lundi 3 janvier 2011

Georgios Averoff, navire emblématique de la flotte militaire grecque et dernier croiseur-cuirassé à flot

Georgios Averoff en 1912, tirant sur la flotte turque, derrière lui, les vieux cuirassés Hydra, Spetsai et Psara.

Georgios Averoff en 1942, avec son camouflage de guerre, on distingue au sommet du tripode avant la conduite de tir installée lors de la refonte de 1925-1927.

Georgios Averoff photographié en janvier 2007 dans le port de Phalère, navire musée, et dernier croiseur-cuirassé à flot (photos collection Alain V)


Le Georgios Averoff, est un croiseur cuirassé du même type que les italiens Pisa et Amalfi de 1907, il ne diffère de ceux-ci que par la mature, et l'armement principal de calibre 234 mm alors qu'il est de calibre 254 mm sur les Pisa, il porte le nom de l'homme d'affaire et philanthrope grec, Georges Averoff, qui finança son acquisition, le bâtiment alors en construction étant mis en vente par le chantier constructeur, suite à des soucis budgétaires italiens; il est mis sur cale en 1907 dans les chantiers Orlando à Livourne, lancé le 12 mars 1910, et entre en service le 28 mai 1912.

Caractéristiques.
Il déplace: 9 960 tonnes; tonnage normal:10 118 tonnes
Dimensions: longueur 141 m, largeur 21,10 m, tirant d'eau 7,54 m
des machines alternatives de 21 500 cv, 22 chaudières Belleville, 2 hélices, vitesse 23 nœuds, rayon d'action 7 125 miles à 10 nœuds, équipage 550 hommes.
blindage: ceinture cuirassée haute de 2,50 mètres, épaisse de 203 mm au plus fort à 82 mm aux extrémités.
tourelles blindées de 165 mm; pont blindé de 50mm
armement: 4 canons de 234mm
8 canons de 190 mm
16 x 76 mm
6 x 47 mm
3 tubes lance torpilles

Carrière:

En mai 1911, il se rend en Grande-Bretagne pour les festivités du couronnement du roi George V, il s'échoue le 19 juin à Spithead, et doit être mis en cale sèche pour réparations, le capitaine est rapidement remplacé.
Navire le plus moderne et le plus puissant de la région, il est navire amiral de la flotte grecque durant la Première guerre Balkanique, participe à la libération des iles de la Mer Égée, le Georgios Averoff défait pratiquement seul, sous le commandement du capitaine Pavlos Kountouriotis qui se distingue en excellent tacticien, la flotte turque, lors des batailles des iles Elli, (3 décembre 1912) et Lemnos, (5 janvier 1913); le Georgios Averoff part seul à 20 nœuds,les vieux cuirassés grecs trop lents ne pouvant suivre, et il barre le T à la ligne de bataille turque, concentrant son tir sur le navire amiral, la flotte turque bat en retraite dans le désordre, le Georgios Averoff et son commandant deviennent légendaires en Grèce .

Durant la Première Guerre mondiale, la Grèce est neutre, le Georgios Averoff ne participe pas au conflit jusqu'en 1916, il est alors capturé par la flotte anglo-française, il est rendu en 1917, lorsque la Grèce entre en guerre au coté des alliés, et rejoint alors Constantinople.
Durant la guerre grèco-turque de 1919 à 1922, il participe à l'attaque des côtes turques, puis à l'évacuation des réfugiés, après la défaite de l’armée grecque.

Entre 1925 et 1927, il est refondu par les Forges et chantiers de la Méditerranée à La Seyne. Sa refonte a comporté le changement des chaudières, la révision des machines, l'installation d'une hune de direction de tir sur le tripode avant et le remplacement des projecteurs. Un armement antiaérien remplace une partie des 76 mm d'origine, on installe, 2 x 76 mm AA, 4 x 40 mm AA, 2 mitrailleuses.

Après l'attaque allemande contre la Grèce en 1941, il échappe au sabordage, et se réfugie dans la baie de la Soude en Crète, puis à Alexandrie.
Il est alors affecté à l'escorte des convois et à des patrouilles dans l'Océan Indien, et est basé à Bombay jusqu'en 1942. Il revient à Port Saïd en 1944; fleuron de la marine grecque en exil, le Georgios Averoff participe à la libération d'Athènes.
Il continue à servir de quartier général de la flotte grecque, jusqu'à son désarmement en 1952, dans le port de Salamine.
Il est remorqué à Poros, où il reste de 1956 à 1983.

En 1984, il est décidé de faire un musée du Georgios Averoff, symbole emblématique du combat des grecs pour leur indépendance, et qui a marqué l' histoire maritime de ce pays au cours du XX éme siècle; il est remorqué au port de Phalère, où il est depuis musée flottant, il porte néanmoins toujours à sa poupe, le pavillon de la marine de guerre grecque, que ne manque pas de saluer les unités helléniques, passant devant lui.

Alain