Affichage des articles dont le libellé est antarctique. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est antarctique. Afficher tous les articles

mercredi 23 avril 2014

Les British antarctic territory honorent par le timbre les présidents de la Royal Geographical Society

Des présidents de la Royal Geographical Society ont fait l'objet d'une série de timbres postes émis pour célébrer les cent cinquante ans de la société géographique par les territoires britanniques de l'Antarctique (British Antarctic Territory). Nous avons souvent parlé de ces territoires arctiques dans ce blog (cliquez ici).
Si les décors évoquent les campagnes de découverte de l'Antarctique, les présidents célébrés n'ont que peu ou rien à voir avec les British Antarctic Territory, ainsi de Lord Curzon, vice-roi des Indes et spécialiste de l'Asie centrale !
John Barrow (1764-1848), président en 1835 de la Royal Geographical Society. 
Sir John Barrow obtient en 1804 le poste de deuxième secrétaire de l'Amirauté par le vicomte Melville, un poste qu’il occupe durant quarante ans. Grâce à sa position à l’Amirauté, Barrow est un grand promoteur des voyages d’explorations en Arctique dont ceux de John Ross (1777-1856), de Sir William Edward Parry (1790-1855), de Sir James Clark Ross (1800-1862) et de Sir John Franklin (1786-1847). Le Point Barrow, le point le plus septentrional de l’Alaska, lui a été dédié.
Sir Clement Markham (1830-1916), président en 1893 de la Royal Geographical Society.
Sir Clements Robert Markham est un explorateur, écrivain, géographe et officier britannique. En 1844, il entre à la Royal Navy, où son navire est envoyé à la recherche de l'expédition Franklin.
En 1874, il assiste George Nares lors d'une de ses expéditions dans l'Arctique et l'accompagne jusqu'au Groenland, où il prônera toujours des méthodes comme le manhauling (halage des traîneaux à force d'homme), alors que d'autres (comme Roald Amundsen) s'inspireront des peuplades du Grand Nord comme les Inuits habituées à dresser des chiens de traîneaux.
De 1863 à 1888, il est secrétaire de la Royal Geographical Society, dont il sera président pendant douze ans à partir de 1893.
En plein âge héroïque de l'exploration en Antarctique (1895-1922), il organise des levées de fonds pour y envoyer un digne représentant de l'Angleterre. Protecteur du jeune officier Robert Falcon Scott à qui il confie l'expédition Discovery en 1911, il dénigre Ernest Shackleton lieutenant de la Marine marchande. L'expédition Discovery marque sa présidence à la Royal Geographical Society, et celle du Terra Nova confiée une fois encore à Scott sera la tragédie polaire historique à laquelle son nom sera attaché à jamais, même s'il avait quitté la Royal Geographical Society en 1905.
Lord Curzon (1859-1925), président en 1911 de la Royal Geographical Society.
 George Nathaniel Curzon, 1st Marquess Curzon of Kedleston, vice-roi des Indes de 1899 à 1905, ministre des Affaires étrangères de 1919 à 1924. Cet explorateur obtient la médaille d'or de la Royal Geographical Society pour l'exploration des sources de l'Amu Darya. Ce spécialiste de l'Asie centrale n'a aucun lien avec l'antarctique.


Admiral Sir William Edmund Goodenough (1867-1945), président en 1930 de la Royal Geographical Society.
L'amiral Sir William Edmund Goodenough est un des héros de la Première Guerre mondiale. Il participa à tous les grands combats de celle-ci. En revanche, pas de trace de lui en Antarctique de près ou de loin.

Admiral James Wordie (1889-1962), président en 1951 de la Royal Geographical Society.
Sir James Mann Wordie était un géologue et explorateur polaire écossais. Ses travaux le mirent en relation avec Frank Debenham et Raymond Priestley, qui étaient membres de la seconde expédition en Antarctique de Robert Falcon Scott.
En 1914, James Wordie se joignit à sir Ernest Shackleton pour son expédition en Antarctique au cours de laquelle il officia comme géologue et chef de l'équipe scientifique. Malgré l'échec final de l'expédition, Wordie réussit à entretenir le moral du groupe et à faire des observations scientifiques en matière d'océanographie et de ice pack. Il récolta aussi d'importants spécimens géologiques.
Wordie a navigué dans neuf expéditions polaires dont celle de l'Endurance. Au cours des années 1920 et 1930, il a effectué de nombreux voyages en Arctique et a contribué à faire éclore une nouvelle génération de jeunes explorateurs comme Vivian Fuchs, Gino Watkins et August Courtauld. Il devint le plus vieux vétéran de l'exploration britannique des pôles, et peu d'expéditions quittaient la Grande Bretagne sans le consulter. Il était membre du conseil d'administration du Scott Polar Research Institute (SPRI) et président de la Royal Geographical Society. À la SPRI, il assista Fuchs dans la première traversée de l'Antarctique, ce qui était le but premier de Shackleton en 1914.

Sir Raymond Edward Priestley (1886-1974), président en 1961 de la Royal Geographical Society.
Sir Raymond Edward Priestley était un géologue et géographe britannique. Il participa à l'expédition Nimrod d'Ernest Shackleton (1907-1909) où il travailla avec Edgeworth David, puis à l'expédition Terra Nova de Robert Falcon Scott (1910-1912) en remplacement de Allan Thomson. Il cofonda avec Frank Debenham le Scott Polar Research Institute.


mercredi 5 mars 2014

Fortune et Gros Ventre honorés par les Taaf

Les trois-mâts La Fortune et Gros Ventre honorés par des timbres édités par les Terres australes et antarctiques françaises (Taaf) en 1988. Flûte La Fortune de 24 canons et 200 hommes d'équipage et gabarre Gros Ventre de 16 canons et 100 hommes.
Les Iles Kerguelen sont officiellement françaises depuis la prise de possession effectuée en janvier 1893 par l'aviso l'Eure, commandé par le capitaine de frégate Lieutard. 


Cartes premier jours avec tampons de Port-aux-Français.
A la recherche du fameux continent austral, le chevalier et lieutenant de vaisseau Yves Joseph de Kerguelen Trémarec découvrit le 12 février 1772 une terre nouvelle lors d’une expédition ordonnée par le roi Louis XV à bord de deux navires, le Gros Ventre et La Fortune. Le 13 février 1772, l’enseigne de vaisseau de Boisguehenneuc en prit possession au nom du roi de France.
Un second débarquement eut lieu le 6 janvier 1774 sur cette terre qu’il croyait être une avancée du continent austral. C’est James Cook qui, lors de son troisième voyage de circumnavigation, prouva l’insularité de cette terre qu’il baptisa « Iles de la Désolation » avant de lui donner l’appellation d’« archipel de Kerguelen » en l’honneur de son découvreur.

lundi 13 janvier 2014

Le brise-glace Endurance A 171

Le brise-glace de classe 1A1 Endurance A 171 s'est d'abord appelé HMS Polar Circle, alors qu'il était loué par la Royal Navy pour servir dans les Territoires britanniques de l'Antarctique. Il prendra son nom d'HMS Endurance, en l'honneur du bateau de Shackleton, quand il est acheté en 1992. Port d'attache: Portsmouth
Construit par Ulstein Hatlo (Norvège) pour Rieber Shipping en 1990 en tant que MV Polar Circle. Mis en service le 21 novembre 1991. Il servait de support à des missions hydrographique et au British Antarctic Survey.

Déplacement 6,100 t Longueur 91 m (298 ft 7 in) Maître-bau 17,9 m (58 ft 9 in) Tirant d'eau 8,5 m (27 ft 11 in) Propulsé par deux moteurs Bergen BRG 8 Diesels de 8,160 hp (6,085 kW) Vitesse 14 nœuds.
Autonomie de 24600 milles (45600 km) à 12 nœuds. Bateaux et péniches embarquées : James Caird, Nimrod, Eddie Shackleton et Dudley Docker 
Equipage 126 + hommes de troupes et scientifiques.
Armement : 2 × 7.62mm Mk.44 Miniguns 6 × 7.62mm L7 GPMGs - 2 × hélicoptères Lynx HAS 3 modifiés pour les glaces.

Le brise-glace Endurance A 171 dans l'Antarctique en 2007.
HMS Endurance is a class 1A1 icebreaker that served as the Royal Navy ice patrol ship between 1991 and 2008. Built in Norway as MV Polar Circle, she was chartered by the Royal Navy in 1991 as HMS Polar Circle, before being purchased outright and renamed HMS Endurance in 1992. She has been out of service since 2008, when she was seriously damaged by flooding following an error during routine maintenance.

vendredi 3 janvier 2014

Les précurseurs : Le porte-avions à catapulte Schwabenland, de la marine allemande

Un hydravion Dornier a décollé du porte-avions à catapulte Schwabenland, de la marine allemande. Collection agence Adhémar 
La poste paraguayenne a édité en 1983 une série de timbres célébrant les premiers porte-avions, dits «les précurseurs». L'un d'entre-eux, ci-dessus, présente le porte-avions à catapulte Schwabenland, de la marine allemande. Voir Dedalo, autre précurseur, dans cette collection, cliquez ici
La catapulte du Schwabenland
En fait, loin d'être un porte-avions, Schwabenland était un cargo mixte équipé d'une catapulte à vapeur et de moyens de levage pour les dix tonnes de ses deux hydravions Dornier Do J, le Passat et le Boreas. Il sera utilisé dans l'expédition antarctique allemande de 1938.


Photo aérienne du trois-mâts de 46m Gausspris dans les glaces, pendant la première expédition antarctique allemande.
Comme beaucoup d'autres pays, l’Allemagne lança plusieurs expéditions dans la région antarctique à la fin du XIXe siècle. La première expédition est menée par le professeur de géologie Erich Dagobert von Drygalski en 1901. L’expédition composée de 27 hommes dure plus de deux ans car le navire, le Gauss, reste bloqué plus de 14 mois dans la banquise. Ils étudient entre autres le climat, la géographie et le magnétisme et on leur doit la découverte de la terre Guillaume II.


Deutschland
Meteor 
La deuxième expédition officielle (1911-1912) est menée par Wilhelm Filchner. Il veut vérifier que l’Antarctique est bien constitué d'une seule terre. Il n’atteint pas son objectif principal, mais son navire, le Deutschland, pénètre en mer de Weddell, qui était alors inexplorée.
En 1925, une autre expédition a eu lieu sous la direction d'Albert Merz avec le Meteor


Schwabenland en 1938
La quatrième expédition (1938-1939), menée par Alfred Ritscher, a pour principal objectif de sécuriser une zone en Antarctique pour la pêche à la baleine. A cette époque, l'huile de baleine était la principale matière première pour la fabrication de margarine et de savon, et l’Allemagne en achetait 200 000 tonnes/an aux Norvégiens.
Le 17 décembre 1938, le cargo mixte Schwabenland part de Hambourg avec 33 personnes à bord. Le bateau accoste en janvier 1939 (4° 15´O-69° 10´S) et la reconnaissance commence. Les semaines suivantes, les deux hydravions Dornier Do J du navire, le Passat et le Boreas effectuent un quinzaine de vols, quadrillant la zone et réalisant plus de 11 000 photographies aériennes. Une base temporaire est installée et trois drapeaux nazis sont plantés. Au mois de février, le bateau repart pour l’Allemagne.

Deux autres expéditions étaient planifiées pour les étés 1939-1940 et 1940-1941 mais elles furent annulées. La deuxième expédition devait étudier la faisabilité de l’implantation de bases navales, probablement en vue de s'imposer sur le continent et de contrôler une partie de l’océan Indien et du passage de Drake.


Carte de la Nouvelle Souabe (Neu Schwabenland) revendiquée par les Allemands.
Aucun pays ne reconnut les revendications allemandes et le traité sur l'Antarctique suspend toujours toutes les revendications territoriales. Aujourd'hui, la base antarctique Neumayer est située sur la banquise, à proximité de cette zone.

vendredi 2 août 2013

Quelques pas dans l'Antarctique argentin (Antártida Argentina)

La partie de l'Antarctique revendiquée par l'Argentine (Antártida Argentina) comprend la péninsule Antarctique et une section triangulaire se prolongeant au Pôle Sud, délimitée par les méridiens 25º ouest et 74º ouest, et la latitude 60º sud. 
Administrativement, l'Antarctique Argentine est une commune de la province de Terre de Feu, Antarctique et Îles de l'Atlantique Sud. 
Les autorités provinciales résident à Ushuaïa. Le gouverneur nomme un délégué chargé de la gestion du territoire (sur la carte, en rouge, les bases permanentes).

Territoires revendiqués par l'Argentine. Pour plus d'informations sur les revendications de chaque pays, voir sur ce blog (cliquez ici).
Tampons de la base San Martin sur un timbre In Memoriam caidos pour la Patria représentant le croiseur General Belgrano, l'un des bateaux argentins coulés pendant la Guerre des Malouines (cliquez ici). coll. agence Adhémar.
Cette lettre largement marquée de tampons provient de la base General San Martin (68°08'S 67°06'W), l'une des bases permanentes de l'Antártida Argentina. Son timbre In memoriam de ceux "tombés pour la Patrie" représente le croiseur ARA General Belgrano, coulé durant la Guerre des Malouines (Falklands islands).

Croiseur ARA General Belgrano.
ARA General Belgrano (d'abord baptisé 17 de Octubre par le gouvernement péroniste), croiseur léger de la Marine argentine, en service de 1951 à 1982. Constuit sous le nom d'USS Phoenix pour l'US Navy, il avait combattu sur le théâtre d'opération du Pacifique pendant la Seconde Guerre mondiale avant d'être vendu à l'Argentine. Après 31 ans de service, il est coulé pendant la guerre des Malouines (Guerra de las Malvinas ou Falklands' War) par le sous-marin de la Royal Navy Conqueror entraînant la perte de 323 marins.
Croiseur de la classe Brooklyn - 608,3 pieds (185,4 m) Maître-bau 61,8 pieds (18,8 m) Tirant d'eau 19,5 pieds (5,9 m) - Déplacement 9 575 tonnes (à vide) - Vitesse 32,5 nœuds -
Blindage Coque : 5,5 in (140 mm) Pont : 2 in (50 mm) Barbettes : 6 in (152 mm) Tourelles (partie supérieure) : 2 in (50 mm) Tourelles (partie latérale) : 6,5 in (170 mm) Château : 5 in (127 mm) Armement 15 canons de 6"/47 cal (152 mm) 8 canons de 5"/25 cal (127 mm) AA Canons antiaériens de 40 mm et 20 mm 2 systèmes de missiles AA Sea Cat ajoutés en 1968. Deux hélicoptères (un Alouette III était à bord lorsqu'il a coulé) Équipage 1 138 hommes.


Le verso de la lettre dont nous parlions en début d'article est lui aussi largement tamponné. De gauche à droite, correspondancia helitransportada (correspondance héliportée), correo despacho a bordo (courrier distribué à bord) et tampon de l'agence postale du rompehielos ARA Almirante Irizar, le brise-glace de la Marine argentine pour lequel nous avons ajouté un timbre commémoratif de 2007, date à laquelle il avait été mis hors service par un incendie des générateurs. Il devrait reprendre du service à la fin de 2013 après 100 millions de dollars de travaux.

ARA Almirante Irizar, brise-glace de la Marine argentine construit en Finlande aux chantiers Wärtsilä d'Helsinski. Il est lancé en février 1978 et mis en service en décembre. Il remplaçait le brise-glace ARA General San Martin mis à la retraite. Almirante Irizar est utilisé pour le ravitaillement des bases argentines en Antarctique et des missions scientifiques. Il fait parfois des croisières touristiques. Il s'est signalé à deux reprises, pendant la Guerre des Malouines quand il servi de transport de troupes et de navire-hôpital et quand il vînt au secours en 2002 du bateau de ravitaillement Magdalena Oldendorff (ex-Captain Kurbatskiy), cargo, lui-même brise-glace, prisonnier des glaces au nord de la base russe de Novolazarevskaya, sur la côte antarctique de la Princesse Astrid, en juin 2002.
ARA Almirante Irizar, brise-glace. Déplacement 14,899 t, longueur 121,3 m (398 ft), maître-bau 25,2 m (83 ft), tirant d'eau 9,5 m (31 ft) - Puissance installée 4 × Wärtsilä-Pielstick 8PC2-5L (4 × 3,828 kW) - Propulsion diésel-électrique deux arbres, deux moteurs DC (2 × 5,950 kW) - Vitesse 16,5 nœuds, nœuds dans un mètre de glace. Autonomie de 60 jours -
Equipage 245 hommes. Deux hélicoptères.

Almirante Irizar en tenue de navire-hôpital arrivant à Puerto Argentino en juin 1982.
El buque hospital ARA Almirante Irizar arribando a Puerto Argentino - Junio de 1982.
The hospital ship
ARA Almirante Irizar arriving to Puerto Argentino in June 1982. 
The vessel was built at the Wärtsilä shipyard in Helsinki, Finland, under a contract signed in 1975 between the Argentine Navy and the shipyard. Irízar was launched in February 1978 and was formally commissioned on December that year, arriving in Argentina on 23 March 1979. She replaced the elderly icebreaker ARA General San Martín, which was then retired from active service. During the Falklands War, the vessel served as a troop transport and then as a hospital ship, a role for which her crew included medical personnel from the Argentine Army in addition to the naval medical staff. After the end of the war, she was used to return Argentine POWs and injured personnel back to the continent.
The ship gained attention in 2002, when she attempted to rescue the trapped supply vessel Magdalena Oldendorff. Even though Irízar failed to break the Magdalena Oldendorff free, she managed to move it to a safety position and resupply the ship with food, medicine and medical personnel until the ice melted and Magdalena Oldendorff could return to open sea.

mardi 18 juin 2013

La conquête du Territoire antarctique australien raconté par le timbre 1/2

Le Territoire antarctique australien, (Australian Antarctic Territory), est une partie de l'Antarctique revendiquée par l'Australie. Il s'étend en dessous du 60e parallèle sud et d'ouest en est de 44°38' E à 160° E, en excluant la Terre Adélie. Sa superficie estimée est d'environ 6 119 818 km2.
Le territoire est réclamé par l'Australie depuis le 24 août 1936 alors que sa première base n'a été établie que le 11 février 1954. Le territoire n'est toujours occupé que par des stations scientifiques dont la plus importante est Mawson Station. On estime à un millier le nombre moyen des habitants
Depuis que l'Australie a signé le traité sur l'Antarctique*, les revendications territoriales sont gelées. Toutefois, le Royaume-Uni, la Nouvelle-Zélande, la France et la Norvège ont reconnu l'administration australienne, contrairement au Japon. La région est administrée par le département australien de l'Antarctique qui soutient divers projets scientifiques et administre aussi le territoire sub-antarctique des îles Heard-et-MacDonald.
Le Territoire antarctique australien est divisé en neuf districts, à savoir (d'ouest en est) : Terre d'Enderby, Terre de Kemp, Terre de Mac. Robertson, Terre de la Princesse-Elisabeth, Terre Guillaume II, Terre de la Reine-Mary, Terre de Wilkes (d'une superficie de 2 600 000 km2), Terre de George V, et Terre de Oates.
Manière de rappeler sa propre histoire antarctique, l'Australie a émis en 1979 une série de seize timbres représentant des navires ayant participé à l'aventure. En voici quelques-uns.



Le S. Y. Nimrod est un trois-mâts utilisé par Ernest Shackleton en 1908 dans sa deuxième  expédition vers le pôle sud. C'était un shooner de 334 tonnes, lancé en 1867 au chantier Stephen de Dundee, et utilisé jusque là pour la chasse à la baleine et aux phoques. Réaménagé en barque, il filait un pauvre 6 nœuds sous vapeur. De plus, surchargé de matériel pour l'expédition, il n'eut pas assez de charbon pour la traversée de Nouvelle-Zélande à l'Antarctique. Il dû même être remorqué en dehors d'un champ de glace par le vapeur Koonya venu à son secours. Ernest Shackleton parvint tout de même à 180 km du pôle Sud, le plus près jamais atteint. Nimrod fut vendu à son retour en Grande-Bretagne alors que lui était annobli. Dix ans après, le bateau s'échouait sur des rochers du Norfolk.


Départ du NimrodThe Nimrod going to the south pole (1907).
Nimrod was the ship used by Ernest Shackleton in his 1908 Antarctic Nimrod Expedition for the South Pole. It was a 41-year-old schooner of 334 gross register tons which had been used to hunt seals and whales. Propulsion: Sails, auxiliary steam engine Sail plan: Originally schooner, rebuilt as barquentine
Speed: 6 knots under steam Builder: Stephen, Dundee Completed: January 1867 Sold 1909; wrecked 1919. The ship was so overloaded with supplies for the expedition that it could not carry enough coal to make passage to the Antarctic from New Zealand, and Shackleton had to arrange for the ship to be towed to the edge of the pack ice by a tramp steamer Koonya. 



Le SS Fram est un shooner à coque en bois, trois-mâts et une cheminée. 
39m x 11m x 4,8m. Machine à vapeur à triple expansion de 220cv, une hélice. Il filait ses 7 nœuds. Il a été dessiné et construit par Colin Archer à Larvik, Norvège où il a été lancé en 1892. Conçu pour résister à la pression de la glace, il participe à plusieurs expéditions norvégiennes. En 1892-1896, expédition arctique de Fridtjof Nansen. 1898-1902, il mène Otto Sverdrup dans les îles de l'arctique canadien. Il est enfin utilisé par Roald Amundsen dans sa conquête du pôle sud de 1910 à 1912 pendant laquelle Fram atteindra 78° 41' Sud. Il est maintenant conservé au Musée d'Oslo.

Le Fram d'Amundsen sous voiles dans les glaces de l'Antarctique.
SS Fram - Topsail Schooner / 1 funnel, 3 masts / L,B,D:  127.8' x 34' x 15'' / 402 tons / Hull: wooden / Compliment: 16 / Engine: steam triple expansion 220 hp, 1 screw, 7kts / Designed, Colin Archer. Built, Colin Archer, Larvik, Norway 
Fram is a ship that was used in expeditions of the Arctic and Antarctic regions by the Norwegian explorers Fridtjof Nansen, Otto Sverdrup, Oscar Wisting, and Roald Amundsen between 1893 and 1912. 1892 Nansen's 1893–1896 Arctic expedition - Sverdrup's 1898–1902 Canadian Arctic islands expedition. Fram was then used by Roald Amundsen in his southern polar expedition from 1910 to 1912, the first to reach the South Pole, during which Fram reached 78° 41' S.
Fram is preserved at the Fram Museum in Oslo, Norway.


Le SS Endurance est un trois-mâts barque sur lequel Sir Ernest Shackleton a accompli son expédition antarctique de 1914 (Imperial Trans-Antarctic Expedition) qui devait le mener d'une mer à l'autre, à travers le continent puisque le pôle avait été conquis par Amundsen. SS Endurance avait été lancé en 1912 à Sandefjord en Norvège. Il finira trois ans plus tard bloqué dans les glaces qui finiront par l'écraser. Il coulera dans un trou de glace dans la mer de Weddel, au large de la péninsule antarctique. 
SS Endurance : 350 tonnes, longueur 44m, largeur 7,6m, propulsé au charbon donnant 350cv et à la voile, permettant une vitesse 10,2 nœuds. Equipage 28 hommes.


The Endurance was the three-masted barquentine in which Sir Ernest Shackleton sailed for the Antarctic on the 1914 Imperial Trans-Antarctic Expedition. She was launched in 1912 from Sandefjord in Norway and was crushed by ice, causing her to sink, three years later in the Weddell Sea off Antarctica. Displacement: 350 tons Length: 144 ft (44 m) Beam: 25 ft (7.6 m)
Propulsion: 350 hp Coal fired steam and sail Speed: 10.2 knots Complement: 28

*Le traité sur l’Antarctique (parfois appelé le traité de l’Antarctique), signé le 1er décembre 1959 à Washington par l’Afrique du Sud, l’Argentine, l’Australie, la Belgique, le Chili, les États-Unis, la France, le Japon, la Norvège, la Nouvelle-Zélande, le Royaume-Uni et l’URSS (repris par la Russie), est entré en vigueur le 23 juin 1961. Il réglemente les relations entre les États signataires dans les  territoires antarctiques, incluant les plates-formes glaciaires, situés au sud du 60 ° parallèle sud. Son objectif principal est de s’assurer que l’Antarctique continuera à être employé exclusivement à des fins pacifiques. Le traité fait provisoirement taire les revendications territoriales des signataires sur l'Antarctique.  


Carte des territoires revendiqués par les pays signataires, en jaune, ceux de l'Australie séparés par celui de la France.
A suivre le mercredi 19 juin 2013…

mercredi 13 février 2013

Les bateaux de visite du Territoire antarctique britannique


En 1963, les postes britanniques ont publié une série de timbres sur le thème des bateaux assurant le service du British Antarctic Territory (Territoire antarctique britannique). Depuis fin 2012, sa partie sud porte le nom de Queen Elizabeth Land (territoire de la reine Elizabeth) au grand dam des Argentins et des Chiliens qui en revendiquent la souveraineté quasi totale.
La superficie du territoire est de 1709400 km2. Il inclut la Terre de Graham, les îles Shetland du Sud, les îles Orcades du Sud et le bout de la péninsule antarctique. Il n'y a pas de résident permanent, de 35 à 200 chercheurs occupent les quatre stations de recherche, annuelles (Halley et Rothera) ou estivales (Fossil Bluff et Signy).
Le gouvernement britannique émet des timbres territoriaux principalement destinés aux philatélistes. De dix à vingt nouveaux timbres sont émis chaque année, sous différentes thématiques : explorateurs polaires en 1973, plancton en 1984, fossiles en 1990, vaisseaux de recherche en 1993, etc. ou se référant à l'actualité britannique. La vente de ces timbres et diverses taxes touristiques participent grandement à l'indépendance financière du territoire.


Les deux premiers navires de cette série, SS Fitzroy et HMS William Scoresby, ont été réunis durant la Seconde Guerre mondiale pour une mission particulière, sauvegarder la souveraineté en Antarctique.

En 1955, les îles Falkland avaient édité un timbre en mémoire du RMS Fitzroy. Ce bateau appartenait au Falkland Islands Dependencies Survey (FIDS). Son nom donna le sien à l'île Fitzroy qu'il avait visité en 1947
Dans les années 1920 et 30, l'Argentine, comme le fera le Chili en 1940, revendiquent la souveraineté sur les terres sur lesquelles flotte l'Union Jack. En 1942, une expédition visite l'île Déception (Deception Island) pour affirmer la suprématie argentine sur cette île volcanique et sa baie (dans l'archipel des Shetland du Sud), refuge de longue date des pêcheurs qui y traitaient l'huile de baleine. En réponse, des marins du HMS Carnavon y hisse le drapeau britannique en janvier 1943. L'Amirauté lance ensuite l'opération Tabarin – elle sera dirigée par le commander James Marr qui, enfant, participa à l'expédition polaire de Shackleton sur le Quest – pour réaffirmer son autorité et pour prévenir toute opération des raiders allemands dans la péninsule. En janvier 1944, la mission composée des SS Fitzroy et HMS William Scoresby part des îles Falklands (Malouines) avec à son bord des marins glanés ici et là dans les terres antarctiques. Elle établit une base dans l'île Déception puis se rend à la baie de l'Espoir (Hope Bay) plus au sud dans la péninsule et point de contrôle du passage Antarctique (Antarctic Sound). Mais la glace ne leur permet pas de débarquer leur matériel et ils terminent l'expédition à Port Lockroy (côte ouest de la Terre de Graham). La mission aboutira cependant l'année suivante grâce au HMS Eagle, venu de Terre Neuve, seul bateau disponible alors.



A suivre…

jeudi 19 janvier 2012

19 janvier 1840… Découverte de la terre Adélie par Dumont d'Urville



Deux corvettes l'Astrolabe et la Zélée appareillent de Toulon à l'automne 1837. Battant pavillon français, elles se fraient un chemin parmi les icebergs de l'océan Antarctique jusqu'à une montagne, au plus près du Pôle sud jamais atteint. Le 19 janvier 1840, le commandant de l'expédition, Jules Sébastien César Dumont d'Urville, prend possession de cette terre glacée au nom du roi Louis-Philippe. Il la baptise du prénom de sa propre femme, Adélie et pousse la délicatesse jusqu'à donner aussi son prénom aux manchots du cru (source Herodote.net).

Ce marin passionné de science et de progrès est représentatif de son époque. En 1819, il participe à une expédition scientifique en mer Egée. C'est lui qui achète la Vénus de l'île de Milo découverte par Olivier Voutier.
Dumont d'Urville effectue ensuite deux voyages scientifiques autour du monde avant de prendre en 1826 le commandement de l'Astrolabe. Il a mission de chercher ce qui reste des navires de Lapérouse, disparu en Polynésie à la veille de la Révolution (voir ce blog). Dumont d'Urville retrouve les traces de l'explorateur. Au terme d'un périple de trois ans dans le Pacifique, il ramène aussi en France une grande masse d'informations scientifiques.

Cet aventurier de la science périra avec sa femme et son fils dans le premier accident de l'histoire du chemin de fer entre Paris et Versailles peu après son retour d'expédition.


Lancée à Toulon en 1811 comme transport de chevaux, la gabarre faisait partie d'un groupe de douze navires de 380 tonnes, 31,57m de long, 18,48m de bau, 4,25m de tirant d'eau, 994m2 de surface de voilure, armé de quatorze canons de 6. Ils pouvaient transporter entre 40 et 50 chevaux. En 1813, elle fut transformée en transport d'hommes et de munitions et renommée La Coquille le 9 Juillet 1814. A cause de ses qualités, elle fut à nouveau transformée pour les voyages d'études et reclassée corvette. En août 1822, sous le commandement de Duperrey, elle quitait Toulon pour son premier voyage autour du monde. Le 24 mars 1825 elle était de retour à Marseille.
Renommée Astrolabe en souvenir de celui de La Pérouse (partis le 1er août 1785 pour un voyage autour du monde, l'Astrolabe et la Boussole de La Pérouse ne devaient jamais revenir), l'ex-Coquille quitait Toulon le 25 avril 1826, sous le commandement de Dumont d'Urville. Le 24 février 1829, l'Astrolabe était de retour à Marseille après un second voyage autour du monde. Plus tard cette année-là elle se rendit en Egypte et revint à Toulon avec Jean François Champollion à bord, quitant Alexandrie le 6 Décembre 1829.

Sept ans après, ayant été reconstruite, l'Astrolabe partit pour son troisième voyage autour du monde, quitant Toulon le 7 septembre 1837, toujours sous les ordres de Dumont d'Urville, pour revenir le 7 novembre 1840. Ce fut pendant cette expédition que Dumont qui naviguait dans les eaux antarctiques, découvrit la Terre Adélie. La Terre Adélie, base scientifique, fait maintenant partie des Terres australes et antarctiques françaises (Taaf).

lundi 6 juin 2011

Le navire de recherche océanographique Agulhas dans les eaux de l'Antarctique

Timbre émis par la République sud-africaine en 1991 à l'occasion du trentième anniversaire du traité de l'Antarctique. Coll agence Adhémar

Le navire de recherche océanographique Agulhas a été construit pour des missions dans les eaux de l'océan Antarctique pour la South African National Antarctic Programme (Sanap). Construit en 1977 par Mitsubishi pour le gouvernement de RSA, c'est un navire de recherche et de soutien logistique de 6122 tonnes. 40 hommes d'équipage et 98 scientifiques peuvent prendre place à bord pour des expéditions à 14 nœuds maximum. Mais sa principale vocation est le ravitaillement des trois bases antarctiques sud-africaines, les îles Gough (près de Tristan da Cunha) et Marion (46°52'S, 37°51'E, découverte par Marion-Dufresne), et la base de la terre de la reine Maud, reprise aux Norvégiens en 1959 (Sanae IV).


L'Afrique du Sud est un lieu de départ de navires à destination des terres australes. Le pays est cosignataire du traité de l'Antarctique.
Agulhas devrait être remplacé en avril 2012 par un navire commandé à STX Europe.

L'Agulhas (112m x 18m) n'est pas à proprement parlé un brise-glace mais il possède une coque renforcée. Il emporte deux hélicoptères militaires Oryx (Puma) équipés de réservoirs pour des vols longue distance comme ce fut le cas dans la tentative de libérer le cargo Magdalena Oldendorff de Hambourg. Il s'agissait d'un cargo, lui-même brise-glace, prisonnier au nord de la base russe de Novolazarevskaya, sur la côte antarctique de la Princesse Astrid, en juin 2002. Une grande partie de l'équipage fut ainsi ramenée à bord de l'Agulhas pendant que des approvisionnements étaient portés à l'équipage de garde resté à bord pour attendre le dégel du printemps austral à l'abri d''une baie.

The SA Agulhas is an ice-strengthened research vessel. She was built in 1977, by Mitsubishi Heavy Industries in Shimonoseki, Japan. The SA Agulhas is South Africa's polar research vessel. The Agulhas is used to service the three South African National Antarctic Programme research bases, Gough Island, Marion Island in the Southern Ocean and SANAE IV in Antarctica, as well as various research voyages.
The Agulhas is scheduled for retirement in April 2012. An order has been placed with STX Europe for a replacement vessel.

mardi 21 septembre 2010

Le navire océanographique Jean Charcot à Pointe des galets en 1984

Le navire océanographique Jean Charcot à Pointe des galets en 1984. En 1984-1985, une équipe de (géo) scientifiques effectue un tour du monde à bord du navire océanographique Jean Charcot. Ils sont à la recherche de zones-clés » pour faire avancer la compréhension de la planète.

Jean Charcot
a été acquis en 1964 par le Comexo était un navire de recherche océanographique du Cnexo (Centre national pour l'exploitation des océans), puis de l'Ifremer. Il a été remplacé en 1990 par L'Atalante.

mardi 31 août 2010

Anniversaire du départ du Français de J.-B. Charcot en août 1903

Charcot à bord du Français en août 1903 (collection agence Adhémar)
Il y a cent sept ans… Le Français quittait Le Havre
Nous avions déjà évoqué la difficile gestation du Français de Jean-Baptiste Charcot dans notre blog. Voici maintenant deux cartes postales portant un timbre commémoratif émis pour le centenaire du départ en expédition du voilier Le Français le 31 août 1903. (Elles portent également un tampon commémorant la 53e expédition antarctique française en Terre Adélie, en 2003 donc)

Le Français quitte Le Havre le 31 août 1903 (collection agence Adhémar) 
Charcot, première mission en Antarctique (1903-1905)
En 1903, Charcot lance la construction à Saint-Malo d'un trois-mâts goélette de 32 m, 245 tonneaux à vide, baptisé Le Français. Il part du Havre le 31 août pour la première expédition française en Antarctique qui hiverne en 1904 sous le vent de l'île Wandel. En 1905, il cartographie la péninsule antarctique, au sud du Chili (1000 km de côtes nouvelles reconnues et relevées, trois cartes marines détaillées, 75 caisses d'observations, de notes, de mesures et de collections destinées au muséum d'Histoire naturelle de Paris).  Il dresse, entre autres, la carte des côtes de la Terre de Graham et effectue une reconnaissance plus au sud. Il doit malheureusement abandonner son navire, hors d'état de naviguer après un talonnage sur un récif à fleur d'eau. Il le revend à Buenos Aires et rentre en France à bord d'un paquebot. Là, il apprend que sa femme a demandé et obtenu le divorce... pour abandon du domicile conjugal!



lundi 17 mai 2010

Le cargo mixte brise-glace Thala Dan des J. Lauritzen Lines

Le navire polaire Thala Dan des J. Lauritzen Lines en mission en Antarctique. (Coll. agence Adhémar)

Courrier posté en mer de la Casey Antarctic Base australienne (le timbre est danois comme l'armateur du bateau) le 29 janvier 1979.
A partir de la saison 1963-64, c'est Thala Dan, cargo mixte brise-glace danois — du même armateur (J. Lauritzen Lines) que Magga Dan qui l'avait précédé dans cette mission, – qui effectue pour les EPF (expéditions polaires françaises) les rotations entre la France et la Terre Adélie. Ce bateau va inscrire un record de longévité car il sera utilisé jusqu'à la fin de la saison 1981-82, soit pendant 18 campagnes consécutives. Début 1965, le Thala Dan est également mis à la disposition des expéditions australiennes (ANARE) pour effectuer la desserte de ses bases. On trouve donc, à partir de cette date, des plis de ce bateau portant deux oblitérations, celle de Dumont d'Urville et celle de Casey ou de Wilkes. (source Philadelie)

MV Thala Dan was one of a fleet of icebreaking cargo-passenger ships operated by the Danish J. Lauritzen A/S Lines, and chartered to, inter alia, ANARE (Australian National Antarctic Research Expeditions). Others in the fleet included Kista Dan and Nella Dan.