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lundi 27 décembre 2010

Les ravitailleurs d'hydravions français du type Sans Souci

SG3 ex Sans Souci, sous pavillon allemand en 1943
Beautemps Beaupré ex Sans Souci, en 1947 à Lorient

La Pérouse ex Sans Peur, en 1946 à Saint Nazaire
La Pérouse ex Sans Peur en 1949

La Pérouse ex Sans Peur en 1958

Les ravitailleurs d'hydravions français en construction au début de la Seconde Guerre mondiale.

Nous avons vu avec le Marcel le Bihan, les ravitailleurs d'hydravions allemands. La France aussi s'est intéressée à ces bâtiments. C'est ainsi qu'après avoir utilisé dans ce but, les avisos Belfort et Diligente, ainsi que le transport Hamelin, la tranche navale 1937 autorise la construction de quatre ravitailleurs d'hydravions spécialement conçu comme tels.

Ces ravitailleurs d'hydravions ont pour nom:
Sans Souci, Sans Peur, Sans Reproche et Sans Pareil.
Les deux premiers sont mis sur cale en 1938 aux chantiers de la Loire à Saint-Nazaire.
Les deux autres en 1938 au chantier de Penhoet à Saint Nazaire également.

Les caractéristiques prévues à l'origine étaient:
déplacement :1 372 tonnes, 1 559 tonnes en pleine charge
dimensions longueur 95 mètres;largeur 11,76 mètres;tirant d'eau 3,20 mètres
moteurs diesels 4 200 cv , vitesse 18 nœuds;rayon d'action 12 000 à 10 nœuds
armement 1 canon de 75mm

A leur arrivée à Saint Nazaire en juin 1940 les allemands les trouvent sur cale et décident de continuer leur construction d'abord comme ravitailleurs d'avions, puis en les achevant comme escorteurs rapides, et en renforçant l'armement prévu.
le déplacement en pleine charge s'élève à 1 760 tonnes
l'armement installé par les allemands est de : 2 ou 3 canons de 105 mm;4 x 37mm;10 à 14 x 20 mm
l'équipage est de 178 hommes.

Le Sans Pareil est rebaptisé Jupiter par les allemands, lancé en 1940, il entre en service en août 1942 et prend le nom de SG1 il est affecté à la 4ème Vorpostenflotille, il sera coulé par l'aviation Alliée près de l'ile d'Yeu le 6 août 1944.

Le Sans Reproche est rebaptisé Saturnus par les allemands,lancé en 1940,il entre en service en septembre 1942 et prend le nom de SG2, il est affecté à la 4ème Vorpostenflotille,il est endommagé par mines le 8 mai 1943,après réparations il est atteint par des bombes le 23 septembre 1943,et coulé par les bombardements Alliés dans l'estuaire de la Gironde en janvier 1944.

Le Sans Souci est rebaptisé Uranus par les allemands,lancé en 1940,il prend le nom de SG3 il entre en service en novembre 1942 ,il est affecté à la 4ème Vorpostenflotille,est retrouvé intact en 1945,il est récupéré est terminé comme aviso hydrographe,il prend le nom de Beautemps Beaupré et entre en service en mai 1947.
Le Beautemps Beaupré est affecté à des missions hydrographiques annuelles sur la cote Ouest de l'Afrique de mai 1947 à juillet 1965;affecté ensuite à la MHAN (mission hydrographique de l'Atlantique Nord) jusqu'en septembre 1968;il est condamné en 1969 et démoli en 1973.

Le Sans Peur est rebaptisé Merkur par les allemands,lancé en 1940,il prend le nom de SG4,il entre en service en septembre 1943,il est affecté à la 6ème Vorpostenflotille, est retrouvé intact à la libération,récupéré il est terminé comme aviso hydrographe et prend le nom de La Pérouse et entre en service en avril 1947.
Le La Pérouse est affecté à des missions hydrographiques dans l'océan Indien,il est basé à Diego Suarez ,en 1965 il regagne Brest,en 1967 il est bâtiment base du groupe des bâtiments de réserve,il est désarmé en 1977,il sert quelque temps de brise lames à Brest avant d'être démoli en 1984.

Caractéristiques après achèvement en 1947 des Beautemps Beaupré et La Pérouse:
déplacement en pleine charge 2 000 tonnes
armement : 3 canons de 105 mm; 2x 40 mm; 8 x 20 mm
équipage 144 hommes
après 1965 l'armement est débarqué.

Alain

mardi 21 décembre 2010

Aviso et dépanneur d'hydravions Marcel le Bihan, ex-Greif allemand

Le dépanneur d'hydravions Greif futur Marcel le Bihan. La grue vient de déposer un hydravion sur la plage arrière. On aperçoit les défenses pour protéger les flotteurs lors de la manœuvre.

Le Marcel le Bihan en 1956 alors utilisé comme aviso, la flèche de la grue repose sur le spardeck.

Le Marcel le Bihan en 1962, remorquant le Bathyscaphe Archimède.

Le Gustave Zede ex-Marcel le Bihan après refonte en 1978, la grue a été remplacée par un portique à l'arrière pour soulever la soucoupe plongeante que l'on aperçoit au premier plan.

Navire aux multiples vies, Marcel le Bihan a été construit comme ravitailleur d'hydravions allemands sous le nom de Greif. Mis sur cale en 1935 au chantier Lubecker Fleudewerke à Lubeck, il a été lancé en 1936 et mis en service en août 1937.
Entre 1934 et 1941, l'Allemagne a fait construire 12 ravitailleurs d'hydravions. Ils se distinguaient par leur silhouette particulière: une passerelle et une cheminée reportées sur l'avant, un canon de 105mm à l'avant et près de la moitié de la longueur du navire occupée par une longue plage arrière plate et dégagée sur laquelle une grue imposante se déplaçait sur des rails afin de sortir l'hydravion de l'eau et de le déposer sur cette plage arrière ou sur le spardeck derrière la cheminée.
Après la guerre, en 1946-1948, nous recevrons trois ravitailleurs d'hydravions allemands (Greif, Max Stinsky et Immelman) qui prendront respectivement les noms de Marcel le Bihan, Paul Goffeny et  Commandant Robert Giraud. Ces deux derniers, entrés en service en Allemagne en 1941, étaient un peu plus grand (1000 tonnes) et plus rapides (20,5 nœuds) que le Greif mais ce dernier se distinguait par son mode de propulsion.

 Un propulseur Voith-Schneider, le Marcel le Bihan en avait deux semblables pour sa propulsion.
Propulseur Voith-Schneider ou cycloïdal
Le Greif, à la fois le plus ancien et celui qui aura la carrière la plus longue, avait en effet la particularité de posséder deux propulseurs Voith-Schneider.
Le propulseur Voith-Schneider ou cycloïdal, inventé en 1897, mais développé en 1926 par Ernst Schneider, est constitué par un plateau tournant situé sous la coque sur lequel se meuvent des pales verticales orientables, la direction de la poussée dépend de l'orientation des pales, il remplace donc à la fois les hélices et le gouvernail, il est pour la première fois installé sur un navire de guerre de cette importance, il est utilisé principalement sur les remorqueurs, il a la particularité de permettre les déplacements du navire dans tous les sens, même en crabe sur le coté, ou de tourner sur place, d'où une très grande manœuvrabilité.

Caractéristiques du Greif: déplacement: 800 tonnes - 1 000 tonnes en pleine charges - Longueur 72 mètres - largeur 10,60 mètres - tirant d'eau 3,20 mètres. 2 diesels MAN de 4 400 cv entraînent les deux propulseurs Voith-Schneider - rayon d'action 2000 miles à 13 nœuds; vitesse 16 nœuds - Equipage: 41 hommes - Armement:1 canon de 105mm, 2 x 40 mm, 4 x 20mm - Une grue roulante articulée de 13 tonnes

Le Greif entre en service en août 1937 comme dépanneur et ravitailleur rapide de l'aéronautique allemande, il dispose d'un voile d'amerrissage à l'arrière. D'août 1937 à mars 1939, il est affecté à la base aéronavale de Travemunde. Il effectue le soutien logistique des hydravions de la ligne d'Amérique du Sud.
A partir de juillet 1942 il rejoint les forces aéronavales à Gdynia. En août 1944 avec les Boelcke, Hans Albrecht Wedel et Gunther Plunchow, autres ravitailleurs d'hydravions, il fait partie du groupe 81 de Swinemunde. Il participera ensuite à l'évacuation de la Prusse Orientale, emmenant 2 000 passagers par voyage.
Saisi par les Américains le 22 décembre 1945 à Wilhelmshaven, remis en état au chantier Lubeck Flender Werft, il est transféré sous pavillon français par les Etats Unis en octobre 1947 à Cherbourg et armé en août 1948 comme aviso. Il prend alors le nom de Marcel le Bihan.
Après un carénage à Lorient en 1950, il est envoyé en Indochine. De 1950 à 1952, il fait campagne en Extrême Orient. Il est utilisé pour transporter des commandos, effectuer des réparations d'hydravions et comme navire de commandement d'opérations amphibies. Il quitte Saigon le 29 octobre 1952 pour Toulon,  à son retour il est placé en réserve.
Du 6 novembre au 16 décembre 1956, le Marcel le Bihan participe à l'expédition de Suez au sein de la force d'intervention.
Il est reclassé gabare en novembre 1959, son armement est débarqué (le canon de 105 mm l'avait été, semble-t-il, dés le retour d'Indochine). Il est affecté au GERS.
En juillet 1961, il est affecté au groupe des bathyscaphes, sa manoeuvrabilité constituant un avantage certain pour cette mission; il sert de bâtiment base au bathyscaphe Archimède qui plonge dans la fosse des Kouriles au Japon en 1962/1963; en 1964 dans celle de Porto Rico; en 1965 au Cap Matapan en Grèce; en 1966 à Madère; il effectue une campagne de plongée à Ponta Delgada (île Sao Miguel)du 17 juin au 6 septembre 1969; participe aux recherches des sous marins Minerve perdu le 27 janvier 1968, et Eurydice perdu le 4 mars 1970.
En 1969 les moteurs MAN d'origine du Marcel le Bihan sont remplacés par des moteurs GMC américains de 1700 cv chacun.
Il est affecté au Gismer en 1975. Rebaptisé Gustave Zédé en 1978, il est affecté aux missions de récupérations au profit du centre d'essais des Landes, et est support du sous-marin d'exploration Shelf Diver. De 1979 à 1981, il subit une refonte pour accueillir le sous-marin d'exploration Licorne, la grue est débarquée et replacée par un portique articulé à l'arrière.
Il est condamné le 8 septembre 1986 à Lorient et finira coulé le 22 juin 1990 en remorque de l'Ailette en Méditerranée.

Alain (photos collection Alain V)