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jeudi 16 mai 2013

Bâtiments de plongée scientifiques soviétiques par le timbre 2-2

Bâtiment de plongée Argus (Apryc). Collection Agence Adhémar.

Argus (Apryc), mis en service en 1975. Submersible de recherche océanographique et d'études géologiques et biologiques de 9,5 tonnes. 6m de long, 2,6m de large, hauteur 3,7m. Equipage de trois personnes. 
Submersibles habités Argus, profondeur de travail de 600m. Conçu et construit par OKB FROM. Il a été impliqué dans de nombreuses recherches en mer Noire et de nombreuses autres expéditions. il a aussi été utilisé dans les opérations de sauvetage sur l'épave du MV Admiral Nakhimov. Actuellement situé à l'Institut d'océanologie de l'Ossétie du Sud, Gelendzhik, Blue Bay.
Argus (Apryc), mis en service en 1976. 
Bâtiment de plongée Tinro 2 (ТИНРО-2). Collection Agence Adhémar.
Tinro 2 (ТИНРО-2), submersible pouvant descendre à 200m.

Tinro 2 (ТИНРО-2), 
Bâtiment de plongée Piesces (ПАЙСИС). Collection Agence Adhémar.
Piesces (ПАЙСИС). Bâtiment de plongée de recherche et de travaux scientifiques pouvant descendre trois personnes à 2000m. Submersibles habités Piesces-VII et Piesces-XI construits par l'entreprise canadienne Heiko en 1975 et 1976. Ont travaillé sur de nombreuses expéditions dans les océans et sur ​​le lac Baïkal. Actuellement situés à Kaliningrad.

Manned Underwater Vehicles "Pisces" (Pisces-VII & Pisces - XI), three-man submersibles, with operating depth up to 2000 m. (participation in trial, sea operation, modernization and upgrading and development scientific equipment).

Bâtiment de plongée Piesces (ПАЙСИС), cinquième du nom, à Hawaï en 2002.

mercredi 15 mai 2013

Bâtiments de plongée scientifiques soviétiques par le timbre 1-2

La poste soviétique a publié en 1990 une série de timbres présentant quelques bâtiments de plongée à usage scientifique.

Bâtiment de plongée Nord 2 (Cebep). Collection Agence Adhémar.
Nord 2 (Cebep-2), ainsi que Nord 1, est exploité par l'Institut soviétique des sciences halieutiques qui a développé une nouvelle façon d'explorer et d'exploiter l'océan. Le complexe, composé du submersible et du bateau de pêche Odyssey qui le transporte combine les propriétés de la recherche et des navires de pêche. Nord 2 repère les bancs de poissons et en fait une estimation, ce qui donne au bateau, équipé pour traiter sa pêche à bord, une plus grande efficacité dans le chalutage.
Si nécessaire, il peut être utilisé pour la recherche océanographique, géologique et archéologique ou encore la détection d'épaves. Armé par deux hommes dont un scientifique Nord 2 (Cebep-2) peut descendre à 2000m.
Nord 2 (Cebep-2) à bord de son navire porteur Odyssey.
Le bâtiment de plongée Mir 1 (МИР-1) a emmené le premier ministre russe Vladimir Poutine au fond du lac Baïkal en août 2009. Les deux Mir ont également plongé dans le lac Léman à l'été 2011. Collection Agence Adhémar.

Mir 1 (Monde 1, МИР-1) et Mir 1bathyscaphes d'exploration océanographique et scientifique construits en Finlande en 1987. 

Dans le cadre de l'année polaire internationale, les véhicules "historiques" de plongée Mir-1 et Mir-2 ont été utilisés au pôle Nord en août 2007 pour déterminer les limites du plateau continental arctique russe.
En descendant à 4261m, «La Russie a planté un drapeau sur le fond de l'océan Arctique."
"Russie, une grande puissance polaire." 
Suite demain… To be followed tomorrrow…

mardi 23 avril 2013

Quoi de plus beau qu'une bisquine sous voile… en régate (suite)

Nous avons déjà parlé ici de la bisquine, ce bateau de pêche extraordinaire aux caractéristiques proches de celles d'un bateau de course (un peu plus de 18 mètres de coque, 340 mètres carrés de toile... Mais oui, ce sont les mêmes chiffres qu'un 60 pieds Open actuel !)
Nous avons retrouvé quelques cartes postales qui démontrent que nous avions raison d'écrire, citant le poète, «Quoi de plus beau qu'une bisquine sous voile!». (cliquez ici)


Bisquine en régate.
A bisquine (coasting lugger) during a regatta. Bisquine auf Regatta.
Coll agence Adhémar
Si les premières régates officielles datent de 1845, il faut attendre 1895 pour qu'elles entrent dans leur âge d'or - qui durera jusqu'en 1914. C'est pendant cette période que sont construites les plus belles bisquines : Le Vengeur (G 15), La Rose-Marie (G 16), La Mouette (CAN 37) ou La Perle (CAN 55). Les courses ont lieu l'été, devant Saint-Malo, Cancale et Granville.


Bisquines aux régates.  Coll agence Adhémar
Quelques jours avant, les bateaux sont tirés au sec, carénés, passés au coaltar et suiffés. Les voiles qui ne servent qu'en course (bonnette, rikikis, hunier de tape-cul) sont sorties des greniers et soigneusement vérifiées... Une fois le départ donné, la lutte est impitoyable. Le fameux bout-dehors participe au spectacle, apportant une note chevaleresque à ces empoignades de manants : aux virements de bord, cette formidable lance balaie plus de 100 mètres carrés de terrain en quelques secondes !


Bisquines cancalaises (en régate ou en caravane, rassemblement pour partir à la pêche). Coll agence Adhémar
Que deux bisquines se croisent, s'asticotent, et les manoeuvres prennent vite des allures de tournoi - où les montures atteignent 90 000 livres, et les rênes, plusieurs dizaines de mètres. Pour le reste, on est loin de l'esprit de la chevalerie : en course, les refus de tribord et les abordages sont fréquents - quand 47 tonnes de chêne et d'iroko décident de partir au lof, il est bien difficile de les ramener dans le droit chemin. (source Le petit Manchot n°165)

jeudi 11 avril 2013

Quoi de plus beau qu'une bisquine sous voile…

Quoi de plus beau qu'une bisquine sous voile…

1930, à Saint-malo, deux bisquines cancalaises en régate.
De part et d'autre de la baie du Mont-Saint-Michel, Cancale et Granville se contemplent. Cancale est en Bretagne; Granville en Normandie. Depuis des siècles, elles surveillent le Mont solitaire mouillé au milieu des sables. Des siècles durant lesquels les deux provinces ont convoité sa possession. Ce sont les Normands qui l'ont obtenue, et les Bretons ne s'en sont pas remis. 
Au début du XIXe siècle s'entame entre le port d'llle-et-Vilaine et celui de la Manche une nouvelle rivalité. Un affrontement qui, souvent, tourne à l'aigre lorsque leurs flottes de pèche tentent d'outrepasser les limites de dragage sur les bancs d'huîtres sauvages qui abondent à l'époque dans la baie. C'était au temps des bisquines. Ces élégantes embarcations fortement toilées, originaires des côtes normandes et dérivées du lougre, présentent une étrave droite, une voûte arrière très élancée, sortant impertinemment de l'eau, et trois mâts à forte quête arrière portant au travail deux étages de voiles gréées au tiers. Une grandiose architecture de 246 m2 de toile.
Ces bisquines deviendront rapidement une exclusivité des quartiers maritimes de Granville et de Cancale. Péchant rarement en solitaire, elles se constituent en convoi. On appelle cela « la Caravane ».
Pour en connaître plus sur l'intéressante histoire de ces bateaux de pêche, lisez Les Cahiers du petit manchot n° 165 du 24-06-2011 à qui nous avons emprunté ce commentaire. (cliquez ici)    


Presque cinquante ans ont passé depuis que ces magnifiques voiliers ont disparu, leurs chaluts ne pouvant pas rivaliser contre ceux des bateaux à moteur quand, le 18 avril 1987, après deux ans de chantier, La Cancalaise, copie exacte de La Perle, construite en 1905, a quitté son ber et glissé pour la première fois dans les eaux vertes de la baie. Visitez son site en cliquant ici.



vendredi 9 avril 2010

Nos pêcheurs

Photo du jour

Nos pêcheurs tels que présentés sur cette carte belge (sans autre indication). Rassurons-nous, cette émouvante photo a été prise il y a presqu'un siècle!

mardi 23 juin 2009

La chasse à la baleine décrite par Duhamel du Monceau

A l'heure où se pose de nouveau la question de la survie des baleines, il est intéressant de noter que les Français, il y a longtemps, en furent aussi de grands pêcheurs devant l'Eternel. C'est ce dont témoigne Duhamel du Monceau* dans son Traité général des pêches et histoire des poissons publié au XVIIIe siècle.

Chasse à la baleine au XVIIIe siècle

Amarrage de la baleine le long du navire.

Intérieur du baleinier. On extrait l'huile et on la clarifie à bord.

Au XIXe siècle, ce sont de véritables usines flottantes qui accompagnent les baleiniers sur les lieux de chasse.

*Henri-Louis Duhamel du Monceau (1700-1782) fit des études scientifiques au jardin du Roy, actuel jardin des plantes, en 1724. Associé-botaniste à l’Académie des sciences en 1739, inspecteur général de la Marine en 1739, membre de l’Académie des sciences de Paris et de la Société royale de Londres, Duhamel du Monceau écrivit en 1745 un Essai sur la conservation des grains et en 1747, un Traité de la fabrique des manœuvres pour les vaisseaux ou l’art de la corderie perfectionnée. On lui doit aussi un Traité de la culture des terres (1750), un Traité général des forêts (1755-1767), un Traité des arbres fruitiers (1768) ainsi qu’un Traité général des pêches et histoire des poissons (1763-1782). Il fonda en 1765, l’Ecole des ingénieurs constructeurs de la Marine (génie maritime).

Traité général des pêches

Commencé vers 1720 par Le Masson du Parc, commissaire ordinaire de la Marine et inspecteur général des pêches, le Traité général des pêches s’inscrivait dans le monumental projet éditorial entrepris par l’Académie des sciences sous l’impulsion de Colbert puis du Régent : la Description des Arts et Métiers. Après la mort de Le Masson du Parc, survenue en 1741, le projet fut repris par Henry-Louis Duhamel du Monceau, alors inspecteur général de la Marine, qui s’attacha personnellement à cette entreprise. Aidé de ses neveux Fougeroux, Duhamel du Monceau en poursuivit la réalisation pendant une trentaine d’années, mais n’en publia qu’une petite partie (Traité général des pêches et histoire des poissons) : sa mort l’empêcha de la mener à son terme. Le Masson du Parc avait rassemblé une importante documentation iconographique destinée à accompagner tous les rapports manuscrits, et que Duhamel du Monceau recueillit et augmenta en 1767-1772. Conservée dans la famille de Duhamel du Monceau au château de Denainvillers, cette documentation fut vendue à partir de 1932.
Le don de sa collection de modèles de navires et de machines d’arsenaux au roi Louis XV en 1748 doit être considéré comme l’acte fondateur d’une collection nationale. Il reste conservateur de la Salle de Marine jusqu’à sa mort en 1782. (source Musée de la Marine)

dimanche 25 janvier 2009

La pêche au thon en 1951 (2/2)

La bibliothèque de travail (n°247 du 22 octobre 1953) emmène ses jeunes lecteurs avec le mousse Léonard, 16 ans, à bord du Petite Micheline, un chalutier-thonier du port de Concarneau, pendant sa campagne de juillet 1951.
(suite et fin de l'article publié le 24 janvier 2008)

Thons accroché sur le pont sur des tréteaux.

Les lignes harmonieuse des thoniers à voile mis au sec à Concarneau

A l’époque du reportage, des thoniers à voile sont toujours en service. La chaloupe pontée de 20 tonneaux a été remplacée vers 1913 par le dundee, puis les chantiers bretons créent un superbe type de thonier à voile, jaugeant de 45 à 50 tonneaux, permettant les campagnes lointaines et ne craignant pas les tempêtes. Rapide et prompt à virer de bord, toutes voiles déployées, il file ses 8 nœuds. Deux inconvénients : le thon suspendu à des tréteaux se conserve mal par temps orageux et le thonier encalminé perd beaucoup de temps. On imagine alors la chambre froide et le premier thonier à moteur apparaît à Étel en 1931.

Un des derniers thoniers à voile de Concarneau


Vue du treuil et de la passerelle

L’apparition du chalutier-thonier à moteur généralisa l’installation de la chambre froide. Le marin voit bien des avantages à cette innovation : gain de temps, travail assuré toute l’année avec le même bateau qui pratique la pêche au chalut de novembre à mai.

Une partie de la flottille thonière à quai à Concarneau. En 1939, Concarneau avait 35 chalutiers-thoniers, et il restait encore une douzaine de voiliers qui pratiquaient la pêche saisonnière.

Chaîne de débarquement du thon

L'équipage débarque les dix tonnes de thon à la main pour charger les camions de l'usine qui a acheté 80% de la pêche au prix de 185 francs le kilo. Le reste ira à la criée qui l'expédiera «en vert», c'est-à-dire légèrement salé et dans la glace. Robert tient à débarquer le thon rouge qu'il a pêché, Léonard emporte sa bonite. Chaque homme a droit à un thon et demi (environ 10 kilos) comme cotriade. La répartition du montant de la pêche se fait le jour même de la vente, autour de la table d'un bar, en présence du représentant de l'armateur. On déduit les frais (vivres, combustible et glace), l'armement prend la moitié de ce qui reste. L’autre moitié se répartit ainsi : une part et demie au patron, une part et quart au mécanicien, une part à chacun des sept matelots, une demi-part à Léonard. La part se monte à 40000 francs, le marin est satisfait car il sait qu'un ouvrier ne gagne pas autant dans son mois. Mais ce n'est pas trop payé la fatigue, le danger et l'éloignement de la famille. Chaque année, Concarneau déplore la perte d'un ou plusieurs thoniers de sa flottille. En outre, le pêcheur salit et use rapidement un abondant trousseau qu'il paye cher. Et, surtout, les voyages se suivent mais ne se ressemblent pas. L'année 1947 fut particulièrement lamentable.

FIN

samedi 24 janvier 2009

La pêche au thon en 1951 (1/2)

La bibliothèque de travail (n°247 du 22 octobre 1953) emmène ses jeunes lecteurs avec le mousse Léonard, 16 ans, à bord du Petite Micheline, un chalutier-thonier du port de Concarneau, pendant sa campagne de juillet 1951.

Le voyage sera long pour Léonard, de 15 à 22 jours. C'est lui qui sera responsable de la cuisine. Petite Micheline emportera, pour ses dix hommes d'équipage, 35 pains de 6 livres, 200 litres de vin rouge (un litre par jour et par homme), 50 kilos de pomme de terre, légumes verts, beurre salé, pâte, conserves de viande, café, sucre, thé, biscuit, condiments… et 2000 litres d'eau potable.
De 15 à 20 tonnes de glace sont chargés dans la chambre froide. Le puissant moteur Diesel de 214 CV nécessite l'embarquement de 12000 litres de gas-oil et 200 litres d'huile sous la surveillance du douanier qui vérifie aussi le tabac emporté.

C'est une société d’armateurs qui a financé la construction de Petite Micheline, immatriculée CC 3237. C'est un robuste bateau en chêne de 22 mètres qui jauge 54 tonneaux (volume intérieur, le tonneau valant 2,83 m3)


La bateau appareille, Léonard aide les matelots à hisser la grand-voile qui restera déployée nuit et jour pendant le voyage. Au large, les marins abaissent les deux tangons, longues perches mobiles et flexibles de 15 à 20 mètres, fixées au grand mât avec lequel elle forme un angle d'au moins 40°. L'équipage a filé les sept lignes, dont deux munies de plomb, à chaque tangon de l'extrémité à la coque du bateau (voir figure ci-contre). Elles sont de longueur décroissante pour qu'elles ne s'emmêlent pas (de 30 à 10 brasses*).
Les hameçons d'acier jumelés munis de crocs sans ergot sont appâtés d'un leurre grossier fait de crin blanc ou coloré. Les lignes sont faites de lin tressé épais de 5mm, et terminée par quelques brasses* de fil d'acier. Il est rare que le thon parvienne à casser la ligne. sur chaque tangon est fixé un hale-à-bord qui permet de décaler les lignes pour hisser une prise.
A l'arrière s'installent deux autres lignes de 6 et 8 brasses*, appelées «bonshommes» et à la tête du mât arrière est prise une ligne de 42 brasses. *La brasse vaut 1,64 m
Le thonier devra parcourir une centaine de milles à l'ouest, soit près d'une journée de route, avant de rencontrer le thon. C’est une pêche hauturière. C'est au patron de découvrir les bancs. Le monde moderne lui a apporté la radiophonie qui lui permet d'obtenir des informations auprès d'autres patrons. Malheureusement ceux-ci sont parfois discrets, ne tenant pas à partager leur aubaine. Il guette aussi l'apparition d'oiseaux gris au bec recourbé, se nourrissant des mêmes petits poissons que le thon. Plusieurs jours se passent, la mer est trop belle et le thon n'aime que les eaux turbulentes.
Quand un banc de germon est signalé, un matelot fait le point au sextant avant de partir . La Petite Micheline a navigué toute la nuit, la mer est plus houleuse. Branle-bas, les hommes sont sur le pont, les hameçons bondissent sur l'eau car Jean, le mécanicien, fait tourner son moteur à 5 nœuds.
Quelques heures fébriles mais combien dures pour le marin! Il doit lutter avec chaque poisson qui mord car le thon, nageur extraordinaire et fort, saute, s'arcboute, se défend à coups de queue jusque sur le pont où Léonard l'achève d'un coup de poinçon au crâne. La mer reste houleuse aussi la capture continue-t-elle à une cadence prodigieuse. léonard a compté 74 thons de 6 à 8 kilos en une heure!

Première prise.

Appuyé au tangon, Léonard s'arcboute pour soulever sa bonite (et le thon rouge pêché par Robert)

Bientôt d'autres thoniers, prévenus par radio, viennent participer à la curée.

A suivre…