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vendredi 31 mai 2013

Les Cyrnos sur la liaison Corse-Continent

«L'île de Cyrnos que les Romains nomment Corsica, est un pays affreux à habiter…» écrivait Strabon (géographe grec du Ier siècle). Ce n'est sans doute pas ce que pensaient les armateurs qui ont donné l'ancien nom de la Corse à au moins trois bateaux assurant la liaison entre l'île et le continent.

1 - En mai 1890, est lancé le paquebot Cyrnos de la compagnie Fraissinet. 
Longueur: 68,72/70m Largeur: 8,84m. Il a été construit à Glasgow. Il effectuait la traversée Corse-Continent en moins de 15 heures, à une moyenne de 14 noeuds. Il assurera ce service jusqu'à décembre 1910. Cyrnos était un bateau à vapeur en fer d’une jauge brute de plus de mille tonneaux, équipé d’un moteur de 1300cv.
2 - Cyrnos est un paquebot en acier à deux hélices, avant profilé de type Maier, construit en 1929 sur le chantier A. C. Weser de Brême. Longueur 85,34m, largeur 12,5m, jauge brute 2406 tonneaux, port en lourd 1230t, équipé en 1953 de deux moteurs Sulzer 2 temps 6 cylindres d'une puissance de 3600cv, vitesse 15,5noeuds.
Construit pour le compte de la compagnie Fraissinet, il est mis en service en mai 1929 sur les lignes de Corse. Réquisitionné, il est utilisé comme patrouilleur en 1939-40 puis désarmé. 
Décembre 1939 Les paquebots Sampiero Corso, Ville d'Ajaccio, Cap Corse, Cyrnos, Pascal Paoli, Ile de Beauté et Général Bonaparte sont tous réquisitionnés et transformés. 
Au premier plan, le paquebot Cyrnos armé par les Allemands comme mouilleur de mines et derrière lui le cargo San Pedro. Tous deux sont en cours de remise en état après renflouement.
En janvier 1943, Cyrnos est saisi par les Allemands et converti en patrouilleur puis en mouilleur de mines et rebaptisé SG 13.
A partir de décembre 1942 Le Pascal Paoli, l'Ile de Beauté, le Cyrnos et le Cap Corse sont saisis par les Allemands et rebaptisés. 
Le 21 août 1944, il est sabordé à Marseille au môle J2 à la Joliette par les troupes allemandes en retraite. 
24 août 1944 Le Cyrnos et le Cap Corse sont coulés dans le port de Marseille par les Allemands. 
Renfloué en 1946 et remis en état, il coule le 28 septembre 1947 à son poste d’amarrage à La Ciotat durant une tempête.
Janvier 1948 A La Ciotat, le Cyrnos est renfloué, et entre en réparations. En août, le Cyrnos, remis en état, remplace le Fred Scamaroni. 
De nouveau renfloué et transformé, en mai 1948, il est confié en gérance à la Compagnie générale Transatlantique (CGT), nouvelle adjudicataire des lignes de Corse sur lesquelles il est mis en service en août 1948.
Mars 1951 Le Commandant Quéré, le Ville d'Ajaccio, et le Cyrnos assurent les liaisons entre Corse et Continent. En juillet 1953, ils avaient été rejoints par le Sampiero Corso. 
Durant l’hiver 1952-53, Cyrnos reçoit des machines neuves. 
Juin 1957 Outre les quatre navires (voir ci-dessus) assurant les lignes Corse-Continent, la Compagnie générale transatlantique utilise le Ville de Marseille, le Gouverneur Général Chanzy et le Charles Plumier, desservant habituellement l'Afrique du Nord, afin d'améliorer le service d'été sur la Corse.
2 Juin 1958 Les liaisons maritimes avec le Continent sont rétablies après le coup de force en Corse. Le Cyrnos et le Sampiero Corso reprennent les rotations. 
Mai 1966 Grève des états-majors des équipages de la Compagnie générale transatlantique. 42 rotations maritimes sont supprimées. Le Napoléon, le Cyrnos et le Sampiero Corso assurent les liaisons Corse-Continent.
Cyrnos est rendu à l’Etat en mai 1966 et démoli à La Seyne l'année suivante, après plus de 37 ans de carrière. Il est remplacé par Fred Scamoni.

Fred Scamoni arrive pour la première fois à Marseille le lundi 16 mai 1966. Entré en exploitation le lendemain, mardi 17 mai 1966 entre Marseille et Ajaccio, il effectue sa première escale à Nice le vendredi 27 mai 1966. Il remplace le paquebot Cyrnos, qui quitte la flotte de la compagnie.
3 - 19 Juin 1979 Baptême officiel du nouveau car-ferry Cyrnos, de la Société nationale Corse Méditerranée, un paquebot transbordeur de 138 mètres de long, accueillant 1482 passagers et 440 véhicules. Il peut atteindre la vitesse de 22 noeuds. 
29 décembre 1989 Jumboïsation du Cyrnos, le navire est rallongé par le milieu par un tronçon de 1200 tonnes.
Source Cronica di a Corsica
Le dernier Cyrnos, de la SNCM, ici en 1989. Devenu Ile de beauté en 1990 après jumboïsation.
En 1990, la SNCM décide de le rebaptiser Ile de Beauté.
Île de Beauté de la SNCM ancré au large de Bastia.
Longueur 159 m - Maître-bau 23,02 m - Tirant d'eau 6,20 m - 4 moteurs Pielstick 12PC2/5V400 de 7800 chevaux chacun - Puissance 31200cv ou 22 963 kW - Vitesse 22 nœuds - 11 ponts - 1536 passagers et 484 voitures - Équipage 15 officiers et 107 hommes - construit au chantier naval Dubigeon de Nantes.

lundi 12 novembre 2012

Paquebot Corsica de la compagnie Fraissinet

Corsica : 79,5 m par 8,7 m, JB 1295 tx, PL 650 tonnes
2 hélices, machine de 2500 CV, 17,5 noeuds, 100 passagers en cabine.
Corsica, construit à Nantes en 1904. Acheté en 1906 par la compagnie Fraissinet à la compagnie Méditerranéenne de Navigation pour le service de Corse. Refondu en 1913 avec la suppression d'une des deux cheminées. Démoli en 1930 à la Spezia.

mercredi 29 février 2012

Le retour du Tarpon

Le Tarpon a été évoqué sur ce blog à propos d'une recherche que faisait un lecteur. C'était il y a trois ans mais ce chercheur sera peut-être content de trouver ici deux autres cliché de ce bananier de la compagnie Fraissinet.
Tarpon de la compagnie Fraissinet
Khalis Sky (IMO 5352991), ex-Tarpon à couple dans le port du Pirée. Il sera ferraillé à Santander en 1984. 

jeudi 16 février 2012

Le bananier Cap-des-Palmes de la compagnie Fraissinet




Navire transporteur de bananes Cap-des-Palmes
de la Compagnie de navigation Fraissinet. (coll agence Adhémar)
Nous avons déjà abordé le sujet des cargos bananiers sur ce blog. Voici l'un de ceux qui ont fait la fortune  de la compagnie Fraissinet (voir notre blog).
Cap-des-Palmes, bananier de la compagnie Fraissinet, a été saisi par les anglais à Libreville où il avait été envoyé en mission par le régime de Vichy. Il est réarmé par les FNFL (c'est leur seul croiseur auxiliaire) et envoyé dans le Pacifique Sud pour escorter des convois. il est basé en Nouvelle-Calédonie. Caréné pour servir de bateau-piège du 6 avril 1944 au 20 juillet 1944 aux USA, il retourne ensuite dans le Pacifique aux côtés du Savorgnan-de-Brazza. Il rentre à Toulon en 1945.
Construit au chantier Helsingörs Jernskibs-og Maskinbyggeri A/S à Helsingör (Danemark), Cap-des-Palmes est lancé en 1935. Il est vendu au Maroc en janvier 1957 et rebaptisé Banora.

mercredi 27 avril 2011

Djoliba, navire bananier de la compagnie Fraissinet

Djoliba, navire bananier de la compagnie Fraissinet. (Coll. agence Adhémar)
Longueur HT :115 m Largeur : 15,83 m Tirant d'eau : 6,45 m Port en Lourd : 2700 T Jauge Brute : 4903 tx
2 moteurs MAN - 8 cylindres 2 hélices 5000 CV. 150 t/m - 16,5 nœuds. 
Fait partie d'une série qui comprend également Dubreka, Victor Schœlcher et Charles-Plumier
Construit par les forges et chantiers de la Méditerranée, lancé en janvier 1947. Mis en service en 1948 pour la compagnie de navigation Fraissinet devenue par la suite Fraissinet et Cyprien Fabre.

«Le plan quinquennal de reconstruction mis en œuvre à la Libération, est établi en fonction du trafic de 1938. La flotte française a longtemps eu pour caractéristique principale d'être entièrement construite "sur mesure" par opposition à ses concurrentes où le recours à la fabrication en série s'est généralisée. L'armateur a toujours veillé à adapter son navire à la nature de la cargaison, au pays desservi et à l'équipement des ports visités. La reconstruction s'opère donc à partir de prototypes soigneusement étudiés en fonction des trafics à assurer… ainsi les navires bananiers Djoliba et Dubréka de 4500 tjb sont des répliques du Charles-Plumier construit en 1938.» MF Berneron-Couvenhes dans La Marine marchande française de 1850 à 2000.

John Brinckman, ex-Djoliba
 En 1963, Dubréka et Djoliba étaient encore exploités en RDA par Veb Deutsche Seereederei de Rostock sous les noms de Fritz Reuter et John Brinckman. En 1974-1975, John Brinckman est entre les mains de Ching Lien Nav Ltd de Panama sous le nom de Fair Fruit. Il est présumé perdu ou démoli.
 

Plus d'infos sur les bananiers français sur notre blog.
Plus d'infos sur la compagnie Fraissinet sur notre blog.

lundi 7 septembre 2009

Foch de la compagnie de navigation Fraissinet et Cyprien Fabre

Le paquebot mixte Foch de la compagnie de navigation Fraissinet et Cyprien Fabre, affecté aux lignes de la côte occidentale d'Afrique
(collection Agence Adhémar)


Foch, sister-ship de Général-Leclerc, construit aussi aux Chantiers de Penhoët à St-Nazaire. Longueur 146m, largeur 19m, 9500 tx, 18,5 nds, 630 passagers. Croisière inaugurale le 10 août 1951 de Saint-Nazaire à Marseille avec escales à Lisbonne, Alger et Ajaccio.

Foch participe au transport de troupes vers l'Algérie en fin 1959 et au rapatriement des Français de Tunisie après la Crise de Bizerte en juillet-août 1961.
En 1964, Chargeurs Réunis absorbe la compagnie Fraissinet et ses deux filiales, Fabre et Société générale de transports maritimes mais ne conserve que les cargos. Paquet, de son côté, récupère les cinq paquebots restants des lignes de l'Ouest africain et crée la Nouvelle compagnie de paquebots qui armera Foch, Général-Leclerc, Foucauld, Général-Mangin et Jean-Mermoz (qui deviendra Mermoz).

Foch au Cameroun dans les années cinquante (DR)

Foch à Abidjan en 1950 (DR)

Clin d'œil: Bal à bord en 1956 à l'occasion du gala du commandant,
après l'escale à Alger, sur la route du Congo

(merci à Matante, au centre sur la photo)

mercredi 29 juillet 2009

Numidia : courrier postal vers la Corse de la compagnie Fraissinet

Courrier postal Numidia avant 1913 et sa refonte
(Collection agence Adhémar)

Numidia Paquebot mixte de 1284 tonneaux (quatre sister ships, Gallia, Corsica, Iberia, et Italia) construit à Nantes en 1904 par la Compagnie française de navigation et de constructions navales et Satre réunis. 2 600 cv, 2 machines alternatives à 6 cylindres, 16-17,5 nœuds. Une centaine de passagers.

20 mars 1904 : Inauguration des nouveaux services postaux maritimes vers la Corse avec les paquebots Italia et Gallia de la Compagnie française de navigation. Ils assurent cinq rotations hebdomadaires entre la Corse (alternativement Ajaccio et Bastia) et Marseille. Ils seront renforcés par trois navires du même type (81,5 mètres de long), Corsica, Numidia et Iberia, et trois navires plus petits (47 mètres) qui assurent les services côtiers, Monte d'Oro, Vizzavona et Tavignano.
1906 : Numidia est acheté par la Compagnie Fraissinet qui lui conserve son nom.
1913 : Il est refondu et modifié (une cheminée au lieu de deux).
10 novembre 1914 : Réquisitionné. En décembre, il apporte du blé aux Monténégrins.
Janvier 1915 : Les cinq vapeurs de la Compagnie Fraissinet (Corte II, Golo, Liamone, Italia et Numidia) sont transformés en croiseurs auxiliaires et assurent les liaisons entre la base de Toulon et la flotte de l'Adriatique. Les Balkan, Iberia et Pelion assurent seuls la desserte de la Corse à raison de quatre rotations par semaine (au lieu de neuf).
20 avril 1915 : Numidia est affecté au service de Saint Jean de Médua pour le blocus à distance de l’Adriatique, il est à Duleigno pour assurer le ravitaillement des troupes.
07 septembre 1918 : Déréquisitionné.
Mars 1919 : Les navires de la Compagnie Fraissinet réquisitionnés en 1915 (Corte II, Golo, Liamone, Italia et Numidia) sont rendus au service régulier entre la Corse et le Continent.
Octobre 1922 : Les traversées maritimes Corse-continent sont assurées par six navires: Corte II, Liamone, Corsica, Numidia, Pelion et Liberia.
Mercredi 31 octobre 1928 : Numidia coule dans le port de Marseille, il est renfloué mais ne navigue plus et reste désarmé à Marseille
1931 : Racheté, il est renommé Kimon et passe sous pavillon grec pour le compte d’Ipirotiki G. Petamianos SA
1937 : Devient Leonas-S pour S. Theofanides, puis Aristone-S, toujours sous pavillon grec pour le compte de S. Théofanides & C° Ltd du Pirée.
1938 : Prend le nom de Sokratis-S pour le même armateur grec.
22 avril 1941 : il est coulé par la Luftwaffe à Antikyra (Antigone).

lundi 20 juillet 2009

Bateaux de la Compagnie Fraissinet


La Compagnie Fraissinet a été fondée en janvier 1836 à Marseille par Marc Fraissinet, fils d'un marchand protestant du Languedoc. Un autre membre de la famille (une branche exilée après la révocation de l'Edit de Nantes) crée dans le même temps une entreprise du même nom à Rotterdam.
Marc Fraissinet s'allie au courtier d'assurance Chancel. Grâce à cet accord, le vapeur Marseillais inaugure une ligne entre Marseille et Agde. Il coulera au large d'Agde le 30 Mars 1837. L'armateur Théron absorbe la société Chancel Fraissinet dont il prend la direction. En 1837, deux nouveaux navires, Rhône et Hérault, sont construits. En 1841, Fraissinet rachète la compagnie et prolonge la ligne jusqu'à Nice. Malgré l'abandon d'une ligne pour New York et le golfe du Mexique, quand, en 1846, Fraissinet nomme son fils Adolphe à la direction, ses bateaux déservent déjà l'Espagne, Gibraltar et le Portugal.
En 1853, l'entreprise est rebaptisée Compagnie marseillaise de navigation à vapeur. Le vapeur Isabelle inaugure en 1854 la première ligne Marseille-Alger-Espagne-Portugal-Le Havre. La ligne Alger-Le Havre, est abandonnée après la collision de Normandie avec un navire néerlandais en 1857.
En 1860, la société possède dix navires mais doit faire face à une concurrence accrue sur le marché italien. Fraissinet lance des lignes pour Naples et le Levant. L'augmentation du capital de l'entreprise permet l'achat de six nouveaux navires en 1865. La Corse et Livourne sont ralliés en 1868. Le 8 Janvier 1870, le vapeur Asie a été le premier navire à franchir le canal de Suez vers l'Inde. En 1870, Fraissinet possède et gère une flotte de 20 navires et prévoit de joindre Bombay, Malte, Port-Saïd, Constantinople, l'Italie, la Corse et le Languedoc. En raison de la guerre franco-prussienne, le service a été supprimé vers l'Inde, celui vers la Corse reporté et plusieurs navires ont été vendus.
La société refait surface en 1874 sous le nom de Nouvelle société maritime de navigation à vapeur (Compagnie Fraissinet). La société a obtenu du gouvernement français le service postal à destination de la Corse. En 1878, des lignes ont été ouvertes entre Sète et Gênes, vers le Levant et la Palestine et Odessa. Le 18 Décembre 1878, Byzantin coule au large de Gallipoli, causant la mort de près de 150 des 250 passagers du navire. En 1889, Fraissinet se voit accordé le service postal d'Afrique de l'Ouest et du Congo. Fraissinet absorbe la société corse Morelli et ses cinq navires (Bocognano, Ville de Bastia, Comte Bacciochi, Persévérant et Evénement) en 1892.
À la fin du XIXe siècle, Fraissinet déssert le Languedoc, la Corse (service postal), la Sardaigne, l'Italie, la Riviera française et italienne, Constantinople, la mer Noire et l'embouchure du Danube, Oran, Dakar et Libreville (service postal) .
Le 7 Juin 1903, Liban enter en collision avec Insulaire à quelques miles au large du port de Marseille, causant la mort de plus de 100 personnes. L'accident a profondément affligé la ville de Marseille et d'une violente campagne de presse contre Fraissinet éclate qui lui fera perdre le service postal à destination de la Corse en 1904. Toutefois, la Compagnie française de navigation et de construction navale ne peut pas exécuter le contrat qui est rétrocédé à Fraissinet en 1905.
La flotte Fraissinet est gravement endommagée pendant la Première Guerre mondiale. Balkans (août 1918), Suzette-Fraissinet (mai 1918), Marc-Fraissinet (octobre 1917), Esterel (avril 1917), Golo (août 1917) et Italia (mai 1917) sont coulés par des sous-marins allemands et autrichiens.
Seuls dix navires survivront à la guerre. Alfred Fraissinet réorganise l'entreprise autour des lignes de Corse et d'Algérie. En 1927, le marché postal corse est prolongé de 20 ans. Une nouvelle série de navires modernes est construite (Cap-Corse, Ville-d'Ajaccio, Cyrnos, Ile-de-Beauté, Pascal-Paoli). En 1930, Fraissinet conclut une alliance avec Fabre et Chargeurs réunis pour un service commun de l'Afrique de l'Ouest. Le service de la mer Noire, souffrant de la concurrence italienne, a été supprimé en 1931 après 50 années de service continu (y compris en temps de guerre).
En 1935, l'entreprise a été rebaptisée Compagnie de navigation Fraissinet. L'alliance est dissoute et Fraissinet prend le contrôle de Fabre, l'abandon de la Chargeurs Réunis. En 1938, Fraissinet tente de mettre en place des services communs avec Paquet. L'entreprise compte alors 14 navires.
La Seconde Guerre mondiale est fatale à l'entreprise. L'un des rares navires laissés par les Allemands à la marine marchande française, Général-Bonaparte, a été coulé par un sous-marin britannique, le 19 mai 1943 au large de la Corse.
En 1948, le service de la Corse a été accordée à la Compagnie générale transatlantique qui intègre la flotte corse de Fraissinet qui réduit son activité à la côte de l'Afrique occidentale en se dotant de bananiers et paquebots.
En 1955, Fraissinet et Fabre se fondent dans la Compagnie de navigation Fraissinet et Cyprien Fabre, mais les deux sociétés conservent leurs domaines respectifs d'influence, Fabre se concentrant sur l'Amérique. En 1959, ils fondent la Compagnie ivoirienne de Consignation Maritime et deux navires sont placés sous pavillon ivoirien.
Une succession de fusions et réorganisations avec la Société Générale des Transports Maritimes, Chargeurs réunis et Fabre n'empêchera pas la disparition du drapeau de Fraissinet en 1968, le pétrolier Alfred-Fraissinet étant le dernier navire de la compagnie (il sera retiré en 1974).

Source: Paul Bois. Armements marseillais - Compagnies de navigation et navires à vapeur (1831-1988), publié par la chambre de commerce et d'Industrie de Marseille-Provence.

Voici d'autres bateaux de la Compagnie Fraissinet



Felix-Fraissinet sort des chantiers de Port de Bouc en 1919. Cargo mixte de 3821 tonnes transportant 33 passagers, il est vendu en 1933 à la société de navigation à vapeur bulgare. Sous le nom de Knjaginja Marija Luiza, il navigue en Méditerranée et est détruit dans un bombardement au Pirée en 1941.

Ville de Bastia est à Sète lors de la libération du port héraultais. Après le débarquement de Normandie, le navire est pris par les Allemands qui évacuent l'équipage et préparent le navire pour le sabordage, chargement de sable et mise en place des explosifs puis le mouillent à l'entrée du port.
Le 19 août, le mouilleur de mines M 6063, ex paquebot français Cyrnos, le canonne mais ne parvient pas à le couler. Les Allemands le mouillent alors quai des Américains près du cargo Cens. Les explosifs qui minaient les quai sautent coulant le Cens mais avariant seulement Ville de Bastia. Le commandant et le chef mécanicien profitent que les Allemands sont occupés ailleurs pour gagner le navire à la nage et parviennent à désamorcer les charges de sabordage. Les Allemands revenus constatent que le navire n'a pas coulé. Ils tentent de le faire en le mitraillant sous la flottaison. Les deux officiers français, qui n'avaient pas quittés le bord, obturent de l'intérieur les trous des balles limitant les voies d'eau. Pressé d'évacuer la ville, les Allemands l'abandonnent à son sort. Ville de Bastia manquera d'être coulé peu après au cours d'un raid de la RAF qui le mitraille à son tour causant des avaries supplémentaires mais ne le coulant pas. Réparé et remis en service, Ville de Bastia demeurera sous pavillon français jusqu'en 1955.

Italia est coulé en mai 1917 par un sous-marin.
(Photos : collection Adhémar)

jeudi 25 juin 2009

Courrier de Corse : Golo et Corte, les sister ships de Liamone

Corte, navire-jumeau, avec Golo, de Liamone de la compagnie Fraissinet. Les trois paquebots constituaient le service le plus rapide entre la Corse et le continent au début du XIXe siècle.
(Fonds Agence Adhémar)

Golo à quai à Bastia (source scripophilie.corse)

Golo II : (le II lui a été ajouté quand il a été réquisitionné) du nom d’une rivière corse, petit paquebot de la compagnie Fraissinet, transformé en transport de troupes pendant la guerre 14-18. Construit à Newcastle en 1905. Longueur 80 mètres… 257 personnes se trouvaient à bord lorsqu’il a été torpillé non loin de Corfou par le sous-marin allemand UC22, le 22 août 1917. On rapporte que 37 « marins militaires » et un officier serbe ont péri dans son naufrage et que 4 officiers serbes ont été faits prisonniers par le sous-marin. Les rescapés ont été débarqués à Corfou.
(source: pages 14-18)

Marseille (Bouches-du-Rhône) : le paquebot Golo de la compagnie Fraissinet, amarré au quai du Port au milieu de barques de pêche, entre le ferry-boat et le pavillon flottant de la Criée aux poissons et Notre-Dame-de-la-Garde dans le lointain. Auteur : Henri Para - Date : entre 1905 et 1917 (source: Musée d'histoire de Marseille)

mercredi 24 juin 2009

Liamone, courrier de la Corse de la Cie Fraissinet


Photos : fonds Adhémar

Paquebot Liamone lancé en 1906 pour le compte de la Compagnie Marseillaise de Navigation à Vapeur (Compagnie Fraissinet). Construit en 1905 aux chantiers anglais Swan Hunter & Richardson à Newcastle, avec le Golo, et le Corte, ce sont à l'époque les paquebots les plus rapides de la Méditerranée.
Longueur = 80,04 m - Largeur = 10,52 m - Propulsion machine à triple expansion 4 cyl. - Puissance 4200 cv/Vitesse 18 nds
Réquisitionné le 16 août 1914 pour le transport du courrier à l'armée d'Orient à Corfou. Il transporte des troupes aux Dardanelles en 1915. Devenu croiseur auxiliaire, il est armé de deux canons de 65 mm et deux de 47 mm. Il se conduit héroïquement jusqu'en 1918, frôlant plusieurs fois la destruction.
Vendu en 1932 à la Compagnie aéropostale et devient Aéropostale V pour le transport de courrier entre Dakar et Natal. Renommé Air France V en 1934, courrier et chargé de la sécurité des raids transatlantiques. Il est démoli début 1937 en Allemagne.
Liamone est le nom d'un petit fleuve de corse qui donna son nom à l'un des deux départements de l'île de 1793 à 1811. L'autre était le Golo, qui donne son nom au sister-ship de Liamone. (source Charles Finidori Corsica Marittima)