mardi 5 juillet 2011

Primauguet et les croiseurs du type Duguay-Trouin


Le croiseur Duguay-Trouin en 1947, à son départ pour l'Indochine, il présente les transformations effectuées pendant la guerre, notamment la suppression du mât arrière, des installations pour aviation et le renforcement de la DCA.


Le croiseur Lamotte-Picquet en 1938 à Haiphong.


Le croiseur Primauguet en 1929, qui présente encore la silhouette d'origine de ces navires.
(photos collection Alain V)

Suite à mon article sur le renflouement à Casablanca, du croiseur Primauguet, du type Duguay-Trouin, je vais vous rappeler les caractéristiques de ces navires, au nombre de trois: Duguay-Trouin, Lamotte Picquet et Primauguet et vous raconter succinctement leur histoire. Toutefois, celle-ci recoupant plusieurs articles de ce blog, je vous invite à vous y reporter, pour éviter les redites.
Ces croiseurs appartenaient au programme naval de 1922, le premier voté après la Première Guerre mondiale et l'un des plus importants puisqu'il comprenait, outre ces trois croiseurs, 6 contre-torpilleurs, 12 torpilleurs, 12 sous-marins et la transformation de l'ex-cuirassé Béarn en porte-avions.
-Le Duguay-Trouin est mis sur cale à l'arsenal de Brest le 4 août 1922. Lancé le 14 août 1923, il entre en service le 2 novembre 1926.
-Le Lamotte Picquet est mis sur cale à l'arsenal de Lorient le 17 janvier 1923. Lancé le 21 mars 1924, il entre en service le 5 mars 1927.
-Le Primauguet est mis sur cale à l'arsenal de Brest le 16 août 1923. Lancé le 21 mai 1924, il entre en service le 1er avril 1927.
Caractéristiques de ces croiseurs:
Déplacement: 7249 tw; 8 760 tonnes en pleine charge
dimensions: 181,3m x 17,5m x 6,14 m
puissance: 102 000 cv; vitesse 34 nœuds
machines: turbines à engrenages Parsons; 4 hélices; 8 chaudières Guyot
mazout: 1500 tonnes; rayon d'action: 4 000 miles à 15 nœuds
effectif: 27 officiers et 551 hommes
armement: 8 canons de 155 mm en 4 tourelles doubles portant à 26 000 m
4 canons de 75 mm AA
12 tubes lance-torpilles en 4 affûts triples
1 catapulte et 2 avions.

Les faits marquants de l'histoire de ces navires:
-Le Duguay-Trouin est à Alexandrie en juin 1940 avec la Force X (voir le blog ). En septembre 1943, il reprend le combat après une première modernisation effectuée à Casablanca. En août 1944, il participe aux opération de soutien du débarquement en Provence (voir le blog), en avril 1945, il est affecté à la Flank Force qui combat les forces allemandes et italiennes le long de la Riviera italienne; il est en grand carénage de novembre 1945 à avril 1947; en mai 1947, il est envoyé à Madagascar, ou il y a des troubles pour participer au retour de l'ordre; en novembre 1947 il arrive à Saigon; il restera en Indochine jusqu'en septembre 1951, il rentre alors à Toulon pour être désarmé; il est condamné en 1952, et vendu à la démolition en 1953, à l'issue d'une belle et longue carrière.
-Le Lamotte Picquet est affecté fin 1935 à la flotte d’Extrême Orient, où il restera jusqu’à la fin de sa carrière. En janvier 1941, il se distingue à la bataille de Koh Chang ou avec 4 avisos il défait la flotte thailandaise (voir détail sur le blog Adhemar); en 1942 il est désarmé à Saigon, isolé de la métropole, ne pouvant être entretenu, surveillé par les japonais, ne pouvant même être ravitaillé en mazout, il est coulé le 12 janvier 1945 par la Task Force 38 américaine, l'épave était toujours présente en 1954 dans le Donnai, lorsque la France quitta l'Indochine.
-Le Primauguet effectue en 1927 les essais de catapulte orientable installés pour la première fois à bord d'un navire de guerre français; en avril 1932 le Primauguet est affecté à la flotte d’Extrême Orient, jusqu’à la fin de 1935; puis de septembre 1937 à juillet 1939; en juin 1940 lors de l'armistice, le Primauguet se trouve au Maroc, il y restera jusqu’à la fin de sa carrière. En décembre 1941, il entre en carénage à Casablanca, celui ci se poursuivra lentement faute de moyens. Le 8 novembre 1942, le Primauguet appareille sans que les travaux en cours aient été terminés, pour tenter de s'opposer au débarquement des Alliés en Afrique du Nord, il est bombardé par l'aviation américaine de la Task Force 34, et s'échoue en feu à la sortie du Port de Casablanca, faisant 90 morts dont son commandant et 200 blessés. Nous avons vu que son épave restera sur place jusqu’à nos jours.
Alain