue des missions de transport de troupes.
Du 17 octobre 1945 au 8 aout 1946, la Jeanne d'Arc est en carénage et remise en état pour pouvoir reprendre son rôle du temps de paix, d’école d'application.
Elle effectue 18 campagnes de 1946 à 1964.
A partir de 1952, un aviso colonial, ou un aviso escorteur, participe à la campagne de la Jeanne étant donné le nombre d'élèves officiers embarqués, en outre cela permet des exercices de navigation à plusieurs, de ravitaillement à la mer.
Le 16 juillet 1964, la Jeanne d'Arc est rayée, des le 15 septembre elle est mouillée à Landevennec en attendant sa vente.
Elle est condamnée le 25 mars 1965, et vendue à la société "les Abeilles" pour être démolie à La Seyne, le 6 janvier 1966, elle quitte Landevennec à la remorque de l'Abeille 15, et arrive à Toulon le 18 janvier 1966.

Caractéristiques du croiseur léger Jeanne d'Arc.
déplacement: 6 496 tw; 7 893 tonnes en pleine charge
dimensions: L.170 m; l .17,50 m: tirant d'eau 5,42 m
machines: turbines à engrenages Parsons; 2 hélices; 4 chaudières
puissance 32 500 cv; vitesse 25 nœuds; rayon d'action 5 000 miles à 14,5 nœuds
armement:
8 canons de 155 mm
4 canons de 75 mmAA
2 x 37mmAA
2 mitrailleuses de 8 mm
2 tubes lance torpilles
2 avions, sans catapulte
équipage 506 h +156 élèves

armement après transformations de septembre 1943
8 canons de 155mm
4 canons de 75mmAA
6 x 40 mmAA Bofors
20 x 20 mmAA Oerlikon

modifications de l'armement en mai 1944
+ 4 x 40 mmAA Bofors (total 10)
en 1954 2 x 40 mm débarqués(total 8)
en 1956 10 x 20 mm débarqués (total 10)


Alain

mercredi 9 février 2011

Les croiseurs soviétiques du type Sverdlov

Le Sverdlov dans son état d'origine,tous ces navires étaient semblables à leur entrée en service.


Le Zhdanov aménagé en 1972 en navire de commandement. Un système lance-missiles a remplacé la tourelle n°3 et de nombreux radars ont été ajoutés.



Dzerzinsky aménagé en 1961, avec un lance-missiles à la place de la tourelle n°3, ainsi que des radars de guidage.




Admiral Senyavin aménagé en 1972 en navire de commandement. Un système lance-missiles, un hangar et une plate-forme pour hélicoptères ont été installés a la place des deux tourelles arrières.



Mikhail Kutuzov, conservé comme navire musée à Novorossiisk.



Grandeur et décadence. L'épave du Murmansk, échoué sur les côtes de Norvège en décembre 1994, alors qu'il était conduit vers un chantier de démolition indien, il n'a toujours pas été démantelé.
(photos collection Alain V)


Lors de la présentation sur ce blog du timbre commémoratif des 150 ans des chantiers de la Baltique, il a été fait allusion aux 14 croiseurs du type Sverdlov. Etant donné l'importance de ces bâtiments dans la flotte soviétique durant les années de la guerre froide, je vais vous les présenter.
21 ont été mis sur cale, 19 ont été lancés et 14 ont été terminés. Ils sont présentés ici dans l'ordre de leur entrée en service.
-Le Zdhanov est mis sur cale au chantier de la Baltique de Leningrad en 1950. Lancé le 27 décembre 1950, il entre en service le 31 décembre 1951. Aménagé en 1972 en navire de commandement, un système lance-missiles SAN4 à la place de la tourelles n°3 de 152mm. Il est rayé en 1991 et démoli en 1992.
-Le Sverdlov est mis sur cale au chantier de la Baltique de Leningrad en 1949. Lancé le 5 juillet 1950, il entre en service le 15 mai 1952. Il est rayé en 1989 et démoli en 1993.
-L'Ordzhonikidze est mis sur cale au chantier de l'Amirauté de Leningrad en 1949. Lancé le 17 septembre 1950, il entre en service le 30 juin 1952. Il est à l'origine de la disparition du plongeur britannique Lionel Crabb disparu en 1956 alors qu'il effectuait une mission pour les services secrets. Il est transféré à la marine indonésienne en 1962, il sera rapidement hors service, étant assez mal entretenu et démoli en 1972.
-Le Dzerzhinsky est mis sur cale au chantier de Nikolaiev (sur la mer Noire) en 1948. Lancé le 31 août 1950, il entre en service le 18 août 1952. Aménagé en 1961 avec une rampe double lance-missiles SNN2 à la place de la tourelle n° 3 de 152 mm. Il est rayé en 1988 et démoli en 1989.
-L'Admiral Lazarev est mis sur cale au chantier de l'Amirauté de Leningrad en 1951. Lancé le 29 juin 1952, il entre en service le 30 décembre1952. Il est rayé en 1986 et démoli en 1991.
-L'Alexander Nevski est mis sur cale au chantier de l'Amirauté de Leningrad en 1950. Lancé le 7 juin 1951, il entre en service le 31 décembre 1952. Il est rayé et démoli en 1989.
-L'Admiral Nakhimov est mis sur cale au chantier de Nikolaiev (sur la mer Noire) en 1950. Lancé le 29 juin 1951, il entre en service le 27 mars 1953. Il est utilisé pour des essais de lancement de missiles, il est rayé en 1960 et utilisé comme cible en 1961.
-L'Admiral Ushakov est mis sur cale au chantier de la Baltique de Leningrad en 1950. Lancé le 29 septembre 1951, il entre en service le 8 septembre 1953. Modernisé en 1979, nouvelles passerelles et 16x 30 mmAA ajoutés, il est rayé en 1987 et démoli en 1992.
-L'Alexander Suvorov est mis sur cale au chantier de la Baltique de Leningrad en 1951. Lancé le 15 mai 1952, il entre en service le 31 décembre 1953. Modernisé en 1979, nouvelles passerelles et 16x 30 mmAA ajoutés, il est rayé en 1990 et démoli en 1992.
-L'Admiral Senyavin est mis sur cale au chantier de la Baltique de Leningrad en 1951. Lancé le 25 juin 1953, il entre en service le 31 décembre 1953. Aménagé en 1972 en navire de commandement, un système lance-missiles SAN4, une plate-forme et un hangar pour hélicoptères ont été installés à la place des deux tourelles de 152mm arrières qui ont été supprimées. Il est rayé en 1989 et démoli en 1992.
-Le Mikhail Kutuzov est mis sur cale au chantier de Nikolaiev en 1951. Lancé le 29 novembre 1952, il entre en service en 1954, modernisé en 1989, nouvelles passerelles, il est rayé en 1990 et conservé comme musée à Novorossiisk.
-l'Oktyabrskaya Revolutsia est mis sur cale sous le nom de Molotovsk au chantier de Severodvinsk (près d'Arkhangelsk, au nord-est de Saint Petersbourg) en 1952. Lancé le 25 mai 1954, il entre en service le 30 novembre 1954. Modernisé en 1977, nouvelles passerelles et 16 x 30 mmAA ajoutés, il est rayé en 1987 et démoli en 1988.
-Le Dimitry Podzharski est mis sur cale au chantier de la Baltique de Leningrad en 1952. Lancé le 25 juin 1953, il entre en service le 31 décembre 1954. Rayé en 1987, il est démoli en 1990.
-Le Murmansk est mis sur cale au chantier de Severodvinsk (près d'Arkhangelsk, au nord-est de Saint Petersbourg) en 1953. Lancé le 25 avril 1955, il entre en service le 22 septembre 1955. Il est rayé en 1992 et s'échoue sur les cotes de Norvége en décembre 1994 alors qu'il était remorqué vers un chantier de démolition en Inde, il y est toujours.
En outre, cinq croiseurs mis sur cale aux chantiers de Leningrad portant les noms de Scherbakov, Admiral Kornilov, Varyag, Kronstadt et de Tallinn, lancés de 1954 à 1956, n'ont jamais été achevés et ont été démolis en 1961. 2 croiseurs mis sur cale aux chantiers de Severodvinsk portant les noms d'Arkangelsk et de Vladivostock ont vu leur construction arrêtée avant le lancement et ont été démolis sur cale en 1961.


En 1956, Khrouchtchev arrivant au pouvoir fit arrêter la construction des Sverdlov, estimant, à juste raison, qu'il fallait construire des lance-missiles, les navires "tout canons" étant dépassés.

Caractéristiques des Sverdlov à l'origine

déplacement 14 700 tonnes - 17 200 tonnes en pleine charge - dimensions: L. 210 m;l. 21,60 m; tirant d'eau 8,50 m - machines: turbines à en grenages 118 000 cv - 6 chaudières - vitesse 32 noeuds - 2 hélices - rayon d'action 8000 miles à 20 noeuds - protection tourelles 100 mm; pont blindé 75mm
armement à l'origine : 12 canons de 152mm en 4 tourelles triples, 12 canons de 100 mm AA en 6 affûts doubles sous masques, 32 x 37 mmAA, 10 tubes lance-torpilles (débarqués en 1956 sur la plupart des navires), 140 mines - équipage: 1010 h
Alain

lundi 24 janvier 2011

Les croiseurs du programme naval russe de 1912, derniers navires de guerre mis sur cale avant la révolution bolchévique


Pillau allemand, ex-Murayiev Amursky, réquisitionné en 1914 par l'Allemagne



Krasny Krim, 
ex-Profintern,
ex-Klara Zetkin,
ex-Svetlana en 1945



Chervonaya Ukraina 
ex-Admiral Nakhimov


Krasny Kavkaz 

ex-Admiral Lazarev en 1937, il aurait du être semblable au Chervonaya Ukraina mais les plans ont été modifiés en cours de construction.

(photos collection Alain V)

Lors de l'article sur l'amiral Grigorovitch dernier ministre de la marine du Tsar, j'ai évoqué la flotte qu'il avait programmé dont beaucoup de navires ne seront terminés que sous l'ère soviétique.
Je vais essayer de vous décrire cette flotte qui a traversée la période troublée de la révolution bolchevique, dont certaines unités ont survécues jusqu’à la fin des années 1950.

Les croiseurs légers du programme 1912: 10 croiseurs légers appartenant à trois classes distinctes ont été mis sur cale.
Deux sont commandés en Allemagne, au chantier Schichau de Dantzig en 1913.
-Le Murayiev Amursky est lancé le 11 avril 1914, le 5 août 1914 il est réquisitionné par le gouvernement allemand, il est rebaptisé Pillau, il entre en service le 14 décembre 1914, le 31 mai 1916 il participe à la bataille du Jutland, il est désarmé le 5 novembre 1919, le 20 juillet 1920 il se rend aux alliés à Cherbourg, lors du partage de la flotte allemande il est attribué à l'Italie, il prend alors le nom de Bari, refondu en 1934, en septembre1943 le Bari est coulé par les bombardement américains à Livourne, l'épave est démolie par les allemands à Leghorn.
-L'amiral Nevelskoy est lancé le 21 novembre 1914, le 5 août 1914 il est lui aussi réquisitionné par le gouvernement allemand, il est rebaptisé Elbing, il entre en service le 1er septembre 1915, le 1er juin 1916 il est coulé par suite d'une collision avec le cuirassé Posen lors de la bataille du Jutland.
Caractéristiques:
déplacement: 4 400 tonnes
L. 135 m,l. 14 m,tirant d'eau 5 m
turbines 30 000 cv,vitesse 27,5 nœuds
protection ceinture de 75 mm
armement:8 canons de 150 mm
3 canons de 76mm
2 x 20 mm
4 tubes lance torpilles
120 mines
Quatre sont commandés pour la flotte de la Baltique en 1913; la construction de ces navires a été fortement retardée par la révolution bolchevique.
-Le Svetlana est mis sur cale au chantier de Reval, il est lancé le 27 novembre1915, il est remorqué à Saint-Pétersbourg, la construction est interrompue de 1917 à 1922, en 1924 il est rebaptisé Klara Zetkin, en 1927 il est rebaptisé Profintern, il entre en service en 1928, il est transféré en mer Noire en 1929, en 1939 il est rebaptisé Krasny Krim, il est désarmé en 1958 et démoli en 1960.
-L'amiral Greig est mis sur cale au chantier de Reval, il est lancé le 9 décembre 1916, en 1926 il est achevé comme pétrolier sous le nom de Aznyeft, il aurait coulé au cours d'une tempête en mer Noire en 1938.
-L'amiral Boutakov est mis sur cale au chantier de Putilov à Saint-Pétersbourg,il est lancé le 5 aout 1916, il est inachevé utilisé comme brise- lames à l'entrée de la Neva, il est démoli en 1952.
-L'amiral Spiridov est mis sur cale au chantier de Putilov à Saint-Pétersbourg, il est lancé le 9 septembre 1916, en 1926 il est achevé comme pétrolier sous le nom de Groznyeft, en 1935 il est rebaptisé Grozny, il est capturé par les allemands le 8 octobre 1941 et sabordé à Mariupol le 20 septembre 1943, l'épave est démolie en 1947.
Caractéristiques:
déplacement 6 934 tonnes
L.154,50 m,l.15,40 m,tirant d'eau 5,60 m
turbines 50 000 cv,vitesse 29 nœuds
protection:ceinture de 76 mm
armement: 15 canons de 130 mm
4 canons de 100 mm
4 x 45 mmAA
12 tubes lance torpilles
100 mines
Quatre sont commandés pour la flotte de la mer Noire; presque identiques aux Svetlana, la construction des deux premiers a été fortement retardée par la révolution bolchevique; les deux suivant n'ont jamais été terminés.
-L'amiral Nakhimov est mis sur cale en 1913 au chantier de Nikolaiev, il est lancé le 6 novembre1915, la construction est suspendue de 1917 à 1922, le 31 décembre 1922 il est rebaptisé Chervonaya Ukraina, il entre en service en 1927, il est coulé le 12 novembre 1941 par des bombardiers allemands à Sebastopol.
-L'amiral Lazarev est mis sur cale en 1913 au chantier de Nikolaiev, il est lancé le 21 juin 1916, la construction est suspendue de 1917 à 1924, en 1924 il est rebaptisé Krasny Kavkaz, il est achevé par le chantier Imani ex chantier Roussud, il entre en service le 25 janvier 1932 selon des plans modifiés, en juin 1950 il est détruit comme cible.
-L'amiral Kornilov en mis sur cale en 1915 au chantier de Nikolaiev,la construction est abandonnée alors qu'il était achevé à 45%, il est démoli sur cale.
-L'amiral Istomin est mis sur cale en 1915 au chantier de Nikolaiev, LA construction est abandonnée alors qu'il était achevé à 40%, il est démoli sur cale.
Caractéristiques:
déplacement: 6 934 tonnes
L. 158 ,40 m,l. 15,30 m,tirant d'eau 6,50 m
turbines 50 000 cv, vitesse 29,5 nœuds
protection: ceinture de 76mm
armement: 15 canons de 130 mm
4 canons de 76 mmAA
12 tubes lance torpilles
100 mines
Caractéristiques du Krasny Kavkaz ex Amiral Lazarev à son entrée en service:
déplacement: 8 030 tonnes
L.166 m, l.15 ,30 m,tirant d'eau 6,20 m
turbines 55 000 cv,vitesse 29 nœuds
protection: ceinture de 76 mm
armement: 4 canons de 180 mm
6 canons de 100 mmAA
2 canons de 76 mmAA
4 x 45 mmAA
8 x 37 mmAA
6 tubes lance torpilles
100 mines
En conclusion aucun des croiseurs du programme 1912 ne rejoindra la marine du tsar, et trois seront terminés bien plus tard, par les soviétiques.
Alain

jeudi 23 décembre 2010

L'arsenal de Rochefort en 1902

Rochefort-sur-Mer, le port militaire. Le Davout, croiseur en armement (photo collection Alain V)
Je vous parle d'un temps... celui ou Rochefort sur Mer était un arsenal actif de la Royale. Construit sur la Charente en 1666 sur ordre de Louis XIV et sous l'impulsion de Colbert pour abriter la flotte du Ponant, mais aussi une construction navale très importante, le port est très bien protégé mais la faible profondeur et l'envasement exigent des dragages constants. L'accroissement de la taille des navires le rend de moins en moins pratique, il est définitivement fermé en 1926.
La carte postale ci-dessus, montrant cet arsenal en pleine activité, doit dater de 1902.
On distingue au premier plan, le croiseur protégé Davout, de 3031 tonnes, 9000 cv , armement: 6 canons de 160 mm, 4 de 100 mm et 8 x 47 mm,vitesse 20,7 nœuds. Il a un presque sister-ship le Suchet. Le Davout est lancé à Toulon en 1889 et est entré en service en 1892. Sur la photo, il vient d'être remotorisé, il a gagné une cheminée dans l'opération, il en avait seulement deux avant cette refonte, mais il ne s'est guère amélioré et finira sa carrière à Landévennec des 1909 avant d'être démoli en 1913
Derrière lui se trouve le croiseur cuirassé Dupleix en achèvement à flot, c'est le plus grand et le dernier grand bâtiment de guerre construit à Rochefort. Du type Kléber, il appartient à une série de trois navires: Kléber, Dupleix et Desaix, de 7 700 tonnes, dimensions: 130 mètres de longueur, 17,75 mètres de largeur et 7,40 mètres de tirant d'eau, 17 000 cv, vitesse 21 noeuds, armement 8 canons de 164 mm, 4 de 100mm, 10 x 47mm, 4 x 37mm. Il a été lancé en 1900 et entrera en service en 1903. Sa construction nécessita en 1900, l'allongement de la forme Napoléon III, construite entre 1853 et 1861, la plus récente des trois formes de radoub de l'arsenal de Rochefort.
En 1917, le Dupleix est chargé de la protection du canal de Suez, il est rayé en septembre 1919, il rejoint lui aussi Landévennec, ou il restera jusqu'en 1923, année ou il est démoli à Brest.
Alain

lundi 6 décembre 2010

La Foudre, croiseur porte-torpilleurs

La Foudre en 1904 transporte les sous-marins Lynx et Protée à Saigon.

La Foudre en 1911, devenu transport d'avions, un hangar est installé derrière les cheminées

La Foudre en 1914, les cheminées ont été rehaussées, des mâts de charges permettent de mettre à l'eau les hydravions (photos collection Alain V)

La Foudre était un navire original, inspiré des théories fallacieuses de la "Jeune École". Il s'agit d'un bâtiment conçu pour transporter et amener au contact de l'ennemi, huit petits torpilleurs de 14 tonnes, 17 nœuds, un tube lance-torpilles de 380mm. Des ponts roulants permettaient la mise à l'eau des torpilleurs.
Construit aux chantiers de la Gironde à Bordeaux, il fut mis sur cale en juin 1892 et lancé le 20 octobre 1895. Il est entré en service en 1897. 
Caractéristiques de la Foudre: déplacement: 5 971 tonnes; 6089 tonnes en pleine charge. Longueur 118,70 mètres, largeur 17,20 mètres, tirant d'eau 7,20 mètres. Ses turbines de 11 800 cv lui permettaient une vitesse de 19,6 nœuds avec ses 2 hélices. Ses soutes contenaient 798 tonnes de charbon qui donnaient un rayon d'action de 7500 miles à 10 nœuds. Il s'agissait d'un croiseur protégé par cofferdam et par un pont de 105mm. Armement: 8 canons de 100mm; 4 x 65mm, et 4 x 47 mm; 4 tubes lance-torpilles. Équipage: 22 officiers et 409 hommes
Il semble que la Marine eut beaucoup de mal à lui trouver un usage. Ses capacités de porte-torpilleurs étaient illusoires, il fut à plusieurs reprises modifié, devenant un croiseur à tout faire!
Jusqu'en 1907, il est porte-torpilleurs bien qu'il était pratiquement impossible de mettre à l'eau les torpilleurs par mer un peu formée. Le concept se révèla complètement utopique.
En 1896, il est affecté à l'escadre de Méditerranée. Le 15 septembre 1898, il transporte des troupes en Crête à la place du Bien-Hoa en avarie. Il est en réserve de 1902 à 1904.
Le 23 mars 1904, il transporte les sous-marins Protée et Lynx de Cherbourg à Saïgon.
D'août à octobre 1905, il transporte les sous-marins Perle et Esturgeon, de Toulon à Saïgon.
En 1907, il est aménagé en navire-atelier. En 1910, il devient mouilleur de mines. 80 mines sont embarquées. En 1911, il est aménagé en transport d'aviation, un hangar est installé, ainsi qu'une grue pour manœuvrer les avions. En 1913, il devient ravitailleur pour 4 à 8 hydravions. En avril 1914, une plate-forme d'envol est installée à l'avant permettant le décollage d'un Caudron G3.
En décembre 1914, il est utilisé comme base des chalutiers armés aux Dardanelles. De 1915 à 1916, il fut utilisé comme ravitailleur de sous-marins à Milo. De janvier à mars 1916, il est navire de commandement en Méditerranée orientale. De 1916 à 1917, il est à Argostoli.
La Foudre est condamnée le 27 juillet 1921 et vendue le 27 mai 1922 à un chantier de démolition.
Il s'agit là d'une des idées fumeuses de la "Jeune École" ayant comme soutien le ministre de la Marine de l'époque, l'amiral Aube et le journaliste Gabriel Charmes. C'est cette politique qui est reprise également par Camille Pelletan, à la fin du XIXe siècle et au début du XXe qui encombra notre marine d'unités sans réelle valeur militaire et donc pratiquement inutilisables. Citons notamment les centaines de torpilleurs numérotés (369 ont été construits, dont 294 entre 1885 et 1904). Il est à noter que cette profusion de torpilleurs n'a pas torpillé un seul navire pendant la guerre. Citons aussi le bateau-canon, une étrangeté munie d'un canon fixe de 138,6mm – le pointage en direction étant fait par le bateau! –, installé sur un torpilleur de 76 tonnes en pleine charge. De même, les mini-sous-marins surnommés ironiquement "les fritures". Ajoutons le retard apporté à la construction des cuirassés de la flotte dite "d'échantillons" qui furent en chantiers pendant près de dix ans pour certains. L'idée était alors que l'avenir est au torpilleur contre le cuirassé, le microbe contre le géant. C'est avec de telles idées que l'on est arrivé à la Première Guerre mondiale sans aucune préparation, avec des unités qui étaient dépassées avant d'entrer en service et une poussière navale totalement inutilisable. Les premiers programmes sérieux, ceux de 1910 (les Courbet, premier dreadnoughts français) et surtout de 1912, prévoyant 28 cuirassés à l'horizon 1920, arrivant trop tard.
Alain