dimanche 12 septembre 2010

Dans la nuit du 12 au 13 septembre 1943 le sous-marin CASABIANCA débarque 109 hommes à Ajaccio;annonçant la libération de la Corse.


(photos collection Alain V)

Torpilleur tempête débarquant des troupes à Ajaccio en septembre 1943 (photo ECPAD)

Le CASABIANCA est un des 31 sous-marins du type REDOUTABLE de 1500 tonnes, lancé le 2 février 1935, à Saint Nazaire, en service en 1937; il survivra à la guerre et sera désarmé en 1952; démoli en 1956; son kiosque a été conservé, et figure en bonne place à Bastia pour rappeler ses exploits.
Le sous marin CASABIANCA, commandé par le capitaine de frégate Jean L'Herminier, est en 1943, un navire déjà célèbre pour s'être échappé de Toulon, lors du sabordage de la flotte, le 27 novembre 1942, avec quatre autres sous-marins; il rallie alors Alger.
Il a déjà à son actif, 10 missions effectuées de décembre 1942 au début de septembre 1943; au cours desquels il a débarqué clandestinement, 26 agents secrets et embarqué 6 autres, la plupart du temps sur les cotes corses, en liaison avec la résistance.
Dans la nuit du 12 au 13 septembre 1943, il débarque clandestinement 109 hommes du bataillon de choc du colonel Gambiez à Ajaccio; la Corse étant toujours occupée par les troupes allemandes.
La résistance corse à déclenché un soulèvement général le 9 septembre; la reddition des troupes italiennes, constitue une situation favorable; à Alger le général Giraud est averti que les patriotes corses se sont mis d'accord avec les italiens pour s'opposer aux allemands. Il décide de l'envoi du CASABIANCA pour débarquer des troupes d'élite, pour prêter main forte aux résistants.
Le 14 septembre; les croiseurs légers ex contre torpilleurs LE FANTASQUE et LE TERRIBLE débarquent le reste du bataillon du colonel Gambiez, soit 475 hommes et 20 tonnes de matériel et de vivres.
Le 16 le sous marin PERLE arrive à Ajaccio avec 30 hommes et 7 tonnes de farine.
Le 17 le croiseur léger LE FANTASQUE et les torpilleurs TEMPETE et ALCYON débarquent le général Martin,un bataillon de tirailleurs marocains et 60 tonnes de matériel et de munitions.
Le 18 septembre les contre torpilleurs italiens LEGIONARIO et ORIANI qui ont quitté Malte débarquent un commando américain de 400hommes à Ajaccio.
Vers 23heures le sous marin ARETHUSE amène 5tonnes de munitions.
Le 21 le général Giraud arrive par avion.
Au même moment les croiseurs JEANNE D'ARC,LE FANTASQUE et les torpilleurs ALCYON et TEMPETE débarquent environ 1200 hommes,6 canons antichars de 57mm,6 véhicules et 110 tonnes de matériel.
Le 23 les croiseurs MONTCALM et LE FANTASQUE arrivent devant Ajaccio le second trompé par des feux allumés s'échoue,il pourra heureusement être dégagé le MONTCALM débarque ses troupes embarquées.
Le 25 les torpilleurs FORTUNE,ALCYON et le LST79 qui amène 21 blindés légers arrivent à Ajaccio.
Le 26 le croiseur JEANNE D'ARC débarque 850 hommes et 160 tonnes de matériel,il est suivi par le MONTCALM avec 750 hommes,12 pièces d'artillerie,10 véhicules,et 100 tonnes de vivres,de munitions.
Le 27 les paquebots VILLE D'AJACCIO et VILLE DE DJIDJELLI escortés par les torpilleurs TEMPETE et LE BASQUE arrivent en Corse.
Le 30 le LST79 escorté par le torpilleur FORTUNE met à terre 65 véhicules et 4 pièces d'artillerie,les deux navires sont attaqués après la fin du déchargement par des avions allemands utilisant des bombes planantes,le LST touché est coulé le FORTUNE protégé par le quai est indemne;6avions allemands sont détruits.
Le 1er octobre le croiseur JEANNE D'ARC escorté par le torpilleur ALCYON amène 840 soldats, 8 canons de 40 mm, 2 jeeps ainsi que des munitions.
Le 4 octobre à 6 h 45 le drapeau français flotte sur l'hôtel de ville de Bastia occupé par des résistants.
Vers 10 h un groupe de bombardiers américains pas informé de la situation sur le terrain bombarde la ville, d'autres mitrailles des civils pris pour des troupes allemandes par méprise.
Le 5 octobre la Corse est définitivement libérée outre qu'elle constitue pour les alliés une île porte-avions pour frapper les allemands au nord de l'Italie et au sud de la France, elle est symboliquement la première parcelle du territoire métropolitain libérée.

Alain