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mercredi 29 janvier 2014

Le parcours semé d'embûches du SMS Olga

Nous avons déjà parlé du SMS Olga à propos des ouragans d'Apia de 1889. Cliquez ici. Le sujet, méconnu, valait qu'on y revienne avec l'un des navires ayant échappé à la catastrophe. 

SMS Olga à Kiel vers 1880.
Le SMS Olga est une corvette de la Marine impériale allemande qui a été lancée à Stettin le 11 décembre 1880. Ses sister-ships sont les corvettes SMS Carola, SMS Marie et SMS Sophie. Elle a été baptisée du nom de la reine de Wurtemberg, née Olga Nikolaïevna de Russie (1822-1892), sœur de l'empereur Nicolas Ier.
La corvette a été construite au chantier naval de la compagnie AG Vulcan de Stettin. Elle est affectée en 1884 à la nouvelle escadre d'Afrique occidentale, commandée par l'amiral Knorr, et fait partie avec les SMS Bismarck, SMS Möwe, SMS Gneisenau et SMS Ariadne des navires défendant les intérêts coloniaux et diplomatiques de l'Empire allemand face aux grandes puissances coloniales de l'époque, la Grande Bretagne en premier lieu, et ensuite la France. L'Allemagne s'intéresse alors à la région comprise entre le delta du Niger et le Gabon. Un traité de coopération est signé en 1884 pour la zone qui devient le Cameroun allemand. La corvette y est affectée, car les Britanniques ont fomenté, en septembre 1884, une rébellion locale contre les intérêts allemands. Les SMS Bismarck et SMS Olga débarquent un contingent de fusiliers-marins qui ramène l'ordre le 22 septembre.

Les deux sisters-ships SMS Carola et SMS Olga en cale sèche à Singapour.
Quatre ans plus tard, la corvette est envoyée aux îles Samoa où des troubles ont lieu. Elle y retrouve le SMS Eber qui combat le 18 décembre 1888 autour d'Apia. Deux officiers et quatorze hommes de troupe sont tués, tandis qu'un officier et trente-huit hommes de troupes sont blessés. Le SMS Adler est aussi en renfort, tandis que des navires américains, les USS Trenton, USS Vandalia et USS Nipsic et un navire britannique, la corvette HMS Calliope arrivent à Samoa.
Ces sept navires jettent l'ancre le 13 mars 1889 dans le port d'Apia, alors qu'une tempête menace. Elle est si forte qu’un cyclone tropical se forme et parvient sur les lieux les 15 et 16 mars, le SMS Adler, le SMS Eberet le USS Nipsic sont projetés au loin. Le SMS Eber heurte le SMS Olga et ensuite le USS Nipsic, avant de s'écraser sur la barrière de corail. Seuls quatre hommes d'équipage du Eber survivent à cette catastrophe. Le Nipsic heurte aussi le SMS Olga, tandis que le SMS Adler, projeté, se couche sur la plage, ne sauvant de la mort que vingt membres de l'équipage. Le USS Vandalia est endommagé, le bateau de transport de marchandise allemand, Peter Godeffroy et le bateau danois Azur sont sérieusement atteints et doivent être détruits. Quant au HMS Calliope, il parvient à mettre la vapeur de front contre les vagues, afin de sortir de la baie et d'éviter la destruction. Le SMS Olga parvient, lorsque la tempête s'apaise, à gagner Matautu et à sauver l'équipage et le navire. Le USS Trenton est détruit. Le 17 mars, le bilan est de sept navires anéantis et de deux cents morts chez les marins.

SMS Olga, devenu navire-école, vers 1902
Après réparations, le SMS Olga est à Sydney pour des travaux complets, puis retourne en Allemagne. La corvette subit encore en chemin des dommages pour être entré en collision avec un navire de marchandises dans le canal de Suez. Elle est transformée en navire-école à son retour.
La corvette entreprend un voyage à l'île aux Ours pendant l'été 1898. 
Elle est vendue en 1906 et démolie en 1908.

mardi 21 juin 2011

Le transbordeur Ariadne de la compagnie Charles Tricot



Le transbordeur Ariadne (1889-1920, ex-Lady Gwendoline) de la compagnie Charles Tricot

Ce transbordeur à roues de 427 tonnes, construit par Mac Arthur and Co, Paisley, Grande-Bretagne, a été lancé en 1889 sous Ie nom de Lady Gwendoline. En 1894, il passe à la compagnie Hamburg-American Packet Company (Allemagne) qui le renomme Ariadne. Il est en service sur l'Elbe. La compagnie Charles Tricot de Cherbourg le rachète en 1899 et l'affecte au transfert de passagers entre la gare maritime et les paquebots dont la taille empêche tout accostage.* Préposé au transport de troupes vers les Dardanelles, il est d'abord confié à la direction des constructions navales qui effectue en juin 1915 des expériences de stabilité et des essais de chaudières en vue du voyage. On lui installe la TSF. Devenu transport mixte (troupes, 1000 h et blessés, 400 lits), le 4 juillet 1915, Ariadne quitte Cherbourg en compagnie d'un autre transbordeur, le Bon Voyage, sous escorte des chalutiers Emerald et La Brise. Il ne parviendra sur la zone de combat qu'en août 1915 après avoir fait escale à Brest puis à Alger et Bizerte pour y subir des réparations. Le 23 août l915, il est déclaré navire-hôpital. Jusqu'à décembre 1915, aux Dardanelles, il participe à l'évacuation des blessés du cap Helles vers Moudros. Puis, jusqu'à décembre 1917, il retrouve sa fonction première de transbordeur à Salonique où il transfère les blessés à bord des navires-hôpitaux. Le 18 juin 1917, il est acheté et probablement affecté au service de dragage du port de Salonique. Il est rayé le 12 octobre 1917 de la liste des navires-hôpitaux français. En 1920, il est sorti de flotte.
Voir Les navires-hôpitaux français du docteur Gilles Barnichon.

*Dès 1905, à Cherbourg, quelques baraquements en bois en bordure d'un ponton construit en 1894 permettent l'accueil des passagers des premiers grands transatlantiques (Lusitania, Mauretania, Olympic, Titanic, pour n'en citer que quelques-uns parmi ceux fréquentant Cherbourg à cette époque). Mais ces géants ne peuvent pas accoster. Les transbordeurs ou tenders en anglais, Ariadne, Nomadic, Traffic, ou encore les amphidromes Gallic et Satellite, à faible tirant d'eau, feront la navette entre le quai et le paquebot mouillé en rade à environ un mille au large, transportant passagers, bagages et colis divers (dont les fameux sacs postaux). Ces "annexes", aussi luxueuses que les paquebots qu'elles servent, sont capables de transporter un millier de passagers à chaque passage!




Collection Robert Shotton