mercredi 9 novembre 2011

Saint-Louis, de la compagnie Hapag, paquebot de l'exode des Juifs allemands

Saint-Louis de la Hapag, ses huit ponts pouvaient accueillir
400 passagers en 1re classe (800 Reichsmarks) et 500 passagers en classe touriste (600 Reichsmarks). 
(coll agence Adhémar)
Lancé en 1920 pour la compagnie allemande Hapag, Saint-Louis servait sur la ligne Hambourg-New York. Il rencontra l'histoire le 13 mai 1939 lorsque 937 juifs allemands embarquent à son bord à Hambourg. Tous sont en possession de permis de débarquement cubains ou d’affidavits pour les Etats Unis. Le trajet en direction de Cuba se déroule dans une ambiance festive, beaucoup de réfugiés célebrant la fin de leurs tourments. Cuba, craignant de voir commencer une immigration massive de réfugiés européens, annule les permis en arguant qu’ils sont contrefaits et ne laisse pas débarquer les passagers du Saint Louis. C’est alors que commence l’errance des 937 passagers pendant un mois, rejeté par les Etats Unis et le Canada qui arguent de leurs lois des quotas. Pourtant l’opinion publique américaine leur apporte son soutien et appelle le gouvernement à ne pas les laisser retourner en Europe. Malgré cela et le fait que plus des deux tiers des passagers sont en possession de papiers d’émigration, le président Roosevelt ne cèdera pas.
Le Joint Distribution Committee réussit à convaincre la France, la Grande-Bretagne, la Belgique et la Hollande à se partager les passagers du Saint-Louis en s’engageant à verser 500 $ pour chacun des hommes, femmes et enfants à bord. Après la victoire allemande en Europe, nombre d'entre eux trouveront le chemin des camps. (pour plus de détails, voir musée de l'holocauste)