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dimanche 2 septembre 2012

2 septembre 1945, reddition japonaise à bord du Missouri


Le 2 septembre 1945, l'empire du Soleil Levant capitule face aux États-Unis, mettant fin pour de bon à la Seconde Guerre mondiale (l'Allemagne avait capitulé quatre mois plus tôt). L'acte de capitulation est signé dans la baie de Tokyo, sur le navire de guerre américain Missouri en présence du général Douglas MacArthur et des représentants des puissances alliées. Voir sur Hérodote.net

USS Missouri en haut, USS Alaska de l'autre côté du quai. 
Missouri en 1980 (© US Navy)
Le cuirassé USS Missouri (BB-63), troisième du nom (numéro de coque BB-63 dans l’US Navy), fut surnommé Mighty Mo ou Big Mo. Il appartient à la classe Iowa. Sur les six navires commandés, quatre seulement furent mis en service. Il fut le dernier navire de ligne de cette classe construit par les États-Unis et l'avant-dernier mondial avant le HMS Vanguard
Le Missouri ne fut pas le plus gros cuirassé de la guerre, puisque son tonnage de 58000t en charge était dépassé par celui du Yamato (72000t).
Commandé le 12 juin 1940 • Quille posée au chantier New York Navy Yard, New York, le 6 janvier 1941 • Lancement 29 janvier 1944 • Armé 11 juin 1944 • Retiré du service le 31 mars 1992. Fini ses jours comme musée dabs son port d'attache Pearl Harbour.
Longueur 270,43 m hors tout • Maître-bau 32,98 m • Tirant d'eau 11,6 m • Déplacement 45000t vide, 58000t pleine charge
• 8 chaudières à mazout et 4 turbines à vapeur General Electric, 4 hélices 212 000 cheval-vapeur (158 MW) donnant 33 nœuds
• Blindage Ceinture : 310 mm Traverses : 287 mm Pont : 135 mm Passerelle : de 445 à 184 mm Toit : 184 mm Barbette : 439 mm
• Armement 1943 : 9 canons de calibre 406 mm (3 × 3 tourelles), 20 canons de 127 mm (10 × 2 tourelles), 80 de 40 mm, 49 de 20 mm - Armement 1986 : 9 de 406 mm, 20 canons de 127 mm, 32 missiles de croisiére BGM-109 Tomahawk, 16 missiles mer-mer RGM-84 Harpoon
• Rayon d'action 20150 milles nautique à 15 nd, 5300 mn à 29 nd
• Électronique 1986 : Radar de recherche aérienne AN/SPS-49, radar de recherche de surface AN/SPS-67, système de guerre électronique SLQ-32, système anti-torpille AN/SLQ-25 Nixie, 8 lance-leurres anti-missiles
• Équipage 1 851 hommes (a varié de 1500 à 3000 selon les périodes)


lundi 27 août 2012

La station de bateaux-pompes de Tokyo

Quelques-uns des neuf bateaux-pompes en service à la station centrale du Fire Department de Tokyo.
Les bateaux-pompes japonais sont l'un des thèmes abordés par Olivier Gabriel dans son livre Bateaux-pompes (éditions MDV) qui sera disponible début septembre 2012.


vendredi 8 juillet 2011

8 juillet 1853, les Américains débarquent au Japon



Le 8 juillet 1853, le commodore Matthew Perry amène à l'empereur du Japon un message d'amitié du président américain Franklin Pierce. En fait d'amitié, il s'agit d'une injonction à se soumettre. Le commodore (capitaine de vaisseau commissionné) s'inquiète auprès du gouvernement japonais des mauvais traitements qu'ont eu à subir des marins américains naufragés sur les îles japonaises.
Ses quatre «bateaux noirs» (kuro fune), ainsi surnommés parce qu'ils utilisent du charbon et crachent de la fumée, provoquent un grand émoi chez les Japonais. Ces derniers prennent conscience de leur retard sur les «Barbares» d'Occident. Il faut dire que l'archipel est soumis depuis 1603 aux shôguns de la famille Tokugawa qui ont fermé l'archipel aux influences étrangères...  Aussi les Japonais mesurent-ils mal les changements techniques et intellectuels qui se sont produits dans le monde et en particulier en Occident au cours des 250 dernières années.
Lors d'une seconde visite, le 13 février 1854, le commodore Perry commande sept navires de guerre, dont quatre à vapeur. Il se fait menaçant et exige du shôgun qu'il ouvre les ports japonais aux navires de commerce et aux baleiniers américains. Le shôgun s'incline et ses représentants signent un traité le 31 mars 1854 à Kanagawa par lequel ils garantissent le rapatriement des éventuels naufragés. Ils consentent aussi à ouvrir les ports de Shimoda et Hakodaté aux navires de commerce battant pavillon américain. Ils offrent enfin aux États-Unis un statut de faveur et accueillent en 1856 un premier consul américain, Townsend Harris. (Source Hérodote)


Le débarquement de Perry vu par les Japonais
Le terme kuro fune a été donné aux Mississippi, Plymouth, Saratoga, et Susquehanna sur lesquels arrivèrent les hommes du commodore Perry au port d'Uraga (à côté de l'actuel Yokosuka)

Mississippi et son sister-ship Missouri furent les premiers bateaux à roues de haute mer  américains.
Mississippi de 1962 tx, 12 canons, construit à Philadelphia en 1841 sous la supervision du commodore Perry, il brûle en 1863, tuant 64 membres de l'équipage.
Plymouth de 989 tx, 22 canons, construit à Boston en 1843, Il brûle à Norfolk en 1861.
Saratoga de 882 tx, 22 canons, construit à Plymouth en 1843, vendu en 1907.


Susquehanna de 2450 tx, 9 canons, construit  en 1847, lancé en 1850, vendu en 1883 pour destruction. Il est généralement considéré très inefficace et décrit comme une "monstruosité technologique".

samedi 23 avril 2011

Échouage particulier

Tous les jours, le quotidien Le Figaro présente quelques photos d'exception. Nous reproduisons ici l'une d'entre elles en rapport avec nos thèmes maritimes. D'autres bateaux subirent un sort comparable.

samedi 9 avril 2011

Le croiseur Colmar était, lui aussi à Tokyo en septembre 1923


Le croiseur Colmar en 1922

A propos du séisme de septembre 1923 au Japon et de la présence sur place du paquebot André Lebon (voir notre blog), il est aussi question du croiseur Colmar de la division navale d'Extrême-Orient. Je vais vous présenter ce navire assez peu connu, qui nous a été cédé en 1920, en application du traité de paix.
Le Colmar était l'ex-croiseur léger allemand Kolberg, appartenant à une série de quatre; Kolberg, Mainz, Koln et Augsburg. Le Mainz et le Koln ont été coulés à la bataille d'Héligoland le 28 aout 1914 et l'Augsburg a été démoli en 1922 .
Caractéristiques du Colmar: déplacement 4 350 tonnes - dimensions:L.130 m l. 14 m; tirant d'eau 5,1 m machines: turbines de 30 000cv; vitesse 26 noeuds; équipage 366 h.
Le Kolberg est mis sur cale en 1907. Il est lancé le 14 novembre 1908 aux chantiers Schichau de Danzig. Il est terminé en 1910, en 1916-1917 il est refondu à Kiel, les 12 canons de 105mm d'origine sont alors remplacés par 6 canons de 150 mm; son armement comprend également 2 canons de 75 mm et 2 tubes lance-torpilles.
Il se rend le 5 novembre 1919 et est intégré dans la marine française le 29 avril 1920 à Cherbourg ou il prend le nom de Colmar. Il est affecté à la division d'Extrême-Orient en mer de Chine et du Japon. Le 21 juillet 1927, il est rayé et est démoli en 1929 à Brest.
Alain

mercredi 6 avril 2011

Tsunami et séisme à Tokyo en septembre 1923: l'André-Lebon des Messageries maritimes y était!

Alors que le Japon est de nouveau ravagé par un séisme suivi d'un tsunami (que le journaliste de L'Illustration cité ci-dessous nomme simplement "raz de marée"), il était intéressant de faire cette concordance des temps. Le 1er septembre 1923, un terrible tremblement de terre, suivi d'un incendie et d'un raz de marée, détruisit presque totalement l'agglomération de Tokyo-Yokohama. L'André-Lebon, malgré la dépose de ses machines qui l'obligea à manoeuvrer dans des conditions délicates avec seulement ses ancres et une petite baleinière, servit de refuge à de nombreux sinistrés.
Curiosité parallèle, jusqu'au 11 septembre, le paquebot fut le haut-lieu de la France au Japon, accueillant, entre autres l'ambassadeur-écrivain Paul Claudel.




André Lebon des Messageries maritimes à quai à Kobé, dernière étape avant Yokohama, vu par le peintre de la marine Sandy-Hook.


Dans l'hebdomadaire L'illustration du 27 octobre 1923 était relatés le tremblement de terre et le tsunami qui avaient dévastés la baie de Tokyo. Évènement dans lequel l'André-Lebon des Messageries maritimes joua un rôle important dans les secours.
«...Les premières secousses se produisirent le samedi 1er septembre vers 1l h. 55. En un instant, des milliers de maisons s'abattirent sur des milliers de familles, des milliers de gens furent jetés, ensanglantés et terrifiés, dans les rues couvertes de décombres et dans les arroyos, des milliers de gens furent étouffés et écrasés sous une avalanche de tuiles et de pierres. Un spectateur privilégié qui, à cet instant fatal, se fût assoupi pour quelques secondes eut pu croire a son éveil avoir dormi durant de longs siècles, ayant alors sous les yeux un amoncellement de ruines tel que, seule l'oeuvre patiente des siècles lui eût semblé pouvoir entreprendre une pareille besogne. D'autres secousses suivirent, peut-être aussi violentes que les premières, mais leurs efforts furent vains ; il ne restait déjà plus rien à détruire, ou presque. Quelques instants plus tard éclata un immense, un formidable incendie, heureux de brûler ce qui avait été brisé. Beaucoup de pauvres gens que les pierres avaient épargné périrent dans les flammes. On voit encore dans les rues leurs cadavres tordus : ici, une femme cherchant à soulever la tôle qui l’oppresse; là un homme allongé, les lèvres rivées à une bouche d'eau stérile.
Et puis, après le tremblement de terre, après l'incendie, ce fut, en certains endroits, l'inévitable raz de marée.
Il ne reste actuellement plus rien, rien d'une ville comme Yokohama. De la rade, on aperçoit bien quelques constructions encore fières de leurs étages, et on conserve quelque espoir : illusion ! La ville n'est plus qu'amas de briques, de poutres tordues, et de cendres recouvrant les cadavres. Détruite aussi, la banlieue qui étalait ses puissantes industries tout autour du golfe de Tokio.
L'ambassade de France à Tokio n'existe plus. M. Claudel, notre ambassadeur, est sain et sauf, ainsi que toute si famille et tout le personnel de l'ambassade. Malgré ses angoisses personnelles, M. Claudel songea d'abord aux autres. Il vint à pied de Tokio à Yokohama, pour apporter des paroles de consolation aux sinistrés puis retournait, à pied encore, jusqu'à Dzuski à la recherche de sa fille, et deux nouvelles fois refaisait le même trajet, soit près de soixante kilomètres au milieu de la dévastation du pays, donnant à tous l'exemple d'un courage, d'une énergie et l'un dévouement infatigables. Pendant les jours qui suivirent alors qu'il se trouvait à bord de l'André-Lebon, il descendit à terre quotidiennement, pour participer aux secours et retourna plusieurs fois dans les ruines de son ambassade. Il avait, hélas! tout perdu dans le sinistre, y compris de précieux manuscrits auxquels il travaillait depuis deux ans.
Au cours de ses diverses pérégrinations, M. Claudel fut accompagné par M. Fombertaux agent de la compagnie des Messageries Maritimes à Yokohama, dont l'odyssée est particulièrement impressionnante. Sa maison s’était écroulée en quelques secondes, ensevelissant sous ses décombres sa femme et ses enfants. Lui-même se trouvait, à ce moment, sur la jetée, assistant au départ d'un bateau. La jetée fut coupée en deux par la secousse et une partie de la maçonnerie s’effondra dans la mer. Miraculeusement indemne, il courut comme un fou jusqu'à sa demeure. Sa femme, à moitié étouffée, appelait au secours. En brisant et en sciant quelques planches, M. Fombertaux réussit à pratiquer une étroite ouverture, par laquelle elle put être retirée. […] Fuyant l'incendie qu'un vent de cyclone avivait, M. Fombertaux et les siens gagnèrent en hâte le rivage et sautèrent dans une embarcation sans voiles et sans rames qui les emporta à la dérive. Mais la barque faisait eau. Elle était sur le point de couler quand elle fut jetée par un remous contre un chaland à charbon accoté à un vapeur japonais. On put les hisser à bord et, le vapeur ayant trouvé, un mouillage en rade, ils assistèrent de là à l’embrasement fantastique.
Les navires étrangers présents au port recueillirent des survivants qui s'étaient jetés à l'eau pour fuir le feu. Ils assurèrent les premiers secours. Le paquebot André-Lebon, des Messageries maritimes, se distingua d'une façon toute spéciale. Il était accosté à son appontement habituel, guindeau et machines en démontage, quand les gens du bord virent ce phénomène extraordinaire: la terre onduler, la mer rester calme. Le commandant, qui, lors du terrible typhon de Hongkong, avait fait preuve, aux yeux des Anglais émerveillés, d'un remarquable sens marin, réussit une seconde fois à sauver son bâtiment en allant l'amarrer à un « coffre » dans le port, avec l'unique secours d'une petite embarcation. Là, d'ailleurs, tout péril n’était pas conjuré. Il fallut lutter encore longtemps contre l'incendie : la rade, couverte de pétrole et de chalands enflammés, brûlait comme la ville.
Le croiseur Colmar, bâtiment du chef de notre division navale d'Extrême-Orient, se trouvait à Port ArthurTokio et de Yokohama. Le Colmar appareilla le lendemain matin et arriva à Yokohama le 7 septembre à la première heure. Le commandant se mit aussitôt en relations avec l'ambassade de France, réfugiée sur l'André-Lebon, et offrit sa collaboration aux autorités japonaises. […] Le sloop Algol participe également au sauvetage.
Cette catastrophe, dont le nom s'ajoute à une liste trop longue : Lisbonne, San Francisco, Saint-Pierre, Messine, […] laisse loin derrière elle par son énormité toutes celles qui l'ont précédée. […]
Mais le peuple japonais a donné déjà suffisamment d'exemples de son stoïcisme et de sa ténacité pour qu'on puisse espérer qu'il se relèvera rapidement du coup qui l'a frappé.» A. P.



André Lebon des Messageries maritimes.

vendredi 24 décembre 2010

Comment, à partir de l'étude d'un cuirassé japonais, on parvient à assister à la parade navale pour le Jubilé de Victoria et à rencontrer la Grande Flotte blanche

Croiseur japonais capturant un petit voilier de commerce russe.
Sur cette peinture, il s'agit probablement de Fuji ou de Yashima, cuirassés construits à la fin du 19e siècle en Angleterre. Ci-dessous, Fuji.
Fuji était un des cuirassés pré-dreadnought de la Marine japonaise impériale et un des six (Shikishima, Yashima, Hatsuse, Fuji, Asahi, et Mikasa) formant la principale ligne de bataille dans la guerre russo-japonaise de 1904-1905.
Fuji et son sister-ship Yashima furent les deux premiers cuirassés construits pour le Japon par l'Angleterre aux chantiers Armstrong Whitworth d'Elswick Yard en 1894. Les Japonais étaient encore incapables à l'époque de construire des vaisseaux de guerre en acier selon les techniques modernes. Le travail a été dirigé par une équipe plus de 240 ingénieurs et dirigeants navals venus du Japon.
Spithead, 26 juin 1897, parade navale pour le jubilé de diamant de Victoria.
Au premier plan à droite,
Turbinia, premier vapeur à turbine de Parsons, devant le yacht royal Victoria and Albert. A gauche, HMS Renown mène la parade. 

Spithead, 26 juin 1897, le paquebot Campania de la Cunard traçant son chemin entre deux files de bateaux de guerre.
Une fois terminé, avant de partir pour le Japon en passant par le Canal de Suez, Fuji participa à la revue navale – 21 navires (dont le paquebot Campania, fleuron de la Cunard) et 56 croiseurs –, en l'honneur du soixantième anniversaire du couronnement de la reine Victoria, en juin 1897. Jubilé de diamant auquel participèrent les HMS Renown, HMS Jupiter et HMS Terrible à la tête des plus gros navires britanniques et de bon nombre d'étrangers (outre Fuji, notons aussi les croiseurs russe Rossiya et américain Brooklyn à peine sorti des chantiers) et qui vit l'apparition surprise du Turbinia, premier vapeur à turbine de Parsons. Le prince de Galles, futur Edouard VII, les saluant depuis le yacht royal Victoria and Albert pendant que sa (trop) vieille mère observait au télescope depuis la terrasse du château d'Osborne.
Fuji arrive à Yokosuka le 31 octobre 1897, trop tard pour participer à la Première Guerre sino-japonaise. En manœuvre au large de Kobe en novembre 1898, il a l'honneur d'accueil l'empereur Meiji
Fuji fait ensuite partie du noyau fort de la flotte japonaise pendant la Guerre russo-japonaise de 1904 et 1905. Pendant le blocus de Port-Arthur où s'était réfugiés les bateaux russes, il reçut des coups sévères qui l'obligèrent à retourner au Japon pour des réparations. En octobre 1904, Fuji participe à la bataille de la mer Jaune pendant laquelle une grande partie de la flotte russe qui avait tenté une sortie fut détruite, les bâtiments restant à Port-Arthur étant patiemment démolis à coups de canon. Dans la bataille de Tsushima, en mai 1905, il est touché onze fois mais parvient à porter le coup mortel au cuirassé russe Borodino.
La guerre finie, Fuji sera reconstruit avec de nouvelles chaudières.

Connecticut à la tête de la Grande flotte blanche (Great White fleet)
Fuji fait partie en octobre 1908 de l'escorte pour la Grande flotte blanche américaine sur la partie japonaise de son voyage autour du monde. Elle fera escale une semaine à Yokahama.
En 1910, son armement britannique est remplacé par du matériel japonais. Il devient bâtiment de défense côtière car dépassé par le développement les cuirassés du type Dreadnought. Il est ensuite affecté à la formation des canonniers et des marins jusque et pendant la Première Guerre mondiale pour laquelle il est jugé dépassé.
En 1922, Fuji a été désarmé en vertu du traité naval de Washington, mais il est maintenu comme bateau de logement. Ses propulseurs, tourelles principales, et toutes les armes ont été enlevés. De grands deckhouses en bois ont été ajoutés à la superstructure. Sa carcasse sert alors de caserne et de centre de formation à Yokosuka pendant plus de deux décennies. En 1944, la vieille carcasse a été également employée comme centre d'observation pour tester l'efficacité de divers camouflage sur les porte-avions. Bien qu'ayant souffert des raids américains, il resté à flot. Il ne sera démoli qu'en 1948.
Classe Fuji. Déplacement d'environ 12000 tonnes, vitesse maximale de 18 noeuds.
Armement principal de 4 canons de 305mm en deux tourelles doubles.
Yashima (1898) était le deuxième bateau de la classe Fuji, il eut une carrière très brève. Après le début de la Guerre russo-japonaise, il a été assigné au 1er escadron, 1re division de la 1re flotte d'IJN, sous les ordres du contre-amiral Nashiba Tokioki. Le 14 mai 1904, il prend la mer avec les cuirassés Hatsuse (vaisseau amiral) et Shikishima, le croiseur Kasagi et l'escorteur Tatsuta pour remplacer les forces du blocus de Port-Arthur. Le lendemain, la flotte patrouille au nord-est du port, directement dans le champ de mines déposé par le mouilleur russe Amur. Hatsuse et Yashima touchent deux mines chacun et coulent. Ce fut le plus grand désastre naval japonais pendant cette guerre. Il faut noter que c'est pendant cette guerre que, pour la première fois, on utilisa les mines dans un but offensif.

vendredi 1 octobre 2010

Port japonais de Wakkanai et monuments à La Pérouse


Port et chantier naval japonais de Wakkanai en 1965 (photo de Nicolas Bouvier)
L'histoire de Wakkanai, au nord de l'île d'Hokkaïdo commence quand la famille Matsumae implante un comptoir commercial en 1685. Durant la période Meiji, elle fut prospère avec la pêche de hareng puis un point départ vers l'île Sakhaline quand le Japon la récupéra après la guerre de 1905 contre la Russie. Après la Deuxième Guerre mondiale, elle perdit le contact (Sakhaline étant revenue à l'URSS) mais refit surface après la tombée du régime communiste de Russie soviétique. Wakkanai possède des usines de congélation et des conserveries et est une base touristique pour les îles Rebun Rishiri. La population est de 45000 habitants.

Monument à La Pérouse d'octobre 2007 près de Wakkanai, sur le cap Soya (association La Pérouse Albi France)

Monument à La Pérouse sur la côte sud-ouest de l'île Sakhaline (association La Pérouse Albi France)


Le Japon de La Pérouse
C'est en 1788 que La Pérouse disparaissait sur l'atoll de Vanikoro. A la fin d'une expédition lancée par Louis XVI, les frégates La Boussole et l'Astrolabe coulaient dans l'archipel des Salomons. Sur les côtes de Sibérie, au Nord de Vladivostok, et de l'île Sakhaline, une douzaine de ports et sommets portent encore les noms que La Pérouse leur avait attribué. Le Japon continue de célébrer le marin français, premier Européen à avoir pénétré et cartographié la mer du Japon, tout en étant à l'origine de la première hydrographie du détroit qu'il a découvert et qui désormais porte son nom. Afin de perpétuer le souvenir de ces découvertes, l'association La Pérouse Albi France a décidé avec l'appui des «riverains» concernés de baliser le détroit grâce à l'édification de deux monuments, sur chacune des deux rives. Le premier fut inauguré en mai 2006 sur la côte sud-ouest de Sakhaline. Le second s'élève dans Hokkaido. Il est situé depuis octobre 2007 près de Wakkanai, sur le cap Soya, endroit pittoresque et mythique car constituant l'extrémité septentrionale de l'archipel japonais.

mercredi 12 mai 2010

Shirase, brise-glace japonais

En 1983, la poste japonaise a émis ce timbre en hommage au brise-glace Shirase

Shirase (AGB 5002) est un brise-glace de la force d'autodéfense japonaise et le troisième destiné aux expéditions antarctiques. Il a été lancé en 1981 et mis en service en novembre 1982 pour succéder au Fuji (AGB 5001). Il a porté vingt-cinq expéditions polaires. Il pouvait faire du trois nœuds tout en brisant une épaisseur de 1,5 mètre de glace. Retiré du service en octobre 2008, il devait partir pour la casse mais les Japonais sont très fiers de leurs grands navires (ainsi Fuji a été transformé en musée) et la réaction populaire a fait que finalement, c'est une compagnie de météorologie (depuis février 2010) qui l'a récupéré pour en faire un observatoire et servir à des expositions et des conférences sur l'environnement.

Shirase (しらせ) (Hull number: AGB-5002) was a Japanese icebreaker operated by the Japan Maritime Self-Defense Force (JMSDF) and Japan's third icebreaker for Antarctic expeditions. Her successor (AGB-5003) has the same name. She was launched in December 1981, and was commissioned in November 1982 to succeed to Fuji (AGB-5001). Since November 1983, she served in 25 Antarctic expeditions. She was able to move at 3 knots breaking 1.5 meters of ice. In October 2008, after the retirement, the government once decided to scrap this ship but a plan by a weather information company Weathernews Inc. was adopted by 9 November 2009. On its website, Weathernews says it hopes to utilize it as a facility for monitoring the polar circles, for observing weather around Tokyo and for exhibitions, discussions and experiences on climate changes and global environment. The Weathernews officially took over the vessel on February 11, 2010.

Fuji, prédécesseur du brise-glace Shirase, a été transformé en musée maritime.