mardi 15 mars 2011

Medjidieh, premier des croiseurs modernes turques

Premier des deux croiseurs modernes de la flotte Turque en 1914, Medjidieh fut commandé aux chantiers Cramp aux USA en même temps que le Hamidieh à Vickers-Armstrong. Pratiquement identique à ce dernier, il était toutefois plus léger, plus court et moins large, mais aussi rapide et bénéficiant de la même protection. Il possédait également le même armement, à ceci près que les canons étaient manufacturés par Bethlehem Steel. Il se distinguait principalement par sa silhouette plus ramassée et ses hautes manches à air. Il prit part aux deux guerres des Balkans, et fut très actif au début de la Grande Guerre contre les Russes. C'est au cours d'une de ses sorties, le le 3 avril 1915 qu'il sauta sur une mine au large d'Odessa. Les Russes le renflouèrent et le réparèrent, et il fit carrière jusqu'en 1918 sous le nom de Prut, complètement reconstruit à Nikolayev.
3300 t ; 100,6 x 12,80 x 5,33 m ; 2 hélices, 2 machines VTE, 12 500 cv ; 22 noeuds max. Blindage pont 102 mm, cloisons 30 mm. Équipage 312
Armement: 2 canons de 152, 8 de 120, 6 de 75, 6 de 37, 2 TLT SM latéraux 457 mm.
Extrait du Panorama de la guerre 14-19 "5 janvier 1915, un convoi Turc escorté par le croiseur Medjidieh (3200 tonnes, 8 canons de 120 et 2 de 152), est attaqué en mer Noire, entre Sinope et Trébizonde, par le croiseur protégé Mercurial et le contre-torpilleur Gnievni, Russes tous deux. Un transport est coulé et le Medjidieh, fortement endommagé, est en fuite." Source Pages 14-18

Extrait d'un article de L’Illustration no. 3818 de 6 mai 1916 titré La Marine Russe en 1914 et 1915
par le capitaine de frégate Yvan Andréevitch
"Trois semaines après, les croiseurs russes rencontrent une flotte de transports turcs avec des troupes et du matériel de guerre. En quelques instants tous les transports sont coulés. Deuxième succès.
Mais, comme dans la Baltique, ce sont les mines qui commencent à donner des résultats.
Le 6 décembre, le Hamidieh est touché; le 11, c'est une grande canonnière qui coule; le 7 janvier 1915, c'est au tour du Breslau qui rentre à Constantinople en donnant une bande inquiétante. Le 21 janvier, le Gœben, qui était immobilisé depuis le combat du 8 octobre 1914, appareille pour une sortie d'essai. Une mine se trouve sur son passage et de nouveau l'invincible croiseur, en qui les Turcs ont placé toute leur confiance, revient dans la capitale ottomane avec, dans le flanc, une brèche large de 8 mètres.
Vers la même époque, les torpilleurs s'attaquent au croiseur Hamidieh et l'obligent à prendre la fuite. Puis le Pamiat-Merkouria et le torpilleur Gnievnyi coulent un grand transport turc et endommagent sérieusement le Medjidié qui le convoyait. Pauvre Medjidié, peu s'en faut qu'il ne soit coulé! Il doit à un événement fortuit (un petit accident de machine qui empêche le Pamiat-Merkouria de donner toute sa vitesse et de le poursuivre) d'être sauvé, cette fois du moins. Car il était destiné à périr. Quelques semaines plus tard, poussé par son fatal destin et surtout par un courant plus fort encore, il venait toucher sur une mine devant Odessa et s'échouait à quelques encablures de la ville. Deux mois après son échouage, le Medjidié était renfloué et réparé pour prendre du service contre la flotte ottomane."