lundi 5 juillet 2010

La constitution des Forces navales françaises libres (FNFL)

Corvette Aconit des FNFL (collection Alain V)

LES FORCES NAVALES FRANCAISES LIBRES

Nous avons vu avec l'opération Catapult que la majorité des marins français avaient par suite des attaques subies de la part des Anglais, un fort ressentiment à leur encontre.
Toutefois un petit nombre décida, malgré cela, de poursuivre le combat.
Un amiral fédéra autour de sa personne, ceux qui refusaient l'armistice. L'amiral Émile Muselier était une figure particulière. En désaccord avec l'amiral Darlan, il avait été mis à la retraite le 21 octobre 1939 à la suite de dénonciations calomnieuses. Il se résolu à quitter la France pour Gibraltar où il créa avec l'aide d'un certain Péri un petit noyau de navires composé d'un patrouilleur et de trois cargos dont les équipages étaient prêt à le suivre. Il décida que ses navires porteraient comme pavillon distinctif, la croix de Lorraine par opposition à la croix gammée. Il se rend à Londres le 30 juin 1940, y est reçu par le First Sea Lord britannique et le général de Gaulle qui lui offrit le commandement de la Marine à constituer avec ses partisans, et qui prendra le nom de Forces navales françaises libres (par abréviation FNFL).
Les effectifs des FNFL sont très faibles, 400 hommes en juillet 1940. Le recrutement dans les camps ou les marins venaient d'être internés, suite à l'opération Catapult, fit monter ces effectifs à 3100 hommes au mois de novembre et à 5314 hommes au 1er janvier 1943. La fusion avec les forces maritimes venant d'Afrique et des colonies et les FNFL qui fut réalisée le 2 août 1943 mis fin officiellement à leur existence.
Le faible effectif des FNFL ne leur permit pas de réarmer tous les navires saisis par les Anglais.
Les FNFL ont armés les navires suivants: contre-torpilleurs Le Triomphant et Léopard, torpilleur Melpomène, les sous-marins et avisos récents et les patrouilleurs ayant une valeur militaire.
Le sous marin Narval, commandant Drogou se rallia au FNFL. Il disparu le 16 décembre 1940 lors de sa troisième patrouille, on ne sut qu'en 1957 en retrouvant l'épave, qu'il avait touché une mine au large de la Tunisie.
Le sous-marin mouilleur de mines Rubis, sous les ordres des commandants Cabanier, puis Rousselot eut une carrière exceptionnelle avec 22 missions de guerre le long des côtes ennemies, ayant à son actif la perte de 15 navires ennemis.
L'amiral Muselier crée le 14 juillet 1940 un bataillon de fusiliers marins de 200 à 300 hommes.
Thierry d'Argenlieu, capitaine de corvette de réserve en juin 1940 rejoignit les FNFL. Affecté à Nouméa, il fut nommé contre-amiral à titre fictif le 8 décembre 1941 alors qu'il exerçait les fonctions de haut commissaire de la France libre au Pacifique.
Le contre-torpilleur Triomphant appareille pour le Pacifique en août 1941.
Le contre-torpilleur Léopard appareille de Greenock le 30 juin 1942. Le 30 novembre 1942, il obtient le ralliement de la Réunion à la France libre. De retour en méditerranée il se perdit par échouage le 27 mai 1943 sur la côte de Cyrénaique.
Trois sous-marins furent encore remis en service. Minerve, Junon et le croiseur sous marin Surcouf, alors le plus grand sous-marin du monde. Surcouf participe à l'expédition de Saint Pierre et Miquelon en décembre 1941. Il fut abordé et coulé de nuit par un cargo américain, le 18 février 1942, dans des conditions assez mystérieuses.
La Minerve est armée le 31 janvier 1941 et patrouille en mer du Nord, et sur les côtes de Norvège. La Junon est prête en décembre 1941.
Quelques chasseurs de sous-marins sont armés à Cowes et opèrent en Manche.
En 1941, la Royal Navy cède aux FNFL neuf corvettes du type Flower. Parmi celles-ci, l'Alysse est torpillée le 8 février 1942, le Mimosa le 3 juin 1942. La Lobelia coule le 7 février 1943 l' U-609 allemand.
Le 11 mars 1943, l'Aconit se rendit célèbre en coulant successivement à douze heures d'intervalle les U-444 et U-432.
En décembre 1942 La Royal Navy cède le torpilleur La Combattante, du type Hunt, qui sautera sur une mine le 23 février 1945.
Il est nécessaire ici de rappeler l'héroïque aventure du lieutenant de vaisseau d'Estienne d'Orves. Il appartenait à l'état-major de l'amiral Godfroy, commandant la force X à Alexandrie. Après une violente crise de conscience, il rallia le mouvement de la France libre le 11 juillet 1940. Désigné pour exercer les fonctions de chef du 2e bureau des FNFL, il partit en mission de renseignements en France occupée, malgré l'opposition de l'amiral Muselier, celui-ci l'estimant peu fait pour ce genre de mission. Il se fit arrêter à Nantes par la Gestapo, condamné à mort. L'amiral Darlan intervient auprès des autorités allemandes pour tenter de le sauver lorsque un aspirant de marine allemand est assassiné dans le métro à Paris. Par représailles, les Allemands fusillèrent au mont Valérien le 27 août 1941, les otages qu'ils détenaient et parmi eux Honoré d'Estienne d'Orves.
L'amiral Muselier organise, en décembre 1941, avec les corvettes Mimosa, Alysse et Aconit et le sous-marin Surcouf, la prise de Saint Pierre et Miquelon, en dépit des réticences du général de Gaulle, et malgré l'opposition des Américains désireux de ménager le régime de Vichy et l'équilibre dans la région. Il rentre en Angleterre le 28 février 1942.
Il y entre alors en conflit avec le général de Gaulle d'autant que les relations entre les deux hommes étaient déjà mauvaises. L'amiral Muselier démissionne, le capitaine de frégate Auboyneau, promu contre-amiral, lui succède en mars 1942. Le 20 juin 1942, l'amiral Muselier est limogé, et mis à la retraite d'office, pour la deuxième fois de sa carrière! L'amiral Thierry d'Argenlieu succède à Auboyneau à la tête des FNFL le 19 juillet 1943.
Le débarquement anglo-américain en Afrique du Nord en novembre 1942, provoqua une cascade d'événements en peu de temps : l'occupation de la zone libre par les Allemands, le sabordage de la flotte de Toulon, le regroupement des parties de la flotte éparses de par le monde et de l'ex-FNFL et la reprise de la guerre aux côtés des Alliés.
Alain