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lundi 20 janvier 2014

HMS Imperieuse saluant le drapeau, centième anniversaire de l'annexion de l'île Christmas

HMS Imperieuse saluant le drapeau. HMS Imperieuse saluting the flag
Le territoire de l'île Christmas* a édité le timbre ci-dessus le 8 juin 1988 pour le centenaire de son annexion par les Britanniques, le 6 juin 1888. C'est le Captain William H. May à bord de son cuirassé HMS Imperieuse qui prend possession du caillou inhabité au nom de Sa Gracieuse Majesté au son des 21 coups de canon réglementaires. 
«The island is of little or no strategic value, though it might be irritating to have any other flag over it than our own.» L'annexion avait été demandée par White Hall qui s'irritait que cette île de peu ou pas d'intérêt stratégique porte un autre drapeau que l'Union Jack ! O tempora, o mores…
*L'île Christmas est une île et un territoire extérieur australien situé dans l’Océan Indien, à environ 350 km de l'île de Java, à moins de 1 600 km des côtes australiennes.

HMS Imperieuse a été construit sur les chantiers de Plymouth et lancé le 18 décembre 1883. Ce croiseur-cuirassé servit d'abord comme navire-amiral de la flotte de Chine avant d'être affecté à la flotte du Pacifique. Il fut utilisé comme dépôt à Portland en 1905 sous le nom de HMS Sapphire puis repris son nom en 1909. Il sera démoli en septembre 1914.

On doit à HMS Amethyst la première exploration sérieuse de l'île Christmas (ce qui nous fournit un autre timbre). C'est en 1857 que le capitaine Grenfell, escalada le plateau de 400m de haut qui domine l'île. HMS Amethyst est un 26 canons (22 de 9 livres, 4 de 3 livres) de la classe Spartan, déplacement 924t, 39,93m de long, maître-bau de 12,5m, équipage de 240 hommes. Ce voilier a été construit sur les chantiers de Plymouth et lancé le 7 décembre 1844. Il fut ensuite vendu pour être transformé en navire-câblier en octobre 1869. Collection agence Adhémar


HMS Imperieuse, Royal Navy armoured cruiser built at Portsmouth Dockyard and launched on 18th December 1883. HMS Imperieuse served as flagship to the China Station 1889-1894 and moving to the Pacific Station 1896 -1899. She became a destroyer depot ship at Portland in 1905 and was renamed HMS Sapphire but reverting to HMS Imperieuse again in 1909. She was finally scrapped on 24th September 1914. 
Displacement 8,400 tons, Length. 315 feet. beam 62 feet.  Draught 27.33 feet.   Horsepower 10,000 giving 16.75 knots. Armament. Four 9.2 inch guns,  six 6-inch guns. and six 14-inch torpedo Tubes.  Armour. Belt amidships 10 inches. with 9 -inch Bulkheads. 8 inch Barbettes, No armour on Lesser Guns. 3 inch protective deck for and aft and on top of belt. 9 inch Conning tower.





Pour plus d'infos sur ce cuirassé (en anglais), cliquez ici.

vendredi 13 décembre 2013

Le croiseur cuirassé Kléber, de la classe Dupleix de 1900-1902

Le croiseur cuirassé Kléber, de la classe Dupleix de 1900-1902. Collection agence Adhémar
Nous avons déjà publié un article sur les crosieurs-cuirassés de cette classe (cliquez ici), voici un beau cliché du Kléber.
Le cuirassé Kléber est un croiseur cuirassé français de classe Dupleix construit à Bordeaux aux Forges et Chantiers de la Gironde. Mise sur cale : 1898 - Lancement : 1902

16.07.1904 : escadre de la Méditerranée 
13.05.1905 : sauve le canot Camille en perdition (course Alger-Toulon) 
09.11.1906-1907 : division navale des Antilles 
07.03.1907 : aborde et coule le vapeur US Hugomak à Vera Cruz 
01.02.1908 : Maroc 
01.04-17.05.1911 : de Brest à Saigon, Chine, Vladivostock, Japon, hiver à Shangai 
13.05.1912 : de Saigon à Shangai, Petchili, etc. 
22.07.1912 : talonne une roche en mer du Japon, réparé à Kobé 
06.03.1913 : retour à Lorient 
1915 : Dardanelles 
29.05.1915 : échoué devant Scala-Nova 
29.05.1915 : renfloué sous le feu turc 
31.10.1915 : bombardement de la Bulgarie 

08.1916-06.1917 : Dakar, 6e division légère

Il heurte, le 27 juin 1917, une mine posée par le sous-marin allemand UC 61 dans l'avant goulet de Brest. 42 membres de l'équipage sont morts en mer. «Le Kléber remontait des côtes d'Afrique. Après avoir pris le pilote à 5h du matin le 27 juin 1917, il s'apprêtait à faire route pour entrer dans le goulet de Brest lorsque, pour éviter une mine flottante aperçue par les guetteurs, il en heurta une autre qui explosa sous la coque. Le commandant Lagorio tenta de se rapprocher de la côte du Conquet pour échouer son navire mais le Kléber s'enfonçait très vite et il coula en moins d'une heure. Fort heureusement les secours très rapidement arrivés sur les lieux permirent de sauver 530 marins parmi les 568 membres de l'équipage.» Son épave se trouve au sud ouest de l'île d'Ouessant (position : 48° 17.1353′ N 4° 50.5088′ O), à environ 48 m.


Cuirassé Kléber Commandé aux Forges et Chantiers de la Gironde le 28 décembre 1897 - Lancé le 20 septembre 1902 - Armé le 4 juillet 1904
Longueur 130m - Maître-bau 17,9m - Tirant d'eau 7,6m - Tonnage 7730tx - Puissance 17000 cv - Vitesse 21 nœuds

mercredi 11 décembre 2013

Le croiseur cuirassé Desaix, de la classe Dupleix de 1900-1902

Le croiseur cuirassé Desaix. Collection agence Adhémar

A l’instar du Kléber et du Dupleix, le Desaix était un croiseur cuirassé mis en service dans la marine française au début du XXe siècle. 
Ingénieur de Marine : Emile Bertin
Kléber - CAG de Bordeaux - mise sur cale : 1898 - lancement : 1902 
Desaix - Ateliers et chantiers de la Loire (ACL de Saint-Nazaire - mise sur cale : 1899 - lancement : 1901
Dupleix - Arsenal de Rochefort - mise sur cale : 1899 - lancement : 1900  (cliquez ici)
Appellations diverses : croiseur-cuirassé pour station lointaine (Desaix), croiseur-cuirassé de station (Dupleix) ...croiseur-cuirassé de 7,700 tonneaux (Kléber

DES CROISEURS-CUIRASSES DE 7700t

Le Kléber, le Dupleix et le Desaix étaient des croiseurs cuirassés de 7 700t caractérisés par une protection consistant en une ceinture de 38 à 102 mm d’épaisseur allant de l’avant jusqu’à la mâture arrière, avec une hauteur de 1,20 m au-dessous de la flottaison et de 1 m au-dessus. Ces bâtiments, doublés en bois, disposaient également d’un cofferdam* et d’un double fond sur toute la longueur et d’un pont cuirassé dépourvu de pare-éclats, d’une épaisseur variant de 65 à 90 mm. Leurs tourelles avaient une protection arrière de 50 mm, une protection avant de 100 mm et un toit de 24 mm.

LA CARRIERE DU DESAIX

Mis sur cale à Saint-Nazaire en janvier 1899, le Desaix fut lancé en mars 1901. Propulsé par trois machines développant une puissance totale de 17 000 ch., ce bâtiment fut achevé en 1904. Affichant une vitesse de 21 nœuds, il pouvait franchir une distance de 6400 milles marins à la vitesse de 10 nœuds ou de 8800 milles marins en surcharge. Assez peu armé, le Desaix, tout comme le Kléber et le Dupleix, était dépassé et quelque peu usé à la veille de la guerre de 1914-1918.
En 1914, il est en réserve de la 2e escadre légère à Brest qu’il intègre dès le 2 août 1914 et avec laquelle il opère en Manche. En fin d'année, il est envoyé en croisière en Extrême-Orient mais il est rappelé pour être affecté à la division française placée sous les ordres de l’amiral anglais Peirse. Il atteint Suez le 16 février 1915 et se joint au Bruix et au Requin. Renforcée à partir du 18 mars du Montcalm (bâtiment amiral), la division, commandée par le contre-amiral Huguet, contribue à la défense du canal et surveille la côte d’Arabie jusqu’à Djedhad. Le 23 juin 1915, le Desaix est affecté à la 3e escadre, créée en février 1915, et chargée des opérations sur la côte de Syrie. L’activité de cette escadre consiste dans un premier temps en des bombardements et des saisies de bâtiments suspects. A partir du 25 août, elle est chargée d’appliquer le blocus des côtes d’Asie Mineure et de Syrie. Elle est amenée, les 12 et 13 septembre 1915, à évacuer 3000 Arméniens fuyant les Turcs et réfugiés sur le Djebel Moussa (Mont Moïse). Le 8 mai 1916, le Desaix rallie la 6e division légère basée à Dakar pour la surveillance de l’Atlantique sud et y restera jusqu’à la fin de la guerre.
Il est retiré en juillet 1921.




CARACTERISTIQUES 
Type: croiseur cuirassé - Propulsion: 3 machines totalisant 17000 ch - Dimensions: longueur, 130 m ; largeur, 17,75 m -Tirant d’eau: 7,40 m - Vitesse: 21 nœuds
L’armement du Desaix consistait en 8 canons de 164 mm répartis en 4 tourelles doubles (1 avant, 1 arrière, 2 au centre). 4 canons de 100 mm situés sous les superstructures à hauteur des tourelles centrales. 10 canons de 47 mm (2 de chaque bord dans la batterie, 2 par passerelle et 2 par spardeck) et 2 tubes lance-torpilles.
Source http://laroyale.forum0.net/

* Un cofferdam ou maille sèche est un espace de séparation entre deux parties de la coque d'un navire. Il est délimité par deux cloisons étanches de part et d'autre. Le dictionnaire Quillet de la langue française et mentionne, pour un navire de guerre qu'il est «bourré d'une matière spongieuse, qui obture les voies d'eau» en se gonflant, lorsque le navire est atteint par un tir de missile.

mardi 11 juin 2013

Le croiseur-cuirassé Latouche-Treville, fin de parcours

Marcel Henri nous a dit que le 26 février 1920, le Latouche-Tréville est désarmé et qu'il sera démoli en 1926.
Pour compléter son excellent article, j'ajouterai que de 1920 à 1925, la coque du Latouche-Tréville désarmé sera utilisée par l'entreprise chargée du renflouement de l'épave du cuirassé Liberté (voir sur ce blog, cliquez ici) coulé par l'explosion de ses soutes à munitions en rade de Toulon le 25 septembre 1911.

Sur cette photo de 1922 on voit à gauche l'ancien croiseur-cuirassé Latouche-Tréville et à droite l'épave du cuirassé Liberté en cours de renflouement. (le Latouche-Tréville a perdu ses mâts militaires depuis 1907 pour l'alléger)


Alain

lundi 27 mai 2013

Le croiseur-cuirassé Bruix

Croiseur-cuirassé Bruix (1894). Coll agence Adhémar
Croiseur-cuirassé Bruix de la Classe Amiral Charner (1894) qui comprenait aussi Chanzy et Latouche-Tréville. Lancé à Rochefort le 2 août 1894 et mis en service le 5 décembre 1896.
Au 1er janvier 1897, Escadre du Nord. Au 1er janvier 1899, Escadre de Méditerranée. Au 1er janvier 1901, porte pavillon du contre-amiral Palma Gourdon, commandant une division de l'Escadre du Nord. Au 1er janvier 1903, porte pavillon du contre-amiral Joseph Bugard, commandant une division de l'Escadre du Nord. Au 1er janvier 1911, en réserve normale à Toulon.
Du 17 mai au 16 septembre 1902, il va de de Brest aux Antilles avec le Surcouf puis retourne à sa base. Il est en Extrême-Orient (Shangaï-Japon) de 1908 à 1909 et rentre à Toulon le 2 août. En septembre et octobre 1914, il participe avec Surprise à la reconquête du Cameroun. En 1915, il patrouilles en mer Rouge.
Opérations à Athènes et Salamis, blocus de la Grèce de décembre 1916 à juin 1917. En 1918, il est en réserve à Salonique. 
Il fait la campagne de la mer Noire en 1919. 
«Le 3 avril, les Français décident de faire évacuer Odessa  où des milliers de Russes attendent de fuir l'avance des Bolcheviques. C'est encore la Marine (amiral Lejay) qui va mener à bien cette évacuation car les troupes françaises comptent moins de 1 800 hommes dans la ville d'Odessa. Les cuirassés Justice et Jean-Bart, les croiseurs Jules-Michelet et Bruix, les avisos AldebaranSpahiDehorterMameluck, ainsi que des bâtiments étrangers vont appuyer de leur artillerie les troupes et les civils qui rembarquent. 10 000 civils étrangers et 50 000 Russes échappent à l'emprise des Bolcheviques. La marine continue aussi son blocus des cotes de l'Ukraine et de l'embouchure du Dniepr. L'amiral Caubet dispose pour cela des croiseurs Waldeck RousseauErnest RenanBruix, des avisos et torpilleurs AldebaranPlutonSpahiMamelukAspirant Herber et Mangini
Désarmé à Salonique le 21 juin 1920. 



mercredi 14 septembre 2011

1903 Le Président de la République en visite à Alger


Toujours dans le cadre de ma rétrospective du début du siècle passé, voici une photo de la visite à Alger en avril 1903 du président de la République française, Monsieur Emile Loubet. Il est à bord du croiseur cuirassé Jeanne d'Arc qui n'est pas encore affecté à l'école d'application des officiers de la Marine nationale, (voir son histoire sur notre blog). Il est accueilli par les salves d'honneur des nombreux navires sur rade, d'où la brume qui recouvre en partie le port. On distingue toutefois à droite de la photo, les six cheminées caractéristiques de la Jeanne d'Arc. Tous les navires présents étrangers et français ont hissés le grand pavois à cette occasion.
Alain

mercredi 2 mars 2011

Les "Jeanne d'Arc" 1/3 Le croiseur cuirassé

Le croiseur cuirassé Jeanne d'Arc à son entrée en service en 1903
Le croiseur cuirassé Jeanne d'Arc dans les années 1920 (photos collection Alain V)


Les "Jeanne d'Arc", navires-écoles d'application :1903-1928, 1931-1964 et 1964-2010.
Je vais vous décrire successivement les trois croiseurs-écoles ayant porté le nom de Jeanne d'Arc pendant plus de 100 ans. Il y a en effet continuation dans la fonction de navire-école mais chacun est représentatif de la construction navale française de son époque. Cette série s'interrompt, hélas, avec le troisième navire puisqu'il a été décidé de ne pas donner de successeur au croiseur porte hélicoptères.

Jeanne d'Arc, navire-école d'application. 1903-1928: Le croiseur cuirassé
Le premier croiseur cuirassé français, le Dupuy de Lome a été lancé en 1890, il a été suivi des types Amiral Charner et du Pothau, d'un déplacement de 4700 tonnes à 6600 tonnes et d'une vitesse inférieure à 20 nœuds.
L'ingénieur du génie maritime Emile Bertin propose de construire un grand croiseur cuirassé, devant donner 23 nœuds de vitesse. Pour donner une telle vitesse, il faut monter à bord 48 chaudières et trois machines donnant 29 000 cv. Pour installer une aussi encombrante machinerie, il est nécessaire d'accroître considérablement les dimensions du bâtiment qui dépasse 11 000 tonnes; la longueur passe de 110 m environ sur les premiers à 145 mètres. Le navire se signale aussi par sa silhouette caractéristique avec ses 6 cheminées, en deux groupes de trois, disposition qui sera reprise huit ans plus tard sur l'Ernest Renan et les Edgar Quinet.
Le Jeanne d'Arc est mis sur cale le 24 octobre 1896, à Toulon. Lancé le 8 septembre 1899, il entre en service en 1903. Toutefois, il est loin d’être une réussite, en dépit de ses énormes machines, il ne dépasse pas 21,8 nœuds. Son armement est trop faible pour sa taille et il a de piètres qualités manœuvrières.
Le 14 avril 1903 il emmène le Président Emile Loubet en voyage officiel de Marseille à Alger, et retour le 29 et 30 mai 1903 de Bizerte à Marseille.
En définitive, ce navire trouvant difficilement son utilité au sein de la Marine nationale, il est décidé de l'utiliser comme navire école d'application, il prend alors en 1912, la suite du Duguay Trouin ex transport Tonkin de 1878, du type Annamite, navire-école depuis 1900.

Ecole d'application de 1912 à 1914 et de 1919 à 1928.
Il effectue 2 campagnes avant la guerre.
En 1914, il est affecté à la 2ém escadre légère en Manche.
Le 30 avril 1915, il est rattaché à la 3ém escadre de croiseurs à Port Saïd, pour la défense du Canal de Suez.
Le 27 mai 1915, il effectue un bombardement sur les cotes de Syrie.
Le 31 mai 1915, il détruit le consulat allemand de Kaiffa.
Le 1er septembre 1915, il participe avec le Jaureguiberry à l'occupation de Rouad en Syrie.
En septembre 1915, il sauve 3000 Arméniens à Antioche.
Le 29 décembre 1915, la compagnie de débarquement enlève Andephili en face de Castellorizo.
En 1916/1917, il est affecté à la division de Syrie.
En 1918, il escorte des convois de troupes des USA en France à travers l'Atlantique.
En avril 1919, il est en réserve normale à Brest
De 1919 à 1928, il reprend son activité d'école d'application; il effectue 9 campagnes.
En 1928, il est désarmé, il prend alors le nom de Jeanne d'Arc II, le nom de Jeanne d'Arc venant d’être attribué au nouveau croiseur école en construction.
En attendant la mise en service de la nouvelle Jeanne d'Arc, le croiseur cuirassé Edgar Quinet est transformé pour effectuer 2 campagnes de l'école d'application, hélas la seconde se terminera prématurément le 4 janvier 1930, échoué au Cap Blanc en Algérie, tout le monde est évacué sans perte, mais le navire se brise 5 jours plus tard, et est irrécupérable.
La Jeanne d'Arc II désarmée depuis 1928 à Landevennec, est rayée et condamnée le 15 février 1933; le 7 juillet 1934, elle est vendue à Brest au chantier de démolition de la Seyne sur Mer.
Le 11 aout 1934, le vieux croiseur est remorqué de Brest à Toulon par le remorqueur Abeille 22 et démoli.

Caractéristiques du croiseur cuirassé Jeanne d'Arc.
déplacement: 11 270 tonnes
dimensions: L.145 m; l.19,4 m; tirant d'eau 8 mètres
puissance: 28 500 cv; vitesse 21 nœuds; rayon d'action 9 000 miles à 10 nœuds
protection: ceinture 150 mm; pont blindé 50 mm; tourelles 200 mm
armement:
2 canons de 194 mm
14 canons de 138,6 mm
16 x 47 mm
2 tubes lance-torpilles
équipage: 735 h

Alain

lundi 3 janvier 2011

Georgios Averoff, navire emblématique de la flotte militaire grecque et dernier croiseur-cuirassé à flot

Georgios Averoff en 1912, tirant sur la flotte turque, derrière lui, les vieux cuirassés Hydra, Spetsai et Psara.

Georgios Averoff en 1942, avec son camouflage de guerre, on distingue au sommet du tripode avant la conduite de tir installée lors de la refonte de 1925-1927.

Georgios Averoff photographié en janvier 2007 dans le port de Phalère, navire musée, et dernier croiseur-cuirassé à flot (photos collection Alain V)


Le Georgios Averoff, est un croiseur cuirassé du même type que les italiens Pisa et Amalfi de 1907, il ne diffère de ceux-ci que par la mature, et l'armement principal de calibre 234 mm alors qu'il est de calibre 254 mm sur les Pisa, il porte le nom de l'homme d'affaire et philanthrope grec, Georges Averoff, qui finança son acquisition, le bâtiment alors en construction étant mis en vente par le chantier constructeur, suite à des soucis budgétaires italiens; il est mis sur cale en 1907 dans les chantiers Orlando à Livourne, lancé le 12 mars 1910, et entre en service le 28 mai 1912.

Caractéristiques.
Il déplace: 9 960 tonnes; tonnage normal:10 118 tonnes
Dimensions: longueur 141 m, largeur 21,10 m, tirant d'eau 7,54 m
des machines alternatives de 21 500 cv, 22 chaudières Belleville, 2 hélices, vitesse 23 nœuds, rayon d'action 7 125 miles à 10 nœuds, équipage 550 hommes.
blindage: ceinture cuirassée haute de 2,50 mètres, épaisse de 203 mm au plus fort à 82 mm aux extrémités.
tourelles blindées de 165 mm; pont blindé de 50mm
armement: 4 canons de 234mm
8 canons de 190 mm
16 x 76 mm
6 x 47 mm
3 tubes lance torpilles

Carrière:

En mai 1911, il se rend en Grande-Bretagne pour les festivités du couronnement du roi George V, il s'échoue le 19 juin à Spithead, et doit être mis en cale sèche pour réparations, le capitaine est rapidement remplacé.
Navire le plus moderne et le plus puissant de la région, il est navire amiral de la flotte grecque durant la Première guerre Balkanique, participe à la libération des iles de la Mer Égée, le Georgios Averoff défait pratiquement seul, sous le commandement du capitaine Pavlos Kountouriotis qui se distingue en excellent tacticien, la flotte turque, lors des batailles des iles Elli, (3 décembre 1912) et Lemnos, (5 janvier 1913); le Georgios Averoff part seul à 20 nœuds,les vieux cuirassés grecs trop lents ne pouvant suivre, et il barre le T à la ligne de bataille turque, concentrant son tir sur le navire amiral, la flotte turque bat en retraite dans le désordre, le Georgios Averoff et son commandant deviennent légendaires en Grèce .

Durant la Première Guerre mondiale, la Grèce est neutre, le Georgios Averoff ne participe pas au conflit jusqu'en 1916, il est alors capturé par la flotte anglo-française, il est rendu en 1917, lorsque la Grèce entre en guerre au coté des alliés, et rejoint alors Constantinople.
Durant la guerre grèco-turque de 1919 à 1922, il participe à l'attaque des côtes turques, puis à l'évacuation des réfugiés, après la défaite de l’armée grecque.

Entre 1925 et 1927, il est refondu par les Forges et chantiers de la Méditerranée à La Seyne. Sa refonte a comporté le changement des chaudières, la révision des machines, l'installation d'une hune de direction de tir sur le tripode avant et le remplacement des projecteurs. Un armement antiaérien remplace une partie des 76 mm d'origine, on installe, 2 x 76 mm AA, 4 x 40 mm AA, 2 mitrailleuses.

Après l'attaque allemande contre la Grèce en 1941, il échappe au sabordage, et se réfugie dans la baie de la Soude en Crète, puis à Alexandrie.
Il est alors affecté à l'escorte des convois et à des patrouilles dans l'Océan Indien, et est basé à Bombay jusqu'en 1942. Il revient à Port Saïd en 1944; fleuron de la marine grecque en exil, le Georgios Averoff participe à la libération d'Athènes.
Il continue à servir de quartier général de la flotte grecque, jusqu'à son désarmement en 1952, dans le port de Salamine.
Il est remorqué à Poros, où il reste de 1956 à 1983.

En 1984, il est décidé de faire un musée du Georgios Averoff, symbole emblématique du combat des grecs pour leur indépendance, et qui a marqué l' histoire maritime de ce pays au cours du XX éme siècle; il est remorqué au port de Phalère, où il est depuis musée flottant, il porte néanmoins toujours à sa poupe, le pavillon de la marine de guerre grecque, que ne manque pas de saluer les unités helléniques, passant devant lui.

Alain