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jeudi 6 juin 2013

Les phosphatiers de Nauru

L'île de Nauru a acquis sur ce blog (cliquez ici) une visibilité hors de mesure par rapport à son importance mondiale, même de notre point de vue maritime. Elle la doit aux timbres publiés par sa poste et qui concerne notre intérêt pour la marine marchande. Le sujet de ces émissions est souvent le transport de la principale, sinon la seule, production du pays, le phosphate. Voici un autre bloc philatélique qui montre, sur une carte de l'Australie, principal partenaire commercial de Nauru, les ports destinataires du phosphate de 1907 à 1982. 
This souvenir sheet (below) issued on the occasion of ANPEX '82 National Stamp Exhibition at Brisbane, Australia celebrating 75 years of Phosphate Industry in Nauru, which is the primary economic activity since 1907 by exporting phosphate mined from the island.
Nauru was one of three great phosphate rock islands in the Pacific Ocean (the others are Banaba (Ocean Island) in Kiribati and Makatea in French Polynesia); however, the phosphate reserves are nearly depleted. 

MV. Eigamoiya: A bulk carrier named after Queen consort of Nauru, wife of King Aweida. Her current deployment is Melbourne-Nauru - Majuro - Tarawa – Nauru-Melbourne, where she delivers cargo on a monthly basis. This route provides Majuro (in the Marshall Islands, part of the U.S. Trust Territory of the Pacific) with its principal sea link with Australia.
MV. Kolle D: A bulk carrier, used in the phosphate trade from Nauru to Australia and New Zealand.


Emis pour l'exposition philatélique de Brisbane en 1982, le timbre de ce bloc présente les trois principaux phosphatiers de l'île de Nauru. Coll agence Adhémar

MV Eigamoiya (dont nous avons déjà parlé ici) cargo de 4425t construit aux chantiers de Leith (Robb's) en Ecosse, en 1969 et appartenant à la Nauru Pacific Line.
MV Eigamoiya (© Stuart Glen)
MV Rosie D cargo de 17412t construit à Imari en 1977. En 2004, il était encore en service sous le nom de Ji Mei Da.
MV Kolle D cargo de 19500t (175m x 25m) construit à Osaka par Namura Zosensho K.K en 1972. Il s'est appelé Popi (sous pavillon grec) puis Ioannis V et Ana II (les deux sous pavillon panaméen) avant d'être détruit en 1999. 

L'extraction du phosphate se fait à ciel ouvert sur le plateau central de Nauru qui occupe 80 % de l'île. Une fois la végétation et la terre enlevées, le phosphate est directement accessible entre des pitons de calcaire corallien hauts de plusieurs mètres. Le minerai est ensuite transporté par camion (le train, mis en service en 1907, ne fonctionnant plus) qui l'achemine jusqu'à l'usine de traitement au pied du plateau. Là, il est raffiné puis chargé sur des phosphatiers par des bandes transporteuses qui accèdent au point d'ancrage des bateaux, Nauru ne disposant pas de port en eau profonde.



Son économie basée sur le phosphate, aujourd'hui pratiquement épuisé, a conduit à la pollution et la mort des récifs de corail. Aujourd'hui, Nauru est payé pour accueillir sur son territoire les demandeurs d'asile, en attendant que l'Australie examine leur dossier. Afin d'éviter la faillite, le pays s'adonne au blanchiment d'argent. Pour seulement 25 000 dollars, on peut lancer une banque au Nauru. Ainsi, dans une cabane délabrée on retrouve 400 sièges sociaux de banques. (source Wikipedia)

lundi 22 octobre 2012

Le Hunter à Nauru, 175e anniversaire du "premier contact"


Ce blog (voir) a déjà évoqué à plusieurs reprises l'île de Nauru, sans doute la plus petite république du monde, située en Micronésie, au nord-est de l'Australie. Pour son bonheur et son malheur, cette île qui aurait sans doute été un paradis sans ça, est un gros producteur de minerai de phosphate, ce qui lui valu dans les années soixante du siècle dernier, d'avoir l'un des plus gros revenu par habitant du monde avant d'être aujourd'hui au bord de la faillite, les ressources s'étant épuisées.
Pour le 175e anniversaire de la découverte de l'île par le capitaine anglais John Fearn, le 8 novembre 1798, la poste de Nauru a émis des timbres pour célébrer ce "premier contact". Sur celui ci-dessus, on voit le Hunter, le trois-mâts de Fearn (sur le timbre ci-dessous).

Dans la même série commémorative figure un timbre représentant le phosphatier MV Eigamoiya, autre symbole de l'activité de l'île. (coll. agence Adhémar)

Portant le nom d'une reine de l'île au tournant du XXe siècle, le MV Eigamoiya appartient, comme le Enna G. dont nous avons déjà parlé ici, à la Nauru Pacific Line qui, au temps de la splendeur de l'île (dans les années 1970) a compté jusqu'à cinq navires. Elle devra les vendre en 1992. Racheté, Eigamoiya deviendra Chrysanthi puis Ashoka II en 1997.
Ce cargo de 4425t, construit aux chantiers de Leith (Robb's) doit une partie de sa bonne réputation au fait qu'au retour dans l'île, il parvenait à rapporter une cargaison d'eau fraîche pas le moins contaminée par le phosphate contenu à l'aller.