vendredi 18 juin 2010

Les bagnes flottants de Toulon

En 1748, Louis XV décréta la suppression du corps des galères et le rattachement de celles-ci à la Marine royale. Toulon, choisi comme port militaire alors que le commerce était réservé à Marseille, devint la base des galères qui quittèrent définitivement Marseille dont le bagne fut supprimé. Toulon dut dès lors loger les forçats. On le fit d'abord sur les galères auxquelles on adjoignit des vaisseaux qui prirent le nom de bagnes flottants ; puis il fallut procéder à des installations à terre. A la fin du XVIIIe siècle, on ne construisit plus de galères mais on continuait à envoyer des forçats à Toulon. L'état sanitaire n'était guère brillant, de sorte que, dès le début, on avait dû se préoccuper de loger les malades à terre et d'aménager un hôpital du bagne. Celui-ci fut installé en 1777 dans les casemates du rempart sud-est de la darse Vauban, où des constructions supplémentaires furent édifiées, adossées au rempart. Puis l'hôpital se transporta en 1797 dans un immense bâtiment de 200 mètres de long, orienté nord-sud, construit en 1783 le long du quai ouest de la vieille darse, appelé Grand Rang. Ce bâtiment avait un vaste rez-de-chaussée voûté à trois travées. L’hôpital occupa le premier étage. Deux tours d'angle carrées à toit pyramidal le terminaient au nord et au sud. Dans celle du nord fut installée la chapelle des forçats. Le reste du bâtiment était occupé par les services administratifs. Quant aux forçats valides, on les avait logés là où se trouvait antérieurement l’hôpital mais en 1814, ils furent installés dans un bâtiment est-ouest de 115 mètres de long, perpendiculaire à l’hôpital, bâti en 1783 sur le quai sud-ouest de la vieille darse, entre la chaîne vieille de la passe et le Grand Rang. Près de là se trouvait amarré un navire dit "Amiral" qui gardait la passe et tirait le coup de canon du matin et du soir. Dés le début du Second Empire, la suppression des bagnes des ports militaires, peu désirables et peu rentables, avait été envisagée mais elle ne fut effective que le jour où Cayenne et Nouméa furent prêts à recevoir tous les condamnés. C'est en 1873 que le bagne de Toulon cessa d'exister. Il avait comporter jusqu'à 4000 condamnés.