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jeudi 27 novembre 2014

Il y a 72 ans la flotte française se sabordait à Toulon

                                        Le croiseur La Marseillaise en feu le 27 novembre 1942

Le 27 novembre 1942, la flotte française stationnée à Toulon se saborde.

Comment en est on arrivé la?

                    Dés le 24 juin 1940, la veille de l'armistice signé avec les allemands, l'amiral Darlan avait diffusé ses instructions selon lesquelles: si un ennemi ou étranger tentait de s'emparer par la force de navires français, ceux ci devraient se saborder et être rendu inutilisables.
Il s'agissait d'un ordre du jour de portée permanente; afin qu'il ne puisse être rapporté sous la contrainte.
                     La situation de la flotte française va basculer totalement, après le débarquement anglo-américain en Afrique du Nord, le 8 novembre 1942, en effet nos navires présents dans les ports d'Alger; d'Oran et de Casablanca vont répliquer et se battre contre ceux qu'ils considèrent comme des envahisseurs.
A Casablanca; le Jean Bart est aux prises avec les cuirassé américain Massachusetts,et les avions du porte avions Ranger;le croiseur Primauguet;les contre-torpilleurs Albatros,Milan;les torpilleurs Brestois,Boulonnais,Frondeur,l'Alcyon,Fougueux attaquent la flotte américaine,étant donné la disproportion des forces,il s'agit d' une attaque suicidaire;seul l'Alcyon en réchappera.                                                

A Oran les sloops britanniques Walney et Hartland chargés de déposer des commandos dans le port sont coulés;les torpilleurs Tramontane,Tornade,Typhon,l'aviso Surprise le contre-torpilleur Epervier sortent affronter les cuirassés et croiseurs britanniques ,tous sont coulés par des forces infiniment supérieures.

                      Pourtant des tractations secrètes avaient tenté de préparer le terrain en partie par des contacts entre le général Mast, et le Général Clark, adjoint d'Eisenhower qui avait débarqué secrètement du sous -marin anglais le Seraph pour assister à une réunion qui a eu lieu à Cherchell le 21 octobre 1942 et devant permettre au Général Giraud, récemment évadé de prendre la tete des forces françaises pour reprendre le combat;un groupe de personnes connus sous le nom de groupe des cinq oeuvraient également dans le meme sens . Les américains sont pressés de débarquer pour deux raisons; ils veulent prendre à revers l'Afrika Korps de Rommel qui avance rapidement en Tunisie et sont pressés par Staline d'ouvrir un second front, pour soulager la pression allemande sur la Russie notamment à Stalingrad alors que les français conjurés ne se sentant pas prêt, voudraient faire retarder le débarquement .

Or, dans cette histoire digne des meilleurs feuilletons; un évènement imprévu vas bouleverser les prévisions des conjurés, l'amiral Darlan commandant en chef respecté de la Marine française et ancien chef de gouvernement de Pétain qui vient d'être remplacé par Laval sur la demande des allemands, est arrivé à Alger à titre privé au chevet de son fils gravement malade.
Après deux jours d'âpres combats, lourds en pertes humaines et matérielles; les marins se tournent naturellement vers lui; l'amiral Darlan après avoir vainement attendu le feu vert du Maréchal Pétain décide de son propre chef d'arrêter les combats et de discuter avec les américains des modalités du cesser le feu. Il prend ainsi la tête des forces françaises en Afrique du Nord au non du Maréchal Pétain empeché de s'exprimer librement dit il ; évinçant ainsi le Général Giraud pressenti par les conjurés mais non obeit par ses troupes et donc pas pris au serieux par les américains; faut il y voir la la raison de la mort de l'amiral Darlan ?,toujours est il que le 24 décembre 1942, l'amiral Darlan est assassiné à Alger par Fernand Bonnier de la Chapelle, un exalté royaliste, dés le 26 décembre au matin, l'assassin est fusillé après un jugement et une instruction expéditive; comme si l'on ne désirait pas trop chercher les commanditaires qui se cachent derrière.

Sur le terrain Darlan avait conclu un accord avec les américains; cet accord est entériné à Alger le 13 novembre par le général Eisenhower et l'amiral Cunningham en personne; pendant le même temps, le haut commandement allemand demandait à l'amiral Marquis préfet maritime de Toulon et à l'amiral de Laborde commandant des forces de haute mer de prendre l'engagement de défendre l'enclave de Toulon contre toute agression de l'Axe ou de"dissidents" dans ce cas, le camps retranché et la flotte seraient respectés par la Wehrmacht; n'ayant pas le choix, l'engagement demandé par les allemands fut pris par les amiraux.

Une simple protestation officielle du Maréchal Pétain, fut la seule réponse à l'invasion de la zone libre par les allemands, celle ci est dénommée opération Attila; le 11 novembre 1942; l'amiral Auphan qui n'a cessé de faire secrètement la liaison entre Darlan à Alger et Vichy pour essayer de faire rentrer la France dans la guerre est démissionnaire pour marquer sa désaprobation, suite à la tournure prise par les évènements, il est remplacé par l'amiral Abrial, à la tête de la marine en France métropolitaine.

Cest la Wechrmacht et non la Kriegsmarine qui est changée de l'opération Anton, consistant à investir l'arsenal de Toulon dans le but de s'emparer des navires; cela explique la réussite du sabordage proprement dit, des soldats peu au fait des choses maritimes, n'ont rien pu faire pour s'opposer au sabordage des navires.
La surprise est totale à Toulon le matin du 27 novembre lorsque les allemands surgissent à 4 h25, l'amiral Marquis; préfet maritime est cueilli dans son lit.
L'amiral de Laborde ne peu croire au manquement de parole de la part des allemands.

à 5h 20 les allemands sont au Mourillon, dont cinq sous-marins parviennent à s'échapper: le célèbre Casabianca; le Marsouin; le Glorieux; l'Iris et la Vénus. La Vénus se sabordera en grande rade; l'Iris sera internée en Espagne et les trois autres gagneront l'Algérie et reprendront le combat aux cotes des Alliés.
L'ordre se sabordage est donné par l'amiral de Laborde, de son navire amiral, le cuirassé Strasbourg à 5h 25.

Les chars allemands arriveront trop tard sur les quais pour empêcher le sabordage.

Pendant que des interprètes allemands parlementent avec les marins; les navires coulent; les pièces d'artillerie sautent, sans que les allemands ne puissent rien empêcher.

La marine française à perdu 75 unités soit 235 000 tonnes:
-3 cuirassés:
Strasbourg; Dunkerque; Provence.
-7 croiseurs:
Algérie; Colbert; Dupleix ;Foch; La Marseillaise; La Galissonniere: Jean de Vienne.
-1 transport d'aviation:
Commandant Teste
-15 contre-torpilleurs:
Lynx; Guépard; Vauban; Valmy; Verdun; Aigle; Gerfaut; Vautour; Cassard; Kersaint; Tartu;                      Vauquelin; L'Indomptable; Mogador; Volta
-13 torpilleurs:
Bordelais. Le Mars; La Palme; L'Adroit; Casque; Foudroyant; Hardi; Lansquenet; Mameluk; Siroco; Baliste; La Bayonnaise; La Poursuivante
-6 avisos:
D'Iberville; La Curieuse; L'Impétueuse; Chamois; Yser; Dédaigneuse
-14 sous-marins:
Caiman; Redoutable; Vengeur; Pascal; Fresnel; Acheron; L'Espoir; Naïade; Sirène; Galatée; Thétis; Euridice; Aurore; Diamant
-9 patrouilleurs ou dragueurs
-19 bâtiments de servitude
-1 bâtiment école
-28 remorqueurs
-4 docks de levage

Seule 39 bâtiments tous de petit tonnage et sans grande valeur militaire ou désarmés seront capturés dont les contre-torpilleurs Panthère; Tigre et Lion et le torpilleur Trombe, en situation de gardiennage et donc sans équipage; le Tigre et le Trombe seront d'ailleurs récupérés lors de la capitulation italienne en septembre 1943.
             

jeudi 1 mai 2014

Le dragueur de mines Muguet


Le navire du jour


                                       
Le dragueur de mines français Muguet ex AMS97 US 

mercredi 30 avril 2014

30 avril 1940 perte accidentelle du contre-torpilleur français Maillé-Brézé

                                                   

Le contre-torpilleur Maillé-Brézé de la classe Vauquelin est mis sur cale en 1930 aux chantiers de Penhoët à Saint Nazaire;. Lancé le 9 novembre 1931, il entre en service en 1932. Il déplace 2441 t w ; long de 129 mètres; il est armé de 5 canons de 138 mm; 4 x 37 mm; 4 x 13 mm et 7 tubes lance -torpilles.
Au début de la guerre, le Maillé-Brézé appartient à la 9e division de contre-torpilleurs basée en Méditerranée; le 1er avril 1940 il appareille de Toulon pour participer à la Campagne de Norvège.
Il se dirige alors vers Scapa flow ou il arrive le 8 avril, avec le croiseur Emile-Bertin portant la marque de l'amiral Derrien, ils rallient la Home Fleet, ils recherchent les convois allemands naviguant près des cotes norvégiennes; le Maillé-Brézé rejoint Greenock sur l'estuaire de la Clyde; il escorte les convois vers Namsos.

                                         Le contre-torpilleur Maillé-Brézé en feu 

Le 30 avril,  en début d’après-midi, le Maillé-Brézé est embossé dans la Clyde, feux bas; il effectue un exercice de mise de feu au mouillage pour le lancement à la poudre du tube lance -torpilles n°1; après cet exercice, la plate forme de tubes lance- torpilles latérale tribord est remise dans l'axe; alors qu'un quartier-maître procède à des graissages; dans des circonstances inexpliquées, la gargousse de poudre du tube n°1 qui est restée à poste, est mise à feu, provoquant la chasse de la torpille, laquelle pénètre sous la teugue; sous le choc le réservoir d'air comprimé éclate, causant des avaries considérables aux superstructures avant et la destruction de la chaufferie n°1.  Le cône de combat explose, provoquant un incendie qui se propage à tout l'avant du bâtiment ; le Maillé-Brézé prend de la bande; malgré l'aide des bâtiments britanniques sur rade; le feu ne peut être maîtrisé; les soutes à munitions risquant d'exploser le bâtiment est évacué à 15 h 15; le feu est enfin maîtrisé par les pompiers de Greenock vers 19 h ; à 20 h l'épave coule par 12 mètres de fonds; seuls émergent les vestiges du bloc passerelle et de la mature et 3 des cheminées; la quatrième s'étant effondrée lors de l'incendie. Il y aura 27 morts et 47 blessés dans cet accident; l'épave du Maillé-Brézé ne sera relevée qu'en août 1954 pour être ferraillée à Greenock.

Alain

vendredi 14 février 2014

La Saône et deux cuirassés de la flotte à Brest au pied du château en 1904


La flotte à Brest, au pied du château, une intéressante prise de vue que nos amis aimeront sans doute commenter… Qui pourra identifier le croiseur cuirassé ?
On fait rarement appel en vain aux connaissances maritimes de nos lecteurs…
Voilà la réponse de notre ami Alain. 

« Bonjour,
Voici ce que je peu dire sur cette photo qui date probablement de 1904.
On distingue à partir du premier plan à gauche, l'ancien aviso transport La Saône qui sera école des gabiers jusqu'en 1914. Devant lui, le cuirassé Neptune et devant le Neptune, le cuirassé Courbet en réserve et qui sera rayé de la flotte en 1908 (à ne pas confondre avec le Courbet de 1914).
Alain »

Nous avons déjà vu le cuirassé Neptune dans le bassin Napoléon III de l'arsenal de Cherbourg. Cliquez ici.
Nous avons déjà vu le cuirassé Courbet dans la rade de Landevennec. Cliquez ici. 

samedi 25 janvier 2014

Essais de blindage à tir réel sur le cuirassé Suffren en 1903


Au début du XXe siècle on ne plaisantait pas avec les essais de blindage!

La photo ci-dessus, signée du photographe maritime A. Bougault, nous montre les effets d'un tir réel du cuirassé Masséna effectué en août 1903 sur une plaque de blindage de 2,50m de haut sur 95cm de largeur et 55cm d'épaisseur pesant 30 tonnes adossée à la tourelle de chasse du cuirassé Suffren.
                  
Explication: ce tir avait été demandé par le ministre de la Marine de l'époque, Camille Pelletan, farouche opposant aux cuirassés, qui voulait démontrer ainsi que le tir empêcherait la tourelle de fonctionner ensuite. Il s'opposait à la construction prévue des six cuirassés de la classe Patrie, la tourelle résista, et le ministre à cours d'arguments fut obligé d'autoriser la construction des cuirassés. 

Alain

lundi 23 décembre 2013

Le cuirassé d'escadre de premier rang Saint-Louis de la classe Charlemagne

Le cuirassé d'escadre Saint-Louis. Collection agence Adhémar
Le cuirassé d'escadre de premier rang Saint-Louis a déjà fait l'objet d'articles sur ce blog (cliquez ici) mais, une fois encore, nous avons voulu vous faire profiter de la qualité des photos de A. Bougault.
Saint-Louis est malheureusement connu pour avoir envoyer par le fond le sous-marin Vendémiaire (cliquez ici).
Une fois ses essais terminés, Saint-Louis effectue des manœuvres en Méditerranée, puis est affecté à l'escadre du Nord et enfin dans la 1re division de la 3e escadre. C'est lors d'un exercice avec d'autres bâtiments, qu'il éperonne et coule accidentellement le sous-marin français Vendémiaire le 8 juin 1912, tragédie qui coûte la vie aux 24 membres d'équipage du submersible. Par la suite, Saint-Louis est mobilisé lors de la Première Guerre mondiale, et participe à la bataille des Dardanelles en 1915, en bombardant les côtes de l'Empire ottoman. 
Après la guerre, le navire est mis en réserve puis désarmé à Bizerte, avant d'être ramené en France pour servir à l'entraînement des mécaniciens et chauffeurs de l'armée à Toulon. Condamné en 1920, il sert par la suite de ponton-caserne, puis est finalement vendu pour ferraille en 1932.

 Les sisters-ships de la classe Charlemagne, dessinés par Jules Thibaudier, directeur des Constructions navales de l'Arsenal de Brest.
La classe Charlemagne
Les trois cuirassés Pré-Dreadnought de la classe Charlemagne de la Marine nationale française furent le Charlemagne, lancé en 1894 et entré en service en 1895, le Gaulois et le Saint-Louis entrés en service en 1896. Ils furent les premiers cuirassés français à adopter l'agencement de deux grosses pièces de chasse et deux de retraite de calibre 305 mm Modèle 1893/96, que préféraient les Britanniques depuis une décennie, et une artillerie navale secondaire plus rationnelle, les canons étant séparés par des pare-éclats. Jusqu'au Bouvet inclus, qui fut le dernier vaisseau à être lancé avant les Charlemagnes, les cuirassés français étaient facilement reconnaissables à leur grosse pièce unique à chaque extrémité d'un pont supérieur court pour minimiser l'effet de souffle. Ils étaient dotés de deux larges cheminées.
Comme sur tous les navires français, la ceinture cuirassée était étroite, mais ne manquait pas de s'étirer sur tout la longueur de la coque. Toutefois, entre les bords inférieurs et supérieurs du cuirassage de la batterie, le renflement de la rentrée de muraille n'avait aucune protection. C'est à ce niveau que l'on trouvait un pont-abri au-dessus d'un pont pare-éclats. 
L'espace qui sépare les deux ponts était cloisonné cellulairement en vue d'éviter les risques d'inondation en cas de dégâts.

vendredi 20 décembre 2013

Le cuirassé d'escadre à tourelles Suffren portant le pavillon du vice-amiral Gourdon en 1904

Le cuirassé d'escadre à tourelles Suffren portant le pavillon du vice-amiral Gourdon en 1904. Collection agence Adhémar
Lancé le 25 juillet 1899 au chantier naval de l'arsenal de Brest - Longueur 128,8 m Maître-bau 21,3 m Tirant d'eau 8,6 m - Déplacement 12750 tjb - Propulsion 3 hélices Puissance 16000cv Vitesse 18 nœuds - Armement 4 canons de 300 mm 10 canons de 163 mm

8 canons de 100 mm 4 tubes à torpilles de 450 mm - Équipage 730 hommes 
En 1915, Suffren est le navire-amiral d'une escadre de quatre cuirassés français, commandée par le contre-amiral Guépratte, qui participa aux opérations navales dans les Dardanelles. Pendant la bataille du détroit des Dardanelles le 18 mars 1915, Suffren fut gravement endommagé par l'artillerie ottomane qui causa des voies d'eau, rendant les canons inopérants. Suffren dut se rendre à Malte pour effectuer des réparations. 
Après avoir participé aux opérations de Gallipoli et Salonique, Suffren faisait route vers Lorient pour se ravitailler lorsqu'au large des côtes portugaises, près de Lisbonne, il fut torpillé par un sous-marin allemand U-52, le 26 novembre 1916. Les dégâts qui lui avaient été infligés aux Dardanelles ne lui permettaient d'aller qu'à 10 nœuds, mais le mauvais temps réduisait encore sa vitesse à 9 nœuds. De plus il était sans escorte au moment de l'attaque. La torpille atteignit les moteurs et Suffren coula en l'espace de quelques secondes, emportant par le fond ses 648 membres d'équipage.

Huit navires de la Marine de guerre française ont porté le nom de Suffren
Un navire de ligne de 74 canons (1791-1794), rebaptisé le Redoutable en 1794, qui participa à la bataille de Trafalgar.
Un navire de ligne de 74 canons (1801-1815).
Un navire de ligne de 90 canons (1824-1865).
Une frégate armée (1866-1897).
Un cuirassé (1899-1916).
Un croiseur (1926-1963).
Une frégate lance-missile (1968-2008).

Un sous-marin nucléaire d'attaque (SNA) du type Barracuda.

mercredi 11 décembre 2013

Le croiseur cuirassé Desaix, de la classe Dupleix de 1900-1902

Le croiseur cuirassé Desaix. Collection agence Adhémar

A l’instar du Kléber et du Dupleix, le Desaix était un croiseur cuirassé mis en service dans la marine française au début du XXe siècle. 
Ingénieur de Marine : Emile Bertin
Kléber - CAG de Bordeaux - mise sur cale : 1898 - lancement : 1902 
Desaix - Ateliers et chantiers de la Loire (ACL de Saint-Nazaire - mise sur cale : 1899 - lancement : 1901
Dupleix - Arsenal de Rochefort - mise sur cale : 1899 - lancement : 1900  (cliquez ici)
Appellations diverses : croiseur-cuirassé pour station lointaine (Desaix), croiseur-cuirassé de station (Dupleix) ...croiseur-cuirassé de 7,700 tonneaux (Kléber) 

DES CROISEURS-CUIRASSES DE 7700t

Le Kléber, le Dupleix et le Desaix étaient des croiseurs cuirassés de 7 700t caractérisés par une protection consistant en une ceinture de 38 à 102 mm d’épaisseur allant de l’avant jusqu’à la mâture arrière, avec une hauteur de 1,20 m au-dessous de la flottaison et de 1 m au-dessus. Ces bâtiments, doublés en bois, disposaient également d’un cofferdam* et d’un double fond sur toute la longueur et d’un pont cuirassé dépourvu de pare-éclats, d’une épaisseur variant de 65 à 90 mm. Leurs tourelles avaient une protection arrière de 50 mm, une protection avant de 100 mm et un toit de 24 mm.

LA CARRIERE DU DESAIX

Mis sur cale à Saint-Nazaire en janvier 1899, le Desaix fut lancé en mars 1901. Propulsé par trois machines développant une puissance totale de 17 000 ch., ce bâtiment fut achevé en 1904. Affichant une vitesse de 21 nœuds, il pouvait franchir une distance de 6400 milles marins à la vitesse de 10 nœuds ou de 8800 milles marins en surcharge. Assez peu armé, le Desaix, tout comme le Kléber et le Dupleix, était dépassé et quelque peu usé à la veille de la guerre de 1914-1918.
En 1914, il est en réserve de la 2e escadre légère à Brest qu’il intègre dès le 2 août 1914 et avec laquelle il opère en Manche. En fin d'année, il est envoyé en croisière en Extrême-Orient mais il est rappelé pour être affecté à la division française placée sous les ordres de l’amiral anglais Peirse. Il atteint Suez le 16 février 1915 et se joint au Bruix et au Requin. Renforcée à partir du 18 mars du Montcalm (bâtiment amiral), la division, commandée par le contre-amiral Huguet, contribue à la défense du canal et surveille la côte d’Arabie jusqu’à Djedhad. Le 23 juin 1915, le Desaix est affecté à la 3e escadre, créée en février 1915, et chargée des opérations sur la côte de Syrie. L’activité de cette escadre consiste dans un premier temps en des bombardements et des saisies de bâtiments suspects. A partir du 25 août, elle est chargée d’appliquer le blocus des côtes d’Asie Mineure et de Syrie. Elle est amenée, les 12 et 13 septembre 1915, à évacuer 3000 Arméniens fuyant les Turcs et réfugiés sur le Djebel Moussa (Mont Moïse). Le 8 mai 1916, le Desaix rallie la 6e division légère basée à Dakar pour la surveillance de l’Atlantique sud et y restera jusqu’à la fin de la guerre.
Il est retiré en juillet 1921.




CARACTERISTIQUES 
Type: croiseur cuirassé - Propulsion: 3 machines totalisant 17000 ch - Dimensions: longueur, 130 m ; largeur, 17,75 m -Tirant d’eau: 7,40 m - Vitesse: 21 nœuds
L’armement du Desaix consistait en 8 canons de 164 mm répartis en 4 tourelles doubles (1 avant, 1 arrière, 2 au centre). 4 canons de 100 mm situés sous les superstructures à hauteur des tourelles centrales. 10 canons de 47 mm (2 de chaque bord dans la batterie, 2 par passerelle et 2 par spardeck) et 2 tubes lance-torpilles.
Source http://laroyale.forum0.net/

* Un cofferdam ou maille sèche est un espace de séparation entre deux parties de la coque d'un navire. Il est délimité par deux cloisons étanches de part et d'autre. Le dictionnaire Quillet de la langue française et mentionne, pour un navire de guerre qu'il est «bourré d'une matière spongieuse, qui obture les voies d'eau» en se gonflant, lorsque le navire est atteint par un tir de missile.

lundi 2 décembre 2013

Sur la passerelle du BPC Dixmude, lors de la remontée du chenal de Douala, au Cameroun.


From the album: Timeline Photos
By Armée française - opérations militaires OPEX (page officielle)
28 novembre 2013, 13h50, sur la passerelle du BPC Dixmude, lors de la remontée du chenal de Douala, au Cameroun.
Depuis le 21 novembre 2013, le Bâtiment de projection et de commandement (BPC) Dixmude est engagé dans la mission Corymbe.
Corymbe est une mission de présence quasi permanente des forces armées françaises dans le golfe de Guinée, en place depuis 1990. Le dispositif est armé par un ou plusieurs bâtiments de la Marine nationale qui peuvent être renforcés par des moyens terrestres et aéromobiles embarqués.
Le dispositif Corymbe complète le dispositif français prépositionné en Afrique occidentale, au Gabon et au Sénégal. Il peut soutenir toute opération, en cours comme Licorne en Côte d’Ivoire, ou nouvelle comme des opérations d’aide aux populations, de sécurisation ou d’évacuation de ressortissants. Corymbe permet également la réalisation de missions de coopération bilatérale avec les pays de la région.


Crédit : EMA / armée de Terre

samedi 16 novembre 2013

Le combat fratricide de Libreville du 9 novembre 1940

La journée du 9 novembre 1940 restera comme la plus sinistre de toute l'histoire maritime française.

Ce jour là, deux avisos coloniaux français, absolument semblables, l'un, le Savorgnan de Brazza armé par les F.N.F.L. l'autre le Bougainville appartenant à la Marine restée fidèle au gouvernement de Vichy, deux bâtiments qui portaient le même pavillon, se canonnèrent devant Libreville au Gabon jusqu'à ce que l'un d'eux fût détruit.

                                          L'aviso colonial Bougainville resté fidèle à Vichy


               L'aviso colonial Savorgnan de Brazza semblable, mais armé par les F.N.F.L.

Le Bougainville croisait en rivière lorsque le Savorgnan de Brazza se présenta..
Ce n'est pas le navire des F.N.F.L. qui tira le premier.
Peut-être le drame aurait-il été évité, si n'étaient apparus des avions qui attaquèrent dans un grain... Alors le Bougainville tira... Moins bien que son adversaire, car il lui manquait un bon tiers de son personnel, laissé à terre pour défendre le Gabon.
En effet les forces du général de Gaulle avaient monté un opération pour s'emparer de ce territoire. Cette force étant commandée par le colonel Leclerc pour la partie terrestre, le capitaine de frégate Thierry d'Argenlieu commandant les forces navales.
Au bout de vingt minutes de feu, le Savorgnan de Brazza, tirant trois fois plus vite que le Bougainville, l'avait mis en flammes.
A terre, les combats furent brefs. Les FFL avaient une supériorité indiscutable. Elles firent leur entrée à Libreville le 10 au matin, et la conquête du Gabon se termina quatre jours plus tard par la reddition de Port-Gentil.
Alain

jeudi 24 octobre 2013

La Royale auprès des terre-neuvas, célébration marcophilique


Pour célébrer deux siècles de présence de la Royale auprès des terre-neuvas, les 7e philatéliques de Rochefort de 1994 avaient édité cet hommage marcophilique. Il est daté et tamponné d'une rencontre philatélique ayant eu lieu à Saint-Pierre (celui de Saint-Pierre et Miquelon). Le timbre célèbre les cent ans des œuvres de mer et montre le trois-mâts navire-hôpital Saint-Pierre. (cliquez ici et ici)



Même timbre que précédemment, cachet du même endroit mais cette fois sur une carte reprenant un dessin de dundee armé pour la pêche au thon (aquarelle de Stéphane Lauro).



Nous terminons cet article par un timbre célébrant, lui, les œuvres de la marine.
Timbre d'avril 1946, dessiné et gravé par Charles Mazelin. Valeur faciale de 2 francs, surtaxe de 3 francs pour les œuvres de la Marine.

« Vous publiez aujourd'hui un article ou l'on voit notamment un timbre pour les œuvres de la marines d'avril 1946. Le sujet figurant sur le timbre est le retour à Toulon de l'escadre après les années de guerre et la libération de cette ville le 13 septembre 1944, sujet que j'ai évoqué sur le blog le 13 septembre dernier (cliquez ici).
Sur le timbre on voit en tête, le croiseur Gorges-Leygues, navire-amiral, suivi du cuirassé La Lorraine.»

Cordialement

Alain

mercredi 25 septembre 2013

25 septembre 1911, le cuirassé Liberté explosait en rade de Toulon

Le 25 septembre, il y aura 102 ans, survenait une des plus grandes catastrophe de notre Marine nationale en temps de paix, l'explosion en rade de Toulon du cuirassé Liberté par suite de l'incendie de ses soutes à munitions. Il en a été question sur ce blog à plusieurs reprises (cliquez ici), aussi je n'y reviendrais que pour vous montrer quelques documents sur cette tragédie.
Voici une photo du cuirassé Liberté avant la catastrophe.


L'épave du cuirassé Liberté après l'explosion, en arrière-plan, on distingue le cuirassé Justice du même type que la Liberté, participant à la recherche et au sauvetage des survivants. 



                 L' état de l'épave de Liberté est tel que ce schéma n'est pas inutile pour comprendre ce qui s'est passé. On voit que toute la partie avant à disparue, et que la partie centrale arrachée s'est retournée sur l'arrière du navire.   

Alain

vendredi 13 septembre 2013

13 septembre 1944, l'escadre française est de retour à Toulon après cinq ans de guerre

Le 13 septembre 1944, le croiseur Emile-Bertin portant la marque de l'amiral Auboyneau en rade de Toulon pour la première fois depuis 5 ans.

Au premier plan l'Emile Bertin, devant lui le croiseur Georges Leygues portant la marque 
de l'amiral Lemonnier, au fond le Catoctin portant la marque de l'amiral américain Davidson, commandant la TF86.

Le cuirassé La Lorraine qui vient de mettre à mal la batterie du Cap Cepet défendant l'entrée de la rade de Toulon encore aux mains des Allemands.

Le croiseur britannique Sirius portant la marque de l'amiral Cunningham de la Royal Navy.
Ayant trouvé quelques photos de l'entrée en rade de Toulon le 13 septembre 1944 de l'escadre française de retour après cinq ans de guerre, c'est l'occasion de vous rappeler ce jour mémorable.
Toulon a été libéré le 23 août 1944.
    
La Task Force 86 placée sous les ordres de l'amiral américain Davidson est chargée de soutenir les troupes au contact des allemands et de bloquer les navires ennemis dans les ports du golfe de Gênes, outre le croiseur américain Philadelphia et quelques destroyers elle est formée principalement des unités françaises.
    
Les bâtiments français sont regroupés le 12 septembre en baie de Saint Tropez.
Le 13 septembre 1944, après cinq années de guerre, l'escadre française sous le commandement de l'Amiral Auboyneau dont la marque est portée par le croiseur Emile Bertin entre enfin en rade de Toulon.

L'escadre française est alors constituée du cuirassé Lorraine; des croiseurs Georges Leygues; Montcalm; Gloire; Emile Bertin; Duguay-Trouin; du croiseur léger ex contre-torpilleur Le Malin et des torpilleurs Le Fortuné et Forbin.
Le Georges Leygues porte la marque de l'Amiral Lemonnier et l' Emile Bertin, arrivés en premiers,  mouillent en rade de Toulon; les autres navires français mouillent en rade des Vignettes; la rade de Toulon étant encombrée d'épaves ; d'obstructions et de mines et les quais sont totalement détruits.
Les Alliés sont également présents avec :
Le croiseur britannique Sirius porte la marque de l'Amiral Cunningham.                
Le bâtiment de commandement américain Catoctin porte la marque de l'Amiral Davidson commandant la Task Force 86, et le croiseur Philadelphia.
                
Le 16 septembre 1944 l'amiral français Auboyneau remplace l'amiral Davidson à la tête de de la TF86.

Alain

mercredi 11 septembre 2013

Un aller-retour à Brest de chasseurs de mines CMT

Nous devons à notre ami Daniel, animateur du site La-Marine-Marchande (cliquez ici); ces intéressantes photos de l'aller-retour à Brest de deux chasseurs de mines.


Jumbo Jubilee (IMO 9371581) Heavy load carrier construit en 2009. Pavillon des Pays-bas. 145 m X 26 m - Jauge brute: 15012, Port en lourd: 13017 t  Vitesse enregistrée (Max / moyenne): 16,8 / 16,4 nœuds.
Bonsoir, deux autres photographies de Brest.
Le Jumbo Jubilee au départ de Brest avec ses deux chasseurs de mines en pontée
et les mêmes chasseurs de mines de retour avec le Palembang en déchargement à la base navale. Les deux, sont des navires de charges lourdes.
Amicalement 
Daniel
Les bateaux transportés sont des chasseurs de mines du type "tripartite" (dénommés pour cette raison CMT, dits aussi de type Eridan), construits en coopération entre la France, la Belgique et les Pays-Bas pour les besoins de ces trois pays. Ce type de bâtiment a été adopté également par l'Indonésie et le Pakistan. La valeur opérationnelle de ces bâtiments a été illustrée lors des opérations de déminage du golfe Arabo-persique en 1991. Caractéristiques, cliquez ici.
Le 28 août 2013, le navire affrété Palembang a accosté dans la base navale de Brest. Les deux CMT à son bord revenaient à leur base après cinq mois de déploiement en océan Indien. Les CMT Sagittaire et Pégase avaient quitté Brest le 19 mars dernier à bord du navire affrété Jumbo Jubilee (cliquez ici). Cette projection stratégique constituait une première pour la Marine nationale tant au niveau technique qu’opérationnel.



Pégase (M644) a été construit par la Direction des constructions navales (DCN) à Lorient. Mis sur cale le 22 octobre 1980, lancé le 23 avril 1983, entré en service le 30 mai 1985. Pégase est basé à Brest. 
Le premier CMT Sagittaire, construit par la Direction des constructions navales (DCN) à Lorient et mis en service le 27 juillet 1989, a été transféré à la Marine pakistanaise le 24 septembre 1992
L'actuel Sagittaire (M650) a également été construit par DCN à Lorient. Mis sur cale le 1er février 1993, lancé le 14 janvier 1995, entré en service le 2 avril 1996. Le Sagittaire est basé à Brest.
Palembang (IMO 9501887)  Heavy load carrier construit en 2010 en Chine (Kouan Shipbuilding Taizhou Jiangsu). Pavillon Antigua et Barbuda. Propriétaire: Harren Partner Shipmanagement de Brême. 133 m x 23 m x 6,8 m - Jauge brute: 10041, Port en lourd: 11473t  

jeudi 1 août 2013

Remorqueurs dans le port militaire de Brest, devant le château, dans les années cinquante


Les remorqueurs à quai devant le château de Brest. Coll agence Adhémar.
Sur la carte postale ci-dessus, à côté des remorqueurs, on reconnaît le bâtiment hydrographique L'Espérance (A756), le chasseur de mines Dompaire (M616), ex-dragueur océanique de type MSO et deux gabares de mer de type Cigale à couple.


Remorqueurs d'hier… 
… et d'aujourd'hui.
Le château de Brest est un château-fort qui domine la ville au-dessus l'embouchure de la Penfeld et de la vaste rade qui s'étend à l'ouest du Finistère. Plus ancien monument de la ville, il conserve depuis dix-sept siècles sa vocation originelle de forteresse militaire (préfecture maritime, musée, commandement de la Force océanique stratégique) dans un site d'une grande importance stratégique. Il est classé au titre des monuments historiques depuis le 21 mars 1923.


«C'est le seul port naturel que le roi ait en mer océane. Il est si avantageusement disposé de toutes façons que s'il avait été au choix de sa Majesté d'en régler la situation et la forme, elle n'aurait pu le vouloir autrement.» 
Vauban, lettre à Louis XIV lors de sa venue à Brest.

La rade de Brest, abri naturel bien protégée par un goulet étroit, est suffisamment large pour permettre l'évolution des navires. Cette petite mer intérieure est capable d’accueillir les plus grandes flottes. Trop vaste pourtant, il lui fallait un port plus encaissé pour assurer une vraie protection aux navires, ce sera la rivière Penfeld qui descend du nord, des plateaux du Léon. Son cours sinueux casse les lames et ses hautes rives brise les rafales de vent. Ses fonds importants permettent le mouillage d'unités de fort tonnage. Là où la Penfeld rejoint la rade, elle forme un cap protégé sur trois côtés. Cette situation géographique confère à l'endroit son intérêt stratégique. Le château est construit sur cet éperon rocheux d'où il contrôle l’accès à la Penfeld et la remontée de l’Élorn vers Landerneau, et d'où il surveille une grande partie de la rade et le goulet.




mardi 11 juin 2013

Le croiseur-cuirassé Latouche-Treville, fin de parcours

Marcel Henri nous a dit que le 26 février 1920, le Latouche-Tréville est désarmé et qu'il sera démoli en 1926.
Pour compléter son excellent article, j'ajouterai que de 1920 à 1925, la coque du Latouche-Tréville désarmé sera utilisée par l'entreprise chargée du renflouement de l'épave du cuirassé Liberté (voir sur ce blog, cliquez ici) coulé par l'explosion de ses soutes à munitions en rade de Toulon le 25 septembre 1911.

Sur cette photo de 1922 on voit à gauche l'ancien croiseur-cuirassé Latouche-Tréville et à droite l'épave du cuirassé Liberté en cours de renflouement. (le Latouche-Tréville a perdu ses mâts militaires depuis 1907 pour l'alléger)


Alain

lundi 10 juin 2013

Le croiseur-cuirassé Latouche-Tréville dans la série "Flotte de guerre française" du chocolat Klaus

Le croiseur-cuirassé Latouche-Tréville dans la série "Flotte de guerre française" du chocolat Klaus. Coll agence Adhémar
Le croiseur-cuirassé* Latouche-Tréville, de la classe Amiral-Charner, est en service dans la Marine française de 1895 à 1920. Il porte le nom du vice-amiral Latouche-Tréville (1745-1804). Construit aux forges et chantiers de la Méditerranée à Graville-Sainte-Honorine, près du Havre de 1890 à 1892, il faisait 110 mètres, avait un maître-bau de 14 mètres et un tirant d'eau de 6,2 mètres. Ce deux-cheminées était propulsé par deux machines Creusot à 16 chaudières Belleville. Il avait deux hélices et filait ses 17 nœuds. Son équipage était de 410 hommes. Son armement se composait de 16 canons (2 de 194mm, 6 de 138mm, 4 de 65mm, 4 de 47 mm) et de 6 canons revolver de 37 mm et 4 TLT de 450 mm.
Commandé le 18 décembre 1889, il est lancé le 8 octobre 1892 et armé le 6 mai 1895. Il est retiré du service actif le 21 juin 1920. La Classe Amiral Charner (1894)  comprenait Amiral Charner, Bruix, Chanzy et Latouche-Tréville. 
*Le croiseur cuirassé, ou croiseur blindé, est un type de navire de guerre essentiellement développé entre 1875 et 1910. Il prend la suite du croiseur protégé des années 1875 à 1890, qu'il surclassera très vite. Son évolution aménera le croiseur de bataille. Les croiseurs cuirassés firent la différence dans la bataille d'Ulsan (1904), la guerre russo-japonaise (1904-1905) et la bataille de Tsushima (1905). Mais dès 1907, quand la Royal Navy commença à engager les croiseurs de bataille de classe Invincible puis les cuirassés de classe Dreadnought, leur obsolescence devint évidente. La bataille de Coronel (entre Royal Navy et marine impériale allemande au large du Chili) au début de la Première Guerre mondiale fut la dernière où les croiseurs-cuirassés furent victorieux.

En 1895, Latouche-Tréville appartient à la division navale de l'École supérieure de guerre et en 1897, à l'escadre de la Méditerranée (au Levant).
En juin 1897, il est mis en réserve à Toulon puis, en octobre et jusqu'à 1899, il revient à l'escadre de la Méditerranée. En février 1905, il est de nouveau mis en réserve à Toulon. En février 1907, il sert d'annexe pour des exercices de canonnage. 
Lors d'un exercice de tir aux Salins-d'Hyères, le 22 septembre 1908, se produit un accident qui tue quatorze marins au total. C'était la goutte d'eau qui fit déborder le vase… Elle coûta son poste au ministre de la Marine, Gaston Thomson, du gouvernement de G. Clemenceau qui résume ainsi la situation ; « La Chambre ne nous fait aucun cadeau. Il faut dire qu'il y a de quoi. Naufrages des croiseurs Sully, Jean Bart et Chanzy, des sous-marins Lutin et Farfadet, explosion du cuirassé Iéna... et maintenant, cet accident lamentable sur le Latouche-Tréville. Mon rival Delcassé … ne cesse de se répandre dans la presse ou dans les couloirs du parlement sur le fait que mon gouvernement est "incapable de préparer le pays au combat".» 
Le ministre de la Marine tente de se justifier : " Les explosions sont largement dues à la poudre B qui remplace la célèbre poudre noire et produit beaucoup moins de fumée. L'utilisation de cet explosif n'est pas encore totalement maîtrisée par les marins et les risques restent importants." 
G. Clemenceau conclut fermement : " Ecoutez, Thomson, sur les navires allemands ou britanniques, on trouve aussi de la poudre B et rien ne saute. Non, la vérité, c'est que c'est le foutoir dans votre marine. Le rapport de la commission d'enquête le montre : entretien défectueux du matériel, absence de consignes de sécurité précises, personnel mal formé, investissements mal suivis et inefficaces... J'ai été patient avec vous, j'ai accepté les augmentations de crédits que vous me demandiez avec insistance mais les résultats ne sont pas au rendez-vous. Je souhaite que vous retrouviez rapidement votre siège de député de Constantine, vous y êtes plus à l'aise. " 
Source Blog Le Monde
En décembre 1912 : Le croiseur-cuirassé Latouche-Tréville est réarmé puis il participe aux combats de la Première Guerre mondiale à Bizerte et Casablanca et au blocus du canal d'Otrante en 1914. En 1915, il est d ans la bataille des Dardanelles où il subit une avarie le 4 juin 1916 lors d'un bombardement. De 1916 à 1918, il accompagne l'expédition de Salonique, puis participe au blocus de la Grèce.
En décembre 1918, il achemine le corps du contre-amiral Victor Sénès, mort lors du torpillage le 27 avril 1915 du Léon Gambetta à 5 miles nautiques des côtes italiennes, naufrage qui aurait fait 684 morts.
Le 26 février 1920, il est désarmé et sera démoli en 1926.