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vendredi 16 décembre 2011

L'arsenal de Toulon en 1963

Voici une de mes photos préférées.
Elle retrace à elle seule plus de 30 ans de l' histoire de la Royale. On voit de gauche à droite, l'Escorteur d'Escadre d'Estrées, entré en service en 1957; le cuirassé Jean-Bart, dont l'histoire mouvementée vous a été longuement décrite sur ce blog; le croiseur lourd Suffren, entré en service en 1930, il a été un temps le doyen des navires de la Royale à flot, ne naviguant plus depuis 1947, il sert de caserne à l'école de canonnage; le croiseur Montcalm, entré en service en 1937, après une carrière bien remplie, il est désarmé en 1959, sert de ponton à l'école ASM; à droite le croiseur antiaérien Colbert, est en cours d'accostage, entré en service en 1959, il entrera en refonte en 1970, pour être aménagé en lance-missiles; enfin à l’extrême droite on devine le bassin Vauban qui avec ses 442 mètres fut un temps le plus grand du monde, on distingue à l'intérieur de celui-ci, le porte-avions Arromanches, prêté par les britanniques en 1946 et acheté en 195, dont on aperçoit l’extrême arrière.
Alain

Anonyme a dit : L’escorteur à gauche, ce serait plutôt le Bouvet
(s. Fondudaviation)

samedi 10 septembre 2011

1907, de vieilles connaissances à Landevennec



Et oui, sur cette photo de Landevennec en 1907, les lecteurs assidus de ce blog auront reconnu, à partir du premier plan: le cuirassé Formidable, qu'ils avaient rencontré à Brest en 1903; le Courbet cuirassé du type Dévastation, entré en service en 1886, c'est le seul qui ne vous a pas encore été présenté, (à ne pas confondre avec le dreadnought Courbet de 1914) ; le croiseur Guichen que je ne présente plus, sa dernière apparition sur ce blog était en 1905 à Saigon, vous pouvez voir d'ailleurs qu'on ne lui a pas encore enlevé sa livrée blanche des colonies, et enfin le croiseur cuirassé Montcalm; si pour le Guichen et le Montcalm il s'agit d'une mise en réserve provisoire, avant d'autres aventures, par contre pour les cuirassés Formidable et Courbet il s'agit de retraite définitive, puisqu'ils ne quitteront Landevennec que pour être démolis en 1910, pour le Courbet, et en 1911 pour le Formidable.
Alain

jeudi 8 septembre 2011

L'Arsenal de Saïgon en 1905.

Dans ma série rétrospective de nos grands ports de guerre au début du siècle passé, je vais vous présenter un arsenal situé bien loin de la métropole; celui de Saïgon.
La conquête de l'Indochine commence en 1859 par la prise de Saigon par l'amiral Rigault de Genouilly; en 1862 Saigon devient capitale de la Cochinchine française, et principal port d'Indochine,suite à l’expansion coloniale. L'escadre d’Extrême Orient y séjourne régulièrement.
Sur cette photo de 1905, on voit au milieu du chenal une canonnière de rivière, puis plus loin sur la gauche, la canonnière cuirassée Styx; elle se trouve depuis 1902 en disponibilité armée et est stationnaire à Saigon; elle sera désarmée et démolie sur place en 1919. Sur la rive en face, il y a trois croiseurs de l'escadre d’Extrême Orient; le plus proche derrière la canonnière de rivière est le croiseur Descartes reconnaissable à ses deux cheminées trapues; construit à Nantes,entré en service en 1897, il a été affecté à l'escadre d’Extrême Orient en 1904 en remplacement de son sister-ship le Pascal; il rentrera à Toulon en 1907. Derrière le Descartes une vieille connaissance des lecteurs de ce blog, le croiseur protégé Guichen,reconnaissable à ses quatre cheminées par groupes de deux et ses trois mats; il perdra son mat central en 1906; je rappelle qu'il a été construit à Saint- Nazaire, lancé en mai 1898, et qu'il est entré en service en 1902, après des essais assez difficiles. En janvier 1905, il a quitté Brest, il est arrivé à Saigon en mars 1905; il regagnera Brest en septembre 1907. Le troisième croiseur que l'on aperçoit derrière le Styx et le croiseur cuirassé Montcalm du type Gueydon, construit à la Seyne, entré en service en 1901, il est affecté à l'escadre d'Extrême Orient de février 1903 à 1906, il sera rayé en 1926, mais continuera à servir; en 1931 il devient annexe de l'école des apprentis; de septembre 1934 à juin 1940, il est caserne de l'école des mousses à Brest, prenant en octobre 1934 le nom de Tremintin, il sera détruit en 1942/1943 par les allemands occupant Brest.


Remarquez la couleur presque blanche des croiseurs affectés dans les colonies, alors qu'à la même époque les navires en service en métropole ont la coque noire.



Alain

dimanche 12 septembre 2010

Dans la nuit du 12 au 13 septembre 1943 le sous-marin CASABIANCA débarque 109 hommes à Ajaccio;annonçant la libération de la Corse.


(photos collection Alain V)

Torpilleur tempête débarquant des troupes à Ajaccio en septembre 1943 (photo ECPAD)

Le CASABIANCA est un des 31 sous-marins du type REDOUTABLE de 1500 tonnes, lancé le 2 février 1935, à Saint Nazaire, en service en 1937; il survivra à la guerre et sera désarmé en 1952; démoli en 1956; son kiosque a été conservé, et figure en bonne place à Bastia pour rappeler ses exploits.
Le sous marin CASABIANCA, commandé par le capitaine de frégate Jean L'Herminier, est en 1943, un navire déjà célèbre pour s'être échappé de Toulon, lors du sabordage de la flotte, le 27 novembre 1942, avec quatre autres sous-marins; il rallie alors Alger.
Il a déjà à son actif, 10 missions effectuées de décembre 1942 au début de septembre 1943; au cours desquels il a débarqué clandestinement, 26 agents secrets et embarqué 6 autres, la plupart du temps sur les cotes corses, en liaison avec la résistance.
Dans la nuit du 12 au 13 septembre 1943, il débarque clandestinement 109 hommes du bataillon de choc du colonel Gambiez à Ajaccio; la Corse étant toujours occupée par les troupes allemandes.
La résistance corse à déclenché un soulèvement général le 9 septembre; la reddition des troupes italiennes, constitue une situation favorable; à Alger le général Giraud est averti que les patriotes corses se sont mis d'accord avec les italiens pour s'opposer aux allemands. Il décide de l'envoi du CASABIANCA pour débarquer des troupes d'élite, pour prêter main forte aux résistants.
Le 14 septembre; les croiseurs légers ex contre torpilleurs LE FANTASQUE et LE TERRIBLE débarquent le reste du bataillon du colonel Gambiez, soit 475 hommes et 20 tonnes de matériel et de vivres.
Le 16 le sous marin PERLE arrive à Ajaccio avec 30 hommes et 7 tonnes de farine.
Le 17 le croiseur léger LE FANTASQUE et les torpilleurs TEMPETE et ALCYON débarquent le général Martin,un bataillon de tirailleurs marocains et 60 tonnes de matériel et de munitions.
Le 18 septembre les contre torpilleurs italiens LEGIONARIO et ORIANI qui ont quitté Malte débarquent un commando américain de 400hommes à Ajaccio.
Vers 23heures le sous marin ARETHUSE amène 5tonnes de munitions.
Le 21 le général Giraud arrive par avion.
Au même moment les croiseurs JEANNE D'ARC,LE FANTASQUE et les torpilleurs ALCYON et TEMPETE débarquent environ 1200 hommes,6 canons antichars de 57mm,6 véhicules et 110 tonnes de matériel.
Le 23 les croiseurs MONTCALM et LE FANTASQUE arrivent devant Ajaccio le second trompé par des feux allumés s'échoue,il pourra heureusement être dégagé le MONTCALM débarque ses troupes embarquées.
Le 25 les torpilleurs FORTUNE,ALCYON et le LST79 qui amène 21 blindés légers arrivent à Ajaccio.
Le 26 le croiseur JEANNE D'ARC débarque 850 hommes et 160 tonnes de matériel,il est suivi par le MONTCALM avec 750 hommes,12 pièces d'artillerie,10 véhicules,et 100 tonnes de vivres,de munitions.
Le 27 les paquebots VILLE D'AJACCIO et VILLE DE DJIDJELLI escortés par les torpilleurs TEMPETE et LE BASQUE arrivent en Corse.
Le 30 le LST79 escorté par le torpilleur FORTUNE met à terre 65 véhicules et 4 pièces d'artillerie,les deux navires sont attaqués après la fin du déchargement par des avions allemands utilisant des bombes planantes,le LST touché est coulé le FORTUNE protégé par le quai est indemne;6avions allemands sont détruits.
Le 1er octobre le croiseur JEANNE D'ARC escorté par le torpilleur ALCYON amène 840 soldats, 8 canons de 40 mm, 2 jeeps ainsi que des munitions.
Le 4 octobre à 6 h 45 le drapeau français flotte sur l'hôtel de ville de Bastia occupé par des résistants.
Vers 10 h un groupe de bombardiers américains pas informé de la situation sur le terrain bombarde la ville, d'autres mitrailles des civils pris pour des troupes allemandes par méprise.
Le 5 octobre la Corse est définitivement libérée outre qu'elle constitue pour les alliés une île porte-avions pour frapper les allemands au nord de l'Italie et au sud de la France, elle est symboliquement la première parcelle du territoire métropolitain libérée.

Alain

samedi 14 août 2010

15 août 1944, Opération Dragoon

Cuirassé La Lorraine tirant sur la batterie de Cépet lors du débarquement en Provence
(photo collection Alain V)
Croiseur Georges Leygues le 13 septembre 1944 lors du retour à Toulon (photo Marius Bar)

Le 15 août 1944 le débarquement en Provence, baptisé Opération Dragoon, débute. Il a été précédé d'une phase préparatoire, consistant depuis début juillet, en une succession de bombardements de Toulon, visant à affaiblir les forces allemandes présentes, et notamment la quinzaine de sous-marins allemands qui représentent le plus grand danger pour la flotte de transports et de navires de débarquement.
Les raids aériens vont également viser les batteries côtières, et en particulier les deux tourelles doubles de 340mm du cap Cépet.

Le débarquement proprement dit a lieu entre Théoule et la baie de Cavalaire; le choix de ces sites et des plages de Provence pour effectuer le second débarquement en France, résulte de fonds descendant beaucoup plus rapidement que sur la cote du Languedoc, ce qui limite le risque des champs de mines, et permet aux grands bâtiments de combat de s'approcher beaucoup plus prés du rivage pour l'appui de feu; la proximité des ports de Toulon et Marseille principales cibles des Alliés pour pouvoir approvisionner les troupes lors de leur progression à l'intérieur des terres; tout en restant toutefois hors de portée de la batterie de 340 mm de Cépet sur la presqu'île de Saint- Mandrier au sud de la rade de Toulon.

Trois zones de débarquement ont été définies; elle sont appelées:
Alpha: de Cavalaire à Saint- Tropez - Delta: plage de la Nartelle, à l'est de Saint-Tropez - Camel: région d'Agay, Saint- Raphaël

La participation de la marine française au débarquement est conséquente:
Le cuirassé LORRAINE sera chargé de l'attaque de la batterie de Cepet
Les croiseurs GEORGES LEYGUES; MONTCALM; GLOIRE; EMILE BERTIN; DUGUAY TROUIN; les croiseurs légers, ex contre torpilleurs LE FANTASQUE; LE TERRIBLE; LE MALIN tirent sur les batteries côtières ;
15 torpilleurs,destroyers d'escorte ou avisos; 6 escorteurs côtiers du type PC transférés par les américains, escortent les convois de la 1ère armée.

La batterie de Cépet demanda cinq jour pour être réduite au silence.
Le 28 août, l'amiral allemand Rufhus capitule; Toulon est libéré; le même jour le général Schaeffer capitule, libérant Marseille.
Le 7 septembre, le transport Quercy fut le premier navire à entrer à Toulon.
Le 13, pour la première fois depuis le sabordage, une escadre française pouvait mouiller sur rade, flamme de guerre traînant dans l'eau. Il est de tradition qu'au retour de campagne, les bâtiments arborent une flamme de guerre longue d'un mètre pour chaque mois d'absence. Tous ceux qui rentraient, avaient quittés la France depuis plus de quatre ans.
Alain

lundi 28 juin 2010

Embarquement du bétail à bord du Montcalm (1914-1918)

Il y a quelques jours, notre ami Christian nous avait présenté le pont d'un bâtiment français aménagé pour le transport du bétail destiné à nourrir les marins. Tout aussi sérieusement, voici le moyen utilisé pour l'embarquement de ces bêtes à bord du Montcalm :

lundi 7 juin 2010

Le croiseur cuirassé Montcalm

Le croiseur cuirassé Montcalm (1898-1926) (collection agence Adhémar)

Croiseur cuirassé mis sur cale aux Forges & chantiers de la Méditerranée à La Seyne le 27 septembre 1898 et lancé le 27 mars 1900. Bien que n'ayant pas terminé ses essais, Montcalm mène le président de la République Émile Loubet en Russie. A Cronstadt le 20 mai 1902, le tsar vient déjeuner à bord le 23. Montcalm parcourut pendant de nombreuses années les mers de Chine. En août 1914, il est à Tahiti, puis participe à la prise des Îles Samoa avec les Australiens.
En 1925, il est en protection du canal de suez. En janvier 1916, il est de retour à Toulon.
de septembre 1916 à avril 1917, il fait un aller-retour de Brest aux Antilles. En novembre 1921, il fut envoyé à Singapour pour attendre le maréchal Joffre qu'il accompagna pendant quatre mois au cours de sa visite en Extrême-Orient.
Condamné à Brest le 28 octobre 1926, il sera utilisé comme ponton du groupe Armorique de l'école des mousses et rebaptisé Tremintin en 1934. Il était encore amarré dans la rade de Brest en 1940 et fut détruit en 1943.
9516 tx, 139,90 m, 3 machines actionnant trois hélices, 21 500 ch, 21,4 nœuds, 2 canons de 194 mm, 8 canons de 164 mm, 4 canons de 100 mm, 16 canons de 47 mm, 2 tubes lance-torpilles. (source Net marine)

The Montcalm (1898-1926) was an armoured cruiser of the French Navy. Built in la Seyne from 27 September 1898, she was launched on the 27 March 1900 and was commissioned on the 24 March 1902, before completing her trials, to ferry the President of the Republic, Émile Loubet, to Russia. She arrived in Cronstadt on the 20 May 1902, receiving Tsar Nicholas II for lunch aboard on the 23rd. She later cruised in the Chinese Sea, notably ferrying Marshal Joseph Joffre in November 1921. She was decommissioned on the 28 October 1926 and used as a school ship hulk, as Tremintin, in 1934. She was still docked in Brest in 1940 and was destroyed during the Occupation in 1943.