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vendredi 20 décembre 2013

Le cuirassé d'escadre à tourelles Suffren portant le pavillon du vice-amiral Gourdon en 1904

Le cuirassé d'escadre à tourelles Suffren portant le pavillon du vice-amiral Gourdon en 1904. Collection agence Adhémar
Lancé le 25 juillet 1899 au chantier naval de l'arsenal de Brest - Longueur 128,8 m Maître-bau 21,3 m Tirant d'eau 8,6 m - Déplacement 12750 tjb - Propulsion 3 hélices Puissance 16000cv Vitesse 18 nœuds - Armement 4 canons de 300 mm 10 canons de 163 mm

8 canons de 100 mm 4 tubes à torpilles de 450 mm - Équipage 730 hommes 
En 1915, Suffren est le navire-amiral d'une escadre de quatre cuirassés français, commandée par le contre-amiral Guépratte, qui participa aux opérations navales dans les Dardanelles. Pendant la bataille du détroit des Dardanelles le 18 mars 1915, Suffren fut gravement endommagé par l'artillerie ottomane qui causa des voies d'eau, rendant les canons inopérants. Suffren dut se rendre à Malte pour effectuer des réparations. 
Après avoir participé aux opérations de Gallipoli et Salonique, Suffren faisait route vers Lorient pour se ravitailler lorsqu'au large des côtes portugaises, près de Lisbonne, il fut torpillé par un sous-marin allemand U-52, le 26 novembre 1916. Les dégâts qui lui avaient été infligés aux Dardanelles ne lui permettaient d'aller qu'à 10 nœuds, mais le mauvais temps réduisait encore sa vitesse à 9 nœuds. De plus il était sans escorte au moment de l'attaque. La torpille atteignit les moteurs et Suffren coula en l'espace de quelques secondes, emportant par le fond ses 648 membres d'équipage.

Huit navires de la Marine de guerre française ont porté le nom de Suffren
Un navire de ligne de 74 canons (1791-1794), rebaptisé le Redoutable en 1794, qui participa à la bataille de Trafalgar.
Un navire de ligne de 74 canons (1801-1815).
Un navire de ligne de 90 canons (1824-1865).
Une frégate armée (1866-1897).
Un cuirassé (1899-1916).
Un croiseur (1926-1963).
Une frégate lance-missile (1968-2008).

Un sous-marin nucléaire d'attaque (SNA) du type Barracuda.

mercredi 18 décembre 2013

Le cuirassé à tourelles Iéna, cuirassé d’escadre pré-Dreadnought

Le cuirassé à tourelles Iéna pendant ses essais en 1901. Collection agence Adhémar
Notre ami Alain a déjà évoqué sur ce blog le cuirassé Iéna et sa fin tragique. (cliquez ici) mais nous ne pouvions pas manquer de vous communiquer cette belle photo de la collection A. Bougault (voir biographie de ces peintres de la Marine sur Net-marine, cliquez ici).
Ce navire, mis en chantier le 3 avril 1897 à l'arsenal de Brest, est une modification du type Charlemagne précédent. Lancé en septembre 1898, il est armé définitivement le 14 avril 1902. Il sert en Méditerranée. En 1906, lors de l'éruption du Vésuve, il est envoyé à Naples pour porter secours. Il explose, suite à un incendie, le 12 mars 1907.

Cuirassé à tourelles
La tourelle s'imposa dans les marines de guerre avec l'augmentation du calibre et de la masse des pièces d'artillerie. Le nombre des canons de chaque navire dut alors être réduit pour conserver la stabilité sur l'eau, et il convenait d'utiliser chacun de la façon la plus efficace, en augmentant leur champ de tir. Un des premiers exemples de navire équipé d'une tourelle fut le Monitor, utilisé pendant la Guerre de Sécession, suivi du HMS Captain de Cowper Phipps Coles, en 1869, premier navire de haute mer doté d'une artillerie en tourelle. Cependant, peu de temps après sa mise en service, le 7 septembre 1870, le Capitain chavira, démontrant la difficulté d'employer simultanément des tourelles et des voiles. Les Britanniques réglèrent le problème en abandonnant la propulsion à voile dès 1871, avec les deux navires de la classe Dévastation. À la fin du XIXe siècle, l'emploi de la tourelle s'imposa sur les plus grosses unités des marines de guerre, comme les navires de ligne ou les croiseurs cuirassés. Les unités plus légères, comme les croiseurs protégés et les torpilleurs gardèrent encore longtemps un armement sur pivot, protégé par un simple bouclier, plus rapide à pointer et plus léger.
Sur la plupart des navires, les canons équipant les tourelles étaient encore à chargement par la bouche. La généralisation du chargement par la culasse allait accroître la cadence de tir, tout en évitant aux servants de s'exposer ; cependant, les obus de plus en plus lourds exigeaient souvent des machines à charger, obligeant encore à ramener la pièce à une certaine position de hausse, voire de site pour introduire la munition, ce qui retardait d'autant l'ouverture du feu. Par la suite, on développa des mécanismes solidaires du canon, ce qui permit de le charger dans n'importe quelle position.
NOTA : cet article sur les cuirassés à tourelles m'a été suggéré par la répétition de l'appellation dans les légendes des photos du début du XXe siècle. Ce qui m'a fait penser qu'il fallait signaler cette évolution. J'espère des commentaires de spécialistes. MH

Commentaires d'Alain
1) L'évolution de la batterie fixes des vaisseaux jusqu' à la tourelle mobile s'est faite en plusieurs étapes:
-des rails en arc de cercle sur lesquels le canons se déplace derrière la batterie autour d'un axe  permettent d’accroître le champ de tir des pièces d'artillerie dans la batterie ;
-invention du frein de recul rendu nécessaire par suite du déplacement des canons qui ne pouvaient plus être retenus par des simples amarres;
-invention de la plate-forme tournante et du frein hydraulique;
-les canons se chargent par la culasse et plus par la bouche
-protection fixe de la plate-forme tournante, c'est le système des "barbettes"qui ne protègent pas complètement les servants
-les machines à charger sont installées sur la partie tournante ce qui permet de charger les canons dans n'importe quelle position 
-enfin invention de la tourelle fermée la protection est solidaire de la plate-forme et tourne en même temps, d'abord avec pivot central puis avec une couronne de galets circulaire sur laquelle tourne la tourelle.
- puis inventions des tourelles multiples; plusieurs canons dans la tourelle, ce qui impose autant de monte charge à munitions que de canons; ces monte charge ont une partie basse fixe qui amène les obus et les gargousses  des soutes à munitions situées dans la partie basse du navire à une chambre de transbordement, et une partie haute mobile qui tourne en même temps que la tourelle qui les amène de la chambre de transbordement à la culasse des canons.


2) La photo représente le cuirassé Iéna à ses essais de vitesse en 1901.

samedi 12 mars 2011

Le 12 mars 1907, le cuirassé Iéna explosait à Toulon

Le cuirassé Iéna

12 mars 1907, l'explosion à bord de l'Iéna

Après l'explosion, les personnalités viennent constater l'étendue des dégâts à bord de l'Iéna

1909 l'épave de l'Iéna utilisée comme but de tir par la marine (Photos collection Alain V)

Iéna était un cuirassé d'escadre pré-Dreadnought de 12 750 tonnes, mis en chantier le 3 avril 1897 à Brest, lancé en septembre1898, il entre en service le 14 avril 1902, c'est une modification du type Charlemagne.

Ses dimensions:
L. 122,15 m; l. 20,80 m; tirant d'eau 7,95 m
ses machines de 16 500 cv, ses 20 chaudières Belleville timbrées à 18 kg, et ses 3 hélices lui permettent une vitesse de 18 noeuds
protection:une ceinture cuirassée de 320mm au plus fort à 230mm
un pont blindé de 80mm; protection des tourelles 318 mm.
Armement:
4 canons de 305 mm en 2 tourelles doubles
8 canons de 164,7mm en réduit
8 canons de 100mm avec masques
16 x 47 mm
4 x 37 mm
4 tubes lance torpilles

Il n'a pas de sister-ship. Dès son entrée en service, il est affecté à l'escadre de Méditerranée. En 1906, il est envoyé à Naples pour porter secours aux victimes de l'éruption du Vésuve.
Le 12 mars 1907, l'Iéna se trouve à Toulon en carénage, dans un bassin de la darse de Missiessy pour une visite de routine de la coque; les travaux sont presque terminés, les hommes d'équipage regagnent leur poste, les ouvriers ne sont pas encore revenus à bord après la pause de midi, lorsque une explosion se produit vers 13h 30. Une grande flamme jaillit de la cheminée et du monte charge de la soute tribord des 100mm, et gagne la soute à munitions des 305 mm arrières. L'incendie gagne ensuite les autres soutes, et les torpilles; les explosions se succèdent.
Les toitures des ateliers sont soufflées. Des éclats sont projetés à des centaines de mètres, blessant des passants. Les dégâts sont considérables. Des débris humains sont dispersés dans un rayon de 200 mètres.
Sur un équipage de 630 hommes, 118 sont morts, et 33 sont blessés.
Le ministre de la Marine, Gaston Thomson est à Toulon dés le lendemain, les messages de sympathie affluent du monde entier. Le roi d'Angleterre, et l'Infant d'Espagne se rendent sur les lieux.
Les obsèques nationales eurent lieu le 23 mars 1907 sur la place d'armes à Toulon, en présence du président de la République, Armand Fallières.

Un enquête parlementaire sur l'origine de la catastrophe fut immédiatement ouverte. La commission scientifique mis en cause la poudre B qui était utilisée par la marine parce qu'elle ne produisait pas de fumée gênant la cadence et la conduite du tir; mais qui en vieillissant devenait instable et s'auto-enflammait; en 1911 dans l'explosion du cuirassé Liberté, c'est encore cette poudre qui sera mise en cause. D'autre part le navire étant en cale sèche, le noyage des soutes n'a pu être effectué; suite à cette catastrophe, il a été prescrit de débarquer les munitions d'un bâtiment entrant au bassin.
Le bassin ou se trouvait l'Iéna a été noyé par un tir effectué par le cuirassé Patrie pour détruire le bateau-porte.
Les explosions, et l'incendie ont rendu le navire irrécupérable, il est condamné le 3 juillet 1907.
En 1909, l'épave du Iéna servit de cible de tir pour la marine à Porquerolles, en baie d'Alycastre, elle fut utilisée pour la mise au point d'obus perforants, devant exploser après avoir traversé le blindage de la cible. Ce qui restait de l'Iéna fut par la suite vendu en 1912 à la démolition.

Alain