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mercredi 5 juin 2013

Escadre internationale à Villefranche en octobre...1879

Puisque l'on a évoqué les escadres en rade de Villefranche, hier et déjà à plusieurs reprises (cliquez ici), voici une escadre internationale photographiée en octobre 1879.

                 On voit à partir du premier plan les frégates cuirassées Couronne de la classe Gloire, entrée en service en 1862; Guyenne, Magnanime, Revanche et Gauloise, entrées en service de 1865 à 1867; le Richelieu, entré en service en 1876; puis derrière elles, à gauche, l'américain US Quinnebaug, corvette entrée en service en 1875; l'aviso français Bisson à l'extrême gauche; puis, vers le centre de la photo, la frégate cuirassée britannique HMS Sultan de 1870; enfin, la frégate américaine US Enterprise de 1874 et l'aviso français Desaix.
             Ces navires constituent un bel échantillon des flottes mixtes à voiles et à vapeur de le seconde partie du XIXe siècle.

Alain

mercredi 7 juillet 2010

L'attaque du Richelieu à Dakar le 7 juillet 1940

Richelieu à Dakar (collection Alain V)

DAKAR, L'ATTAQUE DU RICHELIEU

Le 7 juillet, l'amirauté britannique poursuivant sont plan d'action, décide de tenter une action contre le port de Dakar,ou le cuirassé Richelieu est venu se réfugier après son départ de Brest le 18 juin ; le même ultimatum qu'a Mers el Kébir et Alexandrie est présenté aux autorités locales françaises.
Le cuirassé Richelieu de 35 000 t, est notre plus puissant bâtiment, il est à peine sorti de ses essais,et sa DCA n' est pas encore au point.
Le 8 juillet, il est attaqué par les avions torpilleurs du porte-avions britannique HERMES,il reçoit une torpille à l'arrière qui occasionnent des dégâts à la barre, ainsi qu' aux machines et lignes d'arbre tribord. Une brèche de 9,3m de long sur 8,5 m de haut provoque l'envahissement de compartiments arrières par 2400 tonnes d'eau.
Il fera encore l'objet d'une nouvelle attaque le 23 septembre 1940 de l'escadre britannique lors de l'opération "Menace" tentative des anglo-gaullistes pour s'emparer de Dakar et du Sénégal.
Le Richelieu répond à coups de 380 mm et de 152mm, au cuirassé britannique BARHAM qui touché se replie; le Richelieu n'aura perdu dans cette deuxième attaque qu'un canon de 380mm qui explose accidentellement (il sera remplacé lors de la refonte aux USA, par un canon destiné au JEAN BART).
Le Richelieu réparé provisoirement, sera après la reprise des combats, faisant suite au débarquement des troupes anglo-américaines en Afrique du Nord, envoyé en février 1943 aux Etats Unis, pour y être remis en état, et modernisé à l'arsenal de Brooklyn; la DCA étant considérablement renforcée; avant de poursuivre la guerre aux cotés des alliés.
Avec l'attaque du Richelieu se termine l'épisode tragique de l'opération Catapult dont la responsabilité incombe à Winston Churchill; tragique sur le plan humain et fiasco sur le plan stratégique.
Tragique sur le plan humain;d'abord par les nombreux morts qu'elle fit; mais aussi parce qu'elle fut considérée par les marins comme une trahison des anciens alliés, et provoqua en leur sein une anglophobie qui ruina l'espoir de reprendre rapidement le combat à leur coté,le nombre de marins qui rejoignirent le Général de Gaulle fut infime, et lorsqu'il fut question fin 1942 de reprendre le combat, et de réconcilier la marine jusqu'alors fidèle à vichy, d'Afrique et des colonies, et les Forces navales de la France libre; la fusion fut difficile; les blessures étant trop vives.
Fiasco stratégique; puisque l'objectif de détruire, ou s'emparer de la flotte française ne fut pas atteint; la plupart des unités se replièrent sur Toulon, à portée de main des Allemands, ce qui conduisit après l'invasion de la zone libre au sabordage de la flotte le 27 novembre 1942.
Alain

mardi 15 juin 2010

LA MARINE FRANCAISE ET L'ARMISTICE DE JUIN 1940

En juin 1940, l'armée de terre a été vaincue par l'ennemi mais pas la Marine nationale qui conserve pratiquement tout son potentiel d'action, d'où l'importance stratégique du sort qui lui est réservé. Il est impensable pour les Anglais qu'elle tombe aux mains des Allemands.

Le 24 juin 1940, l'amiral Darlan donne l'ordre du jour suivant :
1/ Les navires de guerre démobilisés doivent rester français avec pavillon français, équipage français, séjour dans un port français métropolitain ou colonial.
2/ Des précautions secrètes de sabotage doivent être prises pour que l'ennemi ou l'étranger s'emparant d'un bâtiment par la force ne puisse s'en servir.
3/ Si la commission d'armistice chargée d'interpréter le texte en décidait autrement, les navires de guerre seraient sans nouvel ordre, soit conduits aux États Unis, soit sabordés s'il ne pouvait en être autrement, pour les soustraire à l'ennemi. En aucun cas ils ne devront être laissés intacts à l'ennemi.
4/ Les navires ainsi réfugiés à l'étranger ne devront pas être utilisés à des opérations de guerre contre l'Allemagne ou l'Italie sans ordre du commandant en chef des forces maritimes françaises.

L'armistice avec l'Allemagne et l'Italie entre en vigueur le 25 juin 1940. L'article 8 de l'armistice prévoyait que le flotte devait être rassemblée et désarmée dans les ports d'attache des navires en temps de paix. Cette clause ne pouvait être acceptée par les Français, et encore moins par les Anglais car cela aurait impliqué le retour à Brest, port occupé par les Allemands, de notre plus belle escadre.
Le gouvernement français tente de faire accepter par les Allemands le désarmement des bâtiments de guerre à Toulon ou dans les ports français d'Afrique. Les Allemands, sans modifier leur rédaction, n'ont pas repoussé le principe d'un stationnement de la flotte en zone libre ou dans l'empire.
Le 29 juin, les commissions d'armistice donnent leur accord pour la démobilisation des navires à Toulon et en Afrique du Nord, mais en contre-partie demandent le retour en France des navires présent en Angleterre.
On voit bien que tout reposait sur la confiance. Mais si Winston Churchill, premier ministre du Royaume Unis depuis le 10 mai 1940, n'a pas confiance dans les Allemands cela se comprend aisément. Il n'a pas non plus confiance dans la parole des Français, et cela sera lourd de conséquences. Une décision secrète est prise par le cabinet de guerre britannique de s'emparer ou de détruire tous les bâtiments français où qu'ils se trouvent ; les assurances données par le gouvernement français que la flotte, quoi qu'il arrive ne tombera pas intacte aux mains des Allemands, n'ayant pas suffi à rassurer les Britanniques qui ne veulent courir aucun risque.
Alain

Parmi les plus belles unités de la flotte française figuraient alors:
Strasbourg :

Richelieu :
Dunkerque :

Algérie :

Tous clichés "collection Alain V."