vendredi 28 juin 2013

SMS Vaterland, canonnière fluviale allemande en Chine

Vaterland en 1908, remontant le Yang tsé Kiang, en escale à Tchongking (Chongqing).
Canonnière du Yang-Tsé fait immanquablement penser à Steve McQueen dans le film éponyme retraçant la vie à bord d'un bateau américain sur le fleuve dans une Chine en pleine mutation entre les deux guerres mondiales. Ce que l'on sait peut-être moins, c'est que ce grand fleuve chinois était depuis déjà longtemps sillonnés par des unités des grandes puissances occidentales. 
SMS Vaterland est une canonnière fluviale de la marine impériale allemande (sister-ship SMS Tsingtau), affectée de 1904 à 1914 à des missions de surveillance sur le Yang-Tsé-Kiang et rattachée à l'escadre d'Extrême-Orient (Ostasiengeschwader).
La canonnière est construite par les chantiers Schichau d'Elbing en 1902-1903 et lancée le 26 août 1903. Elle a un tirant d'eau extrêmement bas. C'est le Guillaume II lui-même qui décide de son nom de baptême afin de donner confiance aux résidents allemands de Chine, et aux concessions commerciales allemandes, et de faire démonstration de force, comme les autres canonnières britanniques ou françaises, alors que le souvenir de la guerre des Boxers était encore récent. La canonnière est acheminée en plusieurs sections par le paquebot de la Hapag, Belgravia, jusqu'à Shanghai, où elle est  remontée en février 1904 et mise en service le 28 mai.
Lorsque des troubles éclatent à Shanghai le 18 décembre 1905, elle patrouille avec la SMS Tiger et débarque un détachement. Elle navigue sur le cours supérieur du fleuve en avril 1907 lorsqu'elle rencontre le 4 mai les canonnières anglaises HMS Woodlark et HMS Woodcock et la canonnière française Olry devant Tchongking. Elle continue à patrouiller avec la Woodlark, car des émeutes font rage à Wanshien. En juillet 1907, elle s'arrête à Tchongking pendant vingt-deux mois, pour surveiller la zone (voir photo ci-dessus). 


Elle s'arrête à Itchang en mai 1910, à cause de troubles liés à la chute de l'Empire et à la guerre larvée dans la région. Les troubles s'étendent surtout à partir de 1911, et la canonnière reçoit l'ordre en janvier de se rendre à Hankéou avec les canonnières SMS Jaguar et SMS Taku, ainsi qu'avec le torpilleur SMS S 90. Hankéou abrite en effet plusieurs concessions étrangères, dont l'allemande. Elle y demeure jusqu'en mai. Mais en octobre 1911, la révolution chinoise éclate et la République est proclamée. La canonnière retourne donc à Hankéou. Elle mène ses missions de surveillance sur zone, jusqu'en 1914, avec des arrêts à Shanghai pour révisions.
La SMS Vaterland se trouve à Nankin lors de la déclaration de guerre, en août 1914. Une partie de l'équipage reste à bord tandis que le reste des hommes est envoyé à Tsingtao (Tsingtau en allemand), concession allemande et port d'attache de l'escadre d'Extrême-Orient, où ils rejoignent le croiseur auxiliaire SMS Cormoran. La canonnière est rachetée par une société écran et parvient à se cacher à l'intérieur du pays, renommée Landesvater.


Lorsque la Chine entre en guerre à son tour en 1917, la canonnière est capturée par la flotte chinoise, le 20 mars. Il est renommé Li-Sui et affecté avec le Li-Tsieh (l'ancienne SMS Otter) à la surveillance du fleuve Amour. Le navire subit plusieurs transformations et son armement est modifié. Il finit par être réquisitionné à son tour par les autorités de la marine du Mandchoukouo où s'arrête probablement son histoire.

jeudi 27 juin 2013

Phares estoniens et russes sur la mer Baltique et le golfe de Finlande dans la philatélie soviétique

La Poste soviétique a publié plusieurs séries de cinq timbres présentant les phares de ses mers. Voici celle de 1983, après celle de 1982 publiée le 20 juin 2013, consacrée cette fois à la mer Baltique et au golfe de Finlande, des phares principalement estoniens. 


Phares du nord de l'île de Hiiumaa.
Petit pays par la taille (43 698 km2), l'Estonie a une étonnamment longue ligne de côte. il est entouré par les eaux du Golfe de Riga, de la mer Baltique et du golfe de Finlande. Il possède deux grandes îles, Saaremaa et Hiiumaa, et un nombre incalculable de plus petites. 70 phares ponctuent la côte pour en signaler les dangers,  
Estonia is a small country with a surprisingly long coastline. Surrounded by water, it faces the Gulf of Riga on the southwest, the Baltic Sea on the west, and the Gulf of Finland on the north. There are two large islands in the Baltic, Saaremaa and Hiiumaa, and countless small islands. To guard these coasts, Estonia has more than 70 lighthouses and a well-developed lighthouse administration. 
Phare de Kõpu à Hiiumaa, île d'Estonie sur la mer Baltique. Coll agence Adhémar


Phare de Tahkuna, datant de 1873, situé au nord de Hiiumaa, île d'Estonie sur la mer Baltique. Le tsar de Russie l'a acheté à l'exposition universelle de Paris en 1871. La tour, préfabriquée en France par l'atelier de construction de Gustave Eiffel, est une structure en fer de fonte ("système Gordon" du nom de l'ingénieur écossais Alexander Gordon spécialiste de la construction de phares préfabriqués en fer de fonte). De section circulaire de 39,6 m (130 pieds) de hauteur. Peinte en blanc, la couleur rouge est réservée à la seule coupole de la lanterne.C'est le plus haut phare de l'Estonie avec ses 42,7 m au-dessus de ma mer. Coll agence Adhémar
Phare de Keri, île d'Estonie dans le golfe de Finlande. 31 mètres au dessus de la mer (28 mètres de construction), ce cylindre de métal rouge surmonté de la salle de la lanterne et d'un balcon repose sur un socle de pierre cylindrique a été construit en 1858 (un phare en bois existait depuis 1724). De 1907 à 1912, il était le seul phare au monde à être alimenté par du gaz naturel. Coll agence Adhémar


L'un des phares de Tallinn, Tallinnamadal, du nom du haut-fond, un banc de sable situé à une trentaine de kilomètres au nord de la ville, capitale d'Estonie, dans le golfe de FinlandeIl est opérationnel depuis 1969, sa construction avait commencé en 1960. Un environnement hostile avait fortement retardé sa construction.
Depuis 1858, un bateau-feu signalait ce danger sur la route maritime entre Tallinn et Helsinki. En 1950, la troisième (et dernière) génération du navire avait quitté le site en laissant la place à une bouée automatique. 
Appuyée sur une base en béton, cette tour de 31 mè en acier de section circulaire présente trois diamètres décroissants qui sont associés à des couleurs, base noir, lanterne jaune et corps rouge. Au début de la section rouge, une passerelle accrochée donne au phare une allure spécifique. Coll agence Adhémar





Phare russe du cap Stisudden, sur le golfe de Finlande, dans le district de Vyborg de la région de Saint-Pétersbourg. Haut de 28 mètres, il culmine à 47 mètres. Ce sont des travailleurs estoniens qui ont construit le phare en 1872 avec des briques apportées de Tallinn. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, le phare a été détruit. Coll agence Adhémar



A suivre…

mercredi 26 juin 2013

Raleigh, voilier symbole de la Révolution américaine

La petite île de Montserrat, terre britannique des Antilles, a émis un double timbre pour célébrer le bicentenaire de l'Indépendance américaine. Il représente la bataille navale entre le CNS Raleigh et le HMS Druid le 4 septembre 1777. A droite, l'ancien et le nouveau sceau (sur le fond bleu du drapeau de l'Etat), du New Hampshire sur lesquels figure le Raleigh en construction.
Au milieu du bruit et de la fureur de la Révolution américaine, la construction du Raleigh, frégate de 32 canons, fut menée en un temps record, seulement deux mois. C'était la première fois que l'Etat du New Hampshire se voyait confier une telle mission, c'est sans doute pour cela que le voilier a été choisi pour figurer sur son sceau et son drapeau.
John Langdon went to great pains to get one of the earliest commissions to build this ship for a country in the midst of Revolution. From privateer to NH Governor, Langdon's white mansion still stands on Pleasant Street. His neighbor, Capt. Thomas Thompson, managed construction of this ship. Construction of the 32-gun frigate was begun on North Mill Pond in March 1776. It was completed in record time, just two months, the first such commission for the state of New Hampshire. Today the ship appears on the NH state seal.
Pourtant le Raleigh n'eut qu'un bref itinéraire sous les toutes nouvelles couleurs américaines. Il faisait partie des treize navires autorisé par le premier congrès continental en 1775. Afin de faire face aux débarquements des troupes britanniques, l’assemblée coloniale de Rhode Island décide, le 12 juin 1775, de construire des bâtiments de guerre. Le 13 octobre 1775, le Congrès des États-Unis charge un Comité de la Marine, précurseur du futur ministère, de créer une flotte de guerre pour les treize colonies. Le Raleigh fut l'un des rares à être réellement construit. Le reste de la nouvelle Continental Navy (ancêtre de l'US Navy) étant composé de bateaux civils et marchands armés pour cette guerre, ce sont les voiliers français qui assurèrent en grande partie la guerre navale jusqu'à notre Révolution.
Maquette du Raleigh au U.S. Navy Museum.
Raleigh a été construit par le colonel James Hackett sous la supervision de son capitaine Thomas Thompson. La quille a été posée le 21 mars 1776 au chantiers navals de John Langdon à Kittery, Maine. Cette frégate de 32 canons de la classe Hancock, 697t, 40m x 10,5m x 3,4m, est lancée le 21 mai 1776. Chargé avec le CNS Alfred, premier bateau de la Continental Navy, d'aller chercher du matériel en France, Raleigh fait sa récolte au passage, un schooner chargé de fausse monnaie qui est coulé, le brick Nancy qui lui fournit les codes d'un convois anglais qu'il attaque ensuite, mettant à mal le HMS Druid (voir timbre ci-dessus). Partis de Lorient chargés de matériel militaire, les deux frégates capturent un navire anglais au large du Sénégal mais Alfred est à son tour capturé dans les  petites Antilles par les HMS Ariadne et Ceres sans que Raleigh puisse lui venir en aide (ce qui vaudra à son capitaine d'être démis de ses fonctions). Sous le commandement de John Barry (sic), le 25 septembre 1778, la frégate quitte Portsmouth en protection d'un petit convoi. Alertés par la présence de voiles suspectes, les navires marchands font demi-tour pendant que la frégate entraîne à sa poursuite les HMS Unicorn et Experiment. Après de multiples affrontements, la course se terminera dans une baie de l'île Matinicus, au large du Maine. Tous les navires sont sévèrement touchés, Unicorn particulièrement, mais avant que Barry puisse sabordé le Raleigh, les Anglais le capture.
Ironie du sort, Raleigh, symbole de la Révolution américaine, remis en état, portera le sigle HBMS (His Britannic Majesty's Ship) et continuera le combat contre l'indépendance des treize Etats. Il participera ainsi à la capture de Charleston (Caroline du Sud) en mai 1780. HBMS Raleigh est désarmé à Portsmouth (celui d'Angleterre cette fois) le 10 juin 1781 puis vendu en juillet 1783.

mardi 25 juin 2013

Le paquebot Rochambeau et le France de 1912 dans les chantiers de Saint-Nazaire

Saint-Nazaire - Le transatlantique La France en achèvement. Coll agence Adhémar
Nous avons déjà évoqué le France de 1912 (cliquez ici), seul quatre-cheminées français, sur ce blog, le voici aux ateliers et chantiers de l'Atlantique à Saint-Nazaire mais vu de poupe, sous la fameuse Titan. Au premier plan, Rochambeau (1911) que nous avions évoqué également à propos d'une carte postale du chantier sur laquelle les deux paquebots de la Transat étaient déjà réunis (cliquez ici). A droite, on croit reconnaitre le paquebot Corse des Chargeurs réunis, futur Niagara de la Transat qui le rachètera.   

lundi 24 juin 2013

Quelques vues de Galati… et le parcours du yacht Nalhin

Nous avons déjà évoqué plusieurs fois dans ce blog, le port roumain de Galati (Galatz), principalement à propos de la Commission (européenne) du Danube (cliquez ici). Comme souvent, nous avons reçu de lecteurs des documents complémentaires. Merci à Stéphan, Pompiliu et Ciprian pour ceux que nous avons sélectionnés ci-dessous et qui reflètent bien l'ambiance particulière des ports fluviaux.

Vue du chantier naval de Galati dans les années 1960. Aspect de la Santeriul naval.



Quelques cargos à Galati. Au premier plan, Anette.

Libertatea, ex-Nahlin, devenu hotel-brasserie à Galati. 
C'est une longue et cahotique histoire que celle de ce yacht britannique. En 1929, Lady Annie Henrietta Yule, sans doute la plus riche Britannique, fit construire par John Brown and Company de Clydebank, trois yachts pour son service. Le premier mit à l'eau fut Nahlin, celui dont nous parlons. En 1936, il eut le privilège de servir à Edward VIII et à Wallis Simpson dans leur croisière en Adriatique, peu avant l'abdication du roi.
Le yacht est acheté en 1937 par Carol II de Roumanie pour £120,000 aet rebaptisé Luceafarul (Etoile du soir) puis, plus tard, Libertatea (Libération).
Après la Seconde Guerre mondiale, il est pris en charge par le ministère de la Culture roumain qui, ne sachant pas trop quoi en faire, finira par l'installer comme restaurant flottant au bord du Danube (voir ci-dessus). Après la révolution de 1989, il est vendu à Regal SA, une société privé de Galati. Celle-ci, alors que le bâtiment est classé trésor national, finira par le vendre après dix ans de magouilles pour 250000 dollars à Edmiston, une compagnie britannique, grâce à un permis d'exportation temporaire. Après une remise en état par G. L. Watson and Company, le yacht retrouve son nom d'origine en 2010. Nahlin est maintenant abrité dans son port d'attache, Glasgow (Ecosse).

Nahlin à l'ancre à Dartmouth, Devon, le 17 Juillet 2010 © Tim Trent (Ship Spotting)
Construit par John Brown and Co sur des plans de l'architecte naval G.L. Watson, Nahlin est lancé en 1930. Tonnage: 1574 metric tons (deadweight tonnage) - Displacement: 2017 metric tons (maximum) - Length: 91,4 m (300 ft) - Beam: 10,98 m (36.0 ft) Draft: 4,42 m (14.5 ft) - Propulsion: 2 x 200 hp - Speed: 17.4 knots (32 km/h) (maximum) et 16.1 knots (30 km/h) (cruising).

samedi 22 juin 2013

Mes tonnerres de Brest par Vivi Navarro


Vu sur le site La Marine Marchande (cliquez ici) de notre ami Daniel Jegou, cet hommage au peintre Vivi Navarro qui présentait son dernier livre, Mes tonnerres de Brest, du 14 au 16 juin 2013 à la 6e édition du Festival des carnets de voyages Ici et Ailleurs.

vendredi 21 juin 2013

Plus sur le cargo mixte Sidi-Aïch d'après La Société Générale des Transports Maritimes à Vapeur

Le lundi 17 juin 2013, Marcel Henri a publié un article à propos d'une belle carte postale de Marseille mettant en scène l'Estérel et le cargo Sidi-Aïch (cliquez ici). Notre ami aurait été plus loquace sur ce dernier, cargo mixte en service sur l'Algérie, s'il s'était reporté à l'incontournable La Société Générale des Transports Maritimes à Vapeurlivre d'Alain Croce publié en 2003 aux éditions MDV. Dans ce fort volume de 276 pages, tous les bateaux de la compagnie sont recensés en fiches très complètes. Voici celle du Sidi-Aïch.




jeudi 20 juin 2013

Phares de la mer Noire et de la mer d'Azov dans la philatélie soviétique

La Poste soviétique a publié plusieurs séries de timbres présentant les phares de ses mers. Voici celle de 1982 consacrée à la mer Noire et la mer d'Azov.
Phare de Temryukskiy dans la mer d’Azov. Coll agence Adhémar
Phare de Kherson sur le Dniepr. Coll agence Adhémar

Phare de l'estuaire du Dniepr. Coll agence Adhémar 
Phare du grand port maritime de Novorossiysk en mer Noire. Coll agence Adhémar

Phare de Vorontsov à Odessa. Coll agence Adhémar


A suivre…

mercredi 19 juin 2013

La conquête du Territoire antarctique australien raconté par le timbre 2/2

Suite de l'article paru hier mardi 18 juin 2013 (cliquez ici).
Le Territoire antarctique australien (Australian Antarctic Territory), est une partie de l'Antarctique revendiquée par l'Australie. Il s'étend en dessous du 60e parallèle sud et d'ouest en est de 44°38' E à 160° E, en excluant la Terre Adélie. Sa superficie estimée est d'environ 6 119 818 km2.
Le territoire est réclamé par l'Australie depuis le 24 août 1936 alors que sa première base n'a été établie que le 11 février 1954. 
Manière de rappeler sa propre histoire antarctique, l'Australie a émis en 1979 une série de seize timbres représentant des navires ayant participé à l'aventure. En voici quelques-uns.

Trois navires (bientôt quatre) de recherche scientifique britanniques ont porté le nom on ne peut plus approprié de Discovery (découverte).



RRS Discovery (RRS Royal Research Ship) était un navire britannique, trois-mâts barque à propulsion mixte, conçu pour la recherche en Antarctique. Lancé le 21 mars 1901, il fut le dernier trois-mâts en bois construit dans les Îles Britanniques.
Sa première mission fut d'amener Robert Falcon Scott (son second était Ernest Shackleton) pour leur premier voyage en Antarctique. Le navire est devenu musée dans le port de Dundee en Écosse.



RFA Discovery en service dans l'Atlantique Nord pendant la Seconde Guerre mondiale.
RRS Discovery II  est un bateau de la British Royal Research qui, pendant plus de trente ans (il est retiré le 7 septembre 1962 et démoli en mars de l'année suivante), emmena chercheurs et explorateurs dans l'Antarctique dans le cadre du programme de recherche biologique et hydrographique Discovery Investigations research. Construit à Port Glasgow par Ferguson Brothers, il est lancé le 2 November 1928. Premier navire spécialement conçu pour la recherche océanographique, il est mis en service en novembre 1929. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il servit de navire auxiliaire dans l'Atlantique Nord (Royal Fleet Auxiliary RFA), zone qu'il ne quitta plus, tout en maintenant son activité de recherche océanographique. 1036 GRT, 80 m x 11 m x 6 m. Vitesse 13,5 nœuds.


RRS Discovery quittant sa base de Southampton. The RRS Discovery leaving port at the National Oceanography Centre, Southampton.
Le plus récent, RRS Discovery est un bateau britannique de recherche scientifique, appartenant au Natural Environment Research Council (NERC). Construit en 1962, il est nommé comme le bateau de 1901 de Robert Falcon Scott. Il devrait être remplacé prochainement par le Discovery, quatrième du nom,en cours de construction.



Kista Dan a contribué à la création de deux des stations de l'ANARE (Australian National Antarctic Research Expeditions), Davis et Mawson (13 février 1954).
Construit au chantier Aalborg Vaerft (Danemark) en 1952 par et pour la firme danoise J. Lauritzen Lines, le Kista Dan bénéficia d'innovations propres à sa mission, coque brise-glace soudée (renforcée au-delà des normes Lloyds + 100 A1 et classe 1A finlandaise), vigie entièrement hermétique contenant tous les instruments de navigation, et protection spéciale pour le gouvernail et l'hélice contre la glace. 
Moteur principal Burmeister und Wain diesel type 635-VF-62, 6 cylindres simple effet direct réversible, deux temps. Longueur 64,89m, largeur 11,2m, tirant d'eau à pleine charge 5,96m. Jauge brute 1 250 tonnes. Rayon d'action 14 500 miles nautiques. Vitesse 12 nœuds. Capacité de 24 passagers.
Kista Dan a été le premier des navires de la compagnie Lauritzen (qui louait à l'ANARE) à arborer la couleur rouge vif qui caractérise aujourd'hui de nombreuses flottes polaires.
Le Kista Dan a été utilisé par ANARE jusqu'en 1957 et a été remplacé par ses sister-ships, le Thala Dan et le Magga Dan.
En 1967, Kista Dan a été vendu à Karlsen Shipping Co. Ltd de Halifax (Nouvelle-Écosse) pour la chasse au phoque et le ravitaillement de  la baie d'Hudson et renommé Martin Karlsen.
Martin Karlsen, expédition scientifique canadienne sur le lac Supérieur.
En 1979, il est vendu à la Steamship Bowring, rebaptisé Benjamin Bowring, et affrété pour l'expédition Transglobe (première circumnavigation longitudinal du monde en passant par les deux pôles) jusqu'à la fin de 1982. 
Benjamin Bowring quittant Southampton.
En 1983, le navire est vendu à Halba Shipping Ltd Londres, et rebaptisé Arctique Gael. Sans emploi, il est revendu en 1984 à Freighters and Tankers Ltd, Hamilton et renommé Olimpiakos pour être utilisé comme yacht par son armateur puis désarmé. Il est sauvé par son rachat en juin 1997 par Polar Ventures Ltd. mais le navire est en trop mauvais état pour servir au contrôle de la pollution en antarctique et il est finalement vendu à la casse turque en 1998.
Olympiakos IMO 6717485
Après le succès du Kista Dan, la compagnie J. Lauritzen Lines construit deux autres navires du même type, mais plus gros et plus puissants, Magga Dan et Thala Dan (voir sur ce blog). 


 Thala Dan à Hobart, Australie - IMO 5357680 © Chris Howell ShipSpotting.com
Thala Dan a été construit au chantier Aalborg Vaerft (Danemark) en 1957. 
1400 tonnes, longueur 75,135 mètres, largeur hors-tout 13,72 mètres, vitesse 12 nœuds.
Le 16 Janvier 1959, le navire a heurté un rocher au large de la base de Davis. Il a fallu 15 jours pour dégager le navire et colmater les brèches, et 12 jours pour faire les cinq kilomètres jusqu'à la station Davis où des réparations temporaires ont eu lieu pour permettre au navire de retourner en Australie.




Opérant depuis Melbourne et, plus tard, Hobart en Tasmanie pendant l'été du Sud tous les ans de 1957 à 1982, Thala Dan servit de navire de ravitaillement pour les bases australiennes de Macquarie Island, Mawson Station, Davis Station, Wilkes Station et Casey Station. Il fit d'occasionnelles visites à Heard Island, la station soviétique Mirny, la française Dumont d'Urville (ce qui nous valu un timbre des TAAF de 1977, ci-contre) et d'autres.
NApOc Barao de Teffé - IMO 5357680 © Chris Howell ShipSpotting.com
En1982, Thala Dan est vendu à la marine brésilienne qui le renomme Barao de Teffé et l'utilise à des expéditions dans l'Antarctique jusqu'à 2002 (PROANTAR programme antarctique brésilen). Il est démoli en 2007 après une tentative avortée de rachat par l'Australie qui voulait en faire un musée.


Nella Dan est sans aucun doute (Australian Antartic Division AAD dixit), le plus célèbre des "Dan", les navires de la compagnie Lauritzen, ayant servi l'ANARE (Australian National Antarctic Research Expeditions). Il est vrai que la Division antarctique sus-nommée avait apporté un fort soutien à l'armateur pour construire ce navire, raison de plus pour s'en réjouir d'autant que Nella était le prénom de la femme du directeur de l'AAD de l'époque. Construit par le chantier naval Aarlborg Pty Ltd en 1961, ce brise-glace a intégré toutes les caractéristiques de ses sisters-ships aînées, Thala Dan, Kista Dan et Magga Dan. En plus des brise-glace arrière, ailerons et couteaux à glace déjà classiques, une double coque a été ajoutée aux cales et au compartiment des moteurs.
Longueur hors-tout de 75,5m, largeur hors-tout 14,3m, tirant d'eau à pleine charge 6,26m, vitesse 12,5 nœuds, capacité 736,2 tonnes, hélipont permanent d'environ 100 m2 sur le pont arrière.

MV Nella Dan, près de la base de Mawson en novembre 1981.
Nella Dan a navigué chacune de ses 26 années de service vers l'Antarctique. Au milieu des années soixante, deux cabines de quatre couchettes ont été ajoutées sur le pont arrière tribord, passant le nombre de passagers de 34 à 42.  
En 1979, il a participé au programme d'étude de la biomasse et, l'année suivante, le navire a été modifié pour un coût de 1,2 million de dollars pour mener des recherches en mer profonde au chalut. Dans le même temps, Nella Dan a continué à visiter chacun des postes australiens à plusieurs reprises, et soutenu des activités d'exploration sur une grande partie du littoral. A partir de 1981, il a continué à fournir une plate-forme de recherche pour des programmes des sciences de la mer de plus en plus prestigieux jusqu'à sa disparition en 1987.
Au cours du voyage de l'expédition III ADBEX 1985-1986, une glace de 13 pieds d'épaisseur a tenu emprisonné le Nella Dan pendant 52 jours à partir d'octobre, jusqu'à sa libération par le Shirasebrise-glace Japonais de 30000 chevaux.

Son dernier voyage fatidique a eu lieu en décembre 1987 lors d'opérations de ravitaillement de l'île Macquarie. Le mauvais temps a fait échouer Nella Dan à quelques mètres de la côte. Jugé irréparable, à 17h42 le 24 décembre 1987, il a été sabordé en eaux profondes.



Fin provisoire… (un ami nous a promis les autres timbres de la série !)

mardi 18 juin 2013

La conquête du Territoire antarctique australien raconté par le timbre 1/2

Le Territoire antarctique australien, (Australian Antarctic Territory), est une partie de l'Antarctique revendiquée par l'Australie. Il s'étend en dessous du 60e parallèle sud et d'ouest en est de 44°38' E à 160° E, en excluant la Terre Adélie. Sa superficie estimée est d'environ 6 119 818 km2.
Le territoire est réclamé par l'Australie depuis le 24 août 1936 alors que sa première base n'a été établie que le 11 février 1954. Le territoire n'est toujours occupé que par des stations scientifiques dont la plus importante est Mawson Station. On estime à un millier le nombre moyen des habitants
Depuis que l'Australie a signé le traité sur l'Antarctique*, les revendications territoriales sont gelées. Toutefois, le Royaume-Uni, la Nouvelle-Zélande, la France et la Norvège ont reconnu l'administration australienne, contrairement au Japon. La région est administrée par le département australien de l'Antarctique qui soutient divers projets scientifiques et administre aussi le territoire sub-antarctique des îles Heard-et-MacDonald.
Le Territoire antarctique australien est divisé en neuf districts, à savoir (d'ouest en est) : Terre d'Enderby, Terre de Kemp, Terre de Mac. Robertson, Terre de la Princesse-Elisabeth, Terre Guillaume II, Terre de la Reine-Mary, Terre de Wilkes (d'une superficie de 2 600 000 km2), Terre de George V, et Terre de Oates.
Manière de rappeler sa propre histoire antarctique, l'Australie a émis en 1979 une série de seize timbres représentant des navires ayant participé à l'aventure. En voici quelques-uns.



Le S. Y. Nimrod est un trois-mâts utilisé par Ernest Shackleton en 1908 dans sa deuxième  expédition vers le pôle sud. C'était un shooner de 334 tonnes, lancé en 1867 au chantier Stephen de Dundee, et utilisé jusque là pour la chasse à la baleine et aux phoques. Réaménagé en barque, il filait un pauvre 6 nœuds sous vapeur. De plus, surchargé de matériel pour l'expédition, il n'eut pas assez de charbon pour la traversée de Nouvelle-Zélande à l'Antarctique. Il dû même être remorqué en dehors d'un champ de glace par le vapeur Koonya venu à son secours. Ernest Shackleton parvint tout de même à 180 km du pôle Sud, le plus près jamais atteint. Nimrod fut vendu à son retour en Grande-Bretagne alors que lui était annobli. Dix ans après, le bateau s'échouait sur des rochers du Norfolk.


Départ du NimrodThe Nimrod going to the south pole (1907).
Nimrod was the ship used by Ernest Shackleton in his 1908 Antarctic Nimrod Expedition for the South Pole. It was a 41-year-old schooner of 334 gross register tons which had been used to hunt seals and whales. Propulsion: Sails, auxiliary steam engine Sail plan: Originally schooner, rebuilt as barquentine
Speed: 6 knots under steam Builder: Stephen, Dundee Completed: January 1867 Sold 1909; wrecked 1919. The ship was so overloaded with supplies for the expedition that it could not carry enough coal to make passage to the Antarctic from New Zealand, and Shackleton had to arrange for the ship to be towed to the edge of the pack ice by a tramp steamer Koonya. 



Le SS Fram est un shooner à coque en bois, trois-mâts et une cheminée. 
39m x 11m x 4,8m. Machine à vapeur à triple expansion de 220cv, une hélice. Il filait ses 7 nœuds. Il a été dessiné et construit par Colin Archer à Larvik, Norvège où il a été lancé en 1892. Conçu pour résister à la pression de la glace, il participe à plusieurs expéditions norvégiennes. En 1892-1896, expédition arctique de Fridtjof Nansen. 1898-1902, il mène Otto Sverdrup dans les îles de l'arctique canadien. Il est enfin utilisé par Roald Amundsen dans sa conquête du pôle sud de 1910 à 1912 pendant laquelle Fram atteindra 78° 41' Sud. Il est maintenant conservé au Musée d'Oslo.

Le Fram d'Amundsen sous voiles dans les glaces de l'Antarctique.
SS Fram - Topsail Schooner / 1 funnel, 3 masts / L,B,D:  127.8' x 34' x 15'' / 402 tons / Hull: wooden / Compliment: 16 / Engine: steam triple expansion 220 hp, 1 screw, 7kts / Designed, Colin Archer. Built, Colin Archer, Larvik, Norway 
Fram is a ship that was used in expeditions of the Arctic and Antarctic regions by the Norwegian explorers Fridtjof Nansen, Otto Sverdrup, Oscar Wisting, and Roald Amundsen between 1893 and 1912. 1892 Nansen's 1893–1896 Arctic expedition - Sverdrup's 1898–1902 Canadian Arctic islands expedition. Fram was then used by Roald Amundsen in his southern polar expedition from 1910 to 1912, the first to reach the South Pole, during which Fram reached 78° 41' S.
Fram is preserved at the Fram Museum in Oslo, Norway.


Le SS Endurance est un trois-mâts barque sur lequel Sir Ernest Shackleton a accompli son expédition antarctique de 1914 (Imperial Trans-Antarctic Expedition) qui devait le mener d'une mer à l'autre, à travers le continent puisque le pôle avait été conquis par Amundsen. SS Endurance avait été lancé en 1912 à Sandefjord en Norvège. Il finira trois ans plus tard bloqué dans les glaces qui finiront par l'écraser. Il coulera dans un trou de glace dans la mer de Weddel, au large de la péninsule antarctique. 
SS Endurance : 350 tonnes, longueur 44m, largeur 7,6m, propulsé au charbon donnant 350cv et à la voile, permettant une vitesse 10,2 nœuds. Equipage 28 hommes.


The Endurance was the three-masted barquentine in which Sir Ernest Shackleton sailed for the Antarctic on the 1914 Imperial Trans-Antarctic Expedition. She was launched in 1912 from Sandefjord in Norway and was crushed by ice, causing her to sink, three years later in the Weddell Sea off Antarctica. Displacement: 350 tons Length: 144 ft (44 m) Beam: 25 ft (7.6 m)
Propulsion: 350 hp Coal fired steam and sail Speed: 10.2 knots Complement: 28

*Le traité sur l’Antarctique (parfois appelé le traité de l’Antarctique), signé le 1er décembre 1959 à Washington par l’Afrique du Sud, l’Argentine, l’Australie, la Belgique, le Chili, les États-Unis, la France, le Japon, la Norvège, la Nouvelle-Zélande, le Royaume-Uni et l’URSS (repris par la Russie), est entré en vigueur le 23 juin 1961. Il réglemente les relations entre les États signataires dans les  territoires antarctiques, incluant les plates-formes glaciaires, situés au sud du 60 ° parallèle sud. Son objectif principal est de s’assurer que l’Antarctique continuera à être employé exclusivement à des fins pacifiques. Le traité fait provisoirement taire les revendications territoriales des signataires sur l'Antarctique.  


Carte des territoires revendiqués par les pays signataires, en jaune, ceux de l'Australie séparés par celui de la France.
A suivre le mercredi 19 juin 2013…