samedi 21 mai 2011

Quand l'Alose réapparaît


L'Alose à Toulon



L'Alose renfloué au siège de la Comex


L'Alose appartenait à une série de 20 petits sous-marins véritables, c'est-à-dire sans la double coque ce qui les différenciaient à l'époque des submersibles.
Ces trop petits sous-marins déplaçaient 68 tonnes et mesuraient 23 m de longueur. Construits selon les idées farfelues de la "Jeune Ecole," entrés en service de 1904 à 1907 ils étaient appelés classe Naïade du nom du premier d'entre eux, la plupart portaient des noms de poissons, aussi étaient ils plus connus sous le sobriquet de "fritures". Certains marins – moqueurs ou anxieux? – avaient même transformé le nom de cette classe de navires de Naïade en noyade!
Toujours est il que notre Alose est mis sur cale en 1902 à Toulon, il est lancé le 13 octobre 1904 et ne rentre en service que le 31 juillet 1907. Tous les sous-marins de la classe Naïade sont désarmés en 1914. L'Alose est désarmé le 21 mai 1914, on serait tenté de dire heureusement, vu les faibles capacités militaires de ces navires. Il est utilisé par la suite par la base aéronavale de Fréjus -Saint Raphaël comme cible pour l'entraînement au torpillage aérien.
C'est ainsi que l'Alose est coulé le 28 mars 1918 par l'hydravion des lieutenants de vaisseaux Prieur et Duval.

Tout le monde avait oublié depuis longtemps l'Alose jusqu’à ce qu'un plongeur découvre, le 26 octobre 1975, son épave par 51 mètres de fond, non loin de l'îlot situé devant Saint Raphaël. L'épave est achetée au Domaine par la Comex, société marseillaise spécialisée dans les travaux sous-marins. Le 27 mai 1976, celle-ci renfloue l'Alose, qui depuis est exposé à l'entrée du siège de la Comex à Marseille.
Il est le plus vieux sous-marin français existant et, à ce titre, il a été classé monument historique le 21 février 2008.
Alain