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mercredi 5 juin 2013

Escadre internationale à Villefranche en octobre...1879

Puisque l'on a évoqué les escadres en rade de Villefranche, hier et déjà à plusieurs reprises (cliquez ici), voici une escadre internationale photographiée en octobre 1879.

                 On voit à partir du premier plan les frégates cuirassées Couronne de la classe Gloire, entrée en service en 1862; Guyenne, Magnanime, Revanche et Gauloise, entrées en service de 1865 à 1867; le Richelieu, entré en service en 1876; puis derrière elles, à gauche, l'américain US Quinnebaug, corvette entrée en service en 1875; l'aviso français Bisson à l'extrême gauche; puis, vers le centre de la photo, la frégate cuirassée britannique HMS Sultan de 1870; enfin, la frégate américaine US Enterprise de 1874 et l'aviso français Desaix.
             Ces navires constituent un bel échantillon des flottes mixtes à voiles et à vapeur de le seconde partie du XIXe siècle.

Alain

mardi 4 juin 2013

Escadres françaises à l'abri des rades de Villefranche et Cherbourg à la veille de la Guerre de 14



Escadre française à l'abri de la rade naturelle de Villefranche avant 1914. Collection agence Adhémar 
Alain a dit : Je vous indique que  la photo de la rade de Villefranche que vient de publier Sylvie Christian date de 1902 on y voit au premier plan le croiseur de 3e classe Linois à gauche coque blanche et le croiseur protégé Du Chayla coque noire à droite, trois cuirassés et d'autres croiseurs plus loin.
Dans un article de novembre 2010 (cliquez ici), notre ami Alain a déjà vanté les avantages de la rade naturelle de Villefranche pour les escadres de La Royale. Voici quelques précisions historiques : La rade offre un mouillage sûr à l’abri des vents d’est. Avec une profondeur moyenne de 17 m, elle atteint 95 m à son entrée et se prolonge au large à environ un mille par le canyon de Villefranche, un abysse de plus de 500 m au large de la baie des Anges. La rade est fréquentée dès l'Antiquité par les marins grecs et romains. Ceux-ci s'en servent comme mouillage et lui donnent le nom d'Olivula Portus. Le site est cependant victime d'attaques barbares répétées. Les habitants délaissent le bord de mer et se réfugient sur les hauteurs où ils fondent un autre village, Montolivo. 
En 1295, Charles II d'Anjou, comte de Provence, comprend l'importance stratégique du site, situé aux frontières de son territoire. Afin d'encourager les habitants à revenir peupler le bord de mer, il leur octroie une franchise de taxes. Le village est ainsi baptisé Villa Franca.
En 1388, Villefranche est donné au Duché de Savoie dont elle devient la seule porte maritime jusqu'à la construction du port de Nice au XVIIIe siècle. En 1543, la rade est occupée par la flotte franco-turque de Khayr ad-Din Barberousse. Le duc Emmanuel-Philibert de Savoie (1528-1580) ordonne alors sa fortification et une première flotte de guerre est construite dans le port de la Darse.
En 1856, le Duc de Savoie donne à bail le lazaret et la darse de Villefranche à la marine impériale russe qui fera du port une base navale et de ravitaillement en charbon de premier plan, essentielle puisqu'au lendemain de la guerre de Crimée, la Russie est privée d'accès à la Méditerranée par le Bosphore. En 1893, une équipe de scientifiques de Kiev remplace les militaires russe pour des recherches océanographiques.
Dernier fait d'arme avant de  devenir un port de croisières, la rade de Villefranche abritera la sixième flotte des États-Unis à l’issue de la Seconde Guerre mondiale, dans le cadre de l’organisation du traité de l'Atlantique Nord entre 1945 et 1966.


Escadre française à l'abri des digues du port de Cherbourg avant 1914. Collection agence Adhémar
Nous avons déjà parlé largement de Cherbourg et de son port dans ce blog (cliquez ici) mais nous n'avions jamais publié de photo de cette majestueuse rade artificielle. Voilà qui est fait.
A l'époque de la guerre d'indépendance des États-Unis, Louis XVI décide l'édification d'un port militaire dans le Cotentin afin de disposer d'un grand port militaire sur la Manche, comparable à celui de Brest sur l'Atlantique. La rade de Cherbourg «doit être couverte par une jetée de deux mille toises de long, située entre la pointe de Querqueville et les récifs de l'île Pelée», assise sur un fond de 20 mètres. 
Les travaux débutent dans les années 1780. L'île Pelée est fortifiée tandis qu'on immerge, en présence du roi, des cônes en bois remplis de pierre au large du port pour servir de fondations à une digue. Mais les crédits s'épuisent rapidement, ne permettant l'immersion que de 18 cônes (sur les 90 prévus) lorsque les travaux sont interrompus par la Révolution française.
Ils reprennent à la demande de Bonaparte en 1803 (décret du 25 germinal an XI). En 1813, la digue du large qui fait de la rade de Cherbourg la plus grande rade artificielle au monde est achevée. L'ingénieur Joseph Cachin est chargé du creusement, à l'ouest de la ville, de l'avant-port militaire, inauguré le 27 août 1813 par l'impératrice Marie-Louise. Il est décidé de déplacer l'Arsenal au même endroit.
Les bassins Charles X (commencé en 1814 - 290 x 220 x 18 mètres) et Napoléon III (commencé en 1836 - 420 x 200 x 18 mètres) du port militaire sont inaugurés le 25 août 1829 et le 7 août 1858.
Ces travaux titanesques de près d'un siècle, qui ont coûté entre 3 et 4 millions de francs or par an, s'achèvent alors que la France pacifie ses relations avec la Grande-Bretagne.
Au début du XXe siècle, le grand port destiné à protéger notre flotte de guerre n'est pratiquement plus utilisé que pour accueillir les grands paquebots de l'épopée transatlantique.
Le port est méticuleusement miné et détruit par les Allemands en juin 1944. Reconstruit par l'armée américaine, il devient le port principal de l'offensive des Alliés. Il peut alors accueillir les premiers Liberty Ships. Jusqu’à la libération du port d'Anvers en novembre 1944, le débarquement journalier des approvisionnements et du matériel militaire fait de Cherbourg le plus grand port du monde. Le trafic y sera le double de  celui du port de New York.



vendredi 26 novembre 2010

1896, une escadre française devant la Darse de Villefranche, ancien port militaire des ducs de Savoie

La Darse de Villefranche vers 1900. A droite, le local à voûtes, entrepôt de l'arsenal des galères et la caserne au dessus. Au centre, le bassin. A gauche, la jetée et au-dessus le bâtiment de l'hôpital et de l'ancien bagne.

Le bassin conçu pour les galères du duc de Savoie, utilisé maintenant pour le carénage des yachts.

1896 : escadre française devant la Darse de Villefranche. (photos collection Alain V)

Cette photo présente deux centres d'intérêt distincts:
-Une escadre de cuirassés français à Villefranche, de la fin du XIXe siècle, c'est l'époque de la flotte dite "d'échantillons" qui, à défaut de présenter une grande valeur militaire, permettait de les identifier sans problème, puisqu'ils étaient tous différents! même lorsqu'il s'agit de navires du même type.
C'est ainsi que l'on peu distinguer de droite à gauche au premier rang, les cuirassés Magenta, du type Marceau, en service en 1891; Neptune, du type Marceau, en service en 1892; un aviso torpilleur du type Condor; et le cuirassé Formidable, type Formidable en service en 1888;
au second rang, les cuirassés Amiral Duperré, seul de son type, en service en 1883; Amiral Baudin, type Formidable, en service en 1888; Hoche,en service en 1890, seul de son type, surnommé le grand hôtel ironiquement, et un aviso; la plupart de ces cuirassés ont été construits en 9 à 10 ans, et étaient complètement dépassés à leur entrée en service.
Dans la darse, un aviso type bombe est accosté à la jetée, et trois torpilleurs ainsi qu' un aviso du type Lévrier, ont l'arrière à quai.
-La Darse de Villefranche au premier plan:
Il s'agit d'un ensemble ayant une grande valeur historique et architecturale ; qui a été inscrit a l'inventaire des monuments historiques, par arrêté du 11 février 1991; en effet il s'agit de l'ancien port militaire des ducs de Savoie et du royaume sarde; la première darse fut construite au XVIe siècle, sous Emmanuel Philibert de Savoie, pour abriter ses galères; en 1571 les galères du duc de Savoie participèrent à la bataille de Lépante qui vit l'anéantissement de la flotte turque. La jetée actuelle a été construite entre 1725 et 1728. Elle comporte six petites niches abritant les cuisines des galères, lorsqu'elles étaient à quai, car il était interdit de faire du feu à bord par mesure de sécurité. On distingue en bas au centre, le bassin de radoub de l'ancien port militaire, datant de 1730 qui était recouvert et doté à l'origine d'une porte monumentale haute de 28 mètres, qui a été détruite en 1851, pour pouvoir faire entrer les navires propulsés par des roues à aubes; il était destiné à la construction et l'entretien des galères, c'est avec celui de Rochefort, le plus ancien bassin existant; perpendiculaire à ce bassin à droite, l'ancienne forge et magasin de l'arsenal, construit de 1725 à 1730 ; dans l'angle à gauche, la toiture de la caserne, construite en 1771, au dessus du local en voûtes datant de 1719, ou étaient réparées les galères; le local en voûtes est intact, mais la caserne qui le surplombait a été rasée en 1942; l'ensemble était protégé par la citadelle Saint Elme, datant de la seconde moitié du XVIe siècle, qui fut admirée par Vauban, ce qui lui valu de ne pas être détruite par les Français, comme le fut le château de Nice. La citadelle que l'on aperçoit à l'extrême-gauche de la photo, face à l'entrée de la darse. Entre les deux, se trouve la corderie royale construite en 1772, actuellement occupée par les laboratoires d'océanographie de l'Université de Paris. Le fort du Mont Alban sur la crête dominant Villefranche complétait le système fortifié protégeant la Darse.
L'ensemble a été en grande partie respecté, et c'est heureux, puisqu'on dispose là, d'un port militaire, et de ses fortifications du XVI ém siècle pratiquement intacts, avec son hôpital pour la chiourme des galères datant de 1767, que l'on aperçoit dans l'angle droit de la photo, ainsi que son lazaret, dont il ne subsiste qu'une des trois tours de garde, hors du champ de l'image; il est à noter que si les galères ont disparues en France suite à l'ordonnance royale de 1748, il en subsista en Italie du Nord, longtemps après cette date, Napoléon entrant à Venise en 1797, y trouva trois galères en chantier dans l'arsenal; la dernière bataille mettant en scène des galères eut lieu en mer baltique en 1808.
Alain

samedi 6 novembre 2010

1959 Le croiseur lourd américain CA134 Des Moines à Villefranche


1959 Le croiseur USS Des Moines, navire-amiral de la 6e flotte US à Villefranche 
(photo collection Alain V)



Le croiseur lourd Des Moines, était en 1959 navire amiral de la 6 ém flotte de US Navy en Méditerranée; la 6ém flotte dans les années 1950/1960 était composée de 2 portes-avions de combat transportant environ 250 avions, 3 ou 4 croiseurs,18 à 20 destroyers, 4 sous-marins, et des bâtiments du train d'escadre, ravitailleurs, pétroliers etc...


Traditionnellement, le navire amiral était un croiseur lourd, qui faisait régulièrement escale à Villefranche, un local était même dédié en permanence à l'organisation de la vie à terre et du séjour à l'occasion des escales des équipages américains, des visites de la Cote d'Azur étaient d'ailleurs programmées, et on croisait surtout le soir dans Villefranche, les MP (police militaire américaine) qui patrouillaient, pour éviter tout débordement de marins américains en goguette.
Tout cela cessa en 1962, lorsque la France quitta le commandement intégré de l'OTAN; les escales se firent plus rares, et moins longues, au grand dam du commerce local.


Caractéristiques du CA134 Des MoinesMis sur cale aux chantiers Beth S B de Quincy, le 28 mai 1945, lancé le 27 avril 1946, il est entré en service le 15 novembre 1948, il faisait partie d'une série de 12 croiseurs programmés à la fin de la guerre, dont trois seulement furent terminés, suite à la capitulation du japon.
CA134 Des Moines; CA139 Salem et CA 148 Newport News, qui tous furent à tour de rôle, navires amiraux de la 6 ém flotte en Méditerranée donc hôtes de la rade de Villefranche; c'étaient de magnifiques navires de 17 000 tonnes, 21 000 tonnes en pleine charge; 218,42 m de longueur, 22,96m de largeur, et 7,50 m de tirant d'eau.
Des turbines à engrenages de 120 000 cv leur permettaient une vitesse de 32 nœuds.
Ils étaient protégés par une ceinture cuirassée de 203mm et deux ponts blindés de 76mm et 52mm.
Armement: 9 canons de 203mm; 12 canons de 127mm; 20 de 76mm; 2 hélicoptères; la totalité de l'artillerie y compris les 203mm pouvant tirer contre avions.


Le CA134 Des Moines, fut mis en réserve en 1961, condamné en 1991 et démoli en août 2007.
Le CA139 Salem, entré en service en 1949, fut mis en réserve en 1959, condamné en 1991, il est conservé comme musée depuis 1994.
Le CA148 Newport News, entré en service en 1949, fut mis en réserve en 1975, condamné en 1978 et démoli en février 1993.




Alain