vendredi 8 avril 2011

Les navires de Guillaume le conquérant sur la tapisserie de Bayeux

La tapisserie de Bayeux ou tapisserie de la reine Mathilde, plus anciennement connue comme telle du Conquest (toile de la Conquête) se présente techniquement sous la forme d'une broderie. Sans doute commandée par Odon de Bayeux, demi-frère de Guillaume le Conquérant, elle décrit la conquête normande de l'Angleterre en 1066 et notamment la bataille d'Hastings mais près de la moitié des images relatent des faits antérieurs. Parfois considérée comme un peu trop laudative pour les Normands, elle est néanmoins un document inestimable de connaissance du XIe siècle anglo-normand. Elle renseigne sur les conditions de vie de cette époque et, pour ce qui nous intéresse, sur les bateaux de l'époque.

Le chargement des bateaux normands au départ pour la conquête de l'Angleterre.
Conservée jusqu'à la fin du XVIIIe siècle dans la collection de la cathédrale de Bayeux, elle est au XXIe siècle présentée au public dans un musée qui lui est entièrement dédié. La tapisserie est inscrite depuis 2007 au registre Mémoire du monde par l'UNESCO.

Les 650 navires de Guillaume duc de Normandie débarquent dans la baie de Penvensey en Angleterre. Après la victoire d'Hastings (le 14 octobre 1066), où l'armée du roi Harold II sera défaite, Guillaume le Conquérant deviendra roi d'Angleterre. Les bateaux de Harold et de Guillaume le Conquérant semblent avoir été des copies simplement agrandies du bateau de Gokstad (un drakkar). La tapisserie de Bayeux, a été faite au moins cinquante ans après l'invasion normande par des dames qui probablement n'avaient jamais vu un bateau de leur vie, et qui ont eu seulement des matériaux de couture ordinaires à leur disposition. Les bateaux sont disposés sur des schémas ou des directions par quelqu'un qui a compris ce qu'ils faisaient. Il y a une différence intéressante entre les bateaux anglais et normands qui n'auraient été connus, sauf de quelqu'un qui aurait vraiment connu les deux types de bateaux. Les bateaux de Harold ont une exception, ils ont une rupture dans le plat-bord  de côté au milieu du navire et un aviron. Cette rupture est tout à fait claire, juste à la hauteur du mât avec la planche supérieure avant. Rien de la sorte n'apparaît chez les Normands.
Un des bateaux de Guillaume a son mât dégréé avant d'être tiré sur la plage, et apparemment les têtes sculptées ont été également enlevées quand les bateaux sont hors de l'eau. Au moins, un bateau semble avoir des haubans à son mât. C'est un point important, parce qu'il suggère qu’ils avaient l’habitude de se servir au moins d'un vent de travers. Tant que le mât, n’avait seulement un étai et des galhaubans. Il est probable que les bateaux naviguaient seulement avec le vent plus ou moins derrière eux ; dès qu'ils ont essayé d'employer un vent de côté, ou perpendiculairement à leur cours, il était nécessaire de donner un appui plus latéral au mât, et les haubans se seraient présentés pour faire ça. Il se peut que les bateaux norvégiens soient les premiers à avoir eu des haubans, mais il n'y a aucun signe d'hauban ou d’attache dans le bateau d'Oseberg ou le bateau de Gokstad. (source: le très riche site belge Navires anciens)