jeudi 25 août 2011

Les U-boote alloués à la France 3/3 : les sous-marins de poche


Les sous-marins de poche n°365 ex-U5365 et n°90 ex-U5090 en 1947



Les sous-marins de poche n°74 et n°90 en 1948



Le S622, ex-n°90 conservé dans l'arsenal de Brest. On voit l'une des deux torpilles extérieures tenues par des pinces et l'unique hélice sous tuyère.


Quatre sous-marins de poche du type XXVII B Seehund: 
- U5074 construit chez Germania Werft à Kiel sur cale et lancé en 1944; entre en service en janvier 1945; saisi en mai 1945 à Dunkerque; prend le n°74; puis S621 en 1952 retiré du service le 15 septembre 1954; est démoli.
-U5090 construit chez Germania Werft à Kiel sur cale et lancé en 1944;entre en service en janvier 1945;saisi en mai 1945 à Dunkerque; prend le n°90; puis S622 en 1952; en 1953 est envoyé aux USA sur demande de l'US Navy pour tester ses défenses portuaires, rentre à Toulon en avril 1954 sur le transport US Antares; retiré du service le 1er août 1956; exposé au Château de Brest; existe toujours.
-U5107 construit chez Germania Werft à Kiel sur cale et lancé en 1944; entre en service en février 1945; saisi en mai 1945 à Dunkerque; prend le n°107; puis S623 en 1952; en 1953 est envoyé aux USA sur demande de l'US Navy pour tester ses défenses portuaires ,rentre à Toulon en avril 1954 sur le transport US Antares; retiré du service le 15 septembre 1954; est démoli.
-U5365 construit chez Schichau à Elbing sur cale et lancé en 1944; entre en service en 1945; saisi en mai 1945 à Dunkerque; prend le n°365; puis S624 en 1952; retiré du service le 1er août 1956; en 1959 il est racheté a la ferraille par un collectionneur qui l'a restauré, il se trouve à Monthyon (77)

Caractéristiques des sous marins de poche du type XXVIIB Seehund 
Les Allemands ont développés deux type de sous marins de poche le type XXVIIA Hecht de 11,7 tonnes, transportant 1 torpille ou 1 mine; nous n'en avons pas testé d'exemplaire, et le type XXVIIB Seehund qui semble être le plus réussi des deux, c'est le type définitif dont la production en grand nombre était prévue; en effet pas moins de 1351 étaient prévus; 297 ont été effectivement construits.
Les exemplaires trouvés à Dunkerque ont été réarmés et testés par notre marine.
déplacement: 15,2 t / 16,5 t en plongée
dimensions:11,90 m x 1,90 m x 1,60 m
diesel 60cv /moteur électrique de 70 cv;vitesse 5 n / 4 n
gaz oil 0,8 t; rayon d'action 250 miles à 5 nœuds
armement:2 torpilles extérieures
effectif: 2 h
Alain

mercredi 24 août 2011

Les U-Boote alloués à la France 2/3: les sous-marins de dernière génération



Le sous-marin Roland Morillot ex U2518 en 1950, ses lignes profilées sont étonnamment modernes


Des tronçons préfabriqués de sous marins du type XXI attendent d'être assemblés. Au premier plan, une section centrale où on distingue la coque épaisse constituée de deux cylindres. Derrière un tronçon de la proue, on voit distinctement les trois tubes lance-torpilles tribord.

L'U2326 en cale sèche à Cherbourg en 1946. Avant la fin de l'année il aura disparu accidentellement au large de Toulon avec tout son équipage.(photos collection Alain V)


Les sous-marins de dernière génération
du type XXI:
- U2518 construit chez Blom &Voss à Hambourg; sur cale le 16 août 1944;il est lancé le 4 octobre 1944;il entre en service le 4 novembre 1944;.il se rend aux britanniques le 8 mai 1945; il a été saisi à Horten en Norvège le 29 mai 1945; il est attribué aux britanniques; il est d'abord prêté puis cédé définitivement à la France le 14 février 1946; le 14 février 1951 il prend le nom de Roland Morillot; en l'honneur du commandant Roland Morillot disparu avec son sous marin le 28 décembre 1915, dans l'Adriatique au large de Cattaro; canonné par les autrichiens Roland Morillot est obligé de saborder son navire le sous-marin Monge, après avoir fait évacuer l'équipage, il coule avec son navire. Le sous-marin Roland Morillot est retiré du service le 17 octobre 1967; le 21 mai 1969 il est vendu pour la démolition à La Spézia et démoli le 6 août 1969.
Caractéristiques des sous-marins du type XXI
Les sous -marins du typeXXI ont bouleversé la conception même du sous -marin; ce sont des sous marins océaniques à grande vitesse en plongée grâce à une puissance des moteurs électriques supérieure aux moteurs diesels; une coque hydrodynamique (tous les appendices sont rétractables et disparaissent dans la coque pour diminuer la résistance en plongée); ils sont équipés du schnorchel. Un deuxième moteur électrique de 226cv permet une marche silencieuse à 5 nœuds. Pour la première fois de son histoire le sous-marin est plus rapide en plongée qu'en surface; la vitesse en plongée est plus du double des sous-marins classiques antérieurs. Tous les sous-marins construits dans le monde jusqu’à l’ère nucléaire s'inspireront du type XXI .Cette formidable machine de guerre aurait pu si elle n'était arrivé trop tard bouleverser la guerre sur mer. Les allemands ne lésineront pas, puisqu'ils entreprennent la construction de 828 sous marins du type XXI; pour activer la construction; les allemands innovent la aussi; les coques sont constituées de 8 tronçons préfabriqués, construits à la chaîne dans des usines spécialisées, reparties sur tout le territoire allemand;ces éléments de coque sont assemblés et soudés dans les chantiers navals; heureusement les retards dus à la désorganisation des usines et des chantiers, suite aux bombardements alliés font que seulement 119 sous -marins seront terminés, et encore dans les dernières semaines de la guerre; ils n'auront donc pas le temps de mettre à l'épreuve les forces anti- sous- marines alliées.
déplacement:1621 t /1819 t en plongée
dimensions: 76,60 m x 6,60 m x 6,22 m
diesels 4000 cv / moteurs électriques 5000 cv; vitesse: 15,5 n /16 n en plongée
+ 1 moteur électrique de 226cv pour la marche silencieuse en plongée à 5 nœuds
gaz oïl: 250 t; rayon d'action 11150 miles à 12 n
armement: 4 x 30 mmAA. 6 tubes lance torpilles; 23 torpilles
effectif: 57 h
Les 30 mmAA ont été supprimés; par la suite le kiosque a été profilé

du type XXIII:

-U2326 construit chez Deutsche Werft à Hambourg; sur cale le 8 mai 1944; lancé le 10 août 1944; il entre tout de suite en service; il se rend le 14 mai 1945 aux britanniques à Dundee en Ecosse; d'abord attribué aux britanniques; il prend le nom de N35; en 1946 il est prêté à la France; le 6 décembre 1946, il disparaît au large de Toulon.
Caractéristique des sous-marins du type XXIII
Sous marins côtiers; coque unique à faible flottabilité, construite en 4 tronçons préfabriqués; vitesse en plongée égale à celle en surface (11 nœuds). Il possède la particularité d'avoir 2 moteurs électriques; un de croisière de 35cv utilisé lors du rechargement de la batterie; le moteur principal accouplé au diesel forme groupe électrogène; une partie de la puissance produite par le moteur principal tournant en génératrice alimente le moteur de croisière; d’où simplification du moteur principal qui ne sert jamais aux faibles vitesses, et ne comporte qu'un seul induit.
Etant donné le peu de temps pendant lequel il a été testé dans notre marine, avant sa perte accidentelle, il est difficile de se faire une idée de sa valeur militaire; toutefois on constate que contrairement au type XXI, le type XXIII n'a pas été copié et est resté sans lendemain.
déplacement: 232 t /256 t en plongée
dimensions: 3,70 m x 3 m x 3,70 m
diesel 435 cv /moteur électrique de 550 cv + 1 moteur électrique de 35 cv; 1 hélice (voir fonctionnement plus haut)
rayon d'action 4200 miles à 5 n
armement:2 tubes lance torpilles; 2 torpilles
effectif: 13 h
Alain

mardi 23 août 2011

Les U-Boote alloués à la France 1/3: les sous-marins classiques


Voici l'U471, futur Millé en 1945 dans l'arsenal de Toulon dévasté



Le sous-marin Blaison ex U123 en 1946 quitte la base de Lorient



Le Bouan ex U510 en 1948, il porte encore l'armement allemand



Le Millé ex U471 en 1946 en essais devant Toulon (photos collection Alain V)





La France a reçu après la Seconde Guerre mondiale 10 U-Boote dont quatre classiques trouvés à la libération dans les ports français; deux de dernière génération cédés par les Britanniques en 1946; et quatre sous-marins de poche ex-allemands trouvés à la libération à Dunkerque. Voici très succinctement les principales étapes de leur carrière.


Les sous-marins classiques

du type IX B:

-U123 construit chez Deschimag à Brême; sur cale le 15 avril 1939; lancé le 25 novembre 1939 en service le 30 mai 1940; désarmé le 19 aout 1944 à Lorient par la Kriegsmarine; saisi à Lorient le 10 mai 1945; il prend le nom de Blaison le 23 juin 1947; en l'honneur du Commandant Louis Blaison des FNFL disparu avec le sous marin Surcouf qu'il commandait le 19 février 1942. Le Blaison est désarmé le 1er août 1957; condamné le 18 août 1959; il est coulé comme cible le 10 septembre 1959.
Caractéristique des sous-marins du type IXB
amélioration du type IXA (plus grand rayon d'action)construits à 14 exemplaires;11 ont été détruits pendant la guerre.
déplacement: 1051 t /1178 t en plongée
dimensions: 76 m x 6,78 m x 4,78 m
diesels: 4400 cv / moteurs électriques 1000 cv;vitesse: 18,3 n / 7,3 n
gaz oïl: 166 t; rayon d'action 8700 miles à 12 n
armement: 1x 105 mm; 1x 37 mm; 6 tubes lance torpilles; 22 torpilles
effectif: 48 h

du type IXC:
-U510 construit chez Deutsche Werft à Hambourg; sur cale le 1er novembre 1940; lancé le 22 janvier 1941; il entre en service le 25 novembre 1941;. il est saisi le 10 mai 1945 à Saint Nazaire; il prend le nom de Bouan le 24 juin 1947; en l'honneur du Commandant Bouan disparu lors de la perte de son bâtiment le contre-torpilleur Bison coulé le 3 mai 1940 lors de l'évacuation de Namsos en Norvége. Le Bouan est rayé le 1er mai 1959, et démoli en 1960.
Caractéristique des sous marins du type IXC
amélioration du type IXB (plus grand rayon d'action par suite de l'utilisation de réservoirs extérieurs pour accroître la qualité de gaz oïl transporté),construits à 54 exemplaires; 48 ont été détruits pendant la guerre.
déplacement: 1120 t /1232 t en plongée
dimensions: 76 m x 6,78 m x 4,78m
diesels: 4400cv / moteurs électriques 1000cv; vitesse 18,3 n / 7,3 n
gaz oïl: 208 t; rayon d'action 11000miles à 12 n
armement: 1x 105 mm; 1x 37 mm; 6 tubes lance torpilles; 22 torpilles
effectif: 48 h

Deux du type VII C: 
-U471 construit chez Deutsche Werke à Kiel; sur cale le 25 octobre 1941; lancé le 6 mars 1943; il entre en service le 5 mai 1943; il est endommagé par les bombardements de Toulon le 6 août 1944; réparé il est remis en service par la France le 12 octobre 1946, et prend le nom de Millé; en l'honneur du Commandant Georges Millé disparu avec sous-marin le Protée le 19 décembre 1943 lors d'une mission au large de Marseille.Le Millé est désarmé en 1962, est rayé le 9 juillet 1963 et démoli.
-U766 construit par l'arsenal de Wilhemshaven; sur cale le 1er mars 1941; il est lancé le 30 juillet 1943; il entre en service en septembre 1943; il est endommagé le 21 août 1944 près de La Pallice, il est saisi à la Rochelle le 8 mai 1945; il est remis en service en 1946 et prend le nom de Laubie, du nom de Louis Laubie,ingénieur mécanicien du sous-marin le Protée disparu le 19 décembre 1943. Le Laubie est désarmé le 17 octobre 1961; condamné le 11mars 1963 et démoli.
Caractéristiques des sous marinsdu type VIIC
amélioration du type VIIB,(2 torpilles de réserve supplémentaires à l'extérieur de la coque épaisse et DCA améliorée) construits à 654 exemplaires(c'est le plus grand nombre d'U-boote construits);568 sont entrés en service; 492 ont été détruits pendant la guerre.
déplacement: 769 t /871 t en plongée
dimensions: 67,20 m x 6,22 m x 4,60 m
diesels: 2800 cv /moteurs électriques 750 cv; vitesse: 17 n / 7,5 n
gaz oïl: 114 t; rayon d'action 6500 miles à 12 n
armement:1 x 88 mm;1 x 37 mm; 5 tubes lance-torpilles; 14 torpilles
effectif: 44h

Le Bouan ex U510; le Millé ex U471 et le Laubie ex U766 ont été équipés du schnorchel, invention hollandaise de 1936, améliorée par les ingénieurs allemands en 1942, et qui équipera les premiers U-boote à la fin de 1943. La tête du schnorchel aspire l'air juste au dessus de la surface de l'eau, le sous-marin naviguant en immersion périscopique; un clapet se ferme automatiquement pour éviter l'entrée d'eau dans les moteurs; ce système permet d'utiliser les diesels en immersion périscopique donc de recharger les batteries, et de renouveler la réserve d'air comprimé du sous-marin sans faire surface, et ainsi d'améliorer considérablement son autonomie. Toutefois la navigation au schnorchel est délicate par mauvaise mer, en effet, la fermeture du clapet crée une dépression à l'intérieur du sous-marin. De nos jours un capteur stoppe automatiquement les moteurs lors de la fermeture du clapet.
Lors de leur remise en service dans la Marine nationale, les canons et mitrailleuses ont été débarqués sur tous les anciens U-boote. Par la suite, les kiosques ont été profilés.
Alain

jeudi 18 août 2011

Quand un U-boot allemand devient espagnol

U573 en méditerranée avant son transfert à l'Espagne.


Le sous marin espagnol S-01 ex-G7 ex-U573 à Carthagène. (photos collection Alain V)

Je vous ai conté dans ce blog l'histoire d'un U-boot qui devient anglais, après avoir été capturé par un avion, voici celle d'un autre U-boot qui devient espagnol, également à la suite d'une attaque aérienne.

l'U 573 est un sous-marin du type VII C ; il est mis sur cale le 8 juin 1940 aux chantiers Blom & Voss de Hambourg; lancé le 17 avril 1941, il entre en service le 5 juin 1941. Sous le commandement du capitaine Heinrich Heinsohn, il effectue quatre patrouilles au cours de laquelle il coule le navire norvégien Hellen de 5289 tonnes. Lors de la dernière effectuée en Méditerranée, il est attaqué par un avion britannique Lookheed Hudson de la RAF, au nord ouest d'Alger, le 29 avril 1942. Les charges anti-sous marines lancées par l'avion lui cause de graves avaries, qui l'oblige à rejoindre Carthagène en Espagne pour réparer ou il arrive le 2 mai 1942.
L'Espagne est neutre au cours de la Seconde Guerre mondiale. Or,e n vertu des accords internationaux un navire de guerre d'une nation belligérante ne peut stationner dans un port neutre plus de 24 heures pour effectuer des réparations urgentes avant d’être interné. C'est ce délai qui avait été la cause du sabordage en 1939 du cuirassé de poche allemand Graf Spee endommagé, après la bataille du Rio de la Plata et qui n'avait pu réparer avant d'affronter la Royal Navy dans les eaux internationales. Or les graves avaries du sous-marin U 573 nécessitent de longues réparations. Les excellentes relations que Franco entretien avec les Allemands depuis la guerre civile, font que le délai pour réparer est porté exceptionnellement à trois mois. Cette dérogation, contraire au accords internationaux, fait l'objet de protestations de l'ambassade britannique à Madrid. Toutefois, ce délai même prolongé reste insuffisant pour réparer le sous-marin; le 19 mai le commandant Heinsohn rentre à Berlin pour y recevoir des ordres de ses supérieurs. Après négociations, le sous-marin est finalement vendu à l'Espagne le 2 août 1942 pour 1 500 000 reichsmarks. Le pavillon espagnol est hissé a bord, juste la veille de la fin des trois mois. Le U573 est renommé G7 dans la marine espagnole.
Quant à Heinsohn, il prendra en mars 1943 à Brest le commandement de l'U 438 et meurt deux mois plus tard. Les réparations du G7 ex U573 sont achevées en 1947. entre temps les Espagnols avaient procédés à une étude approfondie du navire, avec l'intention de construire une série de sous-marins dérivés du G7 ; ce projet sera annulé en 1960; il est vrai que le type VII C commençait à dater; que les sous-marins avaient fait d'énormes progrès depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. En 1958, le G7 est utilisé dans un film retraçant l'épopée du U47 et du commandant Prien coulant le cuirassé Royal Oak, à Scapa Flow en 1939, ( histoire retracée dans un article de ce blog).
Le G7 est rebaptisé S-01 en juin 1961; le 2 mai 1970, le S-01 ex G7 ex U573 est rayé; il était alors le dernier U-Boot de la Seconde Guerre mondiale encore en service.
Caractéristiques du type VIIC.
C'est le type de U-boot construit en plus grand nombre au cours de la seconde guerre mondiale, 654 ont été produits; 568 sont entrés en service et 492 ont été perdus au cours de la guerre.
Déplacement: 769 t en surface/871 t en plongée,
dimensions: 67,20 m x 6,22 m x 4,60 m,
machines: 2 diesels 2800 cv/2 moteurs électriques 750 cv,
vitesse: 17 n / 7,6 n,
rayon d'action 3 450 miles à 17 n / 80 miles à 4 n,
armement: 1 x 105 mm; 1 x 37mm; 5 tubes lance torpilles,
effectif : 44 h
Alain

lundi 15 août 2011

La Marine espagnole pendant la guerre civile 4/4



Le destroyer Teruel ex-Guglielmo Pepe italien; il sera rayé en 1948; l'Husca était semblable.






Le destroyer Ceuta ex-Falco italien; il sera rayé en 1948; le Melilla était semblable.




Le sous-marin Général Sanjurjo ex-Torricelli italien. L'un des deux sous-marins transférés clandestinement par l'Italie. Il restera en service en Espagne jusqu'en 1959. (photos collection Alain V).


4-Les navires acquis en italie en 1937/1938 et incorporés dans la flotte nationaliste.

Pour renforcer la marine nationaliste, celle-ci étant inférieure numériquement à la flotte républicaine, Franco négocie en 1937 l'achat en Italie, en violation du pacte de non-intervention de Londres, que les Italiens ont pourtant signés, de quatre destroyers et de deux sous-marins.
Si les destroyers italiens sont des navires anciens, datant de la Première Guerre mondiale, les sous-marins eux sont de type récent, et seront transférés secrètement.
-destroyers ex italiens achetés en juin 1938 :
deux du type Poerio.

-Le Guglielmo Pepe lance en septembre 1914; entré en service en août 1915 qui prend le nom de Teruel. Il restera en service dans la Marine espagnole jusqu'en 1948.
-L'Alessandro Poerio, lancé en août 1914, entré en service en mai 1915 qui prend le nom de Huesca. Il restera en service dans la Marine espagnole jusqu'en 1953.
Déplacement 911 tonnes

dimensions L. 85m, l.8 m,tirant d'eau 2,83 m
puissance 20 000 cv, vitesse 30 noeuds,
armement
5 canons de 102mm
2 x 40 mm
4 tubes lance-torpilles
deux du type Aquila construits à l'origine pour la Roumanie.

-L'Aquila ex-Vifor lancé en juillet 1916, entré en service en février 1917 qui prend le nom de Melilla. Il sera désarmé en 1950.
- Le Falco ex-Viscol lancé en août 1919, entré en service en janvier 1920 qui prend le nom de Ceuta. Il sera désarmé en 1948.
Déplacement 1391 tonnes

dimensions L.94,69 m, l.9,48 m,tirant d'eau 3,54 m
puissance 40 000 cv, vitesse 33 noeuds,
armement
4 canons de 120mm
2 x 76 mm
4 tubes lance torpilles
-sous-marins ex italiens du type Archimede, acquis en avril 1937 :

construits chez Tosi à Tarente lancés en 1934 entrés en service fin 1934.
- L'Archimede, lancé en décembre 1933, en service en 1934, prend le nom Général Mola, il restera en service jusqu'en 1959
-Le Torricelli, lancé en mai 1934,en service en 1935, prend le nom de Général Sanjurjo, il restera en service jusqu'en 1959
Déplacement 880 t/ 1259 t en plongée

dimensions L.70,5 m,l.6,87 m,tirant d'eau 4,12 m
puissance 3 000 cv/ 1 300 cv en plongée; vitesse 17 n/8,5 n en plongée
armement
2 canons de 100 mm
8 tubes lance-torpilles
L'Archimede et le Torricelli ont été transférés secrètement les 20 et 24 avril 1937, le changement de pavillon et le remplacement des équipages italiens par des équipages espagnols ont été effectué clandestinement. D'autre part, les deux sous-marins ont été rapidement remplacés, au sein de la marine italienne par deux navires neufs, pratiquement identiques entrés en service en 1939, qui ont repris les mêmes noms.
Alain

dimanche 14 août 2011

La Marine espagnole pendant la guerre civile 3/4


Le destroyer républicain Almirante Ferrandiz coulé le 26 septembre 1936 par le croiseur nationaliste Canarias. Les 14 destroyers républicains étaient tous semblables à celui-ci.(photo collection Alain V)




Le destroyer Velasco, le seul destroyer nationaliste, d'un modèle plus ancien que les destroyers républicains, lancé en 1923, il ne sera rayé qu'en 1957.


Caractéristiques des principaux navires espagnols ayant participés aux opérations:
(N)=nationaliste;(R)=républicain.


3-Les destroyers:
-type Barcaiztegui
Pratiquement tous les destroyers cités dans cet article appartiennent à cette classe de 18 bâtiments, dérivés des conducteurs de flottillee britannique de la classe Scott de la période de 1918/1919, ils ont été construits dans le chantier de Carthagène en trois séries de 9; 7 et 2 navires.
Les deux premiers exemplaires construits ont été vendus à leur achèvement à l'Argentine. La premier série est entrée en service de 1927 à 1932.
La deuxième série est entrée en service de 1934 à 1936.
La troisième série comportait deux navires qui sont indiqués ici pour mémoire;en effet leur construction a été très retardée par la guerre civile, ils ne sont entrés en service qu'en 1951 la construction ayant été arretée jusqu'en 1944.
-1er série
(R)Sanchez Barcaiztegui, entré en service en 1928, est rayé en 1964
(R)Jose Luis Diez, entré en service en 1929, est rayé en 1965
(R)Almirante Ferrandiz, entré en service en 1929, est coulé le 29 septembre 1936 par le Canarias
(R)Lepanto, entré en service en 1930, est rayé en 1958
(R)Churruca, entré en service en 1931, est rayé en 1964
(R)Alcala Galiano, entré en service en 1931, est rayé en 1958
(R)Almirante Valdes, entré en service en 1932, est rayé en 1958
- 2éme série
(R)Almirante Antequera, entré en service en 1934, est rayé en 1965
(R)Almirante Miranda, entré en service en 1934, est rayé en 1970
(R)Almirante Gravina, entré en service en 1934, est rayé en 1964
(R)Almirante Escano, entré en service en 1935, est rayé en 1964
(R)Almirante Ciscar, entré en service en 1936, s'échoue en 1957, et est rayé en 1958
(R)Almirante Jorge Juan, entré en service en 1936, est rayé en 1960
(R)Almirante Ulloa, entré en service en 1936, est rayé en 1964
Déplacement 1536 tw, 2087 tonnes en pleine charge
dimensions L.101,50 m, l.9,65 m, tirant d'eau 2,99 m
puissance 42 000 cv, vitesse 36 nœuds, turbines à engrenages Parsons, 4 chaudières Yarrow, 2 hélices
armement
5 canons de 120 mm
1 x 76 mmAA
4 mitrailleuses
6 tubes lance torpilles
-type Alsedo
Les trois destroyers plus anciens du type Alsedo entrés en service de 1924 à 1925, ne mériteraient pas que l'on en parle, n'ayant que peu participés à la guerre civile, si on n'y trouvait avec le Velasco, le seul destroyer nationaliste (sauf acquisitions italiennes).
Construits à Carthagène, sur cale en 1920:
-Alsedo est lancé en 1922, et rayé en 1958;
-(N)Velasco est lancé en 1923, et rayé en 1957
-Juan Lazaga est lancé en 1924, et rayé en 1960
Déplacement 1 044 tw,1 315 tonnes en pleine charge
dimensions L.86,26 m, l. 8,23 m,tirant d'eau 2,75 m
puissance 33 000 cv, vitesse 34 nœuds, turbines Parsons, 4 chaudières Yarrow, 2 hélices
armement
3 canons de 102 mm
2 x 47 mmAA
4 tubes lance torpilles
Alain

samedi 13 août 2011

Le paquebot SS Oceanic fera escale au Havre le 2 septembre, belle occasion de le visiter

A l'occasion de la visite du paquebot Oceanic au Havre le 2 septembre, nos amis de l'association des Amis des Paquebots & Marine Marchande (AAPMM) organise une visite et un déjeuner à bord.
Pour tout renseignement, écrire à Philippe Berbant (philippe.p.brebant@sfr.fr) ou AAPMM avenue Lucien Corbeaux 76600 Le Havre.
Célèbre paquebot construit dans les chantiers Cantieri Riuniti dell' Adriatico de Monfalcone (Italie) entre 1963 et 1964, Oceanic était conçu pour les liaisons transatlantiques New York-Le Havre-Southampton-Bremerhaven. 
Lancement de l'Oceanic
Avant sa mise en service, la Home Lines, son propriétaire, en décida autrement. L’avion ayant largement pris le pas sur le transport de passagers, il a été décidé d’inaugurer le paquebot sur les croisières aux Bermudes depuis New York où il allait remporter un vif succès durant plus de 30 ans. Vendu à la compagnie Premier Cruise Lines, il est rebaptisé Star Ship Oceanic puis Big Red Boat 1 et effectuera des croisières de 3 et 4 jours depuis Port Canaveral combiné avec des séjours à Disneyland tout proche. 
Big Red Boat 1 à Nassau en 1990
Dès le début des années 2000, il sera revendu à Pullmantur pour effectuer des croisières au départ de Barcelone reprenant son nom d’origine, avant d’être finalement vendu en 2009 à l’organisation Japonaise Peace Boat (voir le site en anglais de cette ONG pour plus d'informations sur ses activités).

La Marine espagnole pendant la guerre civile 2/4


Le cuirassé républicain Jaime I. L'Espana nationaliste était semblable. Tous les deux disparaitront en 1937.


Le croiseur lourd Baléares qui seront coulé le 6 mai 1938. Le Canarias était du même type, ce dernier ne sera rayé qu'en 1975.


L'Almirante Cervera nationaliste était du même type que les républicains Libertad, ex-Principe Alfonso et Miguel de Cervantes. Il sera rayé en 1965. (photos collection Alain V)

Caractéristiques des principaux navires espagnols ayant participés aux opérations:
(N)=nationaliste - (R)=républicain.
2-Les cuirassés et les croiseurs:
Cuirassés
Espana (ex-Alfonso XIII) et Jaime I sont les survivants d'une série de trois. Un premier Espana ayant fait naufrage sur les cotes du Riff en août 1923.
-(N) Espana (ex-Alfonso XIII) est mis sur cale en 1909 au chantier du Ferrol, lancé en 1913, en service en 1915, il est coulé par mine le 30 avril 1937.
-(R) Jaime I est mis sur cale en 1909 au chantier du Ferrol, lancé en 1914, en service en 1921, il est coulé par explosion interne, le 27 juin 1937.
Construits sur des plans britanniques, comme la plupart des navires construits à l'époque dans les chantiers espagnols, la construction a été très lente.
Déplacement 14 224 tw
dimensions: L. 140 m; l. 24 m; tirant d'eau 8,08 m
puissance 20 000 cv; vitesse 20 nœuds, turbines Parsons; 4 hélices; 12 chaudières Yarrow
protection: ceinture cuirassée 230mm au centre, 100mm à l'avant et 75mm à l'arrière; tourelles 254mm; ponts blindés de 48 mm et 25 mm.
armement:
8 canons de 305 mm en 4 tourelles doubles
20 canons de 102 mm en casemates
2 x 76 mmAA
2 x 47 mmAA
10 mitrailleuses de 7 mm
équipage: 854 h
Croiseurs lourds
-(N) Canarias et Baléares sont des sister-ships, mis sur cale en 1928 au chantier du Ferrol, ils sont dérivés du type Kent britannique, lancés en 1931et 1932 respectivement, ils sont entrés en service en octobre 1936
Canarias est rayé en 1975
Baléares est coulé le 6 mai 1938, par des torpilles du destroyer Lepanto
Déplacement 10 000 tw; 12 230 tonnes en pleine charge
dimensions L.193,90 m; l. 19,51 m; tirant d'eau 6,32 m
puissance 90 000 cv; vitesse 34 nœuds, turbines à en grenages Parsons; 8 chaudières Yarrow; 2 hélices, rayon d'action 8 000 miles à 15 nœuds.
protection: ceinture de 51 à 38 mm; ponts blindés de 62,5 mm; soutes à munitions 102 mm; tourelles 25 mm
armement
8 canons de 203 mm en 4 tourelles doubles
8 canons de 120 mm en affuts simples
8 x 40 mmAA
12 tubes lance-torpilles
1 catapulte et 2 avions étaient prévus, mais n'on jamais été installés
équipage 765 h
Croiseurs légers
-type Principe Alfonso
Libertad
(ex-Principe Alfonso), Almirante Cervera et Miguel de Cervantes étaient semblables. Construits au chantier du Ferrol sur plans anglais, ils sont dérivés de la classe E britannique.
-(R) Libertad (ex-Principe Alfonso) est mis sur cale en août 1922, lancé le 3 janvier 1925 et entre en service en décembre 1925, renommé Galicia en 1939, il est rayé en 1970.

-(N) Almirante Cervera est mis sur cale en novembre 1922, lancé le 16 octobre 1925 et entre en service en mai 1927, il est rayé en 1965.
-(R) Miguel de Cervantes est mis sur cale en avril 1926, lancé le 19 mai 1928 et entre en service fin 1930, il est rayé en 1964.
Déplacement 7 475 tw; 9 240 tonnes en pleine charge
dimensions L.176,62 m, l.16,6 m, tirant d'eau 5,03 m
puissance 83 000 cv; vitesse 34 nœuds, turbines à en grenages Parsons; 8 chaudières Yarrow; 4 hélices, rayon d'action 5 000 miles à 15 nœuds
protection ceinture 76 à 38 mm; pont blindé 25 mm; masques 25mm
armement
8 canons de 152 mm(3x2 + 2x1)
4 canons de 102 mmAA
2 x 47 mmAA
3 x 20 mmAA
12 tubes lance-torpilles
équipage 566 h
-type Mendez Nunez
-(R) Mendez Nunez appartenait à une série de deux. Le Blas de Lezo du même type a coulé au Cap Finisterre le 11 juillet 1932, construit sur plans anglais, il s'apparente aux séries C et D des programmes de guerre britanniques, construit au Ferrol mis sur cale en septembre 1917, lancé le 3 mars 1923, il entre en service en 1924, il est rayé en 1964.
Déplacement 4 509 tw; 6 045 tonnes en pleine charge
dimensions L.140,80 m, l.14,02 m, tirant d'eau 4,72 m
puissance 45 000 cv; vitesse 29 nœuds, turbines à engrenages Parsons, 12 chaudières Yarrow, 4 hélices, rayon d'action 5 000 miles à 13 nœuds
protection ceinture 76 mm au plus fort
armement
6 canons de 152 mm en affuts simples
4 x 47 mm
4 mitrailleuses
12 tubes lance-torpilles
équipage 320 h
-type Reina Victoria Eugenia
-(N) Republica (ex-Reina Victoria Eugenia) seul de son type, est indiqué ici pour mémoire, car en refonte pendant la guerre civile jusqu'en 1938, il n'a pratiquement pas participé aux événements, c’était un croiseur construit sur plans anglais, dérivé des town britannique de la période 1910/1914, construit au Ferrol, mis sur cale en 1915, lancé en avril 1920, entré en service en janvier 1923, il est renommé Navarra en 1938, il est rayé en 1955.
Déplacement 4 857 tw, 6 348 tonnes en pleine charge
dimensions L.140,80 m, l.15,22 m, tirant d'eau 5,60 m
puissance 25 500 cv; vitesse 25,5 noeuds, turbines Parsons,12 chaudières Yarrow, 2 hélices
armement après refonte:
6 canons de 152 mm
4 canons de 88 mmAA
4 x 20 mm
4 tubes lance torpilles
Alain

vendredi 12 août 2011

La Marine espagnole pendant la guerre civile 1/4



Le 17 juin 1937, le cuirassé républicain Jaime I est détruit par une explosion interne à Carthagene.

Fin aout 1938, le destroyer républicain José Luis Diez, déguisé en destroyer britannique (il a usurpé le numéro de coque d'un destroyer britannique dont il a la silhouette), s'est réfugié à Gibraltar apres avoir été avarié par le croiseur nationaliste Canarias.(photos collection Alain V)

1- Les principales opérations navales.
-rappel des origines de la guerre civile.
La guerre d'Espagne est un conflit qui opposa les nationalistes espagnols: conservateurs monarchistes, et phalanges dont Francisco Franco a pris la tête, aux républicains soutenus par les communistes, les socialistes et les anarchistes, et qui se déroula de juillet 1936 à avril 1939.
Cette guerre est la conséquence de malaises économiques, sociaux, culturels et politiques qui duraient depuis longtemps et se sont exacerbés avec la fin de la monarchie espagnole, et la proclamation de la République en 1931, l'insurrection réprimée des Asturies en 1934, le front populaire en 1936, qui déclenche une insurrection franquiste en juillet de la même année.
Cette guerre est particulièrement meurtrière, avec notamment de part et d'autre des exactions et des exécutions sommaires, elle est soutenue de l’étranger; coté nationaliste par l'Italie et l'Allemagne, et coté républicain, par l'Union Soviétique. La France et la Grande Bretagne tentent de rester neutres, tout en considérant le gouvernement républicain comme légitime, et se contentent d'assurer un blocus pour limiter les livraisons d'armes aux belligérants. Le Pacte officiel de non intervention conclu à Londres entre les gouvernements britannique, français, soviétique, allemand et italien sera de fait violé par les allemands, et surtout par les italiens, et également mais dans une moindre mesure par les soviétiques et les français. Seul les Britanniques appliqueront à la lettre les accords de non intervention.
La Marine espagnole se trouve elle aussi divisée entre les camps républicain et nationaliste.
Si sur le papier la flotte républicaine est la plus importante, sa faiblesse en ce qui concerne les officiers est manifeste, la majeure partie des officiers expérimentés sont du coté nationaliste. La marine nationaliste, mieux encadrée, est mieux organisée que la marine républicaine.
Pour pallier le manque de navires, les nationalistes achètent en 1937, quatre destroyers et deux sous- marins à l'Italie (voir ce blog), ces derniers secrètement. L'Italie comme l'Allemagne soutiennent les nationalistes, des sous-marins italiens participent d'ailleurs à la guerre fratricide espagnole; c'est ainsi que le sous- marin italien Torricelli torpille le croiseur léger républicain Miguel de Cervantes, qui est gravement endommagé; mais l'aide apportée sera le plus souvent ponctuelle pour faire semblant de respecter la non intervention.
Le croiseur léger Libertad est le plus actif navire de la flotte républicaine, il a changé de nom dès l'instauration de la République le 24 avril 1931, il s'appelait Principe Alfonso lors de sa mise en service en octobre 1927.
-1936: début de la guerre civile 
Au début de la guerre civile, le Libertad et son sister-ship le Miguel de Cervantès, ainsi que le cuirassé Jaime I quittent leur base du Ferrol pour Cadix, au cours de la traversée, les équipages prennent possession des trois navires, tuant leurs officiers, ils se dirigent ensuite vers Tanger, pour tenter de bloquer le détroit de Gibraltar. Les 20 et 22 juillet 1936, ils bombardent successivement Ceuta, Algésiras et La Linéa, ils quittent Tanger sous la pression internationale pour Malaga. Le 7 août 1936, ils bombardent Cadix et Algésiras à nouveau. Fin août 1936, ces navires tentent de s'emparer de l'ile de Majorque. Le 26 septembre 1936, Libertad, Jaime I , Miguel de Cervantes, et cinq destroyers viennent en aide aux troupes républicaines isolées dans le nord de l'Espagne.
Le 29 septembre 1936, a lieu la bataille du Cap Espartel, les nationalistes envoient le croiseur lourd Canarias et le croiseur léger Almirante Cerveras, troisième du type Libertad mais demeuré dans le camp nationaliste, pour forcer le blocus républicain; le Canarias coule le destroyer républicain Almirante Ferrandiz.
En octobre 1936, après avoir navigué dans le golfe de Gascogne, les navires républicains entrent en Méditerranée, croisant dans la nuit les croiseurs nationalistes Canarias et Almirante Cervera, sans les apercevoir.
Le 22 novembre 1936, le croiseur républicain Miguel de Cervantès est torpillé et endommagé par le sous-marin italien Torricelli.
-1937 
Le 23 avril 1937, le cuirassé Jaime I, les croiseurs légers Libertad, Mendez Nunez et plusieurs destroyers bombardent Malaga.
Le 30 avril 1937, le cuirassé nationaliste Espana est coulé devant Santander, par une mine alors qu'il assurait avec le destroyer Velasco, le blocus du nord de l'Espagne.
Le 20 mai 1937, l'escadre républicaine sous la conduite du Libertad rencontre le croiseur lourd nationaliste Baléares, mais celui ci disparaît rapidement dans le brouillard.
Le 17 juin 1937, le cuirassé républicain Jaime I est coulé par une explosion interne à Carthagéne, après avoir été touché par trois bombes à Alméria.
Le 7 septembre 1937, le Libertad, le Mendez Nunez et sept destroyers escortant un convoi allant de Cherchel en Algérie, vers les Baléares rencontrent le croiseur Baléares, s'ensuit un combat au cours duquel le Libertad et le Baléares sont touchés, ce dernier a un incendie à bord qui est maîtrisé.
La flotte républicaine se dirigeant vers Carthagene est bombardée par des avions italiens sans trop de conséquences.
-1938 
Le 22 février 1938, le croiseur nationaliste Almirante Cerveras est avarié par l'aviation républicaine.
Le 5 mai 1938, la flotte républicaine, composée des croiseurs Libertad et Mendez Nunez et des destroyers Sanchez Barcaiztegui, Almirante Antequera et Lepanto, repère vers minuit une formation nationaliste, celle-ci est composée des croiseurs Baléares, Canarias et Almirante Cervera, sous les ordres de l'amiral Manuel de Vierna, et croise devant Carthagene. Par chance pour les Républicains, les forces nationalistes n'étaient pas accompagnés de l'escorte habituelle des torpilleurs italiens ou allemands qui naviguaient le plus souvent de concert avec les bâtiments nationalistes, pour gêner toute action républicaine.
Les unités républicaines ne furent pas aperçues par les croiseurs nationalistes. Le destroyer républicain Sanchez Barcaiztegui lança deux torpilles sur le croiseur Almirante Cervera, mais manqua son but. Suite à cette attaque les nationalistes préférèrent s'écarter, pensant qu'a l'aube ils pourraient profiter de leur supériorité de feu, et les deux flottes se perdirent de vue. Toutefois vers 2h00 les flottes se faisaient à nouveau face. Les croiseurs nationalistes ouvrent alors le feu sur le Libertad qui répliqua, mais aussi bien du coté républicain que nationaliste, le manque d'expérience du combat de nuit, fit qu'ils ne mirent aucun coup au but. Les destroyers républicains attaquèrent les croiseurs nationalistes à 3 000 mètres, ils lancèrent 12 torpilles, avant de se replier à grande vitesse. Touché dans une soute à munitions par deux ou trois torpilles tirées probablement par le destroyer Lepanto, le croiseur Baléares est incendié, il explosa et commença à sombrer, aucun des navires nationalistes ne pu se porter à son secours. Ce sont des destroyers britanniques de la force de non-intervention, patrouillant dans le secteur, qui rejoignirent le Baléares en train de couler, et purent sauver 435 hommes de l'équipage, pour les transférer ensuite sur le croiseur Canarias, tout en subissant une attaque de l'aviation républicaine, qui fit une victime britannique. 786 marins du croiseur Baléares dont l'amiral de Vierna perdirent la vie dans cette opération, un monument du souvenir fut érigé à Palma de Majorque, et inauguré par Franco le 16 mai 1947.
Le 27 aout 1938, le croiseur Canarias intercepte le destroyer républicain José Luis Diez allant à Carthagene; celui-ci est camouflé en destroyer britannique, avec un faux numéro peint sur sa coque, la ruse est néanmoins déjouée, il l'attaque, le destroyer est avarié au cours du combat et se réfugie à Gibraltar.
Le 30 décembre 1938, quittant Gibraltar, le même destroyer est surpris par le mouilleur de mines nationaliste Vulcano, qui l'aborde, le José Luis Diez s'échoue alors en territoire britannique, pour éviter d’être capturé, le navire sera rendu par les Britanniques en mars 1939 aux franquistes.
-1939 fin de la guerre civile. 
Le 5 mars 1939, Carthagéne se soulève, obligeant le gros de la flotte républicaine à quitter sa base et à se réfugier à Bizerte, ou elle arrive le 11mars.
Les équipages demandent alors l'asile politique aux autorités françaises, les navires sont internés, sous la garde de quelques marins espagnols, les autres étant conduit au camp d'internement de Meheri Zabbens.
Le 31 mars 1939, des transports de personnel amènent à Bizerte des équipages franquistes, pour prendre possession des navires internés, et les ramener au pays. A son retour en Espagne, le Libertad est renommé Galicia.
D'autre part seront coulés ou mis hors de service au cours de la guerre civile, notamment les sous- marins: B1, B3, B4, B5 et C3, C5 et C6 .
La guerre civile espagnole prend fin officiellement, avec la déclaration de Franco du 1er avril 1939, celui ci dés le 27 février 1939, avait été reconnu sur le plan international, par la France et le Royaume Uni.
Alain

jeudi 11 août 2011

Le cuirassé Flandre non terminé à Landevennec.


Le cuirassé Flandre du type Normandie, non terminé à Landevennec entre 1921 et 1924.



Le cuirassé Normandie en 1921; sur cette photo on distingue les embases des tourelles quadruples de 340mm; à l'avant, au centre, et à l'arrière du navire. La silhouette aurait été complétée par deux cheminées et un mat central, disposés entre les tourelles quadruples avant et centrale. (photos collection Alain V)


Vous avez pu voir sur ce blog des photos montrant des navires de la Royale dans l'anse de Penforn à Landevennec en 1909 et en 1936.
Aujourd'hui, je vais vous présenter un navire qui n'a jamais été terminé; le cuirassé Flandre du type Normandie; qui a rejoint Landevennec lorsqu’il a été décidé en 1921 d'en abandonner la construction, il y est resté jusqu'en 1924, date à laquelle il a été remorqué à Toulon pour y être démoli. Toutefois, comme je vous ai déjà présenté les cinq navires du type Normandie, à propos du premier porte-avions français le Béarn, construit sur la coque d'un cuirassé de ce type, je n'y reviendrai pas.
J'ajoute une photo du Normandie lui-même, prise en 1921, vue de coté, ce qui permet de mieux se rendre compte ce qu'aurait été la disposition de l'artillerie principale de ce type de navires; soit 12 canons de 340 mm en trois tourelles quadruples; les tourelles quadruples que les cuirassés du type Normandie auraient été les premiers au monde à porter, et dont la disposition sera reprise sur les cuirassés suivants, des types Dunkerque et Richelieu, lesquels disposeront de deux tourelles quadruples à l'avant; de 330 mm sur les Dunkerque; et de 380 mm sur les Richelieu.
Alain

mardi 9 août 2011

Le 29 juillet 1937, le cargo républicain espagnol Anduzt-Mendi est canonné par un sous-marin



Le 29 juillet 1937, le cargo républicain espagnol Anduzt-mendi est torpillé par un sous-marin au large du Grau-du-Roi. (photos source Forum Italie)

Dans Ouest-Eclair daté du lendemain, on pouvait lire : "Nimes, 30 juillet. — Le cargo espagnol Andutz Mendi, qui est le bateau gouvernemental incendié au large du Grau-du-Roi, avait un équipage de 34 personnes. Il ne transportait pas de réfugiés et avait une cargaison de charbon qui a aidé l'incendie à se propager. L'incendie a été circonscrit par les pêcheurs de Grau-du-Roi. Le bombardement a fait plusieurs morts. Deux cadavres ont été débarqués, celui d'un matelot qui a été décapité par un obus alors qu'il allait arborer le drapeau blanc, et celui du capitaine en second. Le gouvernail a été coupé par des projectiles et la chambre des machines atteinte. Parmi les disparus, on compte six officiers qui avaient pris place sur une chaloupe. Le cargo et les pétroliers La Valetta et Zorroza venaient de Barcelone."
L'attaque s'est produite en dehors des eaux territoriales françaises et aurait fait une vingtaine de victimes. L’épave du cargo dont seul l’avant était resté à peu près intact a été remorqué au port du Grau-du-Roi par des bateaux de pêche (Les trois frères, Le Petit Jésus et Capitaine Caboz) venus au secours des naufragés.
Le coupable de cette attaque est souvent présenté comme un sous-marin italien pirate. Il semblerait qu'il s'agisse bien d'un Italien de la classe Archimede (qui comprenait aussi Torricelli, ferraris et Galilei.). En fait, l'Archimede lui-même mais qui avait été cédé à la marine nationaliste espagnole et avait pris le nom de Generale Mola.


Passation de pouvoir du sous-marin Generale Mola ex-Archimede italien aux autorités navales espagnoles.

lundi 8 août 2011

Le 8 août 1588, l'Invincible Armada est dispersée devant Gravelines


L'armada rassemblée par Philippe II d'Espagne – pour venger l'exécution par la protestante Elizabeth I de la catholique Marie Stuart –, comprend 130 vaisseaux transportant près de 30000 hommes dont 19000 soldats, 300 chevaux et mules, l'équipement nécessaire pour assiéger des villes, un hôpital de campagne etc. Son objectif est d'opérer un débarquement en Angleterre et de marcher sur Londres.
Cette force, sous le commandement du duc de Médina Sidonia, doit se joindre à celle du duc de Parme, située dans les Flandres et composée d'environ 18000 hommes aguerris. Une fois la jonction effectuée, l'Armada doit escorter les barges de Parme pour la traversée de la Manche.
Pour faire face à la menace, l'Angleterre dispose d'une flotte composée des navires de la reine et de navires marchands fournis par des officiers de la marine royale, par la ville de Londres ou par de simples volontaires, pour un total de 197 navires et 15835 hommes.
La bataille de Gravelines
Pendant la nuit du 7 au 8 août 1588, tandis que l'Armada mouille dans la Manche, les Anglais l'attaquent avec des barques bourrées d¹explosifs et de matières incendiaires, qu'ils font dériver à travers les navires ennemis. Cette manoeuvre inattendue sème la terreur et une indescriptible pagaille. Afin d'échapper aux flammes, des capitaines ordonnent de couper les amarres les reliant aux ancres. La flotte espagnole se disperse dans la nuit. Au matin, le duc de Médina Sidonia s¹emploie à regrouper ses navires.
C'est alors que débute, au large de Gravelines, l'engagement final avec les Anglais. Pendant des heures, la canonnade fait rage. Les Espagnols essuient le feu de l'ennemi sans pouvoir y répondre correctement. Puis, un vent du sud pousse leurs navires vers le nord. Dans l'impossibilité de regrouper les 112 navires qui lui restent et sans nouvelle des préparatifs du duc de Parme et de ses barges de débarquement, Médina Sidonia se résigne à retourner en Espagne par la seule route possible vu les circonstances et les vents : contourner l'Écosse et l'Irlande et faire voile vers l'Espagne.


Malheureusement, la mer n'est point clémente et beaucoup de navires s'échoueront sur les côtes d'Irlande. Les équipages seront pour la plupart massacrés par les insulaires. Une poignée d'entre eux seulement reverront les rivages d'Espagne.
Source Hérodote

Départ des pêcheurs du port hollandais de Scheveningen dans les années cinquante

Départ des pêcheurs du port hollandais de Scheveningen (quartier de La Haye) dans les années cinquante. Coll agence Adhémar

vendredi 5 août 2011

Le trois-mâts Pieter A. Koerts dans le port de Delfzijl dans les années cinquante

Le trois-mâts Pieter A. Koerts dans le port de Delfzijl dans les années cinquante. Coll agence Adhémar

Le quatre-mâts goélette Elisabeth Bandi a été construit en 1919 à Gulfport dans le Mississippi pour la Marine Coal Company de la Nouvelle-Orléans afin de servir de la côte est des États-Unis au Brésil. A cause de l'emploi de bois trop frais, il subit des fuites dans ses cales. En 1925, il est vendu à Walter E. Reid à Bath (Maine) et transporte du bois sous pavillon américain jusqu'en 1931. Il est alors vendu à l'armateur finlandais William Uskanen de Sotkoma qui l'utilise dans le commerce du bois entre la Finlande, le Danemark et l'Angleterre sous le nom de Bandi. En 1935, il est mis en cale de carénage pour des travaux de coque puis loué trois ans par les agents de change Yrjänen & Kumpp de Rauma. Ne trouvant plus de chargement, il est vendu le 7 novembre 1938 à l'armateur John T. Essberger de Hambourg qui le fait reconfigurer par Blohm & Voss de Hambourg en trois-mâts barque. Six mois après, sous le nom de Seute Deern, il reprend du service en tant que cargo sur les côtes de la Baltique jusqu'à la Seconde Guerre mondiale.

À la fin de la guerre, le Seute Deern est au port de Lübeck et il est temporairement employé par les autorités maritimes anglaises. En 1946, il est remorqué à Travemünde pour être transformé en bateau restaurant. De 1947 à 1954, il sert d'hôtel-restaurant à quai du port ferry de Hambourg.

En 1954, il est vendu à Albert Jan Koert, un Américain d'origine hollandaise. Sous le nom de son père Pieter Albrecht Koerts il devient une auberge de jeunesse dans sa ville natale de Delfzijl au Pays-Bas.

En 1964, il rejoint Emden, son nouveau port d'attache, en reprenant le nom de Seute Deern pour subir d'importants travaux mais il connait encore des fuites de coque. En 1965 il est racheté par Kaufmann Hans Richartz de Heligoland qui finit les travaux.

En 1966, il est remorqué à Bremerhaven, dans le vieux port pour servir de restaurant flottant. Depuis 1972, le Seute Deern est devenu un bateau musée pour le musée allemand de la Marine tout en gardant son fonctionnement de restaurant.

jeudi 4 août 2011

VOC, la plus grande compagnie vers l'Asie au 17-18e siècle



A Amsterdam, décoration de façade de la Vereenigde Oost-Indische Compagnie (VOC)

La Vereenigde Oost-Indische Compagnie (VOC), la compagnie unie des Indes orientales est une société d’actionnaires fondée en 1602 grâce à l’obtention d’un monopole octroyé par le gouvernement des Pays-Bas pour toute activité coloniale en Asie. Ce fut la seconde multinationale jamais créée (deux ans seulement après la British East India Company) et également la seconde société par actions. Elle possédait grâce à ce monopole des pouvoirs quasi souverains dans son domaine colonial, droit de guerre, d’emprisonnement et d’exécution, négociation de traités, émission de monnaie…

Entre 1602 et 1796, la VOC a envoyé près d’un million d’Européens sur 4785 bateaux pour travailler au commerce asiatique et traiter plus de 2,5 millions de tonnes de produits asiatiques, ce qui la laisse sans rival pour cette période. Son second, la British East India Company n’envoyant que 2690 bateaux pour un cinquième du tonnage de la VOC. La compagnie hollandaise tira des profits immenses du commerce des épices avec les îles qui composent l’actuelle Indonésie pendant le 17e siècle. Elle installa son siège dans la port de Batavia (Jakarta) pendant que se développaient de nombreux comptoir dans tout l’archipel. Affaiblie par la concurrence anglaise et portugaise dans le domaine des épices et, malheureusement minée par la corruption de ses dirigeants, la Vereenigde Oost-Indische Compagnie fait faillite en 1798 et est formellement dissoute en 1800. Ses territoires sont repris par le gouvernement hollandais de la république batave, devenant les Indes orientales hollandaises, ancêtre de l’Indonésie.


Voir sur ce blog, la réplique du trois-mâts Amsterdam de la VOC. (photos agence Adhémar)
Quatre autres voiliers de la VOC ont été reconstitués, Batavia, Duyfken, Halve Maen, Prins Willem.