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mercredi 7 août 2013

Le Lacydon escorte le Belem à l’entrée du Vieux-Port de Marseille en septembre 2011

Le bateau-pompe Lacydon des marins-pompiers escorte le Belem à l’entrée du Vieux-Port de Marseille en septembre 2011. © Stéphane Le Dauphin
Le Lacydon a été construit par les chantiers et ateliers de Provence de Port-de-Bouc (Bouches-du-Rhône). Il a été mis en service en septembre 1964. Amarré au poste 49 du bassin National dans l’enceinte du Grand port maritime de Marseille, il est armé par les marins-pompiers de la caserne portuaire de La Bigue. Il porte le nom d’un petit fleuve dont la calanque forme aujourd’hui le Vieux Port de Marseille.
Photos du Lacydon extraites du livre d'Olivier Gabriel Bateaux-pompes et autres engins flottants anti-incendie… Petite histoire mondiale de la lutte contre les feux portuaires. (cliquez ici)


Long de 40,50 mètres, Lacydon déplace 790 tonnes à pleine charge à une vitesse de plus de 14 noeuds. Il est animé par deux propulseurs Voith-Schneider entraînés par deux génératrices développant chacune 925 cv. Ces génératrices sont elles-mêmes alimentées par deux moteurs diésels. Un propulseur d’étrave est situé au tiers avant et renforce la manoeuvrabilité du navire. Lacydon est armé par un équipage de conduite de sept marins et embarque une équipe d’intervention de dix marins-pompiers. 
Son hydraulique incendie est constituée de quatre pompes d’un débit de 1 000 m 3/h à 8 bars de pression chacune (500 m 3/h à 16 bars). Deux collecteurs latéraux alimentés par les pompes permettent chacun l’alimentation d’une quinzaine de lignes d’eau. Les pompes alimentent aussi six lances Monitor, deux à bâbord et deux à tribord, deux mixtes eau-mousse à l’avant et sur la plate-forme d’un bras articulé s’élevant à 15 m au-dessus de l’eau. Ce dernier est télécommandé depuis la passerelle. Le navire porte deux réservoirs de liquide émulseur, un de 7 000 litres et deux de 4 000 litres. Une pompe électrique de 42 m 3/h injecte l’émulseur en pression dans le circuit d’eau. 1 500 kg de poudre pouvaient être utilisés pour l’attaque de feux spéciaux mais l’installation a été supprimée à cause d’une maintenance difficile. 25 bouteilles chargées à 45 kg de CO2 assurent l’autoprotection du navire contre un feu de moteur ou dans la soute à combustible qui porte 42 m3 de gasoil. Elles alimentent également deux tourets de 60 mètres de flexible avec un tromblon de décharge permettant une intervention extérieure. Une échelle pivotante semi-automatique permet une hauteur de travail de 10 à 20 mètres au dessus de l’eau. Le collecteur incendie assure un arrosage en pluie destiné à envelopper le Lacydon d’un rideau d’eau contre le rayonnement thermique. Le Lacydon est toujours actif.

lundi 17 septembre 2012

Bateaux-pompes d'Olivier Gabriel vient de paraître

Le très attendu Bateaux-pompes et autres engins flottants anti-incendie d'Olivier Gabriel vient de paraître. Cette petite histoire mondiale de la lutte contre les feux portuaires, maritimes ou fluviaux, met l'accent sur les bateaux-pompes français mais passe en revue les spécificités de services anti-incendie d'autres pays, particulièrement ceux de Grande-Bretagne, des Etats-Unis ou d'Allemagne. 


Les bateaux-pompes dont l’histoire plus que bi-centenaire est racontée ici combattent les incendies en zones maritimes et fluviales ou sur les plans d’eaux. Ils sont armés par des sapeurs-pompiers. Leurs puissantes pompes et leurs canons déversent des trombes d’eau sur les feux de navires ou de docks et d’entrepôts.
Au cours de l’histoire, ils ont évolué au rythme des progrès nautiques et de ceux des matériels de lutte contre l’incendie. S’il ne s’agissait initialement que de simples pompes à bras embarquées sur des barges, elles furent rapidement remplacées par des embarcations équipées de chaudières et de pompes à vapeur pour devenir très vite des bateaux autonomes aux ­qualités manœuvrières éprouvées et équipés de pompes à incendie à la puissance étonnante.
Richement illustré de photographies inédites de bateaux souvent en action, de toutes époques et de tous pays, ce troisième volume de la collection Navires spécialisés des éditions MDV retrace deux siècles d’évolution de ces bateaux-pompes.

L’auteur, Olivier Gabriel, est l’un des spécialistes français des engins de pompiers. Il est le créateur du site Internet www.netpompiers.fr qui rassemble depuis près de huit ans des milliers de passionnés de matériels terrestres, maritimes et aériens de lutte contre les incendies.

Le vice-amiral Jean-Michel L’Hénaff, commandant le bataillon de marins-pompiers de Marseille et l’école des marins-pompiers de la Marine, a bien voulu nous honorer d’un avant-propos. Nous dédions ce livre à tous les marins-pompiers.

jeudi 31 mai 2012

Du 25 mai au 3 juin 1940, les "little ships" anglais au secours des Alliés bloqués à Dunkerque

En mai et juin 1940, lors de la Bataille de France, un million de soldats alliés sont repoussés par la blitzkrieg (guerre éclair) de l’armée allemande. Bloquées sur les plages de Dunkerque, les Alliés n’ont d’autres issues que d’embarquer vers l’Angleterre.
La Royal Navy engage des navires de guerre mais la faible déclivité des plages ne leur permet pas d’y accéder et d’embarquer les troupes. Il faut mobiliser des navires civils plus adaptés : chalutiers, remorqueurs, péniches, yachts… Ils seront près de 400 «little ships» à faire le voyage depuis Douvres. Sur place, ils feront des norias entre les plages, où ils récupèrent les soldats pris au piège, et les navires mouillés au large. Dunkerque, les plages, les bateaux, sont pilonnés par les bombardiers et panzers ­allemands.
Retour victorieux du Massey Shaw après Dunkerque.
La présence d’un bateau-pompe dans cette "Opération Dynamo" est jugée utile par l’Amirauté. Le Massey Shaw, ­bateau-pompe londonien, après sélection d’un équipage de volontaires, est dirigé vers Ramsgate, point de ralliement des navires en partance pour la France. On raconte qu’un équipier était allé acheter une boussole dans un drugstore car ce navire fluvial n’avait pas de compas !
Les parties visibles du navire sont peintes en gris de manière à les camoufler.


Embarquement des troupes anglaises.

La traversée de la Manche de nuit fût mouvementée pour un navire à fond plat peu adapté à la haute mer. Sur place, il parut dérisoire d’engager une lutte contre les incendies et le Massy Shaw participa donc au sauvetage des troupes. Evoluant entre les mines et la pluie d’obus et de bombes, il effectuera trois rotations entre Dunkerque et Ramsgate, mettant en sécurité plus de 600 soldats et marins. Le Massey Shaw a été l’un des derniers little ships à quitter la zone après l’ordre de repli. A part la perte de son ancre, le navire a subi très peu de dommages et l’équipage est sain et sauf.
Mais le Massey Shaw n’a pas fini de faire parler de lui. Sur la route de retour vers Londres il recueillera les 37 membres de l’équipage (dont beaucoup sont blessés) du cargo français Emile de Champ, coulé par une mine. Son arrivée à Londres fût un thriomphe mérité ! Durant les neuf jours de l’opération Dynamo, plus de 250 embarcations ont été envoyées par le fond.

Pour plus d'information sur l'évacuation de Dunkerque et en particulier le rôle des bateaux de la Royale, voir ce blog.  

vendredi 11 mai 2012

Arrivée du Massalia à Marseille en avril 1971

En avril 1971, le bateau-pompe Lacydon accompagne de ses jets d'eau le Massalia dans le port de Marseille. Le ferry arrivait des chantiers Dubigeon Normandie de Nantes où il avait été construit. (coll Alain Croce)
Massalia faisait partie d’une série de trois sister-ships incluant Eagle (Southern Ferries) et  Bolero (Fred Olsen). Destiné à remplacé le légendaire Ancerville (plus grand mais qui ne transportait pas de véhicule), il a été exploité sous pavillon français jusqu’en 1983. Conçu initialement comme ferry pour des liaisons Marseille-Espagne-Maroc, puis Marseille-Dakar, Massalia fut converti en paquebot en 1981 et re-deployé par Paquet sur des itinéraires de croisière au départ de Toulon. Navire en quête d’identité, Massalia n’a jamais véritablement réussi à s’imposer auprès de la clientèle française et fut finalement vendu en 1983 au groupe suédois Stena, qui le rebaptise Stena Baltica. En 1984, il devient Island Fiesta puis Scandinavian Star, nom sous lequel il deviendra tristement célèbre. Exploité entre le Danemark et la Norvège, il est victime d’un tragique incendie le 7 avril 1990, lors d’une traversée Oslo-Frederikshaven, causant la mort de 158 personnes. Désarmé a Southampton pendant quatre ans sous le nom écourté de Candi, l’ex-Massalia est finalement reconstruit en Italie et prend le nouveau nom de Regal Voyager en juillet 1994. Le navire effectue alors un certain nombres d’affrètements en Méditerranée, notamment pour la Comarit et la Cotunav, ce qui lui donne l’occasion de fréquenter à nouveau les ports français, dont Marseille, dans les années 1995/1996. Il part ensuite aux Caraïbes et effectue des croisières pour différents opérateurs, jusqu’à son désarmement à Charleston en 2003. Il est finalement vendu à des démolisseurs indiens.

lundi 31 octobre 2011

Bateau-pompe en action lors de l'incendie du Pluviôse en 1910

L'épave du Pluviôse dans le port pendant les opérations de relevage. A gauche, La Girafe, un bateau-pompe et à droite (ci-dessous) le submersible Ventôse. Le Pluviôse est un sous-marin français, premier de sa classe. Il fut lancé par les chantiers de Cherbourg le 27 mai 1905 et coula le 26 mai 1910 au large du port de Calais, percuté par le ferry Pas-de-Calais. Il y aura vingt-sept victimes. Dérivé du Narval, le Pluviôse mesurait 51 mètres de long, possédait sept tubes lance-torpilles et pouvait atteindre dix nœuds en plongée et quinze nœuds en surface.

vendredi 28 octobre 2011

Navire-école Gabès et bateau-pompe à Sète


Jusqu’à la fin du XIXe siècle, la formation des marins de l'Hérault se faisait «sur le tas». Les jeunes mousses s’enrôlaient à bord des voiliers pour apprendre le métier de marin.
Ce n’est qu’en 1880, grâce au généreux bienfaiteur Paul Bousquet, que les jeunes gens pourront apprendre le métier de marin dans le port de Cette (Sète) à bord de l’ancien trois-mâts Marceau, rebaptisé l’Hérault, qui deviendra
Gabès de 1902 à 1951, ancré au Cul de Bœuf près du môle Saint Louis, à côté de la société nautique. L’école des mousses leur apprendra à quai tout de la vie à bord d’un voilier en attendant un réel embarquement.
De 1952 à 1972, l’école maritime s’installe sur un ancien vapeur courrier d’Algérie amarré au quai de la Gare, le Gouverneur général Lépine qui fut rebaptisé Paul Bousquet.
Ce n’est qu’en 1973 qu’une école en dur fut construite à la pointe du Barrou : C’est le lycée de la mer
Paul Bousquet.
A bâbord, on* reconnaît De Clerville, bateau-pompe appartenant à la chambre de commerce, utilisé pour la lutte anti-incendie, sans canons qui n'existaient pas à l'époque, et donc avec des lances classiques. Il a contribué au relevage de la drague La Nouvelle, en 1901, en utilisant ses pompes.

* Nous devons cette reconnaissance à Olivier Gabriel, auteur du livre Bateaux-pompes à paraître prochainement aux éditions MDV.

lundi 21 mars 2011

Les premiers bateaux-pompes

Notre ami Olivier Gabriel – qui prépare un livre sur les Bateaux-Pompes à paraître en septembre prochain aux éditions MDV Maîtres du Vent – est sans cesse à la recherche de documents pour compléter son information sur l'histoire de ces bateaux spécialisés. Il aimerait compléter cette collection de vignettes sur les services de pompiers, offertes par Player's dans les années trente du siècle dernier. Si quelqu'un a une piste…


En haut, un exemple de bateau-pompe en 1874. 
En bas, l'installation de pompage sur Beta III (1926) de la London Fire Brigade, en photo ci-dessous, en 1936, à Gravesend, près de l'estuaire de la Tamise. 

The London Fire Brigade's fire float Beta III (1926) off Gravesend in July 1936.

lundi 3 mai 2010

Bateau-pompe Aiguière, basé à Toulon

Bateau-pompe Aiguière, construit par la Société française de construction navale pour la 4e compagnie de marins-pompiers de Toulon (collection agence Adhémar)

Mis en service le 29 octobre 1969, il vient prêter main forte à l'Oued en service depuis 1958 (et réformé en 1995). Aiguière (Y745) de type Cascade, a eu comme sister-ship Embrun (Y746) basé à Brest.
23,80 m de long sur 5,26 m de large, tirant d'eau 1,7 m, tirant d'air 9,7 m (5,10 m avec mâture rabattue), déplacement 70 tonnes (85 t en pleine charge), vitesse 11 nœuds, autonomie 950 nautiques à 9 nœuds, 2 moteurs Diesel Pouaud-Wartsila, 2 hélices 415 ch 305 kW, puissance électrique 200 kW, équipage de sept hommes. Il est équipé de deux pompes de 280 m3/heure et 4 lances Monitor de 380 m3/heure.
Aiguière est peint d'un beau rouge (pour le voir en couleur se rendre sur le site Net pompiers) alors que son sister-ship brestois Embrun est rouge et blanc.

samedi 27 juin 2009

Bateau-pompe à New York

Il est plus fréquent de voir les bateaux-pompes célébrer un événement que lutter contre un incendie. Ce cliché nous montre un bateau-pompe new-yorkais saluer les navires de l'US Navy lors de la Fleet Week New York 2006.

Photo US Navy

vendredi 19 juin 2009

Bateau-pompe Lieutenant Gillet

Olivier Gabriel, du site netpompiers.fr nous adresse cette photo du bateau-pompe Lieutenant Gillet du SDIS 78, prise lors de la fête du Pardon des bateliers à Conflans Ste Honorine. Merci de cette participation.