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vendredi 2 juillet 2010

Luc Watin-Augouard

Chirurgien orthopédique, Luc Watin-Augouard est également un très grand connaisseur des paquebots, de leur histoire et de leurs emménagements. Collectionneur passionné, il a conseillé bon nombre d'organisateurs d'expositions sur ce thème. Il est membre du bureau de l'Association des Amis des Paquebots qu'il contribue à faire vivre, notamment par ses films très appréciés et ses conférences toujours très suivies. Il a apporté son expertise à la rédaction (en collaboration avec Daniel Hillion et Gilles Barnichon) du passionnant Cunard, les majestés de l'Atlantique et leurs concurrents, aux éditions MDV Maîtres du Vent.

jeudi 18 septembre 2008

Mahonnes, kamakis, loudres et gangavier

Page de photos incluse dans Pêcheurs d’éponges et chiens de mer de Jean Lemasson. (détails ci-desous)

Mahonnes à quai

Kamakis et loudres

Ganganier au mouillage

Suite à notre article de dimanche dernier à propos de Men Glaz de Jean Lemasson, un de nos lecteurs bibliophiles et néanmoins ami m’a signalé que «Mahonnes, kamakis, loudres et gangaviers» n’étaient peut-être pas des noms de bateaux familiers à tous nos lecteurs. Il s’est ensuite proposé à me fournir une photo de ces voiliers, photographiés par Jean Lemasson lui-même, tels qu’ils figurent dans Pêcheurs d’éponges et chiens de mer, le premier livre de l’auteur*. Voilà, c’est fait.

*Ce livre relate la campagne de pêche aux éponges dirigée par Jean Lemasson en Méditerranée à bord du Men Glaz. C’est un récit vivant et coloré autant qu'un document sur un métier exercé (sans scaphandre!) depuis l’Antiquité grecque.
Sorti chez René Julliard en 1961, ce livre n’a jamais, je crois, été réédité. On le trouve parfois d’occasion chez les bouquinistes et sur Internet.

dimanche 14 septembre 2008

Avez-vous lu Men Glaz ?

A gauche, sans doute le Men Glaz (A1130). A droite, le Hortense-Yolande (EL 5067). Les deux thoniers sont tirés par un remorqueur pour franchir la passe d’Etel. Ce serait l’unique photo du Men Glaz

… Ce qui explique que sur la couverture du livre Men Glaz, dans son édition de 1999, c’est un autre thonier, l’Avenir de Famille (CC2186) qui est représenté.

Jean Lemasson (à gauche), à 36 ans et Loïck Fougeron, à 28 ans, à bord de Nausicaa, à Dakar en 1954.

En rangeant quelques dossiers, je suis tombé sur un article de Laurent Charpentier, paru dans Voiles et voiliers n°423 de mai 2006 et intitulé «Jean Lemasson, marin lettré». Il m’est alors venu l’envie de relire Men Glaz. Quel plaisir rare ! Celui de lire un récit de mer qui se dévore comme un roman. Tout sonne juste dans cette histoire d’un thonier à voile que l’auteur a destiné au cabotage sur les côtes d’Afrique du Nord. On y retrouve l’esprit qui devait régner à l’époque où les voiles de travail étaient encore fréquentes (goélettes, mahonnes, kamakis et gangaviers). C’est aussi une histoire d’hommes, jamais niaise ni nombriliste, écrite avec vigueur et style. «Ici, tout était simple, nous n’avions qu’une seule chose à faire, conduire le navire, l’aider : nous étions un équipage à la mer, un seul corps au service du bateau, sans autre choix que celui de la route, toute notre volonté tendue pour déjouer les caprices du vent et la souveraine indifférence de la mer. […] je comprenais mieux la parole de Gus : A la mer, je sais ce que j’ai à faire ; à terre, ça ne va plus. Je ne sais pas marcher seul.» La vie de Jean Lemasson est un roman rocambolesque, c’est elle que l’on retrouve entre les lignes de Men Glaz.

BIOGRAPHIE : Jean Lemasson était né en 1918 en Ille-et-Vilaine.
En 1934, première campagne de pêche à Terre-Neuve et début d’une vie consacrée à la mer. En 1936, il s’engage pour cinq ans dans le Royale.
C’est en 1946 qu’il achète Men Glaz, un thonier d’Étel, construit dans les années trente. Il cabotera dessus trois ou quatre ans avant qu’un incendie détruise le bateau.
En 1954, il fait la traversée vers les Antilles sur Nausicaa avec Loïck Fougeron*.

A bord du Nausicaa, à Casablanca, en 1954, Jean Lemasson (à droite) et Loïck Fougeron discutent avec le Captain Brown, l’un des personnages haut en couleur que Jean avait rencontré en 1951 au cours de ses pérégrinations. Cet excentrique vieillard, ex-contrebandier et gardien d'une armada de yachts à l’abandon, avait gagné ses galons de commandant lors de la guerre hispano-américaine de 1898 ! Il séduira tant Loïck qu’il donnera son nom au voilier qu'il utilisera pour la première course en solitaire autour du monde, en 1968.

En 1960, Jean Lemasson est l’un des premiers à faire du charter de voiliers sur Maylis de Loïck Fougeron. La première saison, le bateau accueille Martine Carol.
En 1961, il publiera Pêcheurs d’éponge et chiens de mer et c’est en 1963 qu’il publiera Men Glaz
(toujours disponible aux éditions MDV Maîtres du Vent)
Jean Lemasson est décédé en 1991.

*Loïck Fougeron est l’auteur de Si près du Cap Horn et Rayon vert au Cap Horn (toujours disponible aux éditions MDV Maîtres du Vent)

dimanche 13 janvier 2008

Anthologie de belles pages de la littérature maritime

Encre de mer, un livre récent paru au Chasse-Marée. Un recueil coordonné par Nathalie Couilloud. Relié, format 20 x 20 cm, 432 pages, 200 illustrations. Prix: 24,95 euros

Ulysse, Sinbad le marin, le capitaine Némo, Long John et sa jambe de bois, saluent Moby Dick et la pieuvre géante de Victor Hugo… Tragique, humour, poésie et aventures se jouent au fil des océans. Tous ces personnages sont convoqués dans cette anthologie de plus de 150 citations.
L'anthologie est la meilleure et le plus mauvaise des choses ; agréable à feuilleter, agréablement illustrée, celle-ci est présentée par grands thèmes sommaires. Elle manque toutefois un peu de corps et de liant. Si beaucoup de grands écrivains sont cités, la bibliographie est légère et les biographies absentes.
Parmi ces auteurs, figure notre ami Henri Bourdereau pour un extrait de Lettres du Pacifique (1998, éditions MDV, préface de Erik Orsenna).
Capitaine au long cours et président de l'Association pour la promotion des classes de mer, ancien secrétaire général de la Fédération des industries nautiques, Henri Bourdereau a publié Des hommes, des ports, des femmes à L’Harmattan en 2006.Il est également l’auteur de Le Tour du monde du Silvacane aux éditions MDV et de Cent ans de nautisme (avec Daniel Charles, aux éditions PC).
Ci-dessus, au premier plan, Henri Bourdereau, pendant les délibérations du jury du prix littéraire du Salon nautique de Paris.


dimanche 15 juillet 2007

Claude Molteni de Villermont

Nous apprenons le décès de Claude Molteni de Villermont survenu hier dans les suites d'un accident cardiaque à l'âge de 78 ans. Claude n'était pas seulement notre ami ; il était l'un des plus grands connaisseurs des paquebots et de leur histoire. C'est vers lui que se tournaient ses amis lorsqu'ils avaient besoin d'une précision au sujet d'un navire. Le voici lors de l'un de nos voyages au Havre en 2006 :

Il était également un grand collectionneur de cartes postales et de photos de navires. C'est dans cette extraordinaire collection de plusieurs milliers de clichés qu'il avait puisé des documents pour illustrer ses livres Un siècle de paquebots français par la carte postale et Un siècle de paquebots du monde par la carte postale, publiés par MDV.


Nous ne pourrons plus écrire sans avoir une pensée pour lui.

We are in sadness because of the death, following cardiac failure, of our friend Claude Molteni de Villermont, one of the most famous French ship lover. He was an author too and you can see above covers of some of their books. He will always stay in our mind. GB

Voici le texte publié en juin 2010 par Gilles Barnichon dans la plaquette du trentenaire de l'Association des Amis des paquebots en mémoire de Claude Molteni de Villermont, disparu en juillet 2007 :
«Tous les domaines de la connaissance humaine (même ceux qui paraissent les plus reculés) ont leurs passionnés. Parmi ceux-ci, certains font figure d'experts. C'était le cas de notre ami Claude Molteni de Villermont. Toute sa carrière professionnelle s'est déroulée dans le milieu du tourisme. Il en avait connu tous les rouages et toutes les évolutions, la fin des lignes maritimes régulières et le début de l'engouement pour les croisières avant d'occuper des postes importants chez Costa. Sa retraite fut par la suite l'occasion pour lui de se consacrer exclusivement à sa passion : les paquebots. Il la concrétisa, entre autre, par l'écriture de plusieurs livres, aidé par Cécile, son épouse tendrement aimée qui disparaîtra avant lui, ce dont Claude ne se remettra jamais complétement. Aucun de ceux qui lui ont rendu visite (tout le monde n'avait pas ce privilège) n'oubliera son bureau, son lieu de travail. Tout y était consacré aux paquebots. On y trouvait de nombreux livres, traitant de toutes les époques de la navigation, des tableaux, de fabuleuses maquettes, des objets évoquant paquebots et compagnies, célèbres ou non… Car Claude s'intéressait à tous les paquebots sans exclusive de taille, de nationalité ou de géographie. Lui poser une question concernant l'un de ces navires, c'était la certitude d'obtenir une réponse. Lui montrer une carte postale ancienne où figurait un navire inconnu de vous, c'était se préparer non seulement à voir l'inconnu perdre son anonymat mais aussi à entendre Claude vous conter l'histoire de la compagnie et à la replacer dans son contexte. (Car la culture de Claude ne se limitait pas au domaine maritime. Il connaissait parfaitement l'Histoire.) Puis, invariablement, il se dirigeait vers ses albums de photos et de cartes postales et commençait à en rechercher une parmi plusieurs milliers. Pas pour impressionner son visiteur mais simplement pour lui montrer un cliché rare. Et la conversation rebondissait, de navires en anecdotes pendant des heures qui ne semblaient jamais longues…»