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vendredi 7 septembre 2012

L'itinéraire cahotique du paquebot Kerguelen

Kerguelen des Chargeurs réunis. (coll. agence-adhémar)


Ce paquebot de 10123 tonnes, long de 148m x 18m, deux hélices, filant ses 13 nœuds a été lancé en décembre 1921 par le chantier Swan Hunter and Wigham Richardson Ltd de Newcastle (Yard No.1131) sous le nom de Meduana pour la compagnie de navigation Sud Atlantique de Bordeaux. En 1928, il est vendu aux Chargeurs Réunis et renommé Kerguelen. Il est affecté aux lignes d'Amérique du Sud.
Le 6 août 1940, il est pris par les Allemands à Bordeaux et converti en transport pour la Kriegsmarine en vue de l’opération Seelowe (Lion de mer) d’envahissement de la Grande-Bretagne. En novembre1941, il est transféré au gouvernement allemand et confié à la compagnie Reederei F. Laeisz de Hamburg et renommé Winrich Von Kniprode.
En janvier 1945, il est reconverti en navire-hôpital allemand mais, en mars, il est endommagé. En novembre 1945, il est rendu aux Chargeurs Reunis. Réparé, il reprend son nom de Kerguelen. Il sert de transport de troupes vers l’Indochine.
Il arrive à Anvers le 13 février 1955 pour être démoli par Van Heyghen Freres.

mardi 25 août 2009

Gloires et déboires de la Compagnie de navigation Sud-Atlantique

Affiche du peintre de la marine Albert Sebille
pour les paquebots express à 4 hélices Gallia et Lutetia
de la Compagnie de navigation Sud-Atlantique.


Dans le groupe, somme toute restreint, des grands armements français, la Compagnie de navigation Sud-Atlantique est sans doute celle qui a le plus joué de malchance. Cinq des dix-neuf navires de sa flotte furent envoyés par le fond durant la Première Guerre mondiale, dont Gallia et Lutetia, transformés en transports de troupes russes. Un sixième, le prestigieux Atlantique, fut détruit par un incendie au large de Cherbourg en 1933, deux ans seulement après sa mise en service.
C’est à Georges Clemenceau – étonné, lors d'une tournée en Amérique du Sud, de la médiocrité de nos navires comparés aux anglais, allemands et italiens –, que l’on doit la création de la compagnie destinée à relier l’Amérique du Sud à Bordeaux.
Financée par un groupe de banquiers et d’armateurs, dès sa naissance en 1912, elle se voit dotée de la concession de la ligne Brésil-La Plata. Quatre paquebots naviguant à 18 nœuds et six mixtes sont prévus pour faire le voyage deux fois par mois avec des escales à Lisbonne, Dalkar, Rio de Janeiro et Montévidéo. En attendant la livraison des premières unités, la compagnie s’équipe de bateaux anciens. Parmi eux, Burdigala, gros consommateur de charbon, appareille de Bordeaux le 5 octobre 1912 et rallie Buenos Aire à la vitesse de 17 nœuds de moyenne. Ce sera son seul voyage, à son retour à Bordeaux, trop coûteux à réparer, il est désarmé. La même poisse atteindra Divonna (problèmes de gouvernail à Dakar), La Champagne (immobilisé après un abordage à Lisbonne), La Gascogne (échouage) et Lutetia qui aborde un cargo grec à son premier voyage.
La Grande Guerre est une autre épreuve, dans les cinq navires coulés, Burdigala, porte-poisse légendaire, saute sur une mine après avoir été réarmé en croiseur auxiliaire.
Après la guerre de nouveaux bateaux ne sont pas plus chanceux, Meduana est renfloué après un incendie et le luxueux L'Atlantique ne durera que deux ans.
En 1934, ne restait en service sur la ligne que le vieux Massilia.
Dernier sursaut de la compagnie, la construction de Pasteur, réquisitionné comme transport de troupe pendant huit ans, et les mixtes Laënnec et Charles-Tellier, lancés en 1952. C’était le chant du cygne de Sud-Atlantique, en 1962, elle vend son dernier navire, Charles-Tellier, et son pavillon au cercle rouge (le coq rouge avait été remplacé dès 1931, source site Pavillons) disparaît à jamais de l’Atlantique.